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mardi 25 octobre 2016

> Librairie Coconuts à Périgueux… souvenirs

Ce n'est pas moi qui ai écrit cette fois-ci…  mais un invité.
Cela faisait longtemps que je pensais à tous ces libraires que j'ai connus ou dont j'ai entendu parler, que ce fut dans la presse spécialisée qui — jadis — relayait les productions, animations des uns et des autres, où qu'ils se trouvent dans l'espace francophone du 9ème art, ou par d'autres canaux…
Si l'un d'entre vous a aussi envie de se coller à l'exercice, ce sera avec plaisir que je le ferai partager par ce blog : nous avons connu un grand nombre de librairies marquantes avec suffisamment de personnalité, d'intérêt ou de caractère pour en parler… et partager !


Rien ne meurt en nous de ce que nous avons aimé.  Même quand l’on n’y prend pas garde, tout nous revient toujours par la bande – et, souvent, par la bande dessinée. Parce qu’elle est d’abord un lieu par où nos regards se fixèrent un jour : un grenier à la campagne, une bibliothèque, plus souvent une librairie, quelquefois surgie de nulle part, perdue dans une petite ville, comme à l’écart du (grand) monde. Ainsi Coconuts, Périgueux, aujourd’hui disparue.
Hommage en guise d’inventaire par Redstarpx.


Une librairie, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Étrangement, c’est souvent quand elle a disparu que l’on se rend compte à quel point elle nous aura marqué, et combien elle nous manque. Comme si quelque chose s’était joué là qui nous aura révélé non pas qui nous étions, peut-être même pas ce que nous allions devenir ou gagner, mais bien ce que nous allions définitivement perdre. Gagner, perdre, l’un n’ira jamais sans l’autre : la librairie, c’est d’abord une chambre noire, un temps anté-mémoriel – celle des vies qu’on s’invente, que l’on arrache à la morosité (la province, l’adolescence, la gangue du quotidien) ; c’est aussi le manque et le désir anticipé, un peu trouble, de ce manque : la conscience malaisée que tout aura bientôt une fin, que l’on devra nécessairement rétrocéder quelque chose de ce privilège insensé qu’elle nous aura offert : l’espoir d’apercevoir l’abîme – un monde de mystère et de désir, impossible à concevoir tout à fait.

Ouvrir un livre , c’est ainsi entrer en autarcie : c’est d’abord un retranchement, mais sous la forme d’une opération double : additionner, soustraire. Ajouter une couche de vérité à une autre, évacuer le réel pour mieux se dérober : vivre l’aventure, effectuer l’inventaire de soi-même, dans le fracas des mots et des images qu’ils convoquent. Opérer ce retrait dans la bande dessinée, c’est faire l’expérience de l’impureté : accepter ce qui aura toujours été perçu comme une manière un peu déceptive, un en-deçà au carrefour des autres arts (littérature, cinéma, théâtre, architecture, pantomime, etc), dépourvu de langage articulé, à jamais prisonnier du babil propre à l’enfance. Ce fut peut-être la raison première à cette idée somme toute étrange : aller nous enfermer un jour dans ce qui nous semblait l’endroit le plus intimidant qu’il nous ait été donné de fréquenter – ce quelque part où personne jamais ne nous aurait conduit. Aller vers l’impur ; entrer dans des cases et découvrir l’ailleurs. Comme fermer les volets et laisser l’extérieur continuer de s’agiter : être enfin libre. Libre de mettre tout le reste à distance, pour relier un point à un autre, pour commencer à développer une perspective. Là se trouvait l’échappée : à nous l’infinité du monde ; aux autres la société, ce vain théâtre.

Banalité que tout cela ? Mythologie de faible amplitude ? Pour nous ce fut considérable : c‘est notre enfance qui se sera jouée là, et l’on sait bien que l’enfance est toujours plus forte que les mythes – ils sont désespérément universels, alors qu’elle est fondamentalement unique. Ce qui nous a unis, ce fut d’abord ceci : une petite boutique (était-elle si petite ? Pour nous, elle fut parfois comme un refuge, ou un jeu de piste – être là, tracer des cercles autour d’autres exilés volontaires, les renifler autant qu’on renifle les livres), un type arrivé là très jeune (la vingtaine), presque dans un désert.

Voilà : Henry S., Coconuts, « librairie de bande dessinée » installée depuis 1983 à Périgueux,  petite ville du sud-ouest de la France. 

 
Librairie Coconuts — Périgueux
Publicité in L'année de la BD 1984-1985


Le type avait dix ans de plus que nous, et c’était un gouffre qui aurait dû être insurmontable. Des collégiens ou des lycéens qui s’encanaillent en séchant les cours et viennent flairer l’endroit, dont le propriétaire est déjà un adulte, avec des responsabilités : vendre, acheter, faire sa marge puis payer ses charges, calculer. Ce qui nous fit adopter d’abord Henry et Coconuts, ça n’est peut-être même pas l’exotisme un peu bancal du nom, ni cette idée saugrenue que nous pouvions nous aussi être regardés comme des adultes. C’est sans doute la conscience claire, immédiate, qu’avec lui il n’y aurait jamais de calcul, justement. Pas besoin d’opération, même élémentaire : il flairait tout de suite le nouvel arrivant, savait instantanément à qui il avait affaire, et puis, presque toujours, il lui donnait une chance. Une chance d’aller chercher ce qui était évidemment fait pour lui, qui l’attendait là, dans les rayons, et n’attendait que lui. Une chance de lui donner cette liberté-là, bien souvent totalement inédite.

Pour moi, comme pour quelques autres, ce livre premier fut Le Cimetière des Eléphants de Chaland, Collection Eldorado, début 86. Tout est ancré dans ma mémoire : trois personnages sur la couverture, en tenue d’expédition, échappés du cadre répondant au titre, avec cette ombre noire qui guette et que seule la fille semble avoir aperçue ; la fille, ou plutôt la jeune femme – présence inédite par son réalisme, comme débarquée d’un film noir des années 1940 : arrondi parfait du visage, tâches de rousseur de l’enfance sous une frange impeccable, formes souples se détachant sur une taille de guêpe, bouche très exactement dessinée dans le prolongement du geste effectué par le bras, corsage entr’ouvert, ceinture du holster dont un cran est négligemment défait - une créature tombée de la planète Mars !

L’érotisme qui soudain débarque dans le dessin, comme nécessairement à l’écart des deux autres personnages (des siamois, ou des reflets inversés). Qui est cette fille ? Et puis : « Les aventures de Freddy Lombard », avec ce lettrage plus tard reconnaissable entre mille. Les aventures ? Quelles aventures ? Où ? Quand ? Combien ? Ouverture du livre (comme on dit à l’opéra : « Ouverture » … un opéra de papier ? Sans doute, mais ça, je n’en comprendrais la portée que bien plus tard). Une double page d’objets fétiches (ça tombait bien), comme chez Hergé, comme chez Hitchcock dans le clip promotionnel de Psychose : « regardez bien cet objet, il aura une importance capitale dans notre histoire ! ». Tout l’attirail de l’aventurier, et aussi, bien sûr, des livres : un magazine pulp, une encyclopédie. Et puis la page suivante : un fétiche de Tintin (c’est toujours comme ça que je le perçois : je n’avais jamais encore rencontré Freddy Lombard), criblé de projectiles, ou percé de clous ; plus loin, une liste, à rendre fou : j’entrais par effraction dans un monde déjà solide, avec une œuvre en train de se poursuivre ! Il n’y avait plus qu’à se jeter dans cette jungle, remonter le fleuve, quitte à s’y perdre !

Sourire du libraire, qui devait déjà se dire : « ça y est, encore un ! ». Extase du lecteur, venant de poser le pied sur un continent à ses yeux encore vierge, mais où tout le précédait. Et puis voracité à rattraper le temps perdu, et découverte que d’autres étaient déjà passés par là, ou en étaient au même point que nous : ceux-là aussi resteraient pour la vie.  

Très vite se forma donc une communauté de gamins qui ne seraient plus jamais seuls, ou comprirent la richesse d’avoir été seuls jusque-là. Puis l’on s’aperçut que les âges de ces gamins variaient grandement ; certains avaient parfois dix ans de plus que le maître des lieux – mais lui avait dix ans d’avance sur tout le monde. Nous étions au milieu d’une page à construire, lui était déjà en train de rassembler les planches pour mieux les disperser : peut-être savait-il que le temps lui était compté, peut-être avait-il décidé de n’être lui-même qu’en sursis (la librairie allait durer dix ans à peine).

C’est sans doute par là que naquirent deux phénomènes contigus : la permanence du rire (prendre les choses au tragique, certes, mais jamais au sérieux), et la toute puissance de l’instinct. Henry était un libraire incapable a priori (le simulait-il ?) de lire plus de trois pages d’un livre non dessiné : il s’ennuyait très vite, ça le mettait presque en colère, il ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre. Écrire sans dessiner, c’était faire montre d’un sérieux insupportable, c’était être réduit à l’impuissance : démontrer, expliquer, développer, là où deux cases en disaient toujours plus que tout. Il avait une méfiance quasi pathologique pour tout ce qui ressemblait vaguement à une forme d’intellectualisme. Le remède : un rire « hénaurme » à la Cravan (qu’il n’avait sans doute jamais lu), une mise en question permanente de soi, de ses propres limites, un rire de barbare, après lequel rien ne repoussait complètement : ni lui, ni les autres, ni aucune contingence de quelque ordre que ce fut. 

Henry ne perdait pas de temps à faire preuve d’humour, il avait bien mieux à faire à renverser le monde. Ainsi, cette manie étrange du surnom : par cet adoubement, ce nouveau baptème, il conférait au nouvel adopté comme un surcroit d’existence : l’heureux élu intégrait illico cette société secrète - la bande dessinée -, et devenait un personnage. Tête Plate, M. de Pojo, Moustache et Trottinette, l’Homme-Mouche, et tant d’autres encore : qui a jamais su quels étaient leurs patronymes officiels ?  Quelle importance, au fond ? Pour chacun, cette idiotie salutaire avait valeur d’ascèse : tremblant d’envie et d’effroi mélangés, il s’agissait alors d’être digne de cette sur-réalité tombée de nulle part. Un doigt sur la tête, nous dansions cette gigue effrénée, comme Georges Rémi s’effaçant devant Tintin.

Librairie Coconuts — Périgueux
Carte de visite

Comment s’en étonner : nos lectures finirent par déteindre sur nous, contaminant notre langage, le rythme de nos phrases, leur scansion, jusque dans certaines postures ou grimaces. Henry était le Jarry marionnettiste du Théâtre de l’Oeuvre, et nous les palotins de ce souriant Père Ubu ! Nous nous mîmes dès lors à parler couramment le Chaland, buvant des cocktails russes comme chez Serge Clerc, rêvant de femmes dessinées par Götting ou Avril.

La vie devenait une gigantesque bande dessinée en train de se construire : comme fabriqués en direct, nous nous roulions avec volupté dans les herbes folles de la fantaisie. Cette confusion des genres agissait comme un baume, d’abord piquant, puis chauffant même un peu trop (où fixer la limite ?) ; une forme d’émollience s’installait, et rien ne pouvait plus nous atteindre, jamais. L’ancien monde perdu dans son reflet, les mots devenus étrangers à eux-mêmes, nous commencions de tourner comme dans un kaléidoscope, à toute vitesse, les repères envolés, et la raison avec. C’est à partir de ce moment-là que l’on devient mûr pour faire les plus grosses bêtises.

La bande dessinée cessait tout à coup d’être du papier ordinaire, même de luxe : elle devenait un palimpseste sur lequel nos vies s’imprimaient. Parfois, cela tenait plutôt du papier tue-mouches : on ne savait plus vraiment distinguer le réel de la légende. Telle cette anecdote de l’inauguration de la boutique avec le ban et l’arrière-ban des édiles locaux – Henry prétendait ceci : avoir annoncé la venue d’Hergé, et tout le monde avait suivi (était-ce quelque temps avant sa disparition ? Était-il même déjà mort ? Anecdote impossible à vérifier, mais là n’est pas la question : nous étions chez John Ford - print the legend !  - et peu nous importait). Tout était envisageable : chaque jour apportait son lot d’histoires invraisemblables, que nous nous empressions de croire, forcément.

L’intuition d’Henry fut le miracle qui permit tout ceci, au moins autant qu’il fut une source permanente d’interrogation : comment ce type, résolument fermé à toute théorisation esthétique, sortait-il de son chapeau, avec une sûreté de goût confondante, des auteurs ayant de telles affinités électives ? Chaland, Clerc, Götting, Avril, donc - mais aussi Floc’h, Benoit, Loustal, Swarte ou Ever Meulen, tant d’autres encore, parfois totalement inconnus. Pourquoi sauvait-il d’instinct Léon La Terreur ou Maurice le Cowboy, au nom de ce principe par lui jamais formulé : l’absence de toute vulgarité ? Où dénichait-t-il les productions encore embryonnaires de l’Association ou Cornélius ? D’où surgissait Glen Baxter, pour qui n’avait jamais entendu parler d’Edward Lear ? Par quelle étrange clairvoyance de sa part repartions-nous avec, calés sous un bras, Martiny & Petit-Roulet, sous l’autre Willem ou Schlingo ? Par quel tour de passe-passe nous conduisait-il de Martin Veyron à Herriman, ou de Moebius à Mattoti ?

Généreux concours de circonstances, alors ? Décalage dans les générations ou l’expérience ? Soyons plutôt persuadés de ceci : un bon libraire est celui qui sait : c’est un mystère qu’il nous faut savoir apprécier. On appelle cela un métier : une inspiration doublée d’une aspiration. Un bon libraire sait en effet qu’il y a toujours deux poids, deux mesures ; qu’un kilo de plumes est parfois plus lourd qu’un kilo de plomb ; que l’on ne traite jamais deux histoires de la même façon ; et qu’un passant dans la librairie, quand bien même passerait-il tous les jours, c’est toujours un scénario différent, un instant à recommencer. C’est sans doute pourquoi l’on y revient forcément un jour, même quand l’on n’en revient toujours pas. 



Redstarpx, été 2016

jeudi 20 octobre 2016

> Victor Levallois rencontre Tintin à Berlin en 1952 par Stanislas…

Encore du Tintin ?…
Allons-y, puisque nous restons dans la semaine de quelques hommages au célèbre personnage à la houppe : en voici un par Stanislas.
Voici un beau dessin de Stanislas qui créait une rencontre inédite entre son personnage fétiche Victor Levallois et Tintin, les Dupondt et Milou à Berlin en pleine Guerre Froide
Brrrrrrrrrr…
L'action se passe juste avant Objectif Lune : mais que donc Tintin allait-il faire à Berlin cette année là juste avant de partir pour la Lune ?…

Il faut toujours contextualiser les choses : à l'époque de ce dessin, Stanislas n'avait pas encore projeté de se lancer dans Les aventures d'Hergé avec Fromental et Bocquet sous l'impulsion éditoriale de Yves Boniface from Reporter !…

Stanislas, Victor Levallois, Berlin, Juin 1952
Dessin original
Encre de Chine sur papier — XXe siècle

Ce dessin avait été imprimé en cette fin de XXe siècle en sérigraphie, pour un tirage de qualité, même s'il est collector, plutôt moyenne…
Un aussi beau dessin de Stanislas aurait mérité d'être vraiment mieux imprimé…

Stanislas, Victor Levallois, Berlin, Juin 1952
Sérigraphie couleurs — 180 ex. numéroté & signés
Éditions Sans Intérêt — XXe siècle

Il y aura plein de Tintin par Stanislas à la suite des Aventures d'Hergé justement : le truc malin qui aura permis de s'amuser !…

Cette autre très belle estampe, imprimée en sérigraphie par L'Atelier Éric Seydoux a été éditée lors de l'exposition organisée par Reporter à la Galerie Médicis (c'était blanc bonnet et bonnet blanc ou schtroumpfs verts et verts schtroumpfs, pour faire esprit Bande Dessinée, ou juste le plaisir d'écrire "schtroumpfs" sans vérifier que je ne me trompe pas !??).
Un très beau travail d'impression !…
Il faut noter le truc malin dont je parlais, comme dans cette estampe : dessiner un représentation de cette fameuse pièce de théâtre [Tintin en Inde] Le mystère du diamant bleu, avec Hergé et ce qui me semble être plutôt EP Jacobs tout heureux de l'accueil du public à la pièce…
"Ce qui me semble" car la pièce a été écrite par/avec Jacques Van Melkebeke, dit le proscrit ou celui dont on doit taire le nom… parce qu'il aurait été collabo option vert-de-gris… et je ne pense que ce soit lui avec Hergé ?…
Comme l'Histoire officielle de la Bande Dessinée nous apprend que Hergé et Jacobs se serait rencontré lors d'une représentation de cette pièce…
Ce serait amusant de publier cette pièce de théâtre (ou peut-être est-ce interdit ?) ou d'en faire au moins quelque chose, même s'il semble d'après le peu d'éléments connus du tapuscrit, que certaines petites choses auraient pu servir d'inspiration dans des histoires postérieures de Tintin ?…

Stanislas, Les aventures d'Hergé, Le mystère du diamant bleu
Sérigraphie couleurs — 1850 ex. numéroté & signés
Éditions Reporter — 1999

Plein de collectors de tous types furent aussi produits pour la sortie de ces Aventures d'Hergé :  les principaux furent la (longue) série d'ex-libris pour promouvoir l'album édité par Reporter…
Tout commença avec les deux vraies-fausses boîtes de vraies-fausses figurines — ça va devenir aussi compliqué que d'anciennes histoires de passeport — que j'ai éditées en 1999…

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîtes pour les figurines Numéros 1 + 2
Librairie-Galerie La comète de Carthage, Paris — 1999

La Maison de Valéry ® ne reculant devant aucun sacrifice, j'offrais 2 exemplaires de ce tirage !…
Un premier numéroté et signé par Stanislas, et un second non signé : celui-ci pouvait servir à vraiment s'amuser et à vraiment monter les deux boîtes pour occuper un dimanche grisâtre d'automne avec ses enfants : ce qui à cette époque reculée, changeait de tout ce temps passé devant un écran d'ordinateur, n'est-il pas ?…
Aaaah !… Se mettre plein de colle sur les doigts pour avoir le plaisir de voir ces boites montées et posées sur l'étagère du salon ou dans le buffet de famille… 

Voici les autres… si je n'en oublie pas que je ne connaîtrais pas ?…

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 3
Librairie Super Héros, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 4
Librairie Sans Titre, Bruxelles — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 5
Librairie Sans Titre, Bruxelles — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 6
Librairie Ty Bull, Rennes — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 7
Librairie Ici Même, Rennes — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 8
Librairie Azimuts, Montpellier — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 9
Librairie Oscar Hibou, Bordeaux — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 10
Galerie Médicis, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 11
Galerie Médicis, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 10
Het Besloten, Leuven — 1999

Un petit jeu pour les vrais nostalgiques ?…
Si je ne me trompe pas, il ne resterait que quatre librairies sur toutes celles qui avaient participé plus qu'activement à la mise en avant et à la réussite des Aventures d'Hergé version Reporter ?…





Valéry Ponzone

dimanche 25 mai 2014

> Quand Dave Cooper rencontre Mœbius…

Deux dessins pour une histoire de Dave Cooper : invité par Angoulême il y a quelques années, il en profite pour faire passer Pip et Norton par Paris et leur faire rendre visite à  Mœbius chez lui…
Dave Cooper est un des rares génies du comics alternatif nord-américain : de Suckle à Crumple sans oublier Pressed Tongue (très, très cul) et le fascinant Weasel / Ripple, A Predilection for Tina (où le côté poussé à l'extrême du sujet traité bien différemment par Edmond Baudoin dans Le portrait)…
Dans Pip et Norton (sans oublier les autres crétins de  Dan and Larry), dont le tamdem ferait un peu trop-beaucoup penser à ce qu'ont fait bien plus tard Winshluss et Cizo dans Wizz et Buzz ou Trondheim dans Kaput et Zosky, qui est sa série la plus déjantée avec ses deux personnages bien crétins, on trouve une histoire dans laquelle les deux personnages rencontrent Mœbius dans sa factory / maison d'édition / atelier : bien peu de respect a priori, mais finalement énormément de respect pour Mœbius en lisant cette histoire.
Deux dessins (originaux) de cette histoire en exemple : tout d'abord cette représentation d'Arzach

Arzack vu par Dave Cooper, 2009
Pip sur Arzach invite Geneviève à le rejoindre…
Encre de Chine, encre rouge et crayon bleu sur papier

… et le moment où Mœbius cherche quelque chose — Geneviève en fait — sous ses planches originales…
Il se baisse et, ce qui doit arriver… arrive !
Et ce ne semble pas être le vent du Désert B qui se lève !!?…

Mœbius cherche Geneviève par Dave Cooper, 2009
Encre de Chine, encre rouge et crayon bleu sur papier

En prime un troisième et dernier dessin qui a servi pour cette histoire avec Pip et Norton qui montent dans la limousine aux chevrons qui les véhicule, avec son petit drapeau bleu-blanc-rouge sur l'aile gauche…
En fait cette histoire a été conçue par cases/vignettes séparées et remontées ensuite, avec mise en couleurs spécifique et lettrage, pour former les planches de bande dessinée…
Comme le fait un certain Enki Bilal depuis quelques livres : mais Dave Cooper est bien plus marrant et créatif à lire !
J''en termine là pour les dessins de cette histoire, parce que sinon je ne vais pas arrêter : je ne vais pas tout mettre non plus…

Pïp et Norton en VIP par Dave Cooper, 2009
Encre de Chine, encre rouge et crayon bleu sur papier

En super prime-plus, pour en terminer — vraiment — avec ce clin d'œil, une des planches de Weasel / Ripple qui est certainement ce que Dave Cooper a fait de plus fort…
Le rapport de l'artiste et de son modèle, Tina, dans une relation qui vire à l'obsession absolue pour l'artiste…
Impressionnant.
Un réel chef-d'œuvre : Dave Cooper entraîne ses lecteurs dans les méandres et le tourbillon qui s'emparent du dessinateur, comme une force irrésistible face à laquelle il ne peut rien…
Cette planche m'a été offerte en l'An 2000, un bien beau cadeau.
Je ne crois pas qu'aucun des livres de DC était traduit en français à cette époque là ?…
Je les commandais et les proposais en versions anglaises in the text depuis quelques années… comme tant d'autres auteurs et/ou titres quand j'y repense !

Weasel par Dave Cooper, 2000
Encre de Chine sur papier

Weasel #1 par Dave Cooper
Ripple A Predilection for Tina part 1
Fantagraphics Books (USA), 1999

dimanche 6 avril 2014

> Yves Chaland, les Cauchemars (fétichistes) du Jeune Albert…

Ce dessin de Chaland en Hommage à Hergé, réalisé pour le G.G.E.F. de Rudler (ce groupement graphique éditait des tirages de luxes kitschos au possible avec le recul, tel celui d'un Homme dans la Foule de Floc'h avec du vrai tissu Dormeuil pour la couverture, ou encore La peau de Léopard de Ted Benoit avec un vraie-fausse peau de léopard synthétique : de très mauvais goût somme toute, mais aussi des dérivés de l'univers de Tintin : le fétiche Arumbaya en résine ou le sceptre d'Ottokar bien doré) aurait pu faire partie des Cauchemars du Jeune Albert : on sent dans ce dessin le même esprit que dans le portfolio…
Le dessin a aussi été publié dans le livre collectif Fétiches (sous un couverture de Bilal), puis au trait dans le catalogue Chaland Explorateur (Reporter, 1990) et a dû être repris en couleurs dans le gros livre édité par Champaka sur le travail de Chaland illustrateur
J'aurais pu le présenter dans ma Petite histoire de pirogues… : avec celle qui glisse discrètement sur le fleuve tout à l'arrière-plan…
La version au trait, ainsi que celle de la plaquette de présentation du Groupe,  et trois variantes de mises en couleurs au fil des ans…

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985
in Catalogue G.G.E.F. (en photocopie)

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 198?
Carte postale

Le Jeune Albert et le Fétiche
Le Collectionneur de bandes Dessinées n°69 ; 1992

Ce dessin original était exposé à L'exposition coloniale 1990 dont je parlais précédemment…
Il n'avait pas été vendu pendant l'exposition et je l'avais vu derrière le bureau du Seigneur de Super Héros au fond du magasin quelques temps après l'exposition…
Un peu plus cher…
La masse noire du tronc de l'arbre au premier plan me gênait un peu. Je la trouvais trop présente et imposante. je crois que les traces blanches en réserve pour marquer le relief de l'écorce avaient été faites à la gouache blanche, ainsi que les stries de l'insecte.
Je vais être sincère, je le suis toujours de toute façon, je n'avais pas su regarder ce dessin !
Et je le regrette, car il est admirable, tant dans son idée (un hommage à Hergé pas si appuyé que cela tout en l'étant vraiment) que dans sa composition et sa réalisation.

Être collectionneur c'est aussi se frustrer bêtement, avec de fausses-bonnes raisons, et laisser parfois (souvent ?) passer de belles choses.

Je me demande encore si Yves Boniface souhaitait conserver ce dessin pour lui, ou si quelqu'un, et ce n'est pas ce qui manque, de plus malin que moi avait eu le bon goût de le lui acheter cette année là ?

mercredi 8 janvier 2014

> François AVRIL- Tintin à Paris - dessin (presque) inédit

© Avril
Le petit scribouillage du jour : un dessin avec les zoulies couleurs faites en direct (de Cognacq-Jay ?) comme on dit maintenant…
"Les aventures de Tintin Reporter à Paris" : un dessin en hommage à Monsieur Georges Rémi, réalisé par François Avril pour une exposition dans une librairie portant le nom d'un livre d'une série concurrente sise à Saint-Germain-en-Laye…

Échangé à l'époque (la scène se passe au siècle passé, au tout début des années 90 !) contre diverses choses, dont un strip original de Rip Kirby de Mister Alex Raymond : une femme brune splendide, très élégante joue de sa séduction avec Rip Kirby dans une galerie d'art new yorkaise…

Je regrette toujours ce strip qui me manque beaucoup : collectionner, c'est aussi accumuler quelques regrets, rangés bien au chaud à côté des plaisirs que l'on en retire…

Ce dessin n'a été tiré que sous forme de carte postale, et peut-être ensuite s'est-il retrouvé proposé aux enchères et dans une des petits boîtes catalogues de ces ventes ?…

vendredi 27 décembre 2013

> Serge CLERC - Jacques LEGALL, Le secret des Templiers - dessin inédit

© Serge Clerc
Un dessin inédit de Serge CLERC retrouvé en classant un peu : illustration toutencouleursettrèszouliescommetout…
Les Aventures de Jacques LEGALL, Le secret des Templiers, sur un scénario (de rêve ?) de J.M. CHARLIER : excusez du peu…(et Mitacq au dessin tout de même ?)…

Serge Clerc n'en aurait-il fait que la couverture comme Yves Chaland pour certains livres publiés par Magic Strip dans les années 80 ?

Le testament de Godefroid de Bouillon pour Yves Chaland (première histoire de Freddy Lombard et ses acolytes), et Le secret des Templiers pour Serge Clerc : le temps des croisades allaient être bien explorés !…

Il ne manque qu'un bon petit Timour de Sirius pour conclure l'affaire (je plaisante : Gil Jourdan, Les moines rouges c'est bien mieux !)…

> ARNO - Le jeune Albert… pour Yves CHALAND

J'ai trouvé dans un de mes livres cette grande et belle dédicace de Arno - le dessinateur disparu - du Jeune Albert…
Dissimulé dans une édition grand format, Collection 1/1 Jonas de Alef-Thau, L'enfant tronc (de format 30 x 40 cm), que réside ce dessin hommage destiné à Yves Chaland
Pas mal n'est-il pas ?