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mardi 22 décembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ? ben oui !

Peu après avoir rédigé mon précédent billet, un ami me transfère ce qui doit être la niouzeletter de Moulinsart. Ce que je pensais est effectivement d'ores et déjà en place : Moebius Production se trouve aussi sur la boutique en ligne de Moulinsart, dans la boutique Tintin !

Mais le plus sidérant, en allant sur cette fameuse boutique en ligne est d'y retrouver, non pas seulement Moebius Production, mais aussi d'autres invités (sic) Corto Maltese, Folon ou Graton !!!…

Ils sont tellement rompus à la vente de dérivés du monde de la Bande Dessinée que pour les affiches de Graton, reprenant les anciennes couvertures du Michel Vaillant pour le Journal de Tintin, qui sont tout de même super chères a priori pour de simple poster sur du papier 90 grammes (70 euros !!!) on ne sait ni la qualité du papier, ni le plus le plus important, le format !!!!…

Je plaisantais avec cette internationale des ayants-droit qui pourrait se mettre en place mais il sembleait que ce soit déjà le cas ! Dès lors que Franquin, Jacobs, Chaland ou d'autres accrocheront leurs wagons de produits dérivés à la locomotive de  Moulinsart, on saura que l'on a basculé dans une autre logique commerciale et commerçante de la Bande Dessinée… qui est déjà en place dans le domaine des tirages de luxe d'affiches et de livres, mais j'aborderai le sujet plus tard.

J'avoue tout de même que cela m'a un peu soufflé !!!…

Certains devraient se retourner dans leur six feet under ?…



Valéry Ponzone




samedi 7 novembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…

Tout devant se répéter inlassablement pour certains, comme chaque fin année, voici venu le temps des "nouveautés" chez Moebius Production…  Je reçois les infos  par mail ce vendredi 6 novembre… et il me faut absolument partager cela, tant un grand rire m'a spontanément échappé (je n'étais pas masqué à l'extérieur, sinon masque à changer illico!) , à la lecture de ce message : cela fait tout de même du bien en cette période si pesante et compliquée !

Voilà une structure pour qui le principe de nouveautés ne rime, année après année, envers et contre tout, et même en pleine pandémie, qu'avec "fêtes de fin d'année" ou période (commerciale absolue) de Noël !…
Une tradition commerciale bien ancrée chez Moebius Production, trop bien ancrée d'ailleurs, trop traditionnelle, trop prévisible en un sens, et avec une incapacité étrangement absolue à pouvoir faire de l'édition,  ou de la production  puisque cela semble être leur crédo, à une autre période de l'année que celle-ci ?…

Vous lisez tous ? 

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" !


Moebius Production niouzeléteur du 06/11/2020


Certains clients avec lesquels je discutais s'en souviennent peut-être : je faisais parfois le lien entre la politique de Moebius Production et celle de Moulinsart vers laquelle la première citée semblait tendre, usant d'un certain mimétisme proche d'une tolérance zéro, pour l'exploitation de leurs œuvres respectives, agrémentée d'une envie assez prégnante d'en retirer le maximum sur le plan matériel : œuvres sans aucune comparaison possible*, quant au fond (voire "fonds" !), la forme et la portée, pour ne pas parler de notoriété, de popularité et d'impact médiatique… et financier.

* certainss exégètes du 9ème Art ont essayé de les lier par le passé, comme ce fut le cas avec Major Fatal de  Moebius & Les cigares du pharaon d' Hergé (avec notamment l'onaniste Les carnets volés du Major par Smolderen aux Éditions Schlirf Book en 1983)…


Les carnets volés du Major - Éditions Schlirf Book, 1983


Par le passé, quand certains de mes interlocuteurs me racontaient des histoires d'interdictions, de blocages, de procédures et de procès jugés parfois juste à côté de la librairie (le Palais de Justice se trouvait dans l'Île de la Cité)  — certainement justifiés, mais là n'est pas la question — je trouvais certaines des structures en question très procédurières, extrêmement sévères ne semblant plus chercher à distinguer le collectionneur passionné et de bonne foi du véritable parasite…
J'ai l'impression que certains ayants droit, surtout ceux qui n'ont rien créé, sont plus durs  que les artistes créateurs originels et originaux des œuvres à protéger et à exploiter ne l'étaient…

Je discernais par ce lien un état d'esprit très particulier, qui représente à mes yeux le chaînon manquant entre la doxa ultra-libérale et le côté idéologique de surveillance totale d'une dictature digne de la Bordurie… Une variation propre à la bande dessinée virant vers Big Brother, du fond des palais inquiétant du pouvoir absolu de Szohôd… Avec ce qui apparaîtrait comme une certaine propension, mâtinée de menaces, d'intimidations diverses (…) à ne rien vouloir laisser passer, ou si peu, même ce que l'on pourrait penser légitimement issu de la liberté d'expression historique des hommages et/ou des pamphlets. Un esprit critique pourrait penser trouver là un but inavoué mais discernable d'empêcher a priori quiconque de s'aventurer sur ces sentiers pourtant centenaires en usages dans les pays où la liberté d'expression n'est pourtant pas une simple vision fantasmée de l'esprit, mais une réalité s'appuyant sur une Histoire réelle… Le but recherché pouvant aussi être de générer en amont des quasi  réflexes générant  des formes  d'auto censure de fait, option craintes diverses, chez celles et ceux qui prendraient (encore) le risque de s'immiscer sur ces chemins qui peuvent trop vite devenir périlleux…
Quand, de l'autre côté de l'Atlantique, des mastodontes absolus du business culturel paraissent (en apparence ?) beaucoup plus tolérants, plus souples : The Walt Disney Company  pour ne pas la citer, qui sait fort bien lâcher du lest et laisser des choses exister (de simples icônes) et se créer dans la marge, ne sachant que fort bien que cela sert aussi à entretenir la légende et les mythes — donc les servir — et qu'il ne faut peut-être pas chercher à tout interdire, ou, à tout transformer en monnaie sonnante et trébuchante ?…
Une logique inversée pourrait presque prendre forme : The Walt Disney Company respecterait le droit d'auteur, de citation et surtout les hommages et pamphlet au pays du ©opyright  alors que certaines structures de notre espace culturel européen voudraient plus le ©opyright que du CPI ?…
Il n'y a pourtant aucune comparaison possible entre les sociétés citées : quand je parle de "mastodonte" à propos de Walt Disney n'oublions jamais, outre son poids économique incomparable,  sa capacité à influer sur la modification d'une loi aussi importante que celle de la durée étendue des droits d'auteur.  Walt Disney peut aussi produire ses films, créer sa chaine de streaming,  racheter Lucas Films et accueillir la bulle NBA à Orlando pour les playoffs 2020, en pleine pandémie !…

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Arrive-t-on (enfin ?) à cette fameuse convergence ?… Ou serait-ce une synergie ?…
Voire la formation implicite d'une sorte de club select des ayants droit, comme d'autres voudraient créer une Ligue fermée européenne pour les clubs de foot les plus riches prestigieux ?…

Je m'interroge très fortement sur le fait que la réalité (sic) dans laquelle on essaye de plonger l'univers de Mœbius en exploitant son Désert B avec ce genre de produits / production(s) / gadgets vides de sens et d'intérêt puisse lui permettre de dépasser la fiction dont il est issu ?…

Quant à l'intérêt majeur de sortir des tee-shirts  aux looks et coupes modernes (sic de sic : je crois rêver qui emploie encore le mot  look comme argu de vente en 2020 ? Ne serait-ce pas  aussi vieillot que de parler de coup de cœur du libraire pour la sortie d'un livre… ooooooh, wait…) au milieu d'un confinement automnal dû à la pandémie d'envergure de la COVID-19, avec des choix graphiques hideux contestables, et à 30 euros tout de même (!!!), laissant de côté l'humour mœbiusien puisque sans même un seul modèle de saison et de circonstance avec, par hasard, Le bandard fou et son gland turgescent sourire iridescent !!!!…
Cela ne fait que succéder aux coques de smartphone sorties il y a quelques années, et ne sera que dans le prolongement des pin's ou des sweat de jadis, mais la seule chose que je ressens est une certaine volonté de marcher dans les traces de Moulinsart, et de son business modèle : de passer d'un prétexte éditorial à la production de dérivés gadgets…
Encore plus détonnant / étonnant  quand il s'agit de l'univers si décalé, riche et personnel (et auquel je suis si profondément attaché !) que celui de Mœbius, n'est-il pas ?…

Il y a tant de choses à faire, à éditer et à produire concernant Moebius, tant de choses qui sont en attente, certaines dans un coin de ma tête de collectionneur rêveur, d'autres dans des recoins de mes disques durs, que je ne peux être que dépité et déçu de ces gadgets sans grand intérêt proposés (des pochettes plastiques pour ranger des documents A4 pour Noël ???????… La rentrée des classes est en septembre !) : comme si les idées et concepts éditoriaux manquaient avec ce diamant brut que reste Moebius, qu'il faut continuer de tailler afin qu'il acquiert toute sa beauté et resplendisse comme il le mérite… encore et toujours.
Ce ne sont pas ces pathétiques nouveautés 2020 qui vont aller dans ce sens et personnellement me contenter en tant que lecteur, collectionneur et admirateur de l'œuvre de Mœbius : j'attendais et espérais vraiment autre chose ou qu'une fenêtre plus onirique et "plus imprimée" serait ouverte grâce à Mœbius, davantage encore avec l'année terrible que nous subissons tous !!!…
Je sens que je vais devoir m'y coller, me concevoir et me faire un petit truc perso pour me satisfaire un petit peu (quand je parlais d'onanisme ?) , parce que là, sincèrement, Mœbius Production n'assure absolument pas à autant nous décevoir avec du vide , semblant éloigné de la réalité et de tout dans sa citadelle aveugle   je doute fort que leurs nouveautés 2020 puissent maintenir leur CA annuel ?…

Moebius Hommage à Hergé - Exposition à La Marque Jaune

J'avais lu je ne sais où, à la suite de cette histoire glauque de planches originales de Blake et Mortimer de E.P. Jacobs volées et revendues ici et là (par des revendeurs devenus amnésiques à propos de ce que n'importe quel professionnel et collectionneur sait depuis les années 80 !!!)  que la Fondation Jacobs  — était-ce un dernier acte de Philippe Biermé, avant de tirer le rideau et sa révérence ? — avait transféré une partie de son exploitation, peut-être les expositions et l'événementiel, à Moulinsart qui semblait avoir envie de se diversifier dans le paysage de la Bande Dessinée… Transfert partiel, fait au grand dam des détenteurs des Tables Jacobsiennes ou Hergéennes, mais aussi de son principal partenaire  éditorial, via les éditions Blake et Mortimer

En cette fin d'année 2020, année terrible s'il en est, nous découvrons avec stupéfaction que Moulinsart arrive à accrocher aussi Moebius à sa fusée à damier (même s'il fut interdit au CBBD de Bruxelles et à  Emmanuel Lepage de la représenter sur une simple affiche d'annonce, n'oublions pas que ces damiers furent avant quiconque utilisés — inventés — par les savants… nazis pendant la Guerre pour leurs fusées / missiles !).


Mœbius Hommage à Hergé - Sérigraphie 120 ex. n°/s


"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Qui avait prévu cette association ??????????…

Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…




"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Étonnant non ?… , dirait Monsieur Cyclopède.




Valéry Ponzone




PS : Cela dit je n'ai toujours pas saisis le séparant / liant les deux entités commerciales ? Peut-être un simple signe graphique, mais comme il peut représenter le symbole mathématique de la croix de multiplication, un + aurait peut-être été plus graphique et cohérent dans ce cadre particulier, ou un vrai symbole… graphique ???…



dimanche 12 avril 2020

> Yves Chaland, Une vie en dessins… (part fayeveu)

Cet autre passage m'a un peu interloqué : cette justification répétée sur cette couverture de Chaland pour le deuxième numéro de Métal Aventure est assez cocasse. Une impression de déculpabilisation ou de réhabilitation postérieure sur ce dessin en particulier, alors que, sincèrement, je n'en vois pas la raison et je n'ai surtout jamais eu le souvenir que cette illustration eut pu faire autant parler d'elle à l'époque, et plus tard, sauf dans ces livres consacrés à Chaland  ?
Son côté cliché extrême ne pouvait dans mon esprit en aucun cas prêter à confusion, même plus de trente cinq après sa création…

Chaland La vie en dessins (extrait)
Éditions Champaka 2019

La couverture originale était d'ailleurs exposée en 1990 lors de l'Exposition Coloniale, Chaland Explorateur chez Super Héros et, devant mon admiration pour cette couverture qui n'était évidemment pas en vente, Yves Boniface m'avait appris qu'elle appartenait au… rédacteur en chef de Métal Aventure

Métal Aventure numéro 2 - novembre 1983
Couverture de Chaland

Le texte semble reprendre ce que j'ai déjà lu ailleurs avec cet accent mis sur le magnifique guerrier ou ce Noir qui est beau (sic), qui a force d'être répété risquerait de donner un peu l'impression à quiconque ferait des raccourcis expéditifs, ou aurait l'esprit mal placé, d'entendre un extrait de la bande-son des commentaires du documentaire sur la dernière passion de Leni Riefenstahl !…
Ou des slogans récupérés hors contexte sur ce qui est beautiful ?…
Quoi qu'il est vrai que le grand Franquin lui-même qualifiait aussi ses guerriers Africains ainsi dans Spirou et Fantasio, Le gorille a bonne mine !
S'appesantir sur cette couverture de Chaland, qui n'est pourtant pas reproduite dans cette Vie en dessins est étonnant, alors que d'autres le sont sans que l'on n'esquisse quoi que ce soit à leur sujet ???
Encore cette impression de voies séparées entre le texte qui parle de choses autres et les dessins reproduits sans être en relation avec le texte !…

Le gorille a bonne mine par André Franquin - détail planche 14
Éditions Dupuis 1959

Le gorille a bonne mine par André Franquin
Éditions Dupuis 1959

Le seul côté apparement sans ambiguïté, de cette couverture de Métal Aventure numéro deux, et avec de sales véritables relents colonialistes d'un autres temps (les années 80 pourtant !), bien au-delà de la maladresse, est, et reste l'accroche pitoyable en sous-titre de cette "Nostalgie Coloniale" !… Cela renforçait certainement  l'ambiguïté dont il est question dans le texte à propos de ce dessin de Chaland, que l'on ne trouve plus quand le dessin lui-même est ex-filtré de son support imprimé originel…
Hergé se fait en permanence tirer dessus à boulets rouges avec son Tintin au Congo qu'il a fait en 1930, mais ce numéro de Métal Aventure est sorti en novembre 1983 avec aux manettes des gens normalement plus et bien mieux informés qu' Hergé, trop subordonné à l'Abbé Dailliez en ces temps anciens ?…
Mais le côté guerrier magnifique peut devenir un argument à double tranchant potentiel à le mettre tant en avant pour justifier la démarche de Chaland pour ce dessin :
- dans la mesure où il y a deux guerriers dans ce dessin de Chaland que doit-on penser si le second guerrier, de dos,  n'est pas "magnifique" ou simplement "beau" (sic) ?
- connaissant les quelques éructations récentes de certains politiciens ou intellectuels sur cette période douteuse de la colonisation, il vaut mieux faire très attention au raisonnement que l'on cherche à tenir à ce sujet parce que "le bon temps des colonies" est devenu très premier degré pour certains primaires ;
- sachant  la conception particulière de la magnificence et de la beauté de la personne citée plus haut quant à ses passions, je doute que ce soit le vocabulaire le plus justifiant ?

Naostalgie coloniale par Yves Chaland
Éditions Les Humanoides Associés - carte postale

La sémiologie est une discipline rigoureuse et, heureusement,  la compréhension d'une image ne nécessite pas toujours d'avoir embrassé ce cursus spécifique pour essayer de la comprendre  : je ne vois pas du tout, mais alors pas du tout,  en quoi ce guerrier (magnifique ou non cela relève d'une subjectivité plus littéraire que biographique) a un regard las (sic) ????…
Personnellement je ne vois aucune espèce de lassitude dans ce regard, mais bien de l'amusement : plus encore on remarque bien que la pupille du guerrier pétille telle l'Étoile du Berger dans le firmament !…
Une sorte de regard presque ironique, appuyé par son sourire, sur la scène dont nous sommes témoins, renforcé par une complicité immédiate entre celui, spectateur direct, qui se tourne vers nous, qui sommes presque voyeurs de la même scène, laissant l'autre guerrier continuer à se plonger (délecter ?) dans ce spectacle qui ne peut qu'apparaître… exotique aux deux guerriers.
Serait-ce une mie en abyme évidente ?,  entre ces guerriers authentiques, indigènes serait le meilleur terme, habillés en vrais guerrier et avec de vraies sagaies, de celles qui peuvent tuer et transpercer, et la scène d'intérieur cadrée de la demeure coloniale… Et, comme il est justement précisé, les cadeaux de pacotilles qui sont déballés devant nous pour ce Noël colonial lointain : lance-jouet et pagne autour de la taille pour le garçon,  tête blonde de circonstance, robe / tenue de femme léopard pour la mère / épouse, cravate à palmiers pour le père / époux avec en option, les décorations du  salon familial de circonstance  : fétiche posé sur le bahut, devant la radio, crèche au premier plan, croix chrétienne au-dessus de la porte intérieure, sans oublier la touche finale avec le portrait de ce "bon roi" Léopold au mur, qui nous permet de situer la scène au Congo belge…

J'irai même plus loin dans ma perception personnelle de ce dessin ("Ben tiens, y s'permet tout c'lui là !!!"), tel Flaubert et sa Bovary, ce guerrier Africain qui se tourne vers nous me donnerait presque l'impression d'être une projection de Chaland lui-même !?…
Un vrai dessinateur, au sens authentique du terme, face au(x) cliché(s) et à l'aspect factice — de pacotille — de la saynète jouée par cette famille de colons / petits cochons roses à chevelures de blé que nous distinguons tous, qu'il nous montre ou nous invite à regarder à travers cette fenêtre… qui devient un cadre délimité dans le cadre du dessin, cadré et délimité plus encore par les deux sagaies qui orientent notre regard avec les deux diagonales…
La caricature ne serait pas où on la pense de façon trop primaire ou trop rapide : elle serait davantage dans ce que l'on voit tous par la fenêtre, guerriers et lecteurs du dessin…
N'oublions en effet jamais, que l'homme est naturellement bon et que c'est la société qui le  déprave et le pervertit, bien davantage depuis que la société de Jean-Jacques a été remplacée par la société de consommation qui ne nous fait que revenir en arrière : vers une forme de monarchie consumériste d'un autre temps, dont certains se gorgent d'importance à se considérer comme des… clients-rois !…

Le regard du guerrier est d'autant moins las, que l'on ne sait que trop bien dans la Bande Dessinée que la lassitude se représente par… des yeux fermés !…
La bande dessinée a ses codes crées par les anciens maîtres et ils en sont les fondements, les bases et les fondations : malheur à celui qui oserait aller au-delà des limites de ces figures imposées, dignes des plus grandes compétitions artistiques : le patinage !…

Astérix gladiateur par Uderzo et Goscinny
La lassitude du préfet romain de Lutèce…

Cela (ce las ?) dit, je n'ai jamais compris que Chaland n'apparaisse que dans ce numéro deux de Métal Aventure alors qu'il était présent en ouverture dans les numéros 0 de la revue qui aurait pu/dû prendre le titre de Casablanca ???…
C'était bien la peine de courir après ce numéro 0 à l'époque, même si je n'ai eu que celui plus courant avec la couverture de Dominique Hé !!!…

Passons sur cette erreur d'interprétation et cette fausse lassitude, toute en subjectivité, plus communément définie comme "à côté de la plaque", et revenons vers des cieux plus célestes : vers les autres couvertures que Chaland a dessiné pour Métal Aventure puisqu'il en a réalisé tout de même cinq sur les dix numéros (très inégaux) qui furent publiés !…

Métal Aventure numéro 3 - janvier 1984
Couverture de Chaland

La couverture du numéro 3 de Métal Aventure, qui, est présente dans cette Vie en dessins mais ne semble pas appeler de commentaire particulier sur l'une des grande crainte des années 80, dernière ligne droite de la Guerre Froidene peut que rappeler la fin du monde (François M. avait proclamé en 1983 que les Pacifistes étaient à l'Ouest et les missiles à l'Est)… Mais une autre fin du monde antérieure me vient à l'esprit (non, non, je ne parle pas des anciens uniformes des gardiens de la paix option képis,  pas encore passés entre les mains de Balmain : plus tard, en 1985) :  celle représentée par E.P. Jacobs dans les pages du Journal de Tintin en 1946 dans les premières pages de Blake et Mortimer, Le secret de l'Espadon : la Tour Eiffel est détruite de la même façon, si le cadrage de notre prestigieux monument parisien est de trois-quart pour Jacobs mais de face pour Chaland, son effondrement se fait quasiment au même (deuxième) étage et suivant un angle plutôt similaire… pour l'une des séquence parmi les plus marquantes de ce Blake et Mortimer et de la Bande Dessinée franco-belge !

Blake et Mortimer par E.P. Jacobs
Le secret de l'Espadon planche 12
dans Le Journal de Tintin, 1946

Couverture de Métal Aventure numéro 3 qui fait forte résonance avec celle de Métal Hurlant numéro 98 aussi présente dans cette Vie en dessins sans attirer plus de commentaires que cela (valait-il mieux disserter sur une couverture non reproduite dans le livre que sur celles qui sont visibles ?), alors qu'elle aurait pu être en regard de celle de Métal Aventure numéro 3, voire placée juste avant, pour rester dans ce principe de chronologie basique en maquette : il y a bien un commentaire (en rouge) de J.P. Dionnet, pour mettre l'accent sur le réalisme possible dans le dessin de Chaland en prenant comme exemple les couvertures de… Métal Aventure, placé sous un crayonné d'une couverture de… Métal Hurlant !…

En ce printemps 2020, les astronautes, cosmonautes et autres spationautes qui rentrent sur Terre en cette période de COVID19 doivent avoir aussi l'impression d'un monde très différent à leur retour sur Terre !!??…

Métal Hurlant numéro 98 - avril 1984
Couverture de Chaland

Autre résonance peut-être aussi avec la couverture de l'Agenda 1991 de Reporter : quelques détails peuvent laisser à penser que nous sommes dans cette France post SS20 lancés sur Paris atomisé sur la couverture du Métal Aventure numéro 3 : la carte accrochée au mur avec l'Europe Unie (de l'Atlantique à l'Oural, voire au-delà, jusqu'à la Sibérie ?), cette assiette soupesée par la jeune femme brune avec la faucille et le marteau logotypaux au centre, ou cette pierre martienne Souvenir de Mars — la planète rouge ! — sous cloche transparent, voire cette affiche de film avec un rôle d'acteur vieillissant pour l'immense Gérard Depardieu (qui a d'ailleurs fini par devenir citoyen russe quelques décennies plus tard !), et ce détail délicieux au possible avec cette lampe conceptuelle, à double éclairage : mi-électrique avec une ampoule classique d''un coté et une chandelle de l'autre : certainement pour compenser les possibles coupures de courant dues aux impérities de la bureaucratique administration de l'énergie collectiviste dans cette Europe Unie post SS20  ???…
Chaland ne peut s'empêcher de nous faire glisser discrètement, délicatement, subtilement dans une uchronie à sa façon, renforcée par cette couverture de Paris Match, qui sera toujours publié quand Mandela Jr sera élu President de son pays…

Agenda 1991 Reporter - couverture par Yves Chaland



• Métal Aventure numéro 6 :
Ah, les titres accrocheurs de Métal Aventure tout en finesse pour ce numéro 6 par exemple avec  ce "Chaland à la rescousse de Moebius" : pour ce qui est vraiment la seule véritable erreur dans tout ce qu'à fait Chaland, avec cette reprise concept tout bidon du fabuleux  Major Fatal (ai-je déjà dit qu'avant La comète de Carthage, Le Jeune Albert, Bob Fish ou La ballade de la Mer Salée et autre WatchmenMajor Fatal Le garage hermétique de Jerry Cornélius est mon livre de Bande Dessinée préféré au monde de l'univers de la galaxie du Désert B aux différents niveaux du monde du Major Grubert ???) avec une chute tellement hermétiquement focalisée sur les revues, Métal Hurlant, Rigolo et Métal Aventure, des Humanos (seul Métal Hurlant restera mythique) que ces pages n'ont que peu, voire pas d'intérêt pour le lecteur lambda : ce qui est paradoxal dans l'œuvre globale de Chaland d'ailleurs, plus encore dans celle de Moebius qui vise à l'universel par la Grâce du Cristal !!!…
Si Moebius avait su que Chaland allait venir à sa rescousse,  peut-être ne serait-il pas parti à l'autre bout du monde pour guetter les extra-terrestres ?…

Métal Aventure numéro 6 - juin 1984
Couverture de Chaland



• Métal Aventure numéro 7 :
Le Général de Gaulle tueur de boches, une image édifiante de l'icône de la Résistance, du Sauveur de notre honneur national, qui n'hésite pas à utiliser son coutelas d'ivoire poignard pour trancher dans le vif le nazi…
Est-ce aussi un portrait du même Général de Gaulle que l'on voit encadré au mur gauche de la première case de l'intérieur de Bill Baxter contre les reliques de la mort ? …

Métal Aventure numéro 7 - octobre 1984
Couverture de Chaland


• Métal Aventure numéro 8 :
Était-ce un prolongement de la Nostalgie Coloniale des début de la revues, avant sa fin toute proche, avec cet avant-dernier épisode de la fin de l'empire colonial français ?
Ce reporter nous montre qu'il y a tout de même des priorités dans la vie, certainement un peu surpris par l'explosion dans la rue, surtout s'il n'a pas emporté assez de cravates et de chemises pour son reportage : ah, qu'il est toujours difficile de manger avec des baguettes !!!…

Métal Aventure numéro 8 - octobre 1984
Couverture de Chaland

Cette dernière couverture eut sa variation, ou reprise,  (parmi tant d'autres) de Serge Clerc dans les années 90 : 


aventure Indochine 54 par Serge Clerc
Dessin original inédit 1996

Quelqu'un trouvera peut-être le numéro de Paris Mach que Chaland a placé sous l'appareil photo du reporter ?…
J'ai un peu laissé tomber, je trouve que les recherches sur Google deviennent assez pénibles même quand les paramètres saisis sont très précis…

Ce serait préférable que les connaisseurs de Chaland (compagnons de route ou découvreurs tardifs) s'accordent un peu, déjà sur cette façon récurrente de vouloir nous faire passer ces très belles gouaches (couvertures de Métal Aventure ; agendas…) pour les œuvres majeures de Chaland  : comparativement à l'ensemble de sa production pour la Bande Dessinée, les estampes, les portfolios, les affiches (…), mais aussi sur les sources, puisque pour certains tout ce qu'a créé Chaland semblent inexorablement et toujours être issu de l'œuvre d'un autre artiste, ou être "sourcé" ?…
Pour Fromental dans le (petit) catalogue "Exposition 1995, La collection Chaland" (Éditions Reporter ; p. 16) :
" Le pinceau de ce dh Desmé nous rapproche en outre d'une veine que Chaland avait eu explorée mais où il excellait. Ses illustrations et couvertures (notamment pour Métal Aventure) à la gouache."

Cocktails d'amour par dh Desmé - vers 1945
Gouache originale Collection Chaland

Merry Christmas Joyeux Noël par dh Desmé - vers 1945
Gouache originale Collection Chaland

Et pour d'autres, ces illustrations à la gouache sont systématiquement et uniquement rapprochées de Di Marco, dont Chaland possédait également un dessin original…
Cela dit je ne sais pourquoi ces quelques gouaches seraient toujours référencée au travail de Di Marco, tellement d'auteurs travaillant avec cette technique et dans cet esprit pouvant être cités (un peu comme pour la… Ligne Claire® !!!!), Joubert avec notamment ses couvertures de Bob Morane, voire ces dessinateurs inconnus officiant dans les cartes scolaires et nammoins éducatives de jadis ??…

Rompons-là avec la dernière phrase de ce paragraphe : "Alors qu'il assure la maquette de Métal Hurlant, Chaland prend plaisir à accueillir les novices qui viennent présenter leurs dessins".
Quand je parle de fouillis et d'incohérence : je me demande ce que cette phrase vient faire là (comme un cheveu de Morantin dans la soupe ?) ?…
L'auteur nous parle de la période de Métal Aventure et des couvertures que Chaland a réalisées de fin 1983 à fin 1984 et il n'est plus maquettiste de Métal Hurlant depuis longtemps à cette époque : il ne l'a été que neuf mois, à partir de 1979, bien avant ces années Métal Aventure !!!…
Quelle est cette façon de parler d'un auteur en glissant  des événements qui n'ont rien à voir entre eux par l'opération du Saint-Esprit d'une chronologie anarchique ?… Comme si des pièces du puzzle avaient été oubliées, à force de copier-coller des parties du texte, mais qu'il fallait à tout prix les caser, les intercaler, quitte à les mettre un peu n'importe où et à réécrire l'ordonnancement des événements   ??…

C'était déjà ainsi pour la toute dernière page du texte, "Un maître quatre-vingt hors du temps", où l'on nous reparle de Métal Hurlant, et de sa fin, survenue trois ans avant la disparition de Chaland : alors qu'en toute cohérence cela aurait du rester dans les pages consacrées à… Métal Hurlant.
Idem pour F-52 (avec trait d'union comme Magic-Strip !) dont il est question de façon lapidaire dans le chapitre sur Freddy Lombard et qui est davantage développé dans celui sur "Robots, atome,  et télétrans", passant de F-52 à F52, en ignorant totalement le portfolio F-52 qui met énormément de choses en place des années avant (dès 1986) cette dernière histoire de Freddy, Sweep et Dina !…
C'est avant toute chose pour ce portfolio F-52 que Chaland a utilisé ce numéro de Science et Vie Spécial Aviation 1949 : la couverture de la revue est exactement celle du portfolio F-52 édité par Déesse, et les séparations sociétales et/ou de caste, sont d'ores et déjà précisées dans la maquette du F-52 présentée dans ce portfolio !!!…


Science et Vie - Hors-série Aviation 1949


Portfolio F-52 planche de présentation de l'avion et maquette sur calque
Éditions Déesse 1986

Le texte de référence part dans des directions qui me paraissent étranges, voire presque hors-sujet, tout en oubliant de souligner des évidences pour certains lecteurs pointus, mais tous n'ont pas à l'être,  qui se trouvent visibles dans les fameux back cover (pas peau d'ours) pour paraphraser Le Jeune Albert qui va retaper son Spirou contre l'Invisible chiné sur les quais parisiens : Freddy Lombard, Vacances à Budapest avait été annoncé en préparation sous le titre Les insurgés de Budapest.


Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
> 4e plat avec Les insurgés de Budapest en préparation…

Peut-être le changement de titre fut-il inspiré par cette histoire de Spirou et Fantasio qui faisait suite — on y revient — à celle du Gorille a bonne mine… ?…

Spirou et Fantasio, Vacances sans histoire par Franquin
dans Le gorille a bonne mine
Éditions Dupuis 1959

Mais, plus important encore, que la dernière histoire de Freddy Lombard initialement prévue ne devait pas être F-52, qui a supplanté une toute autre histoire de Freddy Lombard : La parabole de la soucoupe !!!…
Sauf erreur de ma part il n'est nulle part fait allusion à cette Parabole décalée par l'intérêt immédiat que Chaland avait porté au sujet de F-52

Freddy Lombard, Vacances à Budapest  par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1988
> 4e plat avec La parabole de la soucoupe en préparation…

Cette Parabole de la soucoupe était à l'étape de recherche graphique alors que survint le décès de Chaland : surprenant de ne pas en parler du tout, tout en faisant cette irritante erreur quant à ce devait être le projet de livre d'artiste en sérigraphie sur Ubu !…

Chaland 2000 par Jean-Pierre Fuéri
Yann explique -  Bo Doï 2000

Un dernier clin d'œil pour la route : ami collectionneur de Chaland, ami partout, toujours
Tu auras certainement remarqué l'orthographe digne du Jeune Albert pour le premier album de "Freddy Lombard, Le testament de Godefroid de Bouillon" ?…
"Godefroid" est en effet écrit sans son joli "d" à la fin !… Étonnant non ?…
Peut-être un vengeance des Humanos pour ce titre édité par Magic-Strip, qui n'est d'ailleurs pas crédité comme éditeur ???… Mais non, pas du tout, car si tel avait été le cas, la faute grossière aurait été rectifiée dans la réédition de 1989 chez Magic-Strip, en couleurs avec une maquette façon  Collection Eldorado des Freddy Lombard édités par Les Humanoides Associés !!!…
Mais Magic-Strip n'avait pas rectifié cette faute grossière, que ce soit au catalogue du 4e plat ou bien encore dans le catalogue intérieur du livre, alors que le titre est écrit correctement sur la couverture et sur le dos… et avait conservé La parabole de la soucoupe en préparation alors que F-52 allait sortir cette même année 1989 !

Freddy Lombard, Le testament de Godefroid de Bouillon  par Yves Chaland
Éditions Magic Strip 1989

La bibliographie de Chaland de la première édition du Cimetière des éléphants avait peut-être  "complexifié" la tâche des graphistes suivants puisque Le testament de Godefroid de Bouillon avait été abrégé en "Le testament de G. de Bouillon" …

Captivant… n'est-il pas ?…

Je sais bien que ce n'est pas le cas, mais ça m'amuse !!!…




Valéry Ponzone


dimanche 5 avril 2020

> Blake et Mortimer à Paris…

Je viens de retrouver des photos prises à côté de chez moi en 2017, et qui devaient me servir pour ce blog pour les cinquante ans de la sortie en album de Blake et Mortimer, L'affaire du collier : évidemment j'y ai pensé et puis, comme Jacques… j'ai oublié !!!…

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Lhomond

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Lhomond

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Lhomond

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Lhomond

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Mouffetard

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Mouffetard

Le passage des Postes, Paris 5e arrdst
de la Rue Mouffetard
Le passage des Postes est la ruelle par laquelle on accède au repaire secret, et souterrain, d' Olrik et sa bande dans L'affaire du collier, septième aventure de Blake et Mortimer de E.P. Jacobs, publiées dans Le Journal Tintin en 1965 et 1966, puis sorti en livre en 1967… 
Le marchand de vins, spiritueux et liqueurs est devenu un café parisien de base et le magasin à droite de l'entrée du passage, via la rue Mouffetard (vous savez, le rue que descendent les kékés en voiture, écoutant de la daube immonde les fenêtres grandes ouvertes ?!…) s'est permis de prolonger son immonde coffrage d'enseigne et de cacher "Le passage des poste" gravé sur le fronton de l'entrée du passage : je ne savais pas que dans un arrondissement aussi historique que le cinquième on pouvait se permettre de ce genre de chose ???…

Blake et Mortimer, L'affaire du collier par E.P. Jacobs
dans Le Journal de Tintin 1966

Blake et Mortimer, L'affaire du collier par E.P. Jacobs
dans Le Journal de Tintin 1966
Détail : case 3

On aperçoit dans la planche 56 de l'histoire, les grilles de la maison par laquelle la police essaye d'entrer déloger la bande d'Olrik barricadée à l'intérieur : elles sont toujours présentes !…


Blake et Mortimer, L'affaire du collier par E.P. Jacobs
dans Le Journal de Tintin 1966

Blake et Mortimer, L'affaire du collier par E.P. Jacobs
dans Le Journal de Tintin 1966
Détail : case 8

Je suis souvent descendu à la station RER de Massy-Palaiseau, présente dans une autre aventure de Blake et Mortimer, SOS Météores (quand ce n'était encore que la Ligne de Sceaux, bien avant le RER) comme tant de lecteurs de Blake et Mortimer m'en ont souvent parlé (je me demandais même si certains n'y allaient pas exprès !?…), mais je n'avais jamais pensé à prendre des photos par ce passage des Postes que j'ai si souvent emprunté pour aller faire mes courses, en alternative à la rue de l'Arbalète juste un peu plus bas, ou à la rue Jean Calvin, qui elle mène directement au … bureau de Poste de l'Épée de Bois !…
En tout cas, voilà peut-être une bonne planque de confinement total que cet ancien QG souterrain de la Résistance qu'Olrik avait trouvé pour cette Affaire du collier ???…



Valéry Ponzone


jeudi 10 novembre 2016

> Usual Suspect Ted Benoit…

Ted Benoit fît énormément de recherches et de travaux préparatoires pour sa reprise de Blake et Mortimer sur scénario de Jean Hamme :  L'affaire Francis Blake
Ce premier fac-similé d'un crayonné original que j'ai exposé à La Maison de Verre en 1996 (Exposition L'affaire Ted Benoit — Automne 1996) servait à calculer les rapports de tailles entre les différents protagonistes de L'affaire Francis Blake : il est amusant de constater que le supérieur de Blake — le Colonel Dorian Cartwright — était chauve à l'origine…

Ted Benoit — Blake et Mortimer, L'affaire Francis Blake
Fac-similé du crayonné original
© Éditions Blake et Mortimer — Dargaud, 1996

Deuxième version plus poussée et quasi définitive et le Colonel Dorian Cartwright a récupéré une belle chevelure.

Ted Benoit — Blake et Mortimer, L'affaire Francis Blake
Fac-similé du crayonné original
© Éditions Blake et Mortimer — Dargaud, 1996

On ne peut s'empêcher de penser à ce film sorti dans les salles juste avant l'édition de L'affaire Francis Blake tout en sachant que Ted Benoit. avait réalisés ces travaux de recherches des années avant Usual Suspect !…

Bryan Singer — Usual Suspects, 1995

Ce visuel, qui n'a rien de suspect, a dû être reprise maintes fois depuis le succès du film : de la publicité au graphic design (ça ne signifie ici rien de particulier, mais j'avais envie de le placer !), mais aussi et encore dans la Bande Dessinée, bien loin de Blake et Mortimer, comme, par exemple : 

Leturgie & Léturgie— Spoon & White T.2, À gore et à cris
Usual Spoon Suspect — Page 13
© Dupuis,  2000

Arriver à parler de Spoon & White des Léturgie avec le Blake et Mortimer de Ted Benoit était un challenge intéressant à relever !!!…

Mais, je dois vous laisser maintenant : je crains que Keyser Söze n'arrive…




Valéry Ponzone

 

dimanche 6 novembre 2016

> De Tintin à Ray Banana en passant par Blake et Mortimer et Clifton…

Histoires de façades…
Pas de ravalement en vue, sinon tout eut été trop facile !…
L'efficacité maximale reste tout de même du coté de Tintin : pas un texte, pas une bulle de 'pensée', juste le vide immense sous lui…
Vertigineux !

Hergé, Tintin en Amérique
Page 10 — Édition noir & blanc 1937
© Éditions Casterman + Moulinsart

Hergé, Tintin en Amérique
Page 10 — Édition couleurs 1945
© Éditions Casterman + Moulinsart

E.P. Jacobs , Blake et Mortimer S.O.S. Météores
Planche 40 — 1958 in Journal Tintin numéro 45 (Ed. Belge)
Éditions Blake et Mortimer - Dargaud

E.P. Jacobs , Blake et Mortimer S.O.S. Météores
Planche 40 — 1959 (bloc narratif refait…)
Éditions Blake et Mortimer - Dargaud

Macherot , Clifton à New York
Planche 25— 1960 in Journal Tintin numéro 29 (Ed. Belge)
Éditions du Lombard

Macherot , Clifton à New York
Planche 25— Version noir & blanc
Éditions Niffle — 2003

Ted Benoit, Ray Banana Berceuse électrique
Planche 43 — 1982
Éditions Casterman

Ted Benoit, Ray Banana Berceuse électrique
Planche 43 — 1982 (fac-similé planche originale)
Éditions Casterman




Valéry Ponzone