lundi 5 octobre 2026

> Hergé : de Georges Barbier à Georges Rémi

Tintin et moi  est le premier livre d'entretien conduit par Numa Sadoul dans les années septantes dans lequel Hergé avoue avoir eu une enfance plus que sans histoire.

Dans le premier chapitre de cet ouvrage, intitulé Un enfant sage, Numa Sadoul interroge Hergé sur ses premières années et ses lectures. Hergé y décrit son enfance comme extrêmement monotone et sans relief, passée au sein d'un milieu petit-bourgeois étriqué.

« Mon enfance me paraît avoir été très grise... Elle s'est déroulée dans un milieu petit-bourgeois très moyen, à Bruxelles, et a été parfaitement sans histoire. Rien ne s'y passait. » (…)

et un peu plus loin

« Je lisais n'importe quoi... y compris les revues de mode de ma mère ! ».

Je me suis souvent demandé à quel point le style graphique de Georges Barbier avait pu influencer le jeune Georges Rémi, aussi bien dans son approche du trait, éminemment Ligne Claire avant la définition officielle du terme,  qu'un peu plus loin du fait de sa mémoire visuelle eidétique (absolue) ? 

Cela fait très, très longtemps que je m'interroge sur ce très beau dessin de Georges Barbier de la fin des années 1910, et réalisé pour un portfolio rarissime : Au bonheur du Jour ou Les Grâces à la Mode, édité chez Meynial en 1920… 

 

Georges Barbier, Chez la marchande de pavots - Portfolio Au Bonheur du jour, 1920
 

Ce dragon noir sinueux, toutes griffes dehors, sur ce fond rouge dans les style des rouges de Chine, sans oublier la thématique de La marchande de pavots avec ces élites décadentes alanguies, étendues sous le coup de la torpeur, sans oublier jusqu'au détail du vase asiatique placé sur la gauche du dessin : je n'ai jamais pu m'empêcher de rapprocher ce dessin de Georges Barbier de la mythique couverture du Lotus Bleu de Georges Rémi, devenu Hergé…

 

Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1936


Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1939 

 
Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1946

Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1936

Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1952

Hergé, Tintin - Le Lotus Bleu - Éditions Casterman, 1984

Les compositions peuvent être rapprochées par l'arc de cercle du dessin de Georges Barbier et le dragon d'Hergé qui est un cercle en lui même. Le sujet du Lotus Bleu étant le trafic d'opium depuis l'album précédent Les cigares du Pharaon d'ailleurs, on ne peut que voir là qu'une forme de résonance graphique & thématique : notamment avec les scènes de fumeries d'opium avec des notables et des Occidentaux couchés sur des nattes, dans une semi-pénombre, inhalant la fumée de leurs longues pipes.

Si Georges Barbier dessinait dans de nombreuses revues particulièrement dans les années 10 et 20 du siècle dernier : dans des revues satiriques telles Le Rire ou La Baïonnette, mais c'est principalement dans les revues de mode de l'époque qu'il se fit connaitre (et reconnaitre internationalement !) sur le plan graphique. Principalement à travers les pages du Journal des Dames et des Modes, Vogue France,  Modes et manières d'aujourd'hui (…), et surtout de La Gazette du Bon Ton, revue très luxueuse dont les illustrations étaient réalisées au pochoir, tout comme ce portfolio Au Bonheur du Jour.

Il est fort improbable que la mère du jeune Georges Rémi ait été abonnée à La gazette du Bon Ton, mais, dans la mesure où Alexis Remi (le père d'Hergé) travaillait dans une maison de confection pour hommes (Maison Waucquez à Bruxelles), on pourrait légitimement penser que les catalogues de mode, les revues professionnelles de tissus et les publications d'élégance — même aussi prestigieuses — circulaient presque obligatoirement dans ce milieu professionnel pour observer les tendances?

Un dessin comme cette Marchande de Pavots de Georges Barbier a-t-il été vu par un Georges Rémi adolescent, dans une revue de mode prestigieuse ou un magazine d'art?

A-t-il pu être stocké dans un coin du cerveau de Georges Rémi qui, devenu Hergé 15 ans plus tard, lorsqu'on lui demande de dessiner une couverture percutante pour son nouveau livre de Bande Dessinée sur le thème de la Chine et de l'opium, voit la puissance de son inconscient artistique faire surface : le dragon noir se cabre et s'enroule sur lui-même de nouveau sur ce fond rouge si spécifique? 

Quoi qu'il en soit, il parait évident que l' Atelier Hergé Publicité lancé en 1930 a été influencé par l'esthétique, le trait et le style Art Déco de Georges Barbier (sans oublier Cassandre…) pour tous les travaux de commande pour des réclames qu'Hergé traitaient dans cette nouvelle structure dérivée de son activité de dessinateur. Du traitement des silhouettes et des drapés, au minimalisme chromatique et l'utilisation de l'aplat, sans oublier les compositions géométriques et les lettrages…

Réminiscence graphique?

 

Hergé - Liseuse publicitaire La glace polie A.M.G.E.C., 1928

 

 

Valéry Ponzone

 

 

mardi 29 septembre 2026

> EP Jacobs ou L'affaire énigmatique du mystère du piège des planches volées

Cette étrange affaire révélée en 2017 dans les pages du journal Le Soir par Daniel Couvreur vient de rebondir en cette rentrée 2026. Je ne vais pas rendre compte et répéter ce qui a déjà été dit et écrit un peu partout à ce sujet plus que triste. On peut discuter de la ligne de défense des uns et des autres puisque certains des principaux galeristes  et experts de bande dessinée ont été inculpés, ainsi que d'énormes collectionneurs, sans oublier ceux qui se taisent et cachent leurs originaux spoliés sous leur matelas en espérant passer à travers les mailles du filet ? 

En octobre 2017 certains collectionneurs tel Carbonnieux étalaient leurs originaux sur internet, dans ce fameux esprit blingbling du site et hérité des années Sarko (vous savez, cet ancien Président de la République Française sous bracelet électronique)… Lui allait un peu plus loin en tentant de renvoyer Daniel Couvreur, journaliste, dans les cordes en le citant avec un espèce de morgue non dissimulée pour commenter son original de Blake et Mortimer par EP Jacobs :

"Projet pour LE poster édité à la sortie de l'album en 1962. "Dessin rare que Jacobs avait fait encadré dans sa maison du Bois des Pauvres. Il faisait partie des pièces de musée léguées à sa Fondation et figure pourtant aujourd'hui dans une collection privée" (dixit Mr D. Couvreur, journaliste au journal Le Soir, dans son article du 17/09/2017).
Commentaire
Projet très abouti du rarissime poster édité au moment de la sortie de l'album en 1962 aux Editions du Lombard.
Dessin acheté à la Galerie Maghen en février 2016, et donc avec remise d'une facture ....
Le dessin "au propre" de ce poster sera finalement recyclé pour illustrer la couverture du dossier Edgar-Pierre JACOBS paru dans le Journal Tintin du 14/10/1971.
Il fut également repris à diverses reprises pour illustrer des publications telles que Un Opéra de papier.
La technique est celle des crayons de couleurs mêlés à un trait fin de la plume et de SON encre de Chine.  Au dos figure le traditionnel crayonné servant à la correction de Jacobs avec l'aide de sa table lumineuse!
"

Avant de vite retirer son dessin et cette entrée de son compte sur ce site… pourtant les commentaires des génufléchisseurs de service étaient tous très élogieux sur cette fameuse "pièce de musée", qui était surtout une pièce de musée volée à la Fondation Jacobs, et qui n'aurait jamais dû sortir de ses coffres sauf pour une exposition dans… un musée !

 

Jacobs - Le piège diabolique : le bel original de Carbonnieux en 2017…

 

Passons… Cela dit depuis le début les lignes de défenses ou de prétextes de tous les intervenants professionnels galeristes, experts ou collectionneurs sont assez sidérants par leur ignorance affichée, ou par le simple fait de nous prendre pour ds imbéciles : dans les deux cas, méritent-ils vraiment d'être professionnels ou de prétendre s'y connaitre et maitriser vraiment leur sujet ? 

J'ai fini par ressortir mon premier BDM qui était rangé au fond d'une penderie chez ma mère décédée cette année  : le premier que j'ai acheté est celui de 1981-1982, à la FNAC Montparnasse pour être précis.  Une très belle couverture de Franquin pour les éditions de l'Amateur n'est-ce pas ? 


BDM 1981-1982 - Couverture de Franquin Gaston Lagaffe
 

Il fallait vraiment que je l'ai plutôt que parler d'un souvenir sans visuel : à la page 407 commence le chapitre sur les planches originales avec des estimations, et page 420, cette entrée sur EP Jacobs, coincée entre Hubinon et Jijé : 

 

BDM 1981-1982 - Jacobs et les planches originales…

 Cette information a circulé dans d'autres ouvrages, et je crois même que Jacobs aborde le sujet dans son "Opéra de papier".

Tout le monde de la Bande Dessinée est au courant depuis toujours de ces sept planches volées, et par déduction que toutes les autres planches sont en la possession de EP Jacobs : tout simplement. Et on n'aborde même pas le sujet des études, recherches et esquisses sur calque pour Blake et Mortimer…

Qui peut oser prétendre ne pas le savoir sauf à se décrédibiliser comme professionnel dans la Bande Dessinée (galeriste ; expert ; librairie ; journaliste ; collectionneur ; directeur de la collection de Untel etc.) puisque cela ne démontrait que son… ignorance ? Nous avons toujours été au courant, et il m'est même arrivé d'aborder le sujet dans les années 90 ou 2000, parfois avec des amis très proches de tel ou tel galeriste. Je suis curieux de savoir si Jacques, François, Michel ou Patrick, et les autres, ont malgré tout cédé aux sirènes ? 

Tout le monde est au courant que EP Jacobs conservait tous ses originaux, planches encrées et calques de recherches et qu'il avait veillé à les préserver à travers sa Fondation, qui a dû être a priori la première dans le monde de la Bande Dessinée… prétendre le contraire avec cette formule éculée  "je n'étais pas au courant" n'est-il pas un peu décalé ? 

 

 

 

 Valéry Ponzone 

  

dimanche 1 mars 2026

> Moebius d'un simple poster à 500 euros à la délation : Olivier du 86…

Une expérience partagée… 
 
Ces jours-ci, je tombe sur une annonce étrange : une affiche en quadrichromie non signée de Moebius — un poster — à 500 euros sur un site de vente… qui passe rapidement à 460 euros … 
Le prix m'estomaque de façon inversement proportionnelle au descriptif  lapidaire: il est plutôt délirant pour un exemplaire non signé ???…

Descriptif qui contourne le système de paiement rassurant du site et présente l'affiche avec ses plus beaux ornements de décoration intérieure : 

"rare affiche MOEBIUS cristal starwatcher 1985
starbur graphics
60x45
envoi soigné
Préférence pour ne pas passer par le paiement lebo****** à cause de la faible indemnisation en cas de problème avec le transporteur "

 

 

L'affiche de Moebius non signée proposée à 500 puis 460 euros sur internet (photo © Olivier du 86550)

 

Pensant à une probable erreur d'appréciation, puisqu'il s'agit d'un exemplaire non signé d'un tirage qui a été commercialisé signé, je me permets d'écrire simplement au vendeur que le tirage vraiment rare est celui qui  a été signé par Moebius… pas vraiment cette version sans la signature de Moebius. En fait, je suis surtout interrogatif (avec pleeeeeein de points d'interrogation) pensant réellement à une confusion dans la rédaction peu descriptive de l'annonce : d'autant plus que l'exemplaire proposé est seulement en "bon état"… 

Mon message : 
"Bonjour L'affiche est rare si elle est signée comme elle a été publiée… 500 ou 460 euros pour un poster, version non signée d'un tirage signé ??????"
 
That's all, folks!! Rien de vraiment particulier… Rien d'intense… 
Il m'arrive parfois d'écrire à des vendeurs qui se trompent de procédé d'impression : sérigraphie pour ce qui n'en est pas, cela peut leur éviter des problèmes futurs avec des acheteurs qui pourraient mal le prendre… C'est tout. Mais j'ai vite arrêté : si certains remercie de leur permettre d'affiner leur description, la grande majorité rentre dedans remettant en cause les petites connaissances en bande dessinée de l'humble rédacteur de ce blog… Eux sont devenus les sachants qui ne savent pas se remette en question…

Mais ce vendeur, Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550), au profil public puisque offert à tout le monde sur un site de vente public, prend super mal mon message (qui, dans l'absolu, est surtout sans intérêt) !!??… 

Sa première réponse est : 
"Bonsoir Cette affiche signée est bien plus onéreuse Cdlt" 
Pourquoi pas, mais oui, mais non… On verra cela plus loin.  
 
Puis pensant me scotcher au plafond il bascule sur un autre sujet, qui n'a rien à voir avec le poster de Moebius dont il est question en insinuant que je ferai des impressions de Druillet ? 
Pas de chance, je n'en fais pas.
Je n'ai jamais eu la chance d'éditer Druillet, et pourtant cela m'aurait beaucoup plu… dans mon autre vie.  Si je vends des petits trucs de rien du tout de Druillet, ceux ci ont été imprimés en offset, donc par des éditeurs / imprimeurs équipés pour le faire : ce que je ne suis pas…  
Passons.
La réponse est un peu comme la façon de fixer son prix de vente : au doigt mouillé, sans trop maitriser le sujet, ou, comme certains hommes politiques, sans trop toucher Terre d'un côté (le prix) et en cherchant à passer sur un autre sujet tout simplement… hors-sujet.
Est-ce là la récurrence de celui qui regarde le doigt plutôt que la Lune ? 
Comme je tape toujours très vite sur mon clavier, sais ou aller chercher les informations,  et que je suis finalement plus respectueux que lui (aller au bout de son explication est une forme de respect), je prends quelques minutes pour lui expliquer et indiquer des prix de vente récents de cette fameuse version signée qui serait plus onéreuse (sic) d'après son expertise de professionnel de la profession® : 
 
"(…) Ce n'est pas parce que la version signée vaudrait plus chère (quoi que… ) que la version non signée vaut 500 euros (…) La version signée pourrait être plus onéreuse (sic) mais la ratio tirage signé / tirage non signé ne place pas cette version dans ces sphères : c'est un poster. Même si c'est un de mes dessins préféré de Moebius…
Cela dit pas très compliqué de savoir les choses, il faut savoir chercher , ce qui m'a pris 10 secondes :
version signée de cette affiche vendue récemment :
- 10/2023 = 610€ ;
- 11/2023 = 400€ ;
- 03/2024 = 585€.
"Effectivement beaucoup plus onéreuse". (…) bonne vente à vous… "

Concluant en toute cordialité  : 

"je ne cherchais pas à vous agresser comme votre réponse l'est un peu. Je pensais que vous aviez peut-être fait une erreur. Sans arrière pensée. En tout cas pas celle de vous faire changer le prix pour mon seul et unique intérêt… je n'achète plus ce genre de chose : pour les ranger dans un énième carton à dessin n'est plus très intéressant. Cordialement "

Au lieu de simplement accuser réception des prix récents de la version signée, ce qui est plutôt très informatif et cordial de ma part (je fais son boulot!), et suis allé spécialement lui rechercher de vraies information pour augmenter le potentiel de son érudition,  ou de passer à autre chose, l'Olivier du 86550 le prend super mal.
Lui n'a pas besoin d'apprendre, et prend des informations communiquées pour une leçon…
"Imbu ? Imbu ? Vous avez imbu on cher cousin ?… Comme c'est imbu ???…" 

Réaction épidermique, très maréchaliste 2.0, assez surprenante en 2026, d'un Olivier du 86550 qui a dû perdre sa sagesse sur une de ses routes de campagne : le petit marchand de quatre saisons fait immédiatement de la délation fallacieuse sur plusieurs de mes articles en vente auprès du site de vente concerné : utilisant le bon vieux procédé traditionnel de la dénonciation calomnieuse… mensongère.

"Une tradition française Môssieur, f r a n ç a i s e !!!…" 

Bel état d'esprit assez symptomatique en pleine période électorale : je pense que l'on va aller loin avec ce genre de comportement. Ce vendeur n'hésite pas à saboter le temps passé à mettre des références en lignes, ce qui s'appelle simplement saboter le travail de l'autre. Sidérant de s'abaisser à des procédés aussi nauséabonds, auxquels on pourrait facilement accoler une zoulie couleur vert-de-gris,  sur le modèle d'Arthur Rimbaud et ses voyelles multicolores…
Bravo à Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550), celui qui nous montre le chemin de diverses façon : en mettant n'importe quel prix de vente au hasard, dans une logique tellement Uncle Scrooge (l'original), et qui n'hésite pas à diffamer dans une volonté parfaite de nuire à autrui.  De ME nuire.

Suis-je, ou sommes-nous déjà plongé dans un Autre Monde, voire au retour d'un (im)monde irrationnel : faut-il l'être pour agir ainsi ?

Nous savons tous depuis l'étude du Grand Philosophe du 7ème Art, ce que sont ceux qui osent tout : mais, tout de même, c'est bien émouvant que de constater à quel point cette Vérité est tenace !!!…
J'ose à peine imaginer ce que certains risqueraient à le bousculer dans la rue, ou à froisser la tôle de la voiture de cet Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) ???

Serait-ce une personnalité que l'on développe par soi-même, une forme d'autodictatisme de la dénonciation ou de la délation ? Comment arrive-t-on à "penser" à agir de la sorte comme par automatisme bien tranquillement planqué derrière pseudo et clavier ? En ressort-on fier de soi et de ses actes ? 

Ou est-ce par atavisme voire par tradition familiale ? D'ailleurs, comment peut-on avoir ce genre d'idées et s'abaisser à les mettre en pratique en… 2026 ?
 
C'est un raisonnement qui m'a toujours un peu amusé, même si être victime de tels agissements n'a rien d'amusant du tout : des gens dans ce genre il y en a eu quelques uns dans la BD. Qui ne savent pas passer à autre chose et utilisaient des forums trop accueillant pour répandre leur atrabile et leurs mensonges.
Rien d'étonnant si leurs ascendants agissaient ainsi quand la période était davantage vert-de-gris que lourd et bas (merci Charles) : ils ne font que perpétuer la sale tradition familiale.
Mais si les ascendants avaient été du bon côté et avaient choisi l'épée, c'est la honte mignalienne absolue… 
Quoi qu'il en soit, voici un partage intéressant pour se préparer au monde dans lequel nous sommes déjà plongé puisque Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) a déjà acté ses turpitudes… 
Il faut préciser qu'il avait mis son annonce en pause de lui-même, alors que rien, ni même mon message somme toute sans grand intérêt d'ailleurs, et facilement ignorable, ne le poussait à le faire… 
Mais de là à passer de l'ignorance à l'ignominie ? Lui a franchi le cap avec une délectation certaine… Tout cela pour un simple message et lui éviter d'avoir de vraies mauvaises réflexions par ailleurs ???

Que faut-il souhaiter à ce genre de citoyen ? Peut-être de bien voter ? …

Peut-être l'un de vous parcourant encore ce blog, si peu approvisionné, a-t-il la chance de connaître un homme de si grande valeur que cet Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) ?
 
Cela doit être très émouvant de pouvoir se référer à un être de si grandes et belles valeurs ???!!!… Soyez fier de connaître une si belle personne… que dis-je : un si grand Humaniste… 
Des gens qui ne rechignent pas à détruire le travail et le temps passé des autres sans aucune vergogne… sans aucune raison… 
Quand bien même, qui agit ainsi, si ce n'est une belle  *Ù@#&£%?# … parce qu'il faut vraiment 'être pour n'avoir absolument aucun respect pour le temps passé et/ou le travail des autres. Se trouve-t-il dans la Vienne en 2026 ou dans son homonyme en 1938 ?
Il est vrai qu'un vendeur en chambre qui prétend rare une affiche offset non signée (comment définirait-il la version signée : le mot a-t-il été inventé ou faudra-t-il l'accompagner de superlatifs ?)  recouvre pudiquement ses méthodes de signalements, de délation d'un voile sémantique paradoxal en parlant de réactivité (sic) !!!
Hé oui, comme je le disais plus haut : ceux qui osent tout… on les reconnait. 

Quoi qu'il en soit, je vais aller réviser et me préparer au futur immédiat : cela m'a donné envie de revoir Le Corbeau d'Henri-Georges Clouzot, avec l'admirable Pierre Fresnay… et de relire La Zizanie d'Astérix… 

 

 

 

Valéry Ponzone 

 

 

 

PS La suite est instructive puisque le vendeur a retiré son poster non signée à 500 euros puis à 460 euros pour le remettre en vente à 280 euros : une politique de prix très très élastique…

samedi 15 novembre 2025

> Hergé exposé en galerie de… traîtres ?

 J'ai trouvé par hasard cet étrange document sur internet : une photo étonnante prise dans un musée belge*.


Georges Rémy Hergé présenté dans "une galerie de traîtres" (sic)  par un groupe de la résistance belge
 

"Extrait du livre Galerie de Traitres , publié clandestinement par le groupe de résistance belge « L'Insoumis » pendant la Guerre sous l'Occupation allemande. La page qui s'ouvre traite de Georges Remy (en réalité Georges Remi, dit Hergé), condamné comme collaborateur.

« « L’Insoumis », chargé de la mission de dénoncer et de traquer les traîtres, est parvenu à pénétrer dans le repaire des collaborateurs du faux LE SOIR…

Amis, lecteurs, regardez ces visages !... Les crimes de ces hommes sont connus et prouvés...

«

Le texte mentionne également que Remy [ sic ] est « Selon certaines informations obtenues, un rexiste mais nous n'avons pas pu en trouver la preuve. »

 

 

(*Au Musée National de la Résistance, Anderlecht - Belgique). 
 
 
 
L'adresse personnelle d'Hergé est même indiquée en haut de la page de droite… 
 
Je ne me suis pas penché dans toutes ces thèses, dans tous ces livres et peut-être que tout a déjà dû être dit, étudié, disséqué, confirmé et contredit sur Hergé pendant cette période mais j'ai été très, très surpris de tomber sur cette double page accusatrice avec photo d'Hergé… 
 
 
 
"Say it ain't So, Georges, say it ain't so…?", comme le chantait Murray…
 
 

 

 

Valéry Ponzone 

mardi 17 juin 2025

> Conrad et Chaland : le Carrefour…

Il y a tout juste un an, un collectionneur belge me contacte recherchant divers collectors de Didier Conrad. Parmi ses recherches figure une image qu'il m'adresse en très très basse définition : il n'a jamais trouvé de meilleur visuel, celui-ci vient de la toile. 

Je suis très surpris en voyant, disons plutôt en distinguant le dessin de ce qu'il pense être un jaquette, sans vraiment davantage d'informations. A priori il pourrait s'agir d'un dessin sur Bob Marone si je crois retrouver nos deux compères dans leur voiture rouge : sans grande certitude car la définition est vraiment mauvaise…

Mais c'est surtout dans sa composition que ce dessin me dit immédiatement quelque chose : je l'agrandis le plus possible.

 

Didier Conrad, Le carrefour 198?

Mais oui, bon sang!… Mais c'est bien sûr!!!…

Cette scène de village bucolique avec son carrefour typique me saute au yeux : il suffit d'inverser l'image…

 

Didier Conrad, Le carrefour 198? (image inversée)

Je retrouve dans ce dessin de Conrad l'un des dessins de Chaland pour l'une de ses toutes premières estampes!??…

Sac à papier!!

Perspective, principe, placements des immeubles et maisons, perspective : tout est en place!!

 

Yves Chaland, Ghost — estampe pour Central Union 1983

On remarque très vite les dizaines de points communs entre les deux dessins, indépendamment du cadrage et du principe : le couple qui court sur la gauche, au toit avec conduits de cheminées et lucarne au tout premier plan, magasin avec store rayé, le scooter chez Conrad qui est un tandem chez Chaland, le gros policier à l'angle de la rue, la camionnette arrêtée à l'angle du haut, la voiture qui pile net à un passage piéton etc. etc.

Je pourrais multiplier les connexions graphiques à l'envi : cela reviendrait à dresser un long inventaire graphique.

Je n'ai pas réussi à avoir d'autres informations au sujet du dessin de Conrad, ni ce dont il s'agit vraiment, ni sa date de réalisation ou de publication…

Il reste en tout cas de nombreuses interrogation au sujet de ces dessins : qui a dessiné la première version? 

Qui aurait repris le dessin à l'autre?

Sont-ils à considérer comme des relances, comme un jeu graphique entre Conrad et Chaland à l'époque?

Auraient-ils été faits en même temps, les deux auteurs se trouvant dans le même espace à cet instant,  en s'amusant à les retourner pour deux destinations différentes? 

Une forme d'hommage graphique entre les deux artistes : l'un trouvant le principe de l'autre tellement bon qu'il a eu envie de faire sa version du dessin?  

Y-a-t-il d'autres questions qui ne me seraient pas venues à l'esprit tétanisé par tant d'émotion?

Nous voici rendus à la croisée des chemins : si quelqu'un a davantage d'informations voire un visuel en haute définition du dessin de Conrad, merci à l'avance de me le(s) communiquer…

 

  

Valéry Ponzone 

 

dimanche 14 avril 2024

> Berthet, sa Pin-up peinturlurée…

En passant devant la vitrine d'un "galeriste" voisin qui se pense artiste,  je tombe en arrêt devant un petit cadre en vitrine : un dessin de la Pin-up de Berthet et Yann en version plagiée et extrêmement crapoteuse…

Un rendu infect et sale au possible : un pin-up créée par Berthet qui devient pâteuse et sans âme… Récupérer le trait de Berthet qui vise à une certaine élégance et tirant vers la Ligne Claire (sans même que ce plagiaire ne dessine, puisqu'il ne part que de documents trouvés sur internet, sans même les redessiner) pour scribouiller dessus pour rendre le dessin aussi sale, des parties des dessins de Berthet sont repassées ou scribouillées, d'autres non. Il faut le faire !!??… Le "travail" fait sur le cercle en arrière-plan (pas certain qu'il sache à quoi correspond ce cercle d'ailleurs), ou sur  la Pin-up dédoublée sur la gauche, sans oublier cette robe soyeuse à l'origine qui devient un mélange de serpillère et de "truc" fait pour sortir les poubelles pour faire un clin d'œil au Père Noël est un ordure peut-être ?

Le plus délirant est de voir qu'il colle son scribouillage peinturluré sur une autre œuvre de Berthet, un crayonné de planche de Pin-up et qu'il ose signer l'ensemble (dans la planche crayonnée sur la droite au dessus de la tête de l'aviateur) comme s'il en était le créateur , ou en cherchant à se faire passer pour le créateur ??… Cet "artiste" ose se réapproprier le travail de Philippe Berthet en signant cette version, tout en dévalorisant la source… Il est évident que signer dans la planche crayonnée revient à faire croire qu'on en est le créateur…

Quand nous faisions des moustaches ou des scribouillages sur la couverture d'un magazine qui trainait nous étions, nous aussi, des artistes et nous aurions dû / pu signer notre "œuvre"…

 

Pin-up de Berthet version plagiée en 2022

 

Vous constatez qu'il s'agit d'un tirage, certainement d'une "toile" qu'il a faite puisque son système repose avant tout sur des toiles sur ce principe de récupération d'images sur internet et de mauvaise mise en forme de l'ensemble, pour donner l'illusion d'être artiste peintre et créateur du résultat final, même si dans la majorité des cas ce sont des photos conservées en "l'état".

Ensuite vient le tirage, là, de 100 exemplaires tout de même : tirage proposé à un prix de vente supérieur à des tirages de Berthet lui-même, l'artiste originel de Pin-up !… 

Comme il s'agissait du numéro 5 dois-je en déduire que 4 personnes auraient acheté cette immonde bouse pour ce qui concerne le résultat final ?

Ce dérivé de Pop Art avec ses déclinaisons comme ce Custom Art est avant toute chose du Parasite Art® : qui pourrait déboucher sur quelque chose dès lors que l'on a une once de talent et la correction de ne pas se faire passer pour ce qu'on est loin d' être… Le gag ultime est qu'en plus de tout, ce pseudo artiste se permet de donner des cours dans son atelier, de Photoshop® mais aussi… d'Art ???…

C'est bien entendu mon avis, et je le partage.

Beeeeeurk…



Valéry Ponzone


dimanche 7 avril 2024

> Floc'h plagié… sur une plage

C'est en faisant des recherches très différentes que je suis tombé un jour, par hasard, sur un site qui énumère ce qu'il pense être les meilleures pochettes de disque de l'année… 

Celle-ci vaut son pesant d'or pour son originalité graphique exceptionnelle isn't it ? 

 

Lewis Evans x Boris Michel de Perry – Man in a Bubble – ZRP

 

Comme le site artwork & music l'écrit en étalant sa grande culture graphique et de la langue française ("en bord d'une mer" ; "tableau baroque"???):

"Costume moutarde, chemise et chaussettes roses, un café dans une main et une pomme dans l’autre, et le corps reposé dans un siège, manifestement confortable, en bord d’une mer qui paraît relativement calme. Lewis Evans, dandy serein à la barbe épaisse, prend le temps de songer aux choses, au sein de ce tableau baroque qui pourrait tout aussi bien être la planche d’ouverture (ou de fermeture) d’une bande dessinée décalée. Robinson sur son île a acquis une certaine forme de confort bourgeois, et gravite, à l’instant où il se trouve capté par le pinceau graphique de Boris Michel de Perry (qui a signé cette pochette de disque), dans sa bulle. Man in a Bubble, dit en effet l’album de Lewis Evans, un titre, ainsi, remarquablement illustré."

Effectivement,  "remarquablement illustré" (sic)  puisque juste un plagiat de base de différents dessins de Floc'h : sans vergogne !!!… 

Un mélange entre cette estampe Springtime éditée par Champaka Brussels dans les années 90, et les classiques dessins de Floc'h de personnages en train se déguster un thé, un café, un porto ou autre joyeusetés équivalentes dans un bon fauteuil confortable… 


Floc'h Estampe Springtime - Champaka Brussels 1994

Les nuages sont identiques dans leur principes graphiques, jusqu'au ciel virant vers le rose qui, lui,  est récupéré d'une autre des estampes de Floc'h de cette série sur les Quatre saisons :


Floc'h Les 4 saisons - Champaka Brussels 1994 (Image Drouot)
   

"Ceux qui osent tout" comme notre grand philosophe nous l'a enseigné ???…

En effet, il faut oser repiquer toutes les solutions graphiques aussi évidentes et se faire passer pour un graphiste grâce à Floc'h ?…

Bravo Boris Michel de Perry, bel esprit… 

Il y aussi eu d'autres pochettes pour des singles qui mélangent ce plagiat de Floc'h et la récupération de personnages de cartoons bien connus : avec le prolongement du pop art vers des dérivés comme le custom art, certains pensent peut-être que récupérer le travail des autres les mette au même niveau de créativité / création que Warhol ou Liechtenstein ?…

Bip bip…





Valéry Ponzone


lundi 1 avril 2024

> Moebius, John Difool Comic made in USA…

Voilà un véritable collector de Mœbius que j'ai réussi à dénicher complètement par hasard sur le plus fameux site de vente aux enchères ricain : une véritable trouvaille impensable, inimaginable car je n'en connaissais tout simplement pas l'existence. J'ai d'ailleurs eu vraiment du mal à croire à ce je voyais,  visuel après visuel dans le descriptif de l'annonce du ebayer américain quand j'ai découvert puis enchéri sur cet article incroyable.

Et pour cause !

Il était bien décrit comme abimé mais, peu importe l'état face à ce que l'on ne connait pas du tout, même avec un bon vieux morceau de Scotch® sur la couverture : aucune importance…

Un numéro 1 de John Difool Comic sur papier cheap, de mauvaise qualité au possible (d'où l'état) comme souvent dans ces années là aux USA, avec les 16 premières pages du premier John Difool, L'Incal lumière, avec des couleurs bizarres et flashies au possible entrecoupées des classiques publicités diverses pour Action Joe® et autres gadgets Mattel®, Star Wars® ou autres qui dégorgeaient dans les comics de base…

J'essaierai de prendre le temps de numériser l'intégralité du numéro afin de partager cette étrange trouvaille chiné sur Ebay.

L'accroche sur les noms des auteurs "John "Mœbius" Giraud et Al Jodorowski" vaut tout de même son pesant de peanuts (les cacahuètes, pas le chef d'œuvre de Shulz) : qui peut avoir eu l'idée en ces temps reculés de les affubler de ces étranges patronymes ? Mœbius n'était-il pas déjà beaucoup plus connu que Giraud en 1981 aux USA ?

Quoi qu'il en soit, avoir trouvé cet OVNI —pardon, UFO — aux États-Unis est pour moi aussi fort que John Difool qui trouve son Incal… 

Merci à Chatanoogapoint de m'avoir permis de lui acheter cette petite merveille !!

Je ne sais pas s'il y a eu de suite, puisque Epic Graphic a édité John Difool sur le marché américain dès la fin des années 80, et de façon très réussie !!…

Amazing comme il est écrit sur la couverture…

 

 Valéry Ponzone


John Difool Comic #1 par "John "Moebius" Giraud & Al Jodorowski" - USA 1981



jeudi 8 septembre 2022

> The Queen Elizabeth II, par Floc'h

 The Queen Elizabeth II,  par Floc'h.

21 avril 1926 - 8 septembre 2022

in London Euphoria - Le 9ème Monde, 2010
 



Valéry Ponzone



jeudi 18 mars 2021

> Lewis Trondheim, le Saigneur de la BD…

Un ami m'a envoyé ce lien dans l'après midi : Lewis Trondheim est le véritable Saigneur de la Bande Dessiné®™: le seul et l'Unique !!!!…

Mildiou !… Oyez, oyez braves lecteurs de Bandes Dessinées : qu'on se le dise !…

Respect absolu pour l'ensemble de son ouvre après ce qu'il fait là, devant nos yeux équarquillés… ou révulsés d'effroi par son geste extrême s'il en est : au choix…



Lewis Trondheim dans Le jour du Saigneur : ce n'est pas un Mystère de l'Ouest, et nous ne sommes pas dimanche pourtant ????…

Allez Lewis, panse tes blessures…ne te saigne plus aux quatre veines…

Cela dit, comme il nous explique bien le problème et les responsables, j'avoue ne pas saisir les choix stratégiques des auteurs qui ont besoin d'être reconnus professionnellement ?

Si les éditeurs, leurs éditeurs, sont les principaux responsables de l'absence de reconnaissance de leur statut : 

- pourquoi annoncer vouloir boycotter le Festival International d'Angoulême (dont je me fiche totalement d'ailleurs) et ne pas agir directement contre ceux que Lewis identifient comme les principaux responsables ?

- si certaines catégories socio-professionnelles qu'il cite en exemple peuvent agir en faisant grève, pourquoi les auteurs ne pourraient-ils pas faire grève de création / publication ? Tout en se préparant : sur le modèle des syndicats britanniques sous Thatcher (je crois que ça s'est passé comme cela), en constituant une cagnotte commune solidaire pour aider les auteurs que cela pénaliseraient trop sur le plan pécuniaire ?…

Pour schématiser, la chaine du livre fonctionne énormément sur le flux de nouveautés, qui doivent compenser les retours, avec quelques exemplaires vendus entre les aller-retours de cartons : dès lors qu'un décalage s'opère, pour des raisons diverses et variée,  nul doute qu'il se posera des problèmes de gestion si le flux de nouveautés est rompu…

Il ne faudra surtout pas oublier de bien communiquer et bien expliquer (la pédagogie) pour surtout avoir les librairies et les lecteurs du côté des auteurs : j'ai vaguement parlé de cela à un scénariste qui racontait un peu n'importe quoi sur le site de France Info, mais il n'a pas relevé plus que cela…

Les scénaristes américains ont fait grève, il n'y pas si longtemps que cela, et les USA ne sont pas réputés pour savoir le faire autant que nous !



Valéry Ponzone



mardi 22 décembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ? ben oui !

Peu après avoir rédigé mon précédent billet, un ami me transfère ce qui doit être la niouzeletter de Moulinsart. Ce que je pensais est effectivement d'ores et déjà en place : Moebius Production se trouve aussi sur la boutique en ligne de Moulinsart, dans la boutique Tintin !

Mais le plus sidérant, en allant sur cette fameuse boutique en ligne est d'y retrouver, non pas seulement Moebius Production, mais aussi d'autres invités (sic) Corto Maltese, Folon ou Graton !!!…

Ils sont tellement rompus à la vente de dérivés du monde de la Bande Dessinée que pour les affiches de Graton, reprenant les anciennes couvertures du Michel Vaillant pour le Journal de Tintin, qui sont tout de même super chères a priori pour de simple poster sur du papier 90 grammes (70 euros !!!) on ne sait ni la qualité du papier, ni le plus le plus important, le format !!!!…

Je plaisantais avec cette internationale des ayants-droit qui pourrait se mettre en place mais il sembleait que ce soit déjà le cas ! Dès lors que Franquin, Jacobs, Chaland ou d'autres accrocheront leurs wagons de produits dérivés à la locomotive de  Moulinsart, on saura que l'on a basculé dans une autre logique commerciale et commerçante de la Bande Dessinée… qui est déjà en place dans le domaine des tirages de luxe d'affiches et de livres, mais j'aborderai le sujet plus tard.

J'avoue tout de même que cela m'a un peu soufflé !!!…

Certains devraient se retourner dans leur six feet under ?…



Valéry Ponzone




samedi 7 novembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…

Tout devant se répéter inlassablement pour certains, comme chaque fin année, voici venu le temps des "nouveautés" chez Moebius Production…  Je reçois les infos  par mail ce vendredi 6 novembre… et il me faut absolument partager cela, tant un grand rire m'a spontanément échappé (je n'étais pas masqué à l'extérieur, sinon masque à changer illico!) , à la lecture de ce message : cela fait tout de même du bien en cette période si pesante et compliquée !

Voilà une structure pour qui le principe de nouveautés ne rime, année après année, envers et contre tout, et même en pleine pandémie, qu'avec "fêtes de fin d'année" ou période (commerciale absolue) de Noël !…
Une tradition commerciale bien ancrée chez Moebius Production, trop bien ancrée d'ailleurs, trop traditionnelle, trop prévisible en un sens, et avec une incapacité étrangement absolue à pouvoir faire de l'édition,  ou de la production  puisque cela semble être leur crédo, à une autre période de l'année que celle-ci ?…

Vous lisez tous ? 

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" !


Moebius Production niouzeléteur du 06/11/2020


Certains clients avec lesquels je discutais s'en souviennent peut-être : je faisais parfois le lien entre la politique de Moebius Production et celle de Moulinsart vers laquelle la première citée semblait tendre, usant d'un certain mimétisme proche d'une tolérance zéro, pour l'exploitation de leurs œuvres respectives, agrémentée d'une envie assez prégnante d'en retirer le maximum sur le plan matériel : œuvres sans aucune comparaison possible*, quant au fond (voire "fonds" !), la forme et la portée, pour ne pas parler de notoriété, de popularité et d'impact médiatique… et financier.

* certainss exégètes du 9ème Art ont essayé de les lier par le passé, comme ce fut le cas avec Major Fatal de  Moebius & Les cigares du pharaon d' Hergé (avec notamment l'onaniste Les carnets volés du Major par Smolderen aux Éditions Schlirf Book en 1983)…


Les carnets volés du Major - Éditions Schlirf Book, 1983


Par le passé, quand certains de mes interlocuteurs me racontaient des histoires d'interdictions, de blocages, de procédures et de procès jugés parfois juste à côté de la librairie (le Palais de Justice se trouvait dans l'Île de la Cité)  — certainement justifiés, mais là n'est pas la question — je trouvais certaines des structures en question très procédurières, extrêmement sévères ne semblant plus chercher à distinguer le collectionneur passionné et de bonne foi du véritable parasite…
J'ai l'impression que certains ayants droit, surtout ceux qui n'ont rien créé, sont plus durs  que les artistes créateurs originels et originaux des œuvres à protéger et à exploiter ne l'étaient…

Je discernais par ce lien un état d'esprit très particulier, qui représente à mes yeux le chaînon manquant entre la doxa ultra-libérale et le côté idéologique de surveillance totale d'une dictature digne de la Bordurie… Une variation propre à la bande dessinée virant vers Big Brother, du fond des palais inquiétant du pouvoir absolu de Szohôd… Avec ce qui apparaîtrait comme une certaine propension, mâtinée de menaces, d'intimidations diverses (…) à ne rien vouloir laisser passer, ou si peu, même ce que l'on pourrait penser légitimement issu de la liberté d'expression historique des hommages et/ou des pamphlets. Un esprit critique pourrait penser trouver là un but inavoué mais discernable d'empêcher a priori quiconque de s'aventurer sur ces sentiers pourtant centenaires en usages dans les pays où la liberté d'expression n'est pourtant pas une simple vision fantasmée de l'esprit, mais une réalité s'appuyant sur une Histoire réelle… Le but recherché pouvant aussi être de générer en amont des quasi  réflexes générant  des formes  d'auto censure de fait, option craintes diverses, chez celles et ceux qui prendraient (encore) le risque de s'immiscer sur ces chemins qui peuvent trop vite devenir périlleux…
Quand, de l'autre côté de l'Atlantique, des mastodontes absolus du business culturel paraissent (en apparence ?) beaucoup plus tolérants, plus souples : The Walt Disney Company  pour ne pas la citer, qui sait fort bien lâcher du lest et laisser des choses exister (de simples icônes) et se créer dans la marge, ne sachant que fort bien que cela sert aussi à entretenir la légende et les mythes — donc les servir — et qu'il ne faut peut-être pas chercher à tout interdire, ou, à tout transformer en monnaie sonnante et trébuchante ?…
Une logique inversée pourrait presque prendre forme : The Walt Disney Company respecterait le droit d'auteur, de citation et surtout les hommages et pamphlet au pays du ©opyright  alors que certaines structures de notre espace culturel européen voudraient plus le ©opyright que du CPI ?…
Il n'y a pourtant aucune comparaison possible entre les sociétés citées : quand je parle de "mastodonte" à propos de Walt Disney n'oublions jamais, outre son poids économique incomparable,  sa capacité à influer sur la modification d'une loi aussi importante que celle de la durée étendue des droits d'auteur.  Walt Disney peut aussi produire ses films, créer sa chaine de streaming,  racheter Lucas Films et accueillir la bulle NBA à Orlando pour les playoffs 2020, en pleine pandémie !…

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Arrive-t-on (enfin ?) à cette fameuse convergence ?… Ou serait-ce une synergie ?…
Voire la formation implicite d'une sorte de club select des ayants droit, comme d'autres voudraient créer une Ligue fermée européenne pour les clubs de foot les plus riches prestigieux ?…

Je m'interroge très fortement sur le fait que la réalité (sic) dans laquelle on essaye de plonger l'univers de Mœbius en exploitant son Désert B avec ce genre de produits / production(s) / gadgets vides de sens et d'intérêt puisse lui permettre de dépasser la fiction dont il est issu ?…

Quant à l'intérêt majeur de sortir des tee-shirts  aux looks et coupes modernes (sic de sic : je crois rêver qui emploie encore le mot  look comme argu de vente en 2020 ? Ne serait-ce pas  aussi vieillot que de parler de coup de cœur du libraire pour la sortie d'un livre… ooooooh, wait…) au milieu d'un confinement automnal dû à la pandémie d'envergure de la COVID-19, avec des choix graphiques hideux contestables, et à 30 euros tout de même (!!!), laissant de côté l'humour mœbiusien puisque sans même un seul modèle de saison et de circonstance avec, par hasard, Le bandard fou et son gland turgescent sourire iridescent !!!!…
Cela ne fait que succéder aux coques de smartphone sorties il y a quelques années, et ne sera que dans le prolongement des pin's ou des sweat de jadis, mais la seule chose que je ressens est une certaine volonté de marcher dans les traces de Moulinsart, et de son business modèle : de passer d'un prétexte éditorial à la production de dérivés gadgets…
Encore plus détonnant / étonnant  quand il s'agit de l'univers si décalé, riche et personnel (et auquel je suis si profondément attaché !) que celui de Mœbius, n'est-il pas ?…

Il y a tant de choses à faire, à éditer et à produire concernant Moebius, tant de choses qui sont en attente, certaines dans un coin de ma tête de collectionneur rêveur, d'autres dans des recoins de mes disques durs, que je ne peux être que dépité et déçu de ces gadgets sans grand intérêt proposés (des pochettes plastiques pour ranger des documents A4 pour Noël ???????… La rentrée des classes est en septembre !) : comme si les idées et concepts éditoriaux manquaient avec ce diamant brut que reste Moebius, qu'il faut continuer de tailler afin qu'il acquiert toute sa beauté et resplendisse comme il le mérite… encore et toujours.
Ce ne sont pas ces pathétiques nouveautés 2020 qui vont aller dans ce sens et personnellement me contenter en tant que lecteur, collectionneur et admirateur de l'œuvre de Mœbius : j'attendais et espérais vraiment autre chose ou qu'une fenêtre plus onirique et "plus imprimée" serait ouverte grâce à Mœbius, davantage encore avec l'année terrible que nous subissons tous !!!…
Je sens que je vais devoir m'y coller, me concevoir et me faire un petit truc perso pour me satisfaire un petit peu (quand je parlais d'onanisme ?) , parce que là, sincèrement, Mœbius Production n'assure absolument pas à autant nous décevoir avec du vide , semblant éloigné de la réalité et de tout dans sa citadelle aveugle   je doute fort que leurs nouveautés 2020 puissent maintenir leur CA annuel ?…

Moebius Hommage à Hergé - Exposition à La Marque Jaune

J'avais lu je ne sais où, à la suite de cette histoire glauque de planches originales de Blake et Mortimer de E.P. Jacobs volées et revendues ici et là (par des revendeurs devenus amnésiques à propos de ce que n'importe quel professionnel et collectionneur sait depuis les années 80 !!!)  que la Fondation Jacobs  — était-ce un dernier acte de Philippe Biermé, avant de tirer le rideau et sa révérence ? — avait transféré une partie de son exploitation, peut-être les expositions et l'événementiel, à Moulinsart qui semblait avoir envie de se diversifier dans le paysage de la Bande Dessinée… Transfert partiel, fait au grand dam des détenteurs des Tables Jacobsiennes ou Hergéennes, mais aussi de son principal partenaire  éditorial, via les éditions Blake et Mortimer…

En cette fin d'année 2020, année terrible s'il en est, nous découvrons avec stupéfaction que Moulinsart arrive à accrocher aussi Moebius à sa fusée à damier (même s'il fut interdit au CBBD de Bruxelles et à  Emmanuel Lepage de la représenter sur une simple affiche d'annonce, n'oublions pas que ces damiers furent avant quiconque utilisés — inventés — par les savants… nazis pendant la Guerre pour leurs fusées / missiles !).


Mœbius Hommage à Hergé - Sérigraphie 120 ex. n°/s


"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Qui avait prévu cette association ??????????…

Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…




"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Étonnant non ?… , dirait Monsieur Cyclopède.




Valéry Ponzone




PS : Cela dit je n'ai toujours pas saisis le x séparant / liant les deux entités commerciales ? Peut-être un simple signe graphique, mais comme il peut représenter le symbole mathématique de la croix de multiplication, un + aurait peut-être été plus graphique et cohérent dans ce cadre particulier, ou un vrai symbole… graphique ???…