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mardi 5 mai 2020

> Moebius aime vraiment beaucoup Mallet-Stevens…

Je regarde d'anciennes ventes aux enchères  d'originaux sur la toile et tombe sur ce bel original des Jardins d'Éros de Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Stardom 2005


J'ai acheté le portfolio il y a plusieurs années, mais j'avoue l'avoir peu regardé et comme il est rangé loin, très loin de moi… je ne le vois jamais, et l'ai très peu à l'esprit !


Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Éditions Stardom 2005 - 400 exemplaires numérotés et signés


Mais là, ce dessin sur l'écran m'interpelle particulièrement par l'architecture de la maison, que je trouve, tellement, tellement, tellement…

Je vais regarder mes livres d'architecture et, heureusement, j'ai ici le catalogue de Mallet-Stevens, édité par le Centre Pompidou en 2005, que je cherchais !


Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète
Centre Pompidou 2005

Je le feuillette, passe la série de dessin de cette Cité Moderne qui m'a toujours fait rêver (il y avait dans les années 80 un premier retirage en lithographie rassemblées en  portfolio, vendu par le Habitat du Centre Commercial de la Tour Montparnasse qui m'avait toujours fait envie, n'ayant jamais les moyens de me payer le tirage original de 1922 !) et j'arrive sur des dessins de projets de maisons, dont cette maison ouvrière pour Saint-Cloud…

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

By Grubert !…
Moebius a copié le dessin de Robert Mallet-Stevens : de la maison à la végétation du jardin très typique des dessins de Mallet-Stevens, jusqu'à la perspective, très légèrement modifiée !…
Perspective modifiée, mais pour ce qui concerne les proportions, je pense que si l'homme et la femme se lèvent et entrent dans la maison, ils se cogneront la tête au toit de l'entrée ?…

Shocking !…

Seuls de petits détails ont été modifiés, l'applique du mur de droite, une sorte de petit toit rajouté au-dessus de l'entrée sur la gauche, et surtout l'étage supérieur, ajouté, mais avec un toit typiquement Mallet-Stevens, dont on peut retrouver le principe dans d'autres dessins de lui.

Robert Mallet-Stevens Aquarium 1923 - encre de Chine sur papier
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Je collectionne Moebius depuis que je suis adolescent, j'allais parfois en séance de dédicace au début des années 80 (Temps Futurs), et mon livre de Bande Dessinée préféré est Major Fatal (Le garage hermétique de Jerry Cornélius). Dessiner d'après des photos ou prendre, s'inspirer d'une architecture que l'on incorpore dans son univers fait partie du jeu : Joost Swarte ne nous a pas habitué à autre chose notamment avec l'architecture et ses typos à la Mallet-Stevens, entre autres sources d'inspiration…
Mais, là, c'est ni plus ni moins que le dessin de Mallet-Stevens qui est repris quasiment  tel quel, avec tous ses détails et toutes ses particularités, notamment le jardin lui-même !
Très gênant…
Davantage encore sachant que Isabelle Giraud est architecte : elle doit avoir la documentation dans ses bibliothèques et son cursus ne peut que lui faire reconnaitre du Mallet-Stevens au premier coup d'œil …
Très étrange ?…

D'autant plus que ce dessin précis, cette maison a aussi servi pour la bande dessinée publiée dans la revue Senso en 2005 : la végétation a laissé place au désert, puisque Les jardins d'Éros seront rajoutés en post-prod (sic) !… 
Tu parles d'un effet spécial…
Double utilisation de la même maison, du même dessin de Mallet-Stevens, pour deux supports différents : presse et édition sous forme de portfolio signé par Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros page 6, dans Senso en 2005


Les dessins servant de prétexte à cette bande dessinée publiée dans Senso, très Inside Moebius d'ailleurs,  nous permettent de nous rendre compte qu'un des autres dessins a été modifié entre Senso et le portfolio Les jardins d'Éros, par des ajouts / suppressions de personnages : je vous laisse chercher ?…

Moebius Les jardins d'Éros dans Senso en 2005




Finissons avec un dessin de circonstance de Mallet-Stevens tiré de son portfolio Une cité moderne de 1922 : l'hôpital…
J'ai le sentiment que la modernité en a pris un sérieux coup en 2020…

Une forme d'hommage à celles et à ceux qui sont en première ligne depuis des semaines : de tout temps l'hôpital a représenté le dernier secours, le dernier recours pour espérer rester en vie ou se rétablir, grâce au dévouement et à l'abnégation de tous les personnels soignants : ce dont nos dirigeants politiques manquent cruellement depuis trop longtemps !…

Robert Mallet-Stevens Hopital 1922  dans Une cité moderne Éditions Massin 1922
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

L'homme statufié par Mallet-Stevens devant l'hôpital est Pasteur : n'oublions jamais que le jeune garçon sauvé de la rage était Alsacien !

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Partir de Moebius en 2005, trouver la source avec Mallet-Stevens en 1914 et arriver à terminer sur une biographie de Pasteur par Reding en 1954 constitue une boucle temporelle des plus amusantes…




Portez-vous bien, et bien plus si affinités !…



Valéry Ponzone



Moebius
Mœbius
Moëbius
Moeb
Mœb

M.


vendredi 7 décembre 2018

> Moebius Paris Feu ou Cité Paris ?…

Une photo de Paris que l'on retrouve parfois ici ou là dans la presse et dans des Banques d'Images :


Paris, France - vers 2015 : Vue de la Tour Eiffel par GavinHellier

la Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche

Éditions Aedena, 1985

Cette photo de Paris la nuit est tirée d'une vidéo, et vient de sites de banques d'images, depositphotos®, ou alamy banque d'images, et est très souvent reprise dans des annonces de voyagistes ou dans des énièmes articles à la con sur l'immobilier à Paris dans la presse… 
Il suffit de faire un recherche de Gogol® pour le comprendre…
Enfer : elle fait penser à ce dessin de La Cité feu créé par Moebius et Darrow en 1985 et repris dans le portfolio du même nom.

Ce portfolio est certainement, par son contenu, son format au-delà de la moyenne de ceux édités à cette époque, son thème, sa réalisation (…) l'un des plus beaux porfolios jamais édités dans le Monde la Bande Dessinée et par Mœbius, poussé quelque peu dans ses extrémités graphiques par Darrow…

Un libraire qui n'y connait pas grand chose avait écrit dans son site quelques grosses conneries bêtises à son sujet : toujours le même souci avec ceux qui n'ont pas vécu ces périodes de la Bande Dessinée, et prétendent refaire un historique en propageant des informations fausses, reprises pour argent comptant (trop cher, je n'ai pas le temps, pas le temps…) par des collectionneurs induits en erreur à l'insu de leur plein gré® !…

Ce portfolio fait partie de mes préférés dans ce domaine de l'édition : certainement l'un des quatre, cinq parmi ceux que j'aime le plus… voire celui que j'aime le plus !…
Vous voulez connaître les autres ? Non ?…
Tant pis, j'en indique quelques uns tout de même (plus que cinq d'ailleurs)  !…
Dans le désordre, Cauchemars de Chaland, Defective Stories de Charles Burns ; Die Mauer de Enki Bilal ; Citroën et la BD par différents auteurs dont Chaland, Mœbius, Forest, Juillard, Gillon, Clerc… ; Chantal Thomass des Dupuy-Berberian ; La cité feu de Mœbius & Darrow ; Les yeux d'Alla de Rabaté ; Un, deux, trois de Jean-Claude Götting ; Farewell Ladies de Hugo Pratt ; Enfin de Joost Swarte ; L'Express de Schuiten et Renard ; Parapsychologie de Mœbius…

Voici la reliure et les planches intérieures…

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Reliure
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche titre signée
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche (avec les 4 portraits mis en couleurs par Arno)
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Planche
Éditions Aedena, 1985

Ce portfolio La Cité feu a été édité en 1985 par les Éditions Ædena, sises rue des Cordeliers, à Paris, dans le 13e arrondissement où j'allais parfois, et où je suis allé cette année là pour acheter mon exemplaire…
Ædena créée par Jean Annestay était le prolongement éditorial de son autre structure antérieure et contemporaine (?) : Gentiane, déjà fortement tournée vers l'édition de portfolios (Blueberry de Giraud ; Futurs magiques de Mœbius…), de tirages de têtes (La dernière carte + La tribu fantôme de Blueberry), estampes en sérigraphie (Mœbius ; Giraud ; Forest ; Juillard ; Walter Minus…), de séries de cartes postales et livres d'illustration de Giraud ou de Mœbius, comme La mémoire du futur, mais aussi d'auteurs comme Torrès (portfolio Babylone), Liberatore, Veyron, Juillard (portfolio  et estampe Buk), Walter Minus,  Philippe Bertand, Cadelo (portfolio Strappi), Bilal (cartes postales), Ted Benoit (Fall Guy en cartes postales sérigrahiées)…

Cette Cité feu viendrait d'un ancien projet de film d'animation d'après une histoire de Jean Appel Guery : Geof Darrow a fait les crayonnés, Mœbius a encré sur papier transparent / calque et a été rendu fou par les crayonnés du géant ricain, complètement inconnu à cette époque !…

Rappelons-nous que Mœbius épurait son trait à cette période…
Cela avait déjà commencé quelques années auparavant avec Blueberry qui prenait "un nouveau visage" suivant l'expression consacrée dans le portfolio édité par Gentiane. On pouvait effectivement le constater dans la Dernière Carte, 21e Blueberry, que Giraud avait mœbiusé au possible, sans aller au-delà de limites acceptables pour J. M. Charlier et ses lecteurs (je ne parlerai pas des couleurs… je ne parlerai pas des couleurs… je ne parlerai pas des couleurs…)…
Il faut se rappeler que Mœbius vivait toutes sortes d'expériences : attendre les extra-terrestres avec Appel Guéry et ses affidés dans son île du Pacifique, le New Age et ses cristaux (première période vintage du genre : les caissons à isolation sensorielle se développaient en Californie…), la dégustation de bons petits plats macrobios, sans oublier ses suites fantastico-vénitiennes. Période très féconde d'où écloront des dessins en grand nombre dont une Bande Dessinée publicitaire à l'origine, mais néanmoins cristalline par essence : Sur l'Étoile (Gentiane pour Citroën) qui déboucha plus tard sur le cycle Les mondes d'Edena, sans oublier la série majeure d'estampes en sérigraphie de Mœbius : Starwatcher, images alliant la science-fiction, le monde New Age, l'Alchimie (pour la troisième de la série) et celui des cristaux…
Mœbius avait quitté ses mondes pointillistes et hachurés de la SF des années 70, des dessins pour Opta ou ses CLA, aux diverses histoires de Bande Dessinées qui marquèrent les rétines de ses lecteurs à la plume rougie par le feu : de La déviation à Arzach… en passant par les pages de Blueberry Ballade pour un cercueil et la couverture de La jeunesse de Blueberry : il avait déjà modifié son trait en s'engageant dans la saga de John Difool et son pyramidal Incal, pour le rendre plus esthétique, plus pictural dès le début des années 80 avec tous ses travaux d'illustrations destinés notamment à des portfolios et estampes…

Lieutenant Blueberry, Ballade pour un cercueil par Giraud et Charlier
Dessin pour les gardes
Éditions Dargaud, 1974

Arzach par Mœbius
La double page mythique
Éditions Les Humanoïdes Associés, 1976

Et, surgit cette Cité Feu, et les crayonnés riches en détails de toutes sortes, et démentiels de Geof Darrow, qui poussèrent Mœbius dans ses retranchements graphiques pour les encrer, lui qui semblait aller vers des solutions graphiques simplifiées, épurées !…

Fort heureusement, Mœbius releva le défi : Ædena faisait à la manière de Maritie et Gilbert Carpentier, beaucoup de duos avec Mœbius (Liberatore+Mœbius pour une estampe Starwatcher, par exemple) et cela permit à son éditeur de réaliser ce somptueux portfolio au format impressionnant, à tel point que certaines planches durent être rainées au centre, tant leurs dimensions furent hors normes !…

Les couleurs furent aussi réalisées par Mœbius (sauf les quatre portraits sous La rue dont Arno réalisa les couleurs) : ce qui a toujours pour effet de renforcer l'ambiance mœbiusienne de ces dessins. Les mises en couleurs de Mœbius sont toujours différentes, plus riches et plus intéressantes, bien que quelques très grand(e)s coloristes se soient penché(e) sur ses planches…

On trouvera en périphérie de la Cité feu  de nombreuses petites cités, accolées au portfolio : en effet, à l'instar des éditions Magic-Strip, qui initia la multiplication des petits pains et inventa les produits dérives d'un produit dérivé (en l'occurrence un portfolio parmi les premiers du genre : L'Express de Schuiten & Renard, duquel découlèrent des séries de cartes postales sous pochettes, un tirage très grand format avec spirale type calendrier géant…), il fut tiré diverses images, dont certaines au pochoir (bien avant ceux de Christian Desbois / Escale à Paris) ou en offset. Dont Le hall qui aurait pu prendre place dans ce portfolio (seule la partie droite du dessin, du seul Mœbius,  orne la planche de justificatif de tirage du portfolio dans une version au trait).

Le hall par Mœbius et Darrow
Quadrichromie - 150 exemplaire numérotés et signés
Éditions Aedena, 1985

Ce portfolio eut une édition américaine, même deux d'ailleurs : une avec la même reliure que l'édition française, à 100 exemplaires signés, proposées par Starwatcher Inc. sur le marché américain, et une autre dans un chemise brochée à fond noir plutôt très bien mise en forme…
Voici mes deux visuels, quand je les mettais en vente sur le web : je suis souvent tombé sur des parasites qui ne se fatiguaient pas trop et reprenaient mes visuels si spécifiquement mis en forme par moi-même, que ce soit pour ce portfolio ou pour d'autres d'ailleurs…
Jusqu'au point de retrouver récemment ce même visuel sur amazon. fr !!!
Ce parasite a tout de même "fait l'effort" d'enlever la deuxième couverture, la chemise brochée que je vendais avec la reliure française

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Visuel numéro 1
Éditions Aedena, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
Visuel numéro 2
Éditions Aedena, 1985

Parmi les quelques beaux tirages et/ou affiches promotionnelles, voire des tirages en noir et blanc de certains des dessins du portfolio, il y eut La rue reprise au pochoir  : 

La Cité feu par Mœbius et Darrow
La rue
Dessin original sur calque, 1985

La Cité feu par Mœbius et Darrow
La rue - Pochoir
Éditions Aedena, 1985


La Cité feu devint City of Fire aux USA et Dark Horse réédita en 1993 l'ensemble des dessins dans un autre portfolio made in USA : c'est à dire dans un grande enveloppe / chemise, incluant notamment ce très beau dessin Le Hall dans la suite…
Passant un matin des années 90 chez Stardom avenue de la Bourdonnais pour chercher une commande, je me souviens avoir vu l'ensemble des dessins de La cité feu étalé par terre par Claudine Giraud : un projet de livres les rassemblant était dans l'air.
Projet qui ne vit jamais le jour, à mon grand désespoir…






Valéry Ponzone


mercredi 25 avril 2018

> Yves Chaland et le supersonique F-52 : un portfolio avec une histoire… (toujours) bien morale ! (part tou)

Le dimanche 19 janvier 2014, à 23h30, je finissais la rédaction de ce post sur le portfolio F-52 de Chaland paru aux éditions Déesse en l'An de Grâce 1986…
J'y décrivais chacune des planches du portfolio, prenant plaisir à raconter la petite histoire de cet ensemble : c'est à la planche 4 que je m'interrogeais sur le film projeté sur l'écran du stratosphérique avion supersonique F-52…

La salle de projection pour les 1ères classes  : le mari fait le guignol devant l'écran sur lequel le film est projeté :
il amuse la galerie… Je suis prêt à parier que Chaland a dessinée une scène d'un vrai film, avec un sujet proche…
Une forme de mise en abyme. En tout cas que voyons-nous sur l'écran ? Une femme et deux hommes…
Mais quel film ? Le mystère reste entier…
(…)

C'est seulement au bout de 4 ans qu'un lecteur de ce blog - enfin un ! - répond à cette interrogation et me permet de confirmer que le film qui passe sur l'écran du F-52 est bel et bien - tel que je le subodorais - un classique hollywoodien du triangle amoureux !…

Merci à Monsieur Emmanuel B. qui me permet d'affirmer qu'effectivement (je me prends pour Monsieur Ribera, le prof de gym dans Ariol !) Yves Chaland ne laissait absolument aucun détail au hasard… Tout était toujours maîtrisé dans son trait ou ses scénarios, dans tout ce qu'il faisait.
Ce dont je ne doutais guère !…

Ce lecteur m'a écrit en début d'année pour m'apprendre : 

"J'ai lu votre entrée sur le portfolio F-52.
À mon avis, le film projeté dans l'avion est "Sérénade à trois" de Ernst Lubitsch ("Design for Living"). 
Un film dans lequel l'héroïne n'arrive pas à choisir  entre deux amants.
De mémoire il y a une scène  dans un train où elle fait face aux deux amants."

J'ai enfin ma réponse : il suffit de faire mon Gogol et je tombe illico sur le film en V.O. sur You Tube, avec un halo central bizarre dans l'image…

Design for Living (Sérénade à trois) par Ernst Lubitsch
avec Miriam Hopkins, Gary Cooper et Fredric March
© Paramount (USA) 1933

La séquence commence à 5'35" environ, et il y juste avant un passage avec un dialogue en français entre Gary Cooper et Miriam Hopkins plutôt délicieux : très tac au tac et très rapide, surtout de la part de l’actrice.
Comme si elle cherchait à se débarrasser au plus vite de ces phrases en français… avec un accent au léger goût rustique.
Cette séquence est d’autant plus intéressante qu’elle dessine une caricature des deux loustics en train de dormir (ou de cuver) sur leur banquette, en face d'elle,  …
Le xième degré par Chaland : un film en résonance avec ce qu'il se passe dans le F-52, avec ces deux histoires triangulaires classiques, deux hommes et une femme.
La femme est artiste et dessine, sans oublier le fait de retenir une scène de train comme séquence projetée dans le supersonique le plus moderne et rapide du monde !…


Design for Living de Ernst Lubitsch (1933)

Merci à ce lecteur cultivé au-delà de la moyenne… qui m'a permis d'apprendre quelque chose d'important, et qui m'a aidé à développer ce blog et le billet à propos du F-52 : même si c'est un détail pour vous, pour moi ça veut dire beaucoup…





Valéry Ponzone


lundi 23 avril 2018

> Thelma attendant Ray, par Stavrog…

J'ai découvert ce très beau dessin de Thelma — celle de Ted Benoit et non pas celle de Ridley Scott — en promenant mes mirettes dans le Behance (une sorte de book virtuel créé par Adobe quand on paye ses logiciels / ses mensualités du Creative Cloud) du dessinateur Jérôme Stavrog…

Très beau dessin, belle ambiance : plein d'histoires peuvent s'en dégager. 

Jérôme Stavog est un dessinateur qui a travaillé avec Jacques Martin, mais avait son parcours auparavant et, a d'ailleurs passé son diplôme avec un hommage à Blake et Mortimer en Bande Dessinée (qu'un librairie de l'Est vend régulièrement sur Ebay, à tel point qu'il doit les imprimer au fur et à mesure de ses ventes, sans avoir ni l'autorisation, ni l'agrément de Stavrog, soit-dit en passant !)…

Thelma par Jérôme Stavrog
En hommage à Ted Benoit, 2017

La technique employée fait résonance avec certains dessins de Ted Benoit, tout particulièrement ce portfolio présentant le travail de Frank Anders sur le scénario du célèbre long-métrage hollywoodien Doorway To Oblivion
Ted Benoit avait utilisé deux techniques différentes : dessins au trait dans la lignée de sa classique Ligne Claire®, et dessins au crayon lithographique pour l'autre version (je crois que la même technique avait été utilisée pour la très belle estampe nature morte de Ray Banana, chez le même éditeur ?)…

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Doorway to Oblivion
Portfolio imprimé en sérigraphie par Aser
700 exemplaires numérotés et signés
Ludovic Trihan Éditeur, 1987

Les dessins étaient présentés dans un dossier à épaisseur réglable, toilé avec ruban (forcément !) et l'ensemble dans une grande boîte métallique de pellicule, bien ronde et bien compliquée à ranger sauf à la mettre sur le haut de ses bibliothèques !…
L'éditeur était Ludovic Trihan, qui a édité de nombreux portfolios dans les années 80, avant que la première bulle spéculative du secteur des tirages de têtes et autres portfolios ne le fasse s'effondrer pendant quelques longues années : ce portfolio ne s'est jamais bien vendu, on le trouvait notamment soldé en pile à la librairie Métal Hurlant, située en face de celle dont j'étais responsable…

En voyant ce dessin de Stavrog, je ne peux m'empêcher de penser que sa Thelma attend tranquillement Ray Banana au Cafe Trocadero : que voici dans sa version originale…

Cafe Trocadero par Ted Benoit
Dessin original qui appartient à Alexis G.

Et que voici aussi dans sa version couleurs (la Maison de Valéry ne renonçant jamais à aucun sacrifice), pour une affiche que j'ai éditée car j'aimais énormément l'atmosphère du dessin de Ted Benoit…
Avec quelques légères retouches et modifications dans les réglages, surtout dans les densités de gris, plus accentuées dans le dessin original !

Cafe Trocadero par Ted Benoit
Affiche 350 exemplaires numérotés et signés par Ted Benoit
Format 35 x 50 cm ; Impression en quadrichromie
Éditions Le 9ème Monde, 2004





Valéry Ponzone

dimanche 16 octobre 2016

> Martin Matje, Portfolio Gris-Gris vs Jerry Spring…

Dans les lointaines années 90 nous avions pris l'habitude François Avril, Thierry Martin alias Martin Matje et moi de nous affronter au squash dans des parties endiablées en bas de la rue Lamark, sous la Butte Montmartre (Paris - 18e arrdst)…
Ces rencontres étaient d'autant plus acharnées que la mauvaise foi permanente de l'un ou de l'autre pour absolument gagner régnait en maîtresse absolue dans les cages en verre : chacun voulant absolument l'emporter !

Martin Matje - Petit traité de la nécessité de la couleur
Dédicace à mon attention, toute en finesse…
Une forme de "guerre psychologique" pas politiquement correcte !

Cela m'amusait de jouer au squash avec eux à une époque où le sport de raquette que je pratiquais en compétition était le badminton, bien plus éprouvant physiquement, et comme la plupart des dessinateurs ont un rapport au sport assez distant (ne parlons pas de Sattouf dans son Retour au collège), ces parties étaient très divertissantes…
Après ces rencontres nous reprenions notre souffle devant une bonne bouteille de Badoit avec quelques cafés bien serrés, assis dans les confortables canapés du club.
C'est dans ces moments là, entre deux ou trois échanges visant à refaire le portrait du monde de la Bande Dessinée, que je proposais à l'un et l'autre de réaliser certains projets…
Parmi ces nombreux projets dont certains restèrent juste des idées en l'air, il y eut plus particulièrement un projet de portfolio en sérigraphie, lancé comme un défi à chacun de mes deux adversaires de squash.
Avec Martin Matje, nous avions passé un arrangement : il m'avait pris ma très belle planche originale de Jerry Spring par Jijé. Celle-là même qui appartenait à Yves Chaland et avait été exposée à la Galerie Médicis par Yves Boniface, et n'avait étrangement pas trouvé preneur.
Voici cette fameuse planche de Jerry Spring by Jijé from Yves Chaland : que vous la voyiez aussi…

JIJÉ, Jerry Spring Lune d'Argent — Planche 39
Reproduction planche originale in La collection Chaland
Galerie Médicis — Exposition 1995 — Éd. Reporter 1995

Je l'avais récupérée par la suite pour mon plus grand bonheur : Thierry avait bon goût, et voulant lui faire plaisir je la lui avais passée : on verrait cela plus tard… Nous pouvions déjà commencer, partant de cette base, en faisant un projet de portfolio ensemble…
Martin Matje laissa un peu traîner le dossier, changeant même de continent à la fin du XXe siècle pour s'installer en famille en Nouvelle France : il me disait vouloir faire quelque chose de vraiment bien et comme d'un autre côté le travail ne manquait pas, et qu'il était très sollicité, c'était en pointillé que ce projet avançait…
Il passait me voir dès qu'il revenait sur Paris, quittant sa cabane canadienne : je fermais la librairie et nous allions discuter devant un verre au café-restaurant à quelques mètres, celui-là même où j'allais toujours pour ce genre de rendez-vous…
Le premier projet de portfolio qu'il m'a montré était une suite de dessins avec un oiseau perché dans un arbre : très graphique avec un trait minimaliste, ce projet était quasi narratif…
L'idée m'avait séduit mais il l'utilisa finalement sous forme de planches de bandes dessinées reprises plus tard par un éditeur québécois.
Les années passant, développant plusieurs collections de portfolios dont une dans des boîtes noires, il fut décidé ensemble que le sien s'intégrerait dans cette collection…
Mais l'état de santé de Thierry prenait plus d'importance que ce genre de petite réalisation…
À la fin, nous passions davantage notre temps à boire un verre et à discuter que nous ne nous penchions vraiment sur ce projet de portfolio…
Thierry / Martin me parlait de son intérêt pour les fétiches et les Arts Premiers, cela serait certainement son nouveau thème, mais il voulait me faire la surprise et me montrer tout en une seule fois…
Thierry Martin alias Martin Matje nous a quittés le 13 septembre 2004…

Quelques temps plus tard, son frère, Jean-François Martin vient me voir : je pensais qu'il passait pour le portfolio qu'il devait lui-même me terminer (j'en parlerai une autre fois, puisque celui-ci a bien été commencé mais jamais achevé : j'ai imprimé le tout début sans jamais avoir de nouvelle de la suite ?).
Mais ce n'était pas pour lui qu'il passait me voir : il avait trouvé une enveloppe dans une valise de son frère.
Cette enveloppe contenait tout un travail de recherches et de mises en formes graphiques pour ce fameux portfolio que Martin Matje m'avait promis depuis si longtemps…
Tout y était, de la vignette du couvercle de la boîte à la page titre, en passant par les planches intérieures et la planche de justificatif de tirage :  il ne manquait plus que les sélections couleurs, puisque seuls quelques essais avaient été faits…

Je me souviens avoir pris l'enveloppe avec beaucoup d'émotion :  j'en ai numérisé le contenu pour en garder une trace en archives. Je ne savais que trop faire de tout cela. De tout ce travail si poussé.
L'idéal aurait pu être qu'un de ses amis dessinateurs — voire plusieurs — finissent ce portfolio, et que les dessins de Martin Matje accompagnent les planches dans un livret… puisque tel était le principe de cette collection de portfolios…
Mais cela n'était peut-être pas vraiment une très bonne idée, peut-être valait-il mieux laisser cela en suspens… pour l' Éternité.

Un de mes disques durs de sauvegarde LaCie® ayant rendu "l'âme" pour je ne sais quelle obscure raison, je ne pensais pas avoir encore de traces numériques de ces dessins.
C'est avec plaisir que je me suis aperçu lors d'un grand rangement que j'avais bien conservé une gravure sur DVD des numérisations d'origine.
Il m'est donc possible de montrer tout ce que Martin Matje avait dessiné sur ce qui aurait pu être le portfolio Gris-gris, édité par Le 9ème Monde… et que nous n'avons donc jamais édité ensemble.
Voir ainsi ces recherches de façon dématérialisée les laisse en suspens… tout en permettant de se rendre compte de tout cela aurait pu donner…

Il faut se souvenir — pour se remettre un petit peu dans l'époque — que ce sujet (que Loustal pourrait explorer de façon naturelle) était d'autant plus intéressant et "précurseur" que le Musée du Quai Branly (Musée des Arts et Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques — Paris 7e arrst) n'était pas encore ouvert !


Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Vignette couverture


Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche titre — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche titre mise en couleurs par bibi, tout doucement (essai)

La planche 1 — ci-dessous — de ce projet de portfolio de Martin Matje est un moyen simple de saisir le principe de l'impression en sérigraphie : on m'a tellement posé de questions à ce sujet à la Librairie…
À propos de la sérigraphie, comme des autres procédés d'impression d'ailleurs !
Le premier visuel de cette planche 1 est le dessin en version au trait de Martin Matje : dans sa version originale…

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 1 — trait

Martin Matje est parti sur un principe de calques (avec table lumineuse pour la transparence du papier), d'après son dessin au trait,
Il a tracé ses croix et repères de calage personnels aux angles et sur les côtés, a posé une autre feuille vierge sur son dessin au trait et a réfléchi en fronçant le front aux délimitations de la zone dans laquelle apparaîtrait la 1ère couleur imprimée en sérigraphie…
Le 2e visuel ci-dessous, est la mise en couleurs finale que j'ai faite dans Photoshop® pour avoir une idée du rendu final : un brouillon bien finalisé… 
En me basant sur les choix de couleurs de la palette Pantone® indiqués par Martin Matje dans le tout dernier visuel de ce portfolio Gris-gris
Allez, zou…zou : ce dessin est le dernier des Gris-gris, tout en bas… Un petit aller-retour…

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 1 — couleurs (essai)

Je vais faire au mieux pour expliquer de façon compliquée ce qui est en fait assez simple…
Exprès.
Pour être ennuyeux…
Le visuel ci-dessous est la première zone de sélection de la couleur beige faite et choisie par Martin Matje : beige Pantone® 4545. 
Le dessinateur dessine ou trace les contours de la zone qui sera imprimée par le sérigraphe dans la couleur choisie, par superposition des couleurs…
Pour schématiser, on commence généralement par la couleurs la plus claire pour monter en gamme vers les plus foncées : le dernier passage en bande dessinée étant le trait noir (ou la couleur la plus foncée)…
Comme toute règle, elle peut être contournée et il peut y avoir des exceptions : utiliser un couleur claire type ivoire ou gris clair, "basée", c'est à dire qui ne sera pas opaque à 100% et pourra servir à être utilisée dans sa teinte par transparence par endroit. Elle pourra ainsi modifier la teinte des autres couleurs sur laquelle elle passera, par mélange ou aussi en superposition.
Un bleu ciel sur lequel passe en partie cette couleur basée passera vers une teinte différente, voire une couleur différente.
C'est le jeu et toute la finesse de la sélection des couleurs…
Ce portfolio en gamme couleurs limitée à 3 couleurs + noir = 4 passages couleurs était conçu en aplat classique… avec des couleurs couvrantes.
Cette zone dessinée par Martin Matje en noir 100%, deviendra donc la couleur beige visible dans mon essai de rendu des couleurs.
C'est un peu un système de pochoirs, chacun correspondant à une couleur à imprimer.
Ces couleurs seront superposées les unes après les autres : couleur après couleur, passage après passage.
Les sélections des zones pour chaque couleur peuvent se faire tout aussi simplement (plus simplement ?) sur ordinateur avec Photoshop®, ou mieux encore, avec Illustrator®.
La difficulté pour le sérigraphe — imprimeur d'art — réside notamment (mais pas uniquement) dans le respect des couleurs sélectionnées, c'est son travail de chromiste ; mais aussi et surtout dans le bon calage de celles-ci, passage couleur après passage couleur et surtout feuille à imprimer après feuille à imprimer pour le tirage total à assurer.
Plus il y a de couleurs, plus il y a de passages couleurs et plus le calage sera compliqué à tenir pour l'imprimeur d'art.
D'autant plus que l'éditeur ou le client donnent toujours quelques pièges : comme dans ce cas un amalgame de plusieurs dessins / les planches du portfolio, sur une seule grande feuille…
D'autres surprises sont aussi naturelles : le papier qui bouge peu à peu ou se déforme sous l'effet de l'humidité ambiante ou du degré d'hydrométrie de l'atelier, voire des encres utilisés…
Une sélection couleur avec erreur(s) apparaissant au tirage etc.
Un métier fait de grands bonheurs en fait…

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 1 — sélection couleur beige

Le visuel ci-dessous est la zone de sélection de la couleur brune faite et choisie par Martin Matje : brun Pantone® 464.
Donc cette zone noire 100% deviendra la couleur brune visible dans l'essai de couleurs.

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 1 — sélection couleur brune

Le visuel ci-dessous est la zone de sélection de la couleur verte faite et choisie par Martin Matje : vert Pantone® 577.
Donc cette zone noire 100% deviendra la couleur verte visible dans l'essai de couleurs.
Et le dernier passage sera le noir…

Ces sélections couleurs peuvent se faire avec des films inactiniques (couleurs rouge-brun), et les détails ou précisions graphiques, comme les retouches avec des feutres, marqueurs ou peinture inactiniques… si l'on recherche un rendu avec de la matière ou le geste de l'artiste et le modelé du trait du pinceau.
Je ne sais même plus si ce type de fournitures se vendent encore ? Ou si tous les sérigraphes sont passés au travail sur ordinateur pour la sélection ?…
J'ai jeté tout ce qu'il me restait lors de mon déménagement, la plupart de mes feutres pinceaux et marqueurs inactiniques n'étaient plus utilisables, et de toute façon je n'en avais plus besoin depuis longtemps !
Dans mon cas personnel, c'est vers 1998 que l'ordinateur a suppléé ce travail manuel fastidieux (on peut partir dans de mauvaises directions en faisant la sélection par film, couleur après couleur) : l'écran permet de voir vraiment où on va au fur et à mesure de l'avancée de la sélection des couleurs, même à prévisualiser les teintes choisies et les affiner, les modifier, et surtout à être plus précis, au pixel près si l'envie nous prend !
Il est certain qu'au début il fallait mettre en place des "protocoles personnels" pour employer de grands mots (chartes graphiques pour l'impression d'art en sérigraphie : ça sonne peut-être beaucoup mieux ?) : et surtout ne pas se tromper avec les définitions des documents à faire flasher, au risque de se retrouver avec des films et des sélections aux contours que j'appelais "en escalier"… parce que grosse pixellisation du fait d'une mauvaise définition de numérisation  du document… Un classique !
Il fallait un peu tâtonner pour adapter au dessin et à la Bande Dessinée toutes les infos que l'on avait sur Photoshop… pour l'image et surtout la photographie !
L'idéal étant quand le sérigraphe fait la sélection : quel confort !
Surtout quand c'est lui qui fait des erreurs et qu'il les assume : ce qui n'est pas toujours le cas !…

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 1 — sélection couleur verte
Je sais, je sais : toutes ces explications sont d'un compliqué…
On va arrêter là et revenir aux choses plus plaisantes : je vais simplement vous montrer la suite des dessins réalisés par Martin Matje pour ce portfolio Gris-gris, car l'esprit s'embrouille vite avec toutes ces explications : un coup du marabout à qui le musée a dû dérober tous ces gris-gris  ?

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 2 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 2 — version rejetée par l'artiste

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 3 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 3 — version rejetée par l'artiste

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 3 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 4 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 4 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 4 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 4 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 4 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 5 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 5 — couleurs (essai)

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 5 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 5 — version rejetée par l'artiste

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 6 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 6 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 7 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 7 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 8 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 8 — version rejetée par l'artiste

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 8 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 9 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 9 — Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche 10 — trait

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Planche de justificatif de tirage

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Travail de recherche

Martin Matje - Portfolio Gris-gris
Projet de portfolio pour les Éditions Le 9ème Monde, 2004
Travail de recherche & indications des références couleurs Pantone®

Martin Matje est l'un des auteurs dont je n'ai pas vraiment eu d'originaux : cela aussi nous l'avions reporté maintes fois avec le fameux "on verra plus tard". Nous avions le temps…
Enfin, c'est ce que nous pensions !
Cette fameuse planche de Jijé que j'aimais tant servirait aussi à cela : à faire des échanges, que nous n'avons jamais pu faire…
Je dois avouer avec beaucoup de franchise, la revoyant si longtemps après — même en simple reproduction — que je la regrette tout de même un peu-beaucoup-passionnément cette planche de Lune d'Argent !…

Where is Harry… 
Where is my Jerry Spring ???…

JIJÉ, Jerry Spring Numéro 3 — Lune d'Argent
Edition originale brochée
Éditions Dupuis 1956

J'avais tout de même récupéré ce vieux dessin de Martin Matje : il appartenait à Yves Chaland  et faisait parti de sa collection d'originaux, de ses trésors rangés dans ce fameux carton à dessins toilé vert dont Avril parle dans-je-ne-sais plus-quel-ouvrage, que j'ai aussi conservé d'ailleurs…

Martin Matje - Une bonne chose de faite…
Dessin original en couleurs ; Encre de Chine + encres de couleurs
(ce dessin faisait partie de la Collection Chaland)

En 1999,  Thierry m'offrit ce très beau dessin pour mon anniversaire : la fameuse Girl under the line, que j'ai déjà présentée de façon plus qu'intime précédemment dans ce blog…

C'est complètement par hasard et grâce à un collectionneur ayant du goût et l'œil très avertit que j'ai pu récupérer un peu plus tard deux très beaux dessins de Martin Matje : même si je n'étais pas vraiment parti pour "signer", me souvenant de la conjoncture de cette période !
Mais ces femmes et tous ces livres partout ne pouvaient qu'emporter ma décision face à la raison… et ce collectionneur plus que très raisonnable dans sa proposition.
Qu'il en soit encore remercié aujourd'hui…

Martin Matje — Les liseuses, Pourquoi les femmes lisent plus que les hommes?
Dessin original en couleurs — Encre de Chine + aquarelle, 1995
Magazine Lire, 1995

Martin Matje — Les liseuses,
Carte pour la vente aux enchères 1995

Martin Matje - Souvent Pamelia…
Encre de Chine + aquarelle — 1993
Dessin original en couleurs pour Depêche Mode

Martin Matje — La bibliophile, 1993
Carte pour la vente aux enchères 1993
avec quelques étagères de livres en moins…







Valéry Ponzone