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mercredi 25 avril 2018

> Yves Chaland et le supersonique F-52 : un portfolio avec une histoire… (toujours) bien morale ! (part tou)

Le dimanche 19 janvier 2014, à 23h30, je finissais la rédaction de ce post sur le portfolio F-52 de Chaland paru aux éditions Déesse en l'An de Grâce 1986…
J'y décrivais chacune des planches du portfolio, prenant plaisir à raconter la petite histoire de cet ensemble : c'est à la planche 4 que je m'interrogeais sur le film projeté sur l'écran du stratosphérique avion supersonique F-52…

La salle de projection pour les 1ères classes  : le mari fait le guignol devant l'écran sur lequel le film est projeté :
il amuse la galerie… Je suis prêt à parier que Chaland a dessinée une scène d'un vrai film, avec un sujet proche…
Une forme de mise en abyme. En tout cas que voyons-nous sur l'écran ? Une femme et deux hommes…
Mais quel film ? Le mystère reste entier…
(…)

C'est seulement au bout de 4 ans qu'un lecteur de ce blog - enfin un ! - répond à cette interrogation et me permet de confirmer que le film qui passe sur l'écran du F-52 est bel et bien - tel que je le subodorais - un classique hollywoodien du triangle amoureux !…

Merci à Monsieur Emmanuel B. qui me permet d'affirmer qu'effectivement (je me prends pour Monsieur Ribera, le prof de gym dans Ariol !) Yves Chaland ne laissait absolument aucun détail au hasard… Tout était toujours maîtrisé dans son trait ou ses scénarios, dans tout ce qu'il faisait.
Ce dont je ne doutais guère !…

Ce lecteur m'a écrit en début d'année pour m'apprendre : 

"J'ai lu votre entrée sur le portfolio F-52.
À mon avis, le film projeté dans l'avion est "Sérénade à trois" de Ernst Lubitsch ("Design for Living"). 
Un film dans lequel l'héroïne n'arrive pas à choisir  entre deux amants.
De mémoire il y a une scène  dans un train où elle fait face aux deux amants."

J'ai enfin ma réponse : il suffit de faire mon Gogol et je tombe illico sur le film en V.O. sur You Tube, avec un halo central bizarre dans l'image…

Design for Living (Sérénade à trois) par Ernst Lubitsch
avec Miriam Hopkins, Gary Cooper et Fredric March
© Paramount (USA) 1933

La séquence commence à 5'35" environ, et il y juste avant un passage avec un dialogue en français entre Gary Cooper et Miriam Hopkins plutôt délicieux : très tac au tac et très rapide, surtout de la part de l’actrice.
Comme si elle cherchait à se débarrasser au plus vite de ces phrases en français… avec un accent au léger goût rustique.
Cette séquence est d’autant plus intéressante qu’elle dessine une caricature des deux loustics en train de dormir (ou de cuver) sur leur banquette, en face d'elle,  …
Le xième degré par Chaland : un film en résonance avec ce qu'il se passe dans le F-52, avec ces deux histoires triangulaires classiques, deux hommes et une femme.
La femme est artiste et dessine, sans oublier le fait de retenir une scène de train comme séquence projetée dans le supersonique le plus moderne et rapide du monde !…


Design for Living de Ernst Lubitsch (1933)

Merci à ce lecteur cultivé au-delà de la moyenne… qui m'a permis d'apprendre quelque chose d'important, et qui m'a aidé à développer ce blog et le billet à propos du F-52 : même si c'est un détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup…





Valéry Ponzone


dimanche 6 avril 2014

> Yves Chaland, les Cauchemars (fétichistes) du Jeune Albert…

Ce dessin de Chaland en Hommage à Hergé, réalisé pour le G.G.E.F. de Rudler (ce groupement graphique éditait des tirages de luxes kitschos au possible avec le recul, tel celui d'un Homme dans la Foule de Floc'h avec du vrai tissu Dormeuil pour la couverture, ou encore La peau de Léopard de Ted Benoit avec un vraie-fausse peau de léopard synthétique : de très mauvais goût somme toute, mais aussi des dérivés de l'univers de Tintin : le fétiche Arumbaya en résine ou le sceptre d'Ottokar bien doré) aurait pu faire partie des Cauchemars du Jeune Albert : on sent dans ce dessin le même esprit que dans le portfolio…
Le dessin a aussi été publié dans le livre collectif Fétiches (sous un couverture de Bilal), puis au trait dans le catalogue Chaland Explorateur (Reporter, 1990) et a dû être repris en couleurs dans le gros livre édité par Champaka sur le travail de Chaland illustrateur
J'aurais pu le présenter dans ma Petite histoire de pirogues… : avec celle qui glisse discrètement sur le fleuve tout à l'arrière-plan…
La version au trait, ainsi que celle de la plaquette de présentation du Groupe,  et trois variantes de mises en couleurs au fil des ans…

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985
in Catalogue G.G.E.F. (en photocopie)

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 1985

Le Jeune Albert et le Fétiche
Hommage à Hergé ; 198?
Carte postale

Le Jeune Albert et le Fétiche
Le Collectionneur de bandes Dessinées n°69 ; 1992

Ce dessin original était exposé à L'exposition coloniale 1990 dont je parlais précédemment…
Il n'avait pas été vendu pendant l'exposition et je l'avais vu derrière le bureau du Seigneur de Super Héros au fond du magasin quelques temps après l'exposition…
Un peu plus cher…
La masse noire du tronc de l'arbre au premier plan me gênait un peu. Je la trouvais trop présente et imposante. je crois que les traces blanches en réserve pour marquer le relief de l'écorce avaient été faites à la gouache blanche, ainsi que les stries de l'insecte.
Je vais être sincère, je le suis toujours de toute façon, je n'avais pas su regarder ce dessin !
Et je le regrette, car il est admirable, tant dans son idée (un hommage à Hergé pas si appuyé que cela tout en l'étant vraiment) que dans sa composition et sa réalisation.

Être collectionneur c'est aussi se frustrer bêtement, avec de fausses-bonnes raisons, et laisser parfois (souvent ?) passer de belles choses.

Je me demande encore si Yves Boniface souhaitait conserver ce dessin pour lui, ou si quelqu'un, et ce n'est pas ce qui manque, de plus malin que moi avait eu le bon goût de le lui acheter cette année là ?

dimanche 16 février 2014

> Une autre (petite) histoire de foot… 

Un moyen de relever le niveau moyen de la création en bande dessinée avec cette vie de Didier Drogba en bande dessinée, présentée sur le site de France24.
C'est la conclusion de l'article qui est intéressante : en effet, c'est Didier Drogba ou tout au moins son éditeur que les grands éditeurs de bandes dessinées devraient engager pour diriger leurs catalogues.
Il semble être aussi bon pour marquer des buts (et il est très très fort dans cet exercice : rien à dire à ce sujet) que pour faire de l'édition.
Passons sur la côté "ce qui rentrera dans ma poche gauche ira dans celle de droite" (l'argent gagné sera versé à sa propre Fondation : même si celle-ci doit être une bonne Fondation, il est tellement plus facile d'être philanthrope avec sa propre fondation, n'est-il pas ?) : le plus fascinant est le fait de savoir à l'avance que sa vie en bande dessinée va faire des bénéfices !…
Trop grand. Trop fort.
Ce que je vois plutôt comme un bide annoncé en terme d'édition devrait faire des bénéfices…
Cela est garanti.

Incroyable. je me suis usé la santé et parfois mon capital passion à éditer des portfolios, estampes, tirages de luxes et/ou limités, livres et bandes dessinées (…) depuis 1988 si je me réfère au tout premier portfolio que j'ai édité… pour ne jamais rien gagner ni faire aucun bénéfices… voire ne perdre que de l'argent et de l'énergie.
Ni même acquérir le prestige de l'uniforme.
C'est cela que j'aurais dû faire plutôt qu'éditer des quasi premières bandes dessinées de certains auteurs : la vie en BD (pas en bande dessinée mais bien en BD) de stars du sport.

Ce qui est le plus incroyable dans cet article est le fait que le lien que la journaliste a créé dans le corps de son article sur le titre du tome 1 de ce merveilleux album de BD (il y en aurait plusieurs) est un lien qui nous amène directement sur la référence de la BD en vente sur le site… fnac.com !
Incroyable.
France24 chaîne et site internet d'information à vocation internationale (dont la référence à sa création était plutôt la BBC qu'une chaîne commerciale lambda), de service public qui plus est,  se permet dans les articles de certains de ses journalistes du site internet de proposer des liens commerciaux vers la Fnac !
Dans le corps de l'article, pas en publicité ou bannière présentes à côté de l'article : mais bel et bien dans le corps de l'article, donc par choix de la journaliste qui passe là pour un pur camelot ou rabatteur.
Cela m'étonnerait énormément que ce soit conforme au code de déontologie du journalisme !???…
D'ailleurs, l'intégralité des liens de l'article servent une promotion outrancière de ce livre, dont ne doivent bénéficier que très peu de réelles bandes dessinées créatives sur France24 : lien avec le profil Facebook de la BD (BD Officiel / Facebook), lien sur le site du livre lui-même avec Orange mis en avant un peu partout comme partenaire de cette BD, lien pour la Fondation Didier Drogba, liens sur ses clubs (Chelsea ; Galatasaray… mais pas Marseille ???) etc.
Cet article de France24 ressemble finalement plus à un publireportage qu'à un article de journaliste : même s'il est évident que ce n'est pas le genre d'article qui permet d'obtenir le Prix Albert Londres ou le Pulitzer, j'ai plus l'impression d'un travail de journaliste complètement hors-jeu…

Comme je l'ai dit, je pense que beaucoup d'autres bandes dessinées et auteurs auraient mérité ou apprécié qu'on leur fasse autant de promotion (gracieuse ?) même si j'ai plus l'impression qu'il s'agit là de servir la soupe
Pas besoin de faire une bonne bande dessinée de création ou de genre, c'est ce genre là qui attire les sponsors tels Orange ou… France24.

Fin des prolongations.
Séance de tirs au but.


Une BD qui sent le chef-d'œuvre absolu…
voire le Fauve d'Or à Angoulême ?

mercredi 22 janvier 2014

> Yves Chaland et Luc Cornillon c'est Captivant !

Captivant est sorti sous forme de livre en 1979 : comme le recueil d'une revue illustrée sortie des archives personnelles des deux auteurs, Yves Chaland et Luc Cornillon…
Il est amusant de constater différentes versions et quelques modifications entre les diverses publications et éditions de certaines histoires : tant au niveau du choix de mise en couleurs et/ou valeurs de couleurs, que dans la forme. 
Prenons une histoire de Noël 1954 réalisée par le seul Chaland : Le Noël de Lucia.
Paradoxe spatio-temporel, la première publication de cette histoire de trois pages,  à laquelle se greffe une fiche bricolage de bas de page, se fait dans le numéro 36 de la revue mensuelle Metal Hurlant du 1er décembre 1978, dont voici la couverture :

Métal Hurlant n° 36 - décembre 1978 - couverture

Cette première version a une mise en couleurs très différente de celle à laquelle les lecteurs du livre ont pu être habitués...
Le graphisme du titre Le noël de Lucia pourrait laisser à penser que Chaland avait vu le travail de Swarte sur les titres de certaines de ses histoires de Jopo de Pojo ?…

Le Noël de Lucia, pl. 1 in Metal Hurlant n° 36
Le Noël de Lucia, pl. 2 in Metal Hurlant n° 36
Le Noël de Lucia, pl. 3 in Metal Hurlant n° 36

Une trèszoulie mise en couleurs avec, justement, plein de couleurs. 
L'histoire complète court sur trois pages, et, la fin de l'histoire en elle-même est sur un strip en haut de la page ; le bas de la page étant occupé par un fiche bricolage pour construire sa propre crèche électrique de Noël…
La petite chose à remarquer dès à présent est la petite scène de cul (c'est le Noël de Lucia !) en haut à gauche, avec sa mise en couleurs toute en chaleur, heu… pardon, couleurs chaude : c'est la passion !…

Le premier livre compilant les histoires disparates publiées dans Métal Hurlant par les sieurs Chaland et Cornillon sort donc en 1979 : Captivant. 
Chez les Humanoides Associés.
Une belle couverture très intrigante et pleine de mystère n'est-elle pas ?
Un 4ème plat à damiers, plutôt option micro-damiers avec du jaune et du vert histoire de faire résonance avec la mythique Collection du Lombard...
La photo des auteurs était systématique dans la célèbre Collection Pied Jaloux des Humanoïdes Associés (je ne pense pas qu'aucune autre Maison d'Edition de bande dessinée n'ait jamais porté un nom aussi fort et conceptuel) : cela était une excellente idée, permettant tout simplement au lecteur de mettre un visage sur les auteurs dont il dévorait les livres.
Et ainsi de continuer à rêvasser  à de magnifiques aventures, dont celle lui permettant de côtoyer ces artistes aux parfums d'encens ramenés des rivages orientaux d'où ils tiraient leurs œuvres majestueuses et improbables…
Je m'égare : cela servait surtout à reconnaître lesdits auteurs quand on les attendait alors qu'ils arrivaient largement en retard aux séances de signatures organisées pour promouvoir la vente des livres…
Notons au passage je magnifique jeu de mot retenu pour cette collection. Pieds Jaloux…
Allons, quoi, c'est facile…
On dirait le titre d'une chanson de Gotainer : hé oui, Monsieur, on a des Lettres où l'on n'en a pas !…

Il est certain que Collection Pied Jacon, ça ne claque pas le même façon.
C'est un concept beaucoup plus récent utilisé en marketing pour la bande dessinée… 

Captivant - couverture
Première édition Collection Pied Jaloux 1979
Captivant - 4e plat
Edition Originale Collection Pied Jaloux 1979

Dans le livre / recueil, l'histoire de Lucia fait partie du numéro 381 de Captivant en date du 2 aôut 1954 : un numéro Spécial Noël, évidemment... 
Aux côtés d'une belle histoire de Noël, elle aussi très morale, de Cornillon, avec le grand Sam Kentucky :  qui n'a rien à envier au Red Ryder de Fred Harman, qui passaient dans les pages de Spirou…
Il est entendu que Captivant paraissait le jeudi : le passage au mercredi comme RTT pour les écolier n'est arrivé que dans les années soixante-dix (septantes) en France. 
Cet avantage social pour les scolaires vient d'ailleurs d'être raboté sérieusement depuis la rentrée scolaire 2013 : encore un acquis social qui est éliminé de l'échiquier. 
Comme il n'y a quasiment plus de revue de bande dessinée pour les enfants…
Les illustrés de bande dessinée sortaient donc tous le jour de repos des enfants : c'était une drôle de coïncidence et une sacrée chance de ne pas s'ennuyer au lieu d'aller jouer au foot ou faire ses devoirs…
C'est la TV qui a chamboulé tout ça : putain de télé…

Captivant numéro 381 - couverture
in Captivant recueil ; 1979

L'histoire de Lucia voit sa mise en couleurs modifiée pour cette publication dans ce "recueil" Captivant : on passe en bichromie et la joyeuse petite frise étoilée présente sur les pages dans Métal Hurlant a disparu…
Le papier est de type couché mat (ou satimat ? ou couché-quelque-chose : pas la peine de jouer à l'esthète sûr de tout). 

Le Noël de Lucia pl. 1
in Captivant 1ère édition ; 1979
Le Noël de Lucia pl. 2
in Captivant 1ère édition ; 1979
Le Noël de Lucia pl. 3
in Captivant 1ère édition ; 1979

La petite scène de cul (c'est toujours le Noël de Lucia !) en haut à gauche, est bien là…
Avec sa mise en couleurs à dominante rouge : les corps s'entremêlent toujours dans une pirouette kamasutresque…

Le livre est épuisé dans les années quatre-vingt et sa valeur monte… monte… monte.
Les Humanoïdes Associés ont lancé la Collection Les Yeux de la Tête (tout un programme) en 1983 avec des titres comme La nuit porte conseil de Dodo et Ben Radis avec une jaquette dite "feu de plancher"© posée sur la toile noire de cette histoire à ambiance polar, ou Ça roule de Jano, hommage au Dinky Toys…
La ré-édition de Captivant prendra sa place dans cette belle collection aux côtés d'auteurs comme Ted Benoit avec Bingo Bongo et son combo congolais (1987) ou, plus tard, son ami François Avril avec Soir de Paris (1989 ; scén. Petit-Roulet)…
Changement de programme du fait de la nouvelle collection : le collectionneur / lecteur aura droit à un livre avec un magnifique dos rouge toilé afin de mieux rappeler les livres d'antan et la percaline.
Le papier est un papier offset crème ou ivoire suivant l'angle du soleil ou l'avis de chacun : quoi qu'il en soit, le rendu des couleurs est bien différent et peut-être mieux : plus dans l'esprit des histoires…
Pour le reste c'est toujours un recueil de Captivant par Chaland ET Cornillon : depuis 2002 tout le monde sait que l'on ne change pas une équipe qui gagne !…
Le logo de la Collection apparaît au 4e plat passe bien le temps et reste plutôt pas mal maintenant que je le revois.
Apparition des fameux codes barres qui commencent à se généraliser depuis les années 80.
Les noms des auteurs sont moins affirmés et mis en avant que dans la première édition : plus discret…

Captivant - couverture
Deuxième édition ; Collection Les Yeux de Têtes 1987
Captivant - 4e plat
Deuxième édition ; Collection Les Yeux de Têtes 1987
Captivant numéro 381 - couverture
in Captivant Deuxième édition ; 1987
Captivant numéro 381 Pl. 1
in Captivant Deuxième édition ; 1987
Captivant numéro 381 Pl. 2
in Captivant Deuxième édition ; 1987
Captivant numéro 381 Pl.3
in Captivant Deuxième édition ; 1987

Mais, mais… ??…
Que se passe-t-il ?…
Nous devrions retrouver notre fameuse petite scène de cul…
Elle a disparu : tout simplement. Incroyable.
Pas au coin de ma rue, mais au coin de la page…
Disparu.
Incredible de by jove !!!
Regardez en haut, la case à gauche…
Case noire avec quelques bulles marquant l'effort du couple, ou la suggestion et l'imagination doivent prendre le pas sur la première version si explicite.
Ou alors, explication beaucoup plus rationnelle (comme quoi il faut parfois réfléchir dans la vie), il y a eut un court circuit lors de l'allumage de la fameuse crèche électrique : les plombs ont sauté entre les deux versions ?…
Il est vrai qu'à cette époque nous pouvions encore être en 110v, et le passage au 220v, ou un mauvais contact …
Que sais-je ?…
Oui : ce doit être plutôt cela la bonne explication…

Je me demande toujours s'il s'agit d'un choix artistique autrement nommé "ellipse" pour faire bien, ou alors une forme d'auto-censure ou bien encore le résultat d'un échange entre l'éditeur et l'auteur ?…
Il faudrait que je me renseigne vraiment un jour, et que j'arrête de me contenter de l'histoire de la crèche qui ferait sauter les plombs… tous les plombs.

Mais je le dis tout net et sans détour : c'est tout simplement fou !…

Deuxième édition épuisée et surtout souvent soldée : les fameux "retours" qui repassaient en circuit solde dans les années 90.
Il faut attendre 1996 & 1997 et les éditions des différents livres de Chaland sous forme d'intégrale (quatre volumes) pour retrouver Captivant dans le tome 3 avec une chronologie étrange car Bob Memory est une histoire antérieure à Bob Fish si je ne m'abuse, comme disait ce bon vieux docteur :

Chaland, Intégrale vol. 3 - couverture (jaquette)
Les Humanoides Associés ; 1997

Les premières intégrales ont des jaquettes sur les couvertures et sont d'un format agréable : 24,5 x 30,7 cm.
Les intégrales re-sortiront en 2003, format un peu agrandi en hauteur et sans jaquette…
De légères modifications au niveau de la maquette (pas très réussie de toute façon) : on remarque de suite que Bob Fish a dû prendre un bon coup de soleil entre les deux éditions : un coup du célèbre Magenta certainement ?…
Les titres placés dans le corps de l'immeuble à gauche passent d'un bel orange complémentaire au vert à un simple blanc.
Le logo CHALAND voit apparaître un magnifique "ombré"…
Ce vert particulier et ces codes couleurs étaient souvent visibles en graphisme dans les années quatre-vingt-dix (nonantes) et viennent souvent des sites internet qui commençaient à pulluler dans ces années là : in memoriam pour les start up qui ont engouffré tant de millions des investisseurs au nez fin…
Personnellement je trouve ce choix pas terriblement bien senti : aucune ambiance polar, là où un beau bleu nuit, comme l'ancienne couverture de Bob Fish, voire un gris-bleu serait d'un bien meilleur effet…
Enfin, pour ce que j'en dis…

Chaland, Intégrale vol. 3 - couverture
Les Humanoides Associés ; 2003
(après ses vacances aux Bahamas)

Pour ce qui concerne juste Captivant dans ces intégrales, Le Noël de Lucia reprend la version des Yeux de la Tête, le papier change et on revient au bon vieux couché mat standard que tous les imprimeurs aiment tant refiler…

Captivant numéro 167 - couverture
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997
Captivant numéro 381 - couverture
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997


Sur ces deux couvertures de numéros de Captivant, on distingue la création d'une sorte de joli bandeaux rouge, sur la gauche,  au niveau du "dos" (comme les numéros de Captivant devraient être brochés ce serait au niveau des piques)…

Captivant numéro 381 Pl. 1
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997
Captivant numéro 381 Pl. 2
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997
Captivant numéro 381 Pl. 3
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997

Toujours notre petite scène de cul mais la version du Noël de Lucia ne bouge pas : on garde la lumière éteinte pour la partie de jambes en l'air et Lucia et son génie / bon samaritain…
Pourtant ce n'est vraiment pas la première fois en eux deux !?…

Ce qui est amusant dans ces intégrales est le fait que l'éditeur a cru bon de créer un numéro de Captivant en plus : un moyen d'intégrer quelques histoires qui traînaient dans Métal Hurlant et qui n'avaient pas encore été publiées en livre comme Neige Rouge (in Metal Hurlant numéro 70 de décembre 1981).
L'idée eût pu être bonne mais avec plus de bon sens que de véritable réflexion : la couverture des deux éditions de 1979 & 1987 sert pour ce numéro "inédit" de Captivant : numéro 389 du 25 septembre 1954.
La véritable bonne idée eut été de le placer à la bonne place : après le numéro 387 !
Ne serait-ce que parce que cela correspond à une annonce intérieure dans ce numéro 387 : sur le personnage de scout revenant la semaine suivante, mais, surtout, parce que il est plus cohérent que Le retour de Gégène (l'histoire la plus intéressante qui restait inédite en livre) se trouve après les autres histoires de Gégène !

Captivant numéro 387 - couverture originale
Collection privée

Cela aurait fait une véritable bonne surprise aux lecteurs, nouveaux ou anciens, de Captivant : un numéro inséré sur lequel on tombe en lisant le livre…
Ooooh ! Surprise…
Quitte d'ailleurs à plus communiquer sur le fait que les Intégrales présentent du "matériel" inédit, resté soit dans les pages de Métal Hurlant soit repris dans Les années Métal édité par Champaka en 1997…
Dans la mesure où Captivant était fait par Chaland ET Cornillon, il eut été normal que ce nouveau numéro comporte un peu plus de pages de Cornillon  : il en reste quelques unes dans les pages de certains Métal Hurlant…
Plutôt que mettre cette bande détournée sur le film Furyo, chronique venant de Starfix d'ailleurs…
Il reste des strips de Roger Bonnet inédits dans des numéros de Métal Hurlant, pas tous présents dans Captivant : je me demande pourquoi ils n'ont pas trouvé leur place dans ce nouveau numéro ?


Captivant numéro 389 - couverture
in Chaland Intégrale vol. 3 ; 1997

Pour finir, deux versions d'une page annonce commerciale passée dans Métal Hurlant numéro 27 de mars 1978 et qui se retrouve en couleurs dans Captivant
Vous trouverez cette version couleurs dans l'une ou l'autre des éditions présentées et pourrez comparer par vous-même l'excellent travail de mise en couleurs qui nous laisse croire à une vraie publicité dans années 50 pour des personnages tel Jean Valhardi

Ce sera Captivant !

Jack Peterson © Chaland
in Métal Hurlant numéro 27

Jack Peterson © Chaland
Bleu pour la mise en couleurs







Valéry Ponzone



PS : Si vous voulez vraiment — mais vraiment — rigoler un bon coup, il suffit de passer ce texte en traduction offerte par Google Translate (à droite il y a un menu déroulant avec différentes langues) en Anglais for example : Yves Chaland devient Yves Barge…
Ouaips : c'est vraiment barge.
Mais c'est super drôle à lire.
Si Google Translate avait existé plus tôt, André Breton n'aurait rien créé du tout et serait resté dormir dans sa chambre d'hôtel de la Place du Panthéon !

dimanche 19 janvier 2014

> Yves Chaland et le supersonique F-52 : un portfolio avec une histoire… bien morale !

Le portfolio F-52 est sorti en 1986 des presses du sérigraphe Anagraphis qui l'a imprimé pour le compte des Éditions Déesse…
Pour cet éditeur, Yves Chaland avait déjà fait un dessin pour un portfolio collectif, en compagnie d'auteurs français et anglo-saxons : WFCBA ainsi que l'estampe It's Alive pour l'anniversaire des mêmes Éditions Déesse !…
D'un format 30 x 40 cm, à l'horizontale (je ne pense pas que l'on puisse parler de format à l'italienne, la chemise s'ouvrant par le haut, et non pas pas sur le côté comme un livre à l'italienne?), l'intégralité des planches intérieures et la chemise servant de "reliure" ont été imprimées en sérigraphie :
- 3 passages couleurs dont une "basée" afin d'obtenir par superposition la quatrième couleur pour l'intérieur, sur un papier Vélin d'Arches 270 grammes  ;
- 4 passages couleurs pour l'image de la couverture, imprimée sur une carte bleue, avec marquage et rabats, de 350 grammes environ ;
Pour un tirage global de 1049 exemplaires (dont 50 exemplaires hors commerce), tous signés et numérotés par l'artiste sur un double feuille sur papier calque reprenant le découpe technique du F-52…

Comme l'explique le calque supplémentaire servant de justificatif de tirage et  montrant le plan en découpe de l'avion supersonique, le F-52 est un avion de transport géant et aurait pour ambition de faire entrer l'industrie aéronautique dans l'avenir…

Ce qui caractérise les estampes ou les portfolios de Chaland est le fait que la plupart du temps ces images racontaient quelque chose, une histoire.
Ce portfolio n'est pas un assemblage de beaux dessins en impression d'art, et numérotés et signés, mais nous fait découvrir une histoire que l'on découvre au fil des planches…

Chaland ne se limitait jamais à pas de simples belles images éditées en sérigraphie, mais allait bien au-delà…



F-52 - Portfolio - couverture
Le supersonique a pris son envol avec ses passagers à bord et survole la côte…

F-52 - Portfolio - planche 1
Les passagers prennent possession des lieux et entrent dans l'avion de transport géant F-52 par le hall d'accès.
Certains sont déjà installés dans le salon à gauche,
Un stewart distribue des revues : nous sommes au niveau des 1ères classes.
Il faut regarder au 1er rang des passagers qui entrent, légèrement sur la droite du dessin : le couple à côté de l'hôtesse.
La femme tient le bras d'un homme, certainement son mari à l'air débonnaire mais elle regarde déjà légèrement
en arrière…
Un autre passager en retrait : celui avec des lunettes, qui porte son manteau posé sur les épaules…
Le classique triangle est en place : Jamais deux sans trois

F-52 - Portfolio - planche 2
Compartiments de 1ère classe dans la partie supérieure de la planche.
Certainement les 2èmes classes en dessous : les gens paraissent si triviaux et beaucoup plus "relâchés" :
un homme urine devant nous, une femme téléphone en tenue légère, et ce, sans aucune pudeur pour la personne
qui regarde ce portfolio…
Revenons aux classes supérieures et à la 1ère classe : ce qui s'y passe est nettement plus agréable à regarder.
Tout un petit monde de Seigneurs en pleine activité.
Tiens, tiens : nous retrouvons nos trois protagonistes dans le compartiment central : le mari semble satisfait de lui,
toujours son air débonnaire et replet.
Mais sa femme, sa femme… Elle aguiche son voisin d'en face plongé dans un livre, lui adresse un clin d'œil
bien appuyé tout en lui faisant du pied…

F-52 - Portfolio - planche 3
La salle à manger pour les 1ères classes : entre club de jazz et cabaret.
Contraste saisissant avec vue du "pont" inférieur ce qui est le grand salon de 3ème classe : pas la même classe, effectivement…
Un petit monde pas très reluisant, le côté plébéien…
Mais c'est dans la salle à manger que semble se jouer les choses : le mari est toujours attablé, tout à sa mastication,
toujours aussi satisfait de la vie, semble-t-il…
Pendant ce temps sa femme et leur voisin de compartiment ont franchi un palier : l'homme embrasse sa cavalière
sur la piste de danse et, ce, devant tout le monde !…

F-52 - Portfolio - planche 4
La salle de projection pour les 1ères classes  : le mari fait le guignol devant l'écran sur lequel le film est projeté :
il amuse la galerie… Je suis prêt à parier que Chaland a dessinée une scène d'un vrai film, avec un sujet proche…
Une forme de mise en abyme. En tout cas que voyons-nous sur l'écran ? Une femme et deux hommes…
Mais quel film ? Le mystère reste entier…
Les autres passagers rient de bon cœur… pendant que madame s'amuse !
L'autre passager va plus loin dans leur flirt : le baiser est plus passionné, il en a fait tomber ses lunettes
qui se trouvent à ses pieds…
La salle de projection se trouve au-dessus des cuisines dans l'agencementdu F-52 : le commissaire de bord est appelé
par l'un des cuisiniers, qui lui montre la taille de quelque chose : on se rend compte qu'il manque
un des couteaux rangést au râtelier, là bas sur la gauche, au fond…
Et pas le plus petit !

F-52 - Portfolio - planche 5
Le bar des 1ères classes : le mari blague et raconte certainement des histoires désopilantes à ses compagnons de classe
et de voyage…
Il continue à bien amuser la galerie présente dans le petit bar.
Pendant qu'il fait son intéressant sa femme et sa nouvelle conquête se sont éclipsés : on les voit à l'étage inférieur
traversant le grand bar.
Nul doute que l'homme va conclure et que la luxure va prendre le dessus sur la fidélité matrimoniale !!…

F-52 - Portfolio - planche 6 et dernière planche
La partie des couchettes des 1ères classes : le commissaire de bord est à nouveau appelé par l'un des stewarts :
l'une des couchettes est sens dessus-dessous…
L'échelle qui monte à celle d'au-dessus déplacée et du sang macule murs et sol…
Les traces de sang nous amènent au niveau inférieur, dans la soute à bagages, près des trains d'atterrissage du F-52 :
une caisse ouverte, le mari fatigué mais content de lui !
Il a en effet découpé sa femme et son amant (supersonique) et rangé le tout dans la caisse de … corned-beef.
Ouf !… L'honneur est sauf et la morale du mariage préservé !!

Si le F-52 est l'avion du futur, ce qui s'y déroule n'y est que très classique… 

Voilà la petite histoire que je raconte aux personnes à qui je montre le portfolio à la librairie les fois où la conjonction portfolio disponible en fonds et client intéressé se présente…
Évidemment ce portfolio n'est pas si courant que cela…

F-52 a été repris dans un beau livre édité par Champaka en 1995 : Chaland illustrateur.
En 1 couleur… rouge plus trait noir.
Je ne sais pas pourquoi ce choix a été fait puisque le livre était en quadrichromie…
Peut-être pour des raisons économiques ?…
Même s'il est évident que ce portfolio est finalement tragique et sanglant, donc rouge comme le sang qui gicle à la fin, il est dommage que le lecteur, n'ayant pas forcément le portfolio, ne puisse pas le voir dans sa version originelle…

Le F-52 a été récupéré par Chaland : il aurait dû servir d'avion dans lequel se serait déroulé une aventure de Spirou et Fantasio, si les éditions Dupuis le lui avait permis : Spirou aurait troqué son costume de groom pour celui de stewart
Ce rôle a été offert par la suite à Freddy Lombard et sa clique dans l'album Freddy Lombard, F-52 : puisque toute l'action se déroule dans ce superbe avion de transport géant.
Cette histoire est certainement l'une des plus touchantes parmi celles de Freddy Lombard écrites par Chaland et Yann : les personnages prenaient une toute autre dimension depuis La comète de Carthage et Vacances à Budapest (la toile de fond de l'insurrection hongroise de 1956 place tout de suite cette bande de dilettantes, financée par les mandats de l'oncle australien de Freddy Lombard, dans un contexte historico-politique très rare dans la bande dessinée francophone)…
Décoller dans le F-52 leur permettrait certainement de prendre — enfin — leur envol vers d'autres destinations encore plus stupéfiantes et déroutantes pour les lecteurs…


Freddy Lombard, F-52 - couverture
Première édition ; Les Humanoïdes Associés 1989


Freddy Lombard, F-52 - projet de couverture
© Chaland / Beaumenay-Joannet

J'ai eu la chance d'exposer l'intégralité des planches de ce portfolio en 1997, parmi toute les planches de La comète de Carthage, de Spirou, certains originaux d'estampes ou l'autre portfolio de Chaland,
Cauchemars
Un très grand souvenir : tout était magnifique! …

Ce portfolio à sa sortie devait valoir 350 FF de jadis
J'ai acheté mon exemplaire à sa sortie directement chez Déesse Diffusion où travaillait un ami, dans leur local situé rue des Bernardins dans le 5e arrondissement parisien. Claude Soulard en était le gérant : quelqu'un que j'appréciais beaucoup et qui m'a beaucoup appris au fil des années en discutant souvent très longtemps ensemble… Par la suite Déesse Diffusion est devenu un de mes principaux fournisseurs (principalement d'import US) mais j'ai aussi récupéré fin des années 80/début des années 90 le reste du stock de ce portfolio qu'il leur restait en faible quantité…
J'ai pu en repasser à des amis, et j'ai aussi bien fourni deux librairies parisiennes à cette époque : Fantasmagories et Super Héros.
Ce portfolio F-52, mais aussi Cauchemars du même Chaland…
Quelques années plus tard, vers 1996, c'est la Librairie Déesse qui a retrouvé les reliquats de planches ou calques imprimées (rien n'est jamais imprimé à l'unité près en tirage d'Art : certaines planches peuvent être en nombre légèrement plus important et servent éventuellement à remplacer une planche défectueuse non triée et éliminée par le sérigraphe) : son gérant m'a proposé de récupérer tout cela.
Permettant ainsi à certaines personnes d'acheteur l'une ou l'autre planche seule à moindre prix : parfois il  n'est pas possible à certains de se payer ce genre de portfolio relativement cher, ce qui est plus que compréhensible, et avoir une seule planche permet tout de même de se faire plaisir !

Pour terminer : la source d'inspiration de Chaland pour réaliser ce portfolio : un numéro de Science et Vie Spécial Aviation 1949.
Mais cela, vous deviez déjà le savoir n'est-ce pas ?…

Je ne peux que vous souhaiter un bon vol à bord du F-52… si vous arrivez à l'attrapez !!…

© Science et Vie





Valéry Ponzone



Tous les dessins sont © Chaland / Beaumenay-Joannet, Déesse & mézigue pour les scans et le reste

mardi 14 janvier 2014

> Une (toute) petite histoire de foot…

Un entretien avec Bastien Vives lu dans sofoot.com

Première question :
"Visiblement, dans la bande dessinée, seul Bouzard et toi êtes fans de foot ?" (sic)

On passe la ligne médiane et on fonce à toute berzingue le long de la ligne de touche… mais on se retrouve de suite en position de hors-jeu.

Évidemment Franquin n'a pas dessiné d'affiches ou couvertures de programmes pour des matches de foot des Tournois des Minimes dans les années 50/60 avec Spirou et Fantasio ?…

© Franquin  - Spirou Tournoi des Minimes 1960
© Franquin  - Spirou Tournoi des Minimes 1963
© Franquin

Ni même de gags de Gaston Lagaffe dans lesquels on le retrouve comme gardien de but ?
Sans oublier la séquence mémorable de Spirou et Fantasio, Les voleurs de Marsupilami


© Franquin + Dupuis - Spirou, Le voleur de marsupilami

D'ailleurs à cette époque bénie de la bande dessinée franco-belge (enfin, surtout belge…) les pages intérieures du Journal de Spirou ou du Journal de Tintin étaient truffées de chroniques sportives : le foot ayant la part belle.

Il y a fort à parier qu'un auteur comme Raymond Reding avec ses séries essentiellement tournées vers le monde du sport (Jari ; Section R…), et particulièrement avec Vincent Larcher et Eric Castel (dont le maillot est aisément reconnaissable) devait fortement s'intéresser au foot pour en faire autant d'histoires de bande dessinée : 

Vincent Larcher #2 © Reding 
Eric Castel #1 © Reding

Et cette formidable génération d'auteurs qui se retrouvaient les samedis après-midis au Parc de Sceaux pour jouer au foot, qu'il pleuve, vente ou fasse beau ?
Des gens qui en ont fait pas mal dans leurs genres et dans l'histoire de la bande dessinée : Margerin, Juillard, Bilal, Robial, Vuillemin, Rochette, Mezieres, Teulé etc. ????…
C'était la grande époque du Mickson BD Football Club et il y eut même un livre publié dans la Collection X chez Futuropolis dans les années 80 : 


© les auteurs, Cestac + Futuropolis

Il y avait des rencontres mémorables lors de Festivals d'Angoulême, et vue la période du festival, ce ne devait pas être sous grand soleil…

N'oublions pas Enki Bilal, qui, s'il a choisi une variante de hockey tranchant comme sport futuriste dans La foire aux immortels (variante de Rollerball ?), n'a pas oublié le football ayant réalisé un livre entier à ce sujet.
Projection du foot futur, à la Bilal évidemment : Hors-jeu
Trois éditions de ce livre, dont l'actuelle chez l'un des éditeurs de Bastien Vivés qui ne semble pas savoir ce qui s'est passé avant lui ou chez son propre éditeur…


© Bilal + Autrement
© Bilal + Autrement
© Bilal + Casterman

Plus près de nous, cette carte de voeux de Monseigneur André Juillard réalisée pour un collectionneur mordant pour l'année 1998…
Année de Coupe du Monde de foot en France, faut-il le rappeler.
Juillard doit être prescient puisqu'il représente plusieurs mois à l'avance la finale dont tout le monde rêvait (bien vu n'est-ce pas), seul le but n'a pas été marqué ainsi…


Peut-être parfois vaut-il vaut mieux ne pas répondre ainsi à des entretiens de ce type ou éviter de dire n'importe quoi et passer pour celui qui se croit seul au monde avec son nombril, n'est-il pas ?…
Comme disait l'autre :  "La culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale."
(Jean Delacour et attribué parfois à Pierre Desproges)

Mon expérience personnelle en rapport avec la foot et la bande dessinée fut une anecdote en totale opposition avec ce préjugé foot et BD…
Forts de cette sublime analyse laissant à penser que le monde de la bande dessinée n'aime pas le foot (le statut d'artiste étant ce qu'il est), en 1998 nous avions choisi Ted Benoit et moi la date du 12 juin 1998 comme jour de vernissage de son exposition à La comète de Carthage
Pensant offrir une alternative à un match de foot aussi symbolique ou important soit-il (ce n'était ni le match inaugural, ni la finale !) face au premier match de la France dans cette Coupe du Monde…
Le fait est que très très peu de dessinateurs vinrent à ce vernissage : alors pour un monde de la bande dessinée peu intéressé par le foot… on repassera.

De là à penser qu'il n'y aurait que deux dessinateurs au monde à l'être… c'est encore plus drôle !

On siffle la fin de la partie…


MàJ 24/02/2014
J'oubliais aussi des petits formats que je lisais enfant, certains étant des histoires de foot : cela reste de la bande dessinée malgré ce que pourraient penser certains snobinards de la bande dessinée ; sans oublier des éditeurs comme Bamboo qui doivent bien avoir des séries ciblées sur le foot…