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mercredi 22 avril 2020

> Franquin, une Idée Noire d'anticipation…

Je me replonge avec délectation dans d'anciens numéros du Trombone Illustré, ce fabuleux supplément incroyablement underground, fait dans la cave des honorables éditions Dupuis, par d'anciens Maîtres de la Bande Dessinée ayant viré punks en cette mémorable année 1977 : Franquin, Delporte, Roba, Gotlib, Jijé, Peyo, Sirius, Hausman…

Il faut avoir été lecteur du Journal de Spirou, gamin adolescent dans la France giscardienne à cette période, pour se rendre véritablement compte de la portée incroyable de ce supplément qui contenait les seules huit pages réellement intéressantes à lire dans le magazine Spirou !… 
Et, ce, des années avant Les hauts de pages, qui détruisirent toute la rédaction de Spirou, ou Les Innommables des enfants terribles de la Bande Dessinée marseillaise : Yann et Conrad…

Je retombe avec stupéfaction (Mille bombes !) sur cette ancienne Idées Noires du grandissime André Franquin (ses Idées Noires ont débuté dans Le Trombone Illustré !) : by jove, nous sommes le 16 juin 1977, God Save the Queen des Sex Pistols est déjà sorti, Let's There Be Rock d'AC/DC va sortir la semaine suivante, mais dans ce dixième numéro du Trombone Illustré, Franquin et Delporte nous expliquaient déjà la situation déplorable dans laquelle nos gouvernements successifs de banquiers, de gestionnaires et de comptables inféodés à leurs idéologies allaient saboter au fil des décennies nos hôpitaux et tout notre système de santé publique ("Hé,  il ne faut pas oublier l'Éducation Nationale !!") !…

Monsieur Boulier, non content de diriger les maisons d'édition et de distribution, dirige aussi nos pays !…

Nous sommes proche de l'été dans les pages du beau Journal de Spirou, et cela fait donc déjà plus de quarante ans que la casse a été commencée : certains auteurs de Bande Dessinée comme Franquin et Delporte s'en rendaient-ils déjà suffisamment compte à ce point ?…
Quoi qu'il en soit, cela leur a permit de faire cette planche toute en humour noir, mais finalement très… morale !… 


Argent trop cher

Idées Noires par Franquin et Delporte
dans Le Trombone Illustrée, dans la cave du beau
(dans Le) Journal de Spirou numéro 2040 du 16 juin 1977

Idées Noires par Franquin et Delporte
dans Le Trombone Illustrée, dans la cave du beau
(dans Le) Journal de Spirou numéro 2040 du 16 juin 1977



C'était un secret de polichinelle en fait car tous les collégiens de l'époque savaient aussi que…





Mince !… Quand j'y pense, je n'écoute vraiment plus du tout cela depuis des… décennies !!!



Portez-vous toujours, et encore, bien !!!…



Valéry Ponzone


mardi 24 mars 2020

> Yves Chaland, Une vie en dessins… (part tou)

Quand on parle des sources livresques de Chaland on ne fait que revenir aux Bandes Dessinées de ses cousins, de la bibliothèque paternelle, voire de ses acquisitions futures auprès des libraires français et belges, tout en oubliant, comme souvent et pour beaucoup d'auteurs ou de collectionneurs, les Bibliothèques Publiques !?…
Je me suis toujours demandé pourquoi ?…
Comme si certains ne pensaient absolument pas à l'emprunt de livres, possédés de façons éphémères, le temps de leur lecture ?…  Peut-être ont-ils eu la chance d'avoir toujours été assez fortunés pour avoir des livres, ce qui n'est pas le cas de tout le monde, et, de ce fait cela ne leur vient peut-être pas à l'esprit  ?…
Les seuls livres qui compteraient seraient-ils ceux achetés, payés : seuls ceux qui nous appartiennent sur le plan matériel ?…
Il faut rendre hommage à ce monde parallèle fascinant qui permet à tous d'avoir un accès exceptionnel à la Culture, et, particulièrement dès l'origine aux livres, avec un maillage  à travers l'hexagone encore très impressionnant de nos jours : les bibliothèques de prêt publiques
Une autre source toujours oubliée,  pour ce qui concerne le bagage culturel de Chaland et ses liens avec la Bande Dessinée pendant son enfance ?…

Le jeune Yves Chaland a treize ans, et ce 111e album du beau Journal de Spirou fait partie de ses emprunts : cet album semble particulièrement l'attirer puisqu'il l'emprunte pas moins de trois fois entre l'hiver et l'été de cette belle année 1970…


Spirou Album n°111
Fiche de prêt - recto

Spirou Album n°111
Fiche de prêt - verso

L'album Spirou 111,  avait évidemment bien été rendu, il n'y avait que la fiche de prêt qui servait inexplicablement de marque-page dans un autre livre…
Voici un visuel de la reliure en question, pour illustrer le billet…

Album du Journal Spirou 111 - "du rire, de la détente !"
Éditions Dupuis 1968

Cela est à mes yeux très touchant… Cette fiche de prêt d'un autre temps, que les moins de vingt ans (…), avec cette belle écriture appliquée et très lisible… et un bel hommage aux Bibliothèques Publiques, qui sont souvent devenues médiathèques, et aux bibliothécaires, à celles et ceux qui restent passionné.es par un autre des très beaux métier du Livre !?…




Valéry Ponzone






Jouons ensemble pendant le confinement : 
Très étrange : si l'on additionne tous les nombres de la fiche de prêt, qu'on les divise par la racine cubique de 111, et que l'on ramène tout cela à la date de publication de la première page de Bob Fish dans Métal Hurlant, en ajoutant les hauteurs d'origine des trois pyramides de Gizeh,  et en n'oubliant surtout pas de multiplier le résultat obtenu à grosses gouttelettes de sueurs (attention à ne pas se couper la langue en la mordant trop fort quand elle sortira de la bouche) par n facteur, on tombe sur la date exacte où paraîtra le dernier numéro du Journal de Spirou dans sa version Holog-3D-Plus®, cela va sans dire… 
Étonnant, non ?… La magie des chiffres, le plaisir des nombres !!…


vendredi 20 mars 2020

> Quelques Spirou (suite suite et fin ?)…

Un autre (dernier ?) dessin fait il y a quelques années, quand ma fille est née entre deux biberons la nuit, ou pendant ses siestes, ou avant ???!!!…
Je refaisais quelques tentatives de dessins dans le calme absolu avec sa respiration en fond sonore…
Je sais que je ne suis pas bon du tout, mais ça m'a bien amusé, davantage encore de retrouver ces fichiers que j'avais laissés dans un autre mac…
J'alimente ainsi les moqueries et l'état d'esprit belliqueux de certains forumeurs qui passent davantage de temps à déblatérer sur le monde de la Bande Dessinée, telles des bignoles frustrées,  qu'à en lire, ou à se cultiver : non, je ne me suis jamais pris pour un dessinateur, mais ne pas essayer de faire des trucs, même ni originaux, ni terribles,  me parait aberrant pour un libraire de Bande Dessinée, que ce soit cela ou "imprimer et éditer" aussi des trucs dans son domaine !!??…

Ce sera certainement le dernier que je mettrai en ligne, je ne vais pas vous gâter les rétines indéfiniment avec ce genre de choses !!??…

Celui-ci était un pue plus compliqué, je m'étais laissé embarqué dans quelque chose qui me dépassait vite et j'ai laissé tombé avant de devenir fou !… Je l'ai recadré pour ce billet : il est à l'origine plus large sur la partie gauche, et légèrement plus haut… 
L'intérieur est tiré d'un énorme et très lourd livre que j'ai sur Le Corbusier, et le reste hétéroclite… La lampe doit être une lampe d'atelier Jielde, mais j'en ai fait des versions différentes dans tous les sens avec les pieds articulés qui partent dans tellement de directions possibles !… J'ai totalement oublié les références de la statue Art Premier ?… Le ballon de foot est vintage, ceux avec lesquels on jouait comme des acharnés gamins… Le marsupilami fut un plaisir à faire et c'est un latex à l'origine… Le volant de badminton est en plume, comme ceux avec lesquels je jouais… La clef accrochée devrait être celle de la porte du parc du Château de Champignac etc.

Désolé, vraiment désolé de vous infliger tout cela…

Des défauts, plein de défauts que je vois, mais c'était beaucoup de temps agréable à espèrer arriver à faire quelque chose de pas trop bancal (comme dirait Lauren)…

Tu as changé Fantasio… Cet appartement…
Cette guitare… et ce… ce… machin dans ton cou !!!…


Spirou et Fantasio par mézigue
d'après Franquin
© Valéry Ponzone, 2013


Valéry Ponzone


vendredi 6 mars 2020

> Quelques Spirou (suite suite)…

Un autre dessin fait il y a quelques années, quand ma fille est née entre deux biberons la nuit, ou pendant ses siestes, ou avant ???!!!…
Je refaisais quelques tentatives de dessins dans le calme absolu avec sa respiration en fond sonore…
Je sais que je ne suis pas bon du tout, mais ça m'a bien amusé, davantage encore de retrouver ces fichiers que j'avais laissés dans un autre mac…
J'alimente ainsi les moqueries et l'état d'esprit belliqueux de certains forumeurs qui passent davantage de temps à déblatérer sur le monde de la Bande Dessinée, telles des bignoles frustrées,  qu'à en lire, ou à se cultiver : non, je ne me suis jamais pris pour un dessinateur, mais ne pas essayer de faire des trucs, même ni originaux, ni terribles,  me parait aberrant pour un libraire de Bande Dessinée, que ce soit cela ou "imprimer et éditer" aussi des trucs dans son domaine !!??…

Celui-ci, ayant aussi pris comme base un dessin créé par Franquin dans les pages d'un beau "Journal de Spirou", était fait en voulant (essayer de) changer le trait… C'était marrant, je pense que c'est l'un des premiers que j'ai "refaits" ?… 
"Re" : tout simplement parce que quand j'étais tout gamin, je copiais pas mal les personnages du "Journal de Spirou" des pages des revues des années cinquante qui appartenaient à mon Pôpa…

Spirou par mézigue
d'après Franquin
© Valéry Ponzone, 2012


Ce dessin a eu deux autres vies par internet : j'y ai collé un des dessins hommages marrants que Tarrin faisaient à ce moment là, et hop dans le cadre. C'était pour répondre à un de ses messages…  Il a été très gentil avec moi, une réponse très polie : ouf !… Mais je ne montrerai pas cette version sans grand intérêt, si ce n'est le dessins de Tarrin pour son "Prisonnier du boudin"…

Ensuite, début 2013, pour répondre aux vœux de l'un de mes deux ou trois clients préférés, quelqu'un que j'appréciais vraiment beaucoup, mais qui a… enfin, c'est sans importance, c'est une autre histoire !…
Il m'avait envoyé se vœux, un dessin fait par lui-même (vous voyez quand je dis qu'il faut s'essayer au dessin par soi-même : cela vaut pour les professionnels comme pour les collectionneurs !!…), et je lui avais répondu de mon côté avec "une variation sur le thème" avec ce Spirou  comme base… allégé de ce cadre si moche !…

Spirou et Spip "Bonne année 2013 !" par mézigue
d'après Franquin © Franquin, Dupuis
© Valéry Ponzone, 2013

J'avais fait des vœux sur mesure pour lui en pensant vraiment à lui : son Spirou et Fantasio préféré étant "QRN sur Bretzelburg",  j'étais allé explorer mes "Journal de Spirou" accumulés dans ma cave (pire - et beaucoup moins poétique - que la mémorable grotte de Gaston !) pour lui dégotter le début de ce qui était "QRM" pendant la prépublication hebdomadaire, et ce numéro 1205 du 18 mai 1961… Un bon scan et obligé de modifier plein de choses : je crois que j'avais dû refaire textes de présentation et "ours", j'avais un peu trafiqué le rendu de la couverture en tramant le fond, mais pas les parties BD, pour donner un côté rétro… qui en fait rend tout cela un peu froidoche, ou trop lisse (???)  en revoyant l'ensemble…
J'ai ajouté un Spip, que j'aimais bien, et collé le Spirou déjà fait… Et, hop un petit texte de "Bonne année 2013 !" pour personnaliser le tout pour ce client : du sur-mesure, je sais je me répète,  uniquement pour lui !…
Aucune réaction, je me demande même s'il avait remarqué le choix même de son histoire préférée ???…
En fait, si une réponse… mais l'année suivante… je viens de m'en rendre compte en cherchant les mails de cette époque !…
Bon, en même temps quel libraire ne fait pas de vœux personnalisés pour un seul de ses clients ?… Qui ?…
Dites-moi qui ???…


Valéry Ponzone



mercredi 23 janvier 2019

> Franquin, Gotlib et la danse des chats : Slowburn…

Je fais régulièrement ma revue de presse internet : je ne lis que très rarement ce qui se rapporte à la Bande Dessinée, au risque de me trouver crispé devant certaines critiques ou analyses rédigées avec trop d'erreurs ou d'approximation…
Je n'aurais pas dû lire le blog d'un certain Jean-Samuel Kriegk dans le Huffpost qui nous parle du Slowburn de Franquin et Gotlib !…
Le chapô veut tout dire dans les nombreuses errances qui vont suivre : "Slowburn - La collaboration oubliée de Franquin avec Gotlib " : désolé mon cher Jean-Samuel (nous ne nous connaissons pas, mais permettez que je vous appelle Jean-Samuel : je n'ai jamais eu l'occasion d'appeler qui que ce fut Jean-Samuel) mais, non, cette collaboration entre Franquin et Gotlib n'est pas oubliée.
Pas par moi.
Pas davantage, j'en suis certain, par de nombreux lecteurs, connaisseurs ou collectionneurs de Bande Dessinée : par vous peut-être, mais je trouve que si tel est le cas, ce statut auto-proclamé de "spécialiste passionné de la BD" (sic)  en prend de suite un coup !…

Il est bon et intéressant de rectifier ou préciser certains points : on va passer sur "les personnages de matous"… puisque certains parlent de nos jours de « l'humanité des animaux » (sic)… 
Il fut pourtant une époque bien plus heureuse, malgré la cicatrice du Mur de Berlin en pleine face de la Déesse Europe, où l'on pouvait rire (mais pas de tout et surtout pas avec n'importe qui, si l'on s'en souvient bien) de ce genre d'assimilation, grâce au génie de Pierre Desproges qui se moquait en 1986 dans l'une de ses Chroniques de la Haine Ordinaire, Monégascons,  de ce qui aurait été un lapsus de Stéphanie de Monaco qui aurait déclaré en s'insurgeant contre la tauromachie : « je suis contre la tauromachie. Après tout, les taureaux ne sont-ils pas des êtres humains comme les autres ? ». 
Pierre Desproges n'oubliant pas de préciser avec son esprit si caustique « qu'il ne s'agit pas de l'expression involontaire d'une tendance à la zoophilie. ».

Cela dit, il y a déjà eu plusieurs éditions de Slowburn : trois pirates et une véritablement officielle publiée en 1989 et faisant partie d'une collection éphémère mais élégante et connue de tous les affidés des librairies de Bande Dessinée : Comixland !
Du fait de la faillite de son distributeur, cet éditeur n'a pas pu se relancer et cette édition officielle a souvent été soldée par la suite, ou se retrouve de nos jours vendue sur internet comme collector…
J'ai d'ailleurs vendu le dernier exemplaires que j'avais il y a quelques années à la librairie à un des scénaristes de Lucky Luke.
Voici les éditions de Slowburn que je connais, antérieures à cette fameuse édition officielle de Fluide Glacial : la première pastiche aussi la collection Copyright de Futuropolis (encore plus largement soldée que celle de Comixland) éditée chez Futuropolis !…

Slowburn — Édition pirate, 1982

Slowburn — Édition pirate

Slowburn — Édition pirate

Slowburn — Édition officielle Comixland, 1989

Slowburn — Édition officielle Fluide Glacial, 2019

Je sens monter de la foule impressionnante de lecteurs, la question qui taraude tout le monde : THE COUÉCHIONNE :
"Qu'est-ce donc qu'un "spécialiste passionné de la BD" quasiment inconnu de tout le monde ?…"
Quelqu'un qui est capable "de reconnaître instantanément le dessin de Franquin" quand il ouvre un livre de Franquin et Gotlib…
Très, trop fort !…

Ne parlons pas du diagnostic médical sur l'état de santé de Franquin en 1977 : en tout cas Fluide Glacial "ne vient pas d'être créé cette année là" , mais existe depuis 1975 !
C'est dans le numéro 9 qu'apparaissent les dessins qui feront Slowburn, et on peut aussi voir cette collaboration comme un échange entre Franquin et Gotlib : si Gotlib essaye peut-être d'attirer Franquin chez Fluide Glacial on peut surtout dire que Franquin aura aussi attiré Gotlib dans les pages du beau Journal de Spirou : ce qui était bien moins évident a priori !
En effet, n'oublions pas les diverses collaborations de ce cher Marcel au légendaire supplément underground des Éditions Dupuis : Le trombone illustrée (dans la cave du Journal de Spirou), qui vécu du numéro 2031 du 17 mars 1977 au numéro 2062 du 20 octobre 1977…
Pour ce qui concerne les Idées Noires, elles commencèrent, et furent créées dans les pages du Trombone Illustré avant de repasser dans celles du numéro 18 de Fluide GlacialMagazine d'umour — pour s'y développer tranquillement dans des numéros postérieurs…

Mais tout le monde semble oublier le côté profondément féministe de cette histoire courte de Gotlib et Franquin, dans une période marquée par le désir affirmé d'accéder aussi au plaisir car "les hommes sont tous des égoïstes" !

Fluide Glacial numéro 9 — Février 1977

Puisque l'occasion m'est donnée de parler des éditions Comixland, je la saisis au passage !
Cette maison d'édition fut créée à la fin des années 80.
Propagandiste acharnée de Peignot, elle publia de très jolis petits livres d'illustrations de format carré avec des auteurs comme Loustal, Teulé, Slocombe, Willem, Avril, Walter Minus, Dupuy & Berberian, Juillard, Clerc et… Franquin et Gotlib…
Un petit peu chers à leur sortie (j'ai retenu un prix de 42FF ?), beaucoup de gens les ont découverts en piles soldées ici ou là, ce qui a permis à ces livres de continuer à vivre…

La collection Comixland : "Nous étions passionnés…"

Une dernière histoire de chat avec Le Chat bleu des Dupuy-Berberian, l'un des derniers titres de la collection Comixland, dont voici un des dessin originaux qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler, dans son principe, Le miroir de Joost Swarte…
Ce magnifique dessin de l'adepte de la Ligne Claire® néerlandaise qui agrémentait les 4ème de couvertures des deux éditions du célèbre 30x40 Swarte édités par Futurolis, et orna le mur de ma chambre d'adolescent pendant des années tant ce dessin me subjuguait par ses innombrables lectures visuelles !…

Dupuy-Berberian, Le chat bleu - dessin original au trait

Joost Swarte, Le miroir
4ème de couverture du 30 x 40 SWARTE Futuropolis

Joost Swarte, Affiche Le miroir
Tirage signé "ouvert" — Format 50 x 70 cm

Clap! de fin pour Comixland : l'arrêt de leur distributeur les poussa dans le célèbre cul de basse-fosse des éditeurs passionnés… qui se font avoir par leur distributeur !…

J'y vois une résonance certaine avec mon humble travail d'édition, puisque la décision conjointe de Latino Imperato, Rackham version remix, et  de L'Association de ne pas continuer, ou persévérer,  avec le Comptoir des Indépendants m'a aussi planté de quelques factures de quelques milliers d'euros : les dernières factures de mises en place de mes livres de notamment Floc'h, de Juillard sur Louise et plus encore de mon gros Daniel Clowes Lloyd Llewellyn n'ayant jamais été payées, malgré l'immense trésorerie dont disposait L'Association (dévoilée suite à l' Asso Poutch, pour paraphraser le Rackham Poutch du siècle précédent, avant le remix Latino)…

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et visent à détruire les passionnés qui se démènent dans tous les sens à leur petit niveau pour arriver à faire leur maximum, produire, éditer des livres, des portfolios, des estampes, des tirages de luxe avec tout leur cœur et leur enthousiasme, faute d'être riches comme Crésus !…

Il faut toujours conclure sur un chanson :
Slowburn, c'est la danse, danse, danse des chats… S… L… O… W… B… U… R… N…
La danse, danse, danse des chats…




Valéry Ponzone



mardi 13 décembre 2016

> Père Noël vu par… Franquin

Noël approche et quelques Pères Noël bien délicats vont venir pour marquer l'instant sacré de la Trêve…


Franquin, Gaston Lagaffe de Noël — Dessin promotionnel
Le Journal de Spirou numéro 1600 du 12 décembre 1968


Que les belles éditions Dupuis aient choisi Gaston Lagaffe pour nous faire la distribution de leurs nouveautés de ce beau mois de décembre 1968, ne peut que laisser présager le pire : qu'on ne les trouvent jamais dans nos petits souliers !!??…

Il faut se remémorer l'histoire du Sapin de Noël…

Franquin, Gaston Lagaffe de Noël — Gag numéro 385
Le Journal de Spirou (Noël) numéro 1444 du 16 décembre 1965

Comme le rappelle si bien Mademoiselle Jeanne : Paix sur la Terre aux Hommes et aux Femmes de Bonne Volonté !…



Valéry Ponzone


Note : Merci beaucoup à Philippe Queveau pour son Archive Gaston Lagaffe en Père Noël !…

dimanche 11 décembre 2016

> Père Noël vu par… Morris

Noël approche et quelques Pères Noël bien délicats vont venir pour marquer l'instant sacré de la Trêve…


Morris, Les Dalton et le Père Noël - Couverture
Le Journal de Spirou numéro 1348 du 14 décembre 1967



Les Dalton sont-ils vraiment si bêtes que cela ?
Au niveau, tout simplement, au niveau !…

Paix sur la Terre aux Hommes et aux Femmes de Bonne Volonté !…




Valéry Ponzone



lundi 7 novembre 2016

> Franquin, Chaland et les gros mammifères…

Dans les années 60, André Franquin fait entrer une vache dans la rédaction du beau Journal de Spirou :

Franquin — Gaston numéro 3 Gaffes à Gogo
Il y a une vache dans la rédaction !
© Dupuis + Franquin — 1964

La bonne laitière ne va manger que le téléphone du bureau de Fantasio, entre autres gags…

Franquin — Gaston numéro 3 Gaffes à Gogo
La vache et le téléphone…
© Dupuis + Franquin — 1964

Chez Chaland tout minot, c'est un hippopotame qui entre dans la rédaction de Biblipop…
Lui ne mange que les livres qui traînent autour de lui…

Chaland — La mascotte
Il y a un hippopotame dans la rédaction !
in Biblipop — 1974


Franquin avait fait acheter une vraie vache par Dupuis afin de la dessiner (puis une seconde !) : vache qui était bien dans les locaux du Journal de Spirou !
Je ne sais pas si Chaland avait fait acheter un hippopotame par la rédaction de Biblipop pour ses gags à ce sujet ?…




Valéry Ponzone

vendredi 7 octobre 2016

> Valhardi et les charmes de Bangkok…

C'est amusant de constater que certaines bandes dessinées européennes ont dû être faites avec de très anciennes encyclopédies traînant depuis des générations dans certaines familles, avec un angle de vue très ethno-centré !
Pour commencer cette Bande Dessinée de 1950 nous situe l'action au Siam (sur la carte comme dans les dialogue : "c'est beau le Siam", constate Jacques) : alors que le Siam est devenu la Thaïlande depuis 1939 !
La mise à jour a dû mettre quelques décennies pour arriver à Bruxelles ?
Ou Valhardi n'avait nison Routard, ni son Lonely Planet avec lui ? 

Très étonnant dans les pages d'un illustré pour les jeunes dont le rôle éducatif et hautement pédagogique était tellement mis en avant).

Paape+Charlier, Valhardi et Jacques…
in Le Journal de Spirou numéro 613 du 12 janvier 1950
© Dupuis + Paape&Charlier

Dès le début le ton est donné : comparer un temple bouddhiste comme le Wat Arun avec la Tour Eiffel est d'une finesse incroyable avec cette introduction "le temple Wat Aroun — temple de l'aurore — est à Bangkok ce que la Tour Eiffel est à Paris."
Il faut oser mettre sur le même plan un édifice religieux, de quelle que religion que ce soit, avec une Tour en poutrelles de fer qui n'a jamais eu aucun rôle défini hormis devenir un monument visité par les touristes, avec encore quelques antennes…
La Wat Arun serait plutôt à la Ville de Bangkok, ce qu'est la Cathédrale Nôtre-Dame à Paris.
Même en 1950 !!!

Le Temple Wat Arun © Me, myself and I

La suite est toute aussi intéressante, dans le genre éducation de nos chers enfants avides de connaissances…
Il ne faut pas s'étonner — en leur ayant mis ce genre d'idées dans la caboche — que certains aient eu tant de mal à évoluer…
"C'est-y pas malheureux de devoir obéir à une femme!" se lamente l'un des deux gangsters de l'histoire (case 3 avec flèche rouge devant)…

Paape+Charlier, Valhardi et Jacques…
in Le Journal de Spirou numéro 629 du 4 mai 1950
© Dupuis + Paape&Charlier

Renchérit par un "Ma parole, c'est une femme qui commande !" dans la 2e case du numéro sorti 2 semaines après…
Heureusement que cette femme qui commande a la répartie cinglante : "Oui, une femme qui commande! Pourquoi pas?"

Paape+Charlier, Valhardi et Jacques…
in Le Journal de Spirou numéro 631 du 18 mai 1950
© Dupuis + Paape&Charlier

Damned !
Mais ça ne s'arrête donc jamais ?…
Le lecteur moyen doit avoir 10 ans en 1950 : les déferlantes féministes des années septantes ont dû surprendre plus d'un ancien lecteur de Spirou arrivé à maturité dans cette décennie !!!
Tu parles d'une maturité !

Je vous laisse, je dois justement m'occuper de ma fille…



Valéry Ponzone



PS : Cela dit, il faut bien avouer que le dessin de Paape de cette époque est extrêmement intéressant et dynamique…
Le trait s’empâtera un peu et  se figera plus tard, malheureusement : le Eddy Paape de cette époque n'aurait pas démérité à se retrouver dans les pages du célèbre illustré Captivant, ne fut-il pas ?

jeudi 6 octobre 2016

> Gil Jourdan et les Grands Maîtres de la peinture…

C'est tout minot qui j'ai découvert Gil Jourdan grâce au beau Journal de Spirou et à une sacrée jaunisse*…
En effet, vers 9 ans j'ai dû rester en convalescence chez mes grands-parents pour ce machin là, auquel on donne un nom plus blouse blanche de nos jours…
Je lisais et relisais des bandes dessinées, jusqu'à ce que ce mon grand-père décide de descendre des combles de belles caisses en bois avec des journaux papier à l'intérieur pour emballer et en protéger le contenu.
Le trésor absolu : toutes les bandes dessinées des années 50 de mon père : des Spirou et Fantasio couverts avec du beau papier rouge pour les protéger, avec leur dos carrés oranges, des Tintin, Blake et Mortimer, Lucky Luke, L'Épervier, Gil Jourdan (…) et surtout, surtout, tous ses journaux de Spirou et Tintin des mêmes années 50…
C'est ainsi que j'ai pu lire — en parallèle — les mêmes journaux des années 70 (sans parler de tous les autres : Pif Gadget ; Mickey et les dérivés en poche ou autres formats etc.) et ceux des années 50 ou les livres de Bande Dessinée de mon père des séries qui en sortaient.
Incroyable.
L'une de mes claques fut vraiment Gil Jourdan par Maurice Tillieux, qui débute donc en 1956 il y a 60 ans comme tout le petit monde de la Bande Dessinée va le faire remarquer un peu partout (même ceux qui viennent de le découvrir via les dernières belles éditions intégrales de la Collection Patrimoine de Dupuis : ils font toujours plus de zèle…).
Je sais bien que je suis en léger décalage, mais j'ai dû rechercher dans mes anciens Journal de Spirou, et ce n'est pas une mince affaire !
Gil Jourdan tranchait par le ton et la dynamique des histoires. Les deux étant liés, puisque le ton fondé dès le début sur des réparties et des dialogues percutants et cinglants ne pouvait que servir la dynamique de l'intrigue… renforcée par la force des dialogues et des éclats de rire de Libellule à ses propres blagues vaseuses, ou surtout tirées par les cheveux (c'est un paradoxe quand on voit son crâne sous son chapeau !)…

Tillieux, Gil Jourdan, Popaïne et vieux tableaux (My name is Gil…)
Bandeau annonce —  Le Journal de Spirou numéro 1008 du 8 août 1957
© Dupuis + Tillieux
Cela explique les raisons pour lesquelles mon œil s'est habitué à ces trames anciennes et ces papiers jaunis, certainement remplis de bois par déduction postérieures…
Mes madeleines ne sont pas De Mille, mais bien sur ces tirages et éditions anciennes : plus proches des Mille et une Nuits… que j'ai dû passer à les lire et les relire depuis cette descente des combles et ces découvertes…

Mon père n'avait pas vraiment vu d'un très bon œil que j'ai accès à toutes ses Bandes Dessinées si jeune, il craignait que je n'y fasse pas assez attention : alors, que c'est totalement le contraire qui a dû se produire, je pense que mon côté maniaco-dépressif de collectionneur de base remonte à cette époque…

J'ai prolongé la collection paternelle, et, pour rester sur Tillieux, j'ai par la suite recherché le maximum de choses le concernant…
 
Cela fait maintenant longtemps que j'avais relevé ce genre de détail amusant : dans Popaïne et vieux tableaux — la suite de Libellule s'évade — deuxième aventure de Gil Jourdan, Palankine invite son sbire Malabarte à "une réception en l'honneur de son nouveau Rubens"…

Tillieux, Gil Jourdan, Popaïne et vieux tableaux
in Le Journal de Spirou numéro 994 du 2 mai 1957
© Dupuis + Tillieux

Palankine a les moyens de son bon goût… Et on ne sait que fort bien comment il arrive à ses fins !
Un peu plus tard dans l'histoire, on retrouve Gil Jourdan, Libellule et Queue de Cerise cherchant une solution pour entrer dans la propriété de Palankine : c'est Libellule qui trouve une ouverture dans 'son' journal : "la collection Palankine s'enrichit d'un nouveau Rembrandt (…) Une réception au cours de laquelle on accrochera à la cimaise le nouveau Rembrandt qu'il vient d'acquérir.
Hum, hum, hum !!!???
Un petit souci ou Palankine se serait fait rouler en quelques pages ?… Une substitution de toiles ?…
Non, pas lui : ce n'est pas possible !
Que Tillieux se trompe en passant de l'un à l'autre est d'autant plus amusant quand on connait un peu la relation entre les deux Grands Maîtres !… 

Bon !  À 60 ans, il serait peut-être temps de se faire un petit lifting et nettoyer ce genre d'aspérités dans l'histoire non ? 
En tout cas cela reste amusant, même si très anecdotique.

Tillieux, Gil Jourdan, Popaïne et vieux tableaux
 in Le Journal de Spirou numéro 1007 du 1er août 1957
© Dupuis + Tillieux

Soixante ans, disais-je : Gil Jourdan a été publié pour la première fois dans Le Journal de Spirou numéro 962 daté du 20 septembre 1956, dont voici l'accroche en couverture…
Vous remarquerez que Le Gorille (qui a bonne mine, comme nous l'apprend André Franquin) est plus qu'heureux de cette arrivée dans les pages de son journal et qu'il le démontre à sa façon au marsupilami — toujours très stoïque — qui se trouve face à lui !
Bom ! Bom!  Bom !!!

Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Annonce
  Le Journal de Spirou numéro 962 du 20 septembre 1956
© Dupuis + Tillieux

Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Planche 1
  in Le Journal de Spirou numéro 962 du 20 septembre 1956
© Dupuis + Tillieux

Les deux planches suivantes ont été pré-publiées en niveaux de gris : contrainte technique due à la pagination du Journal de Spirou : mais c'est toujours étonnant de le découvrir ainsi n'est-ce pas ?
Si un jour on veut sortir une édition fac-similé de la publication dans Le Journal de Spirou, comme cela semble être la mode sur certaines séries classiques, ce sera assez surprenant pour le lecteur !
On dirait un album des Pieds Nickelés

Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Planche 2
in Le Journal de Spirou numéro 962 du 20 septembre 1956
© Dupuis + Tillieux

Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Planche 3
in Le Journal de Spirou numéro 962 du 20 septembre 1956
© Dupuis + Tillieux

Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Planche 4
in Le Journal de Spirou numéro 962 du 20 septembre 1956
© Dupuis + Tillieux

Voici la version actuelle des couleurs de la première planche de Gil Jourdan, Libellule s'évade : quelques différences significatives entre les couleurs dans Le Journal de Spirou et cette version !
Ne serait-ce que la porte de la prison : bien verte dans Le Journal de Spirou : et quand le bois est trop vert, il y a de fortes chances que les prisonniers puissent s'échapper plus facilement n'est-ce pas ?…


Tillieux, Gil Jourdan, Libellule s'évade — Planche 1
Gil Jourdan — L'intégrale 1 — Version couleurs différentes
© Dupuis + Tillieux,  2009

Tillieux, Gil Jourdan, Gil Jourdan — L'intégrale 1
Couverture
© Dupuis + Tillieux,  2009
Pour certains le meilleur des Gil Jourdan serait le troisième :  La voiture Immergée paru en 1958 dans Le Journal de Spirou, du numéro 1067 au numéro 1089.
Ce n'est certainement pas la séquence la plus fascinante ou la plus inquiétante que je vais relever ici, mais un simple détail sur le temps qui passe.
Pas celui des cerises, même si la scène se passe à Montmartre (Paris, 18ème ardst), et plus précisément dans la rue des Abbesses. Que voici dessinée par Maurice Tillieux, pour un rendez-vous nocturne des plus dangereux donné à Gil Jourdan flanqué de Libellule dans un immeuble délabré de cette rue centrale de la Butte Montmartre…
Le 22 rue des Abbesses vu par Tillieux : comme nous l'apprend Libellule dans la page précédente, "c'est la rue où il y a ces immeubles à appartements expropriés par la SNCF. Un bel endroit pour se faire couper la gorge !".
Voilà qui rendrait nostalgique tous les parisiens qui aimeraient tant trouver un appartement dans cette rue, dans ce quartier plutôt très chic et qui n'a plus rien à voir avec un coupe-gorge depuis quelques décennies…

Tillieux, Gil Jourdan, La voiture immergée — Planche 6
in Le Journal de Spirou numéro 1069 du 9 octobre 1958
© Dupuis + Tillieux
Voici le 22 rue des Abbesses quand on tape sur le site des Gogols® que nous devenons jour après jour grâce à internet…
Rien à voir. Je pense que Tillieux a dessiné son Montmartre à sa façon.
Le 22 est la porte bleue, à gauche de l'agence LCL.
Le store rouge est une boulangerie avec terrasse : pas terrible.
Je crois qu'avant c'était un troquet, un bistrot comme il en restait encore sur la Butte Montmartre jusqu'à ce que les années 2000 ne les transforment en cafés parisiens pour touristes, hipsters et les nouveaux habitants de la Butte, bien  moins lumpenprolétariat qu'auparavant !
Je me demande si le café que la boulangerie aurait remplacé, n'était pas le repaire de Mezzo, Max (celui de Spoty : le génie underground de Métal Hurlant) et toute la clique ?
Peut-être Tillieux a-t-il pris une autre portion de la rue pour faire son immeuble délabré ?
Jadis, il y avait un ancien hôtel de passes (rendez-vous galants ?) un peu plus loin dans la rue, en allant vers la rue Lepic : Le Pompée !!!
Et comme le rendez-vous fixé à Gil Jourdan au téléphone est donné dans la chambre numéro 7 ?…

22 rue des Abbesses — 75018 PARIS © Google Street View 2016

Tillieux, Gil Jourdan, La voiture immergée
Édition originale 1960 — Couverture
Collection Yves Chaland © Dupuis + Tillieux

Si j'aime énormément La voiture immergée, je lui préfère davantage Libellule s'évade et Popaïne et vieux tableaux, ou Les moines rouges : celui-ci fait partie des livres de Bande Dessinée qui appartenaient à mon père, et, donc, des tous premiers Gil Jourdan que j'ai lu tout jaune… comme une madeleine bien dorée !
J'étais d'ailleurs parti en vacances aux Sables-d'Olonne avec oncle et tante et dans mes bagages Les moines rouges et Le gant à 3 doigts que le relisais sans cesse !…

Cela me fait penser au menu de demain : il serait intéressant de faire de la soupe de melon pour commencer, puis du melon en plat principal, et peut-être du melon pour le désert dessert !
Une bonne tranche de… rire.




Valéry Ponzone


* Ça devient grave : ce n'était pas une jaunisse mais une rougeole… Se tromper à ce point de couleur!… Rouge de confusion ou de honte plutôt !…

mercredi 5 octobre 2016

> Surcouf roi des Corsaires… négriers ?

Une question que je me pose…
Quand je me replonge dans mes anciens journaux de Spirou, je fais toujours des découvertes qui me sautent aux yeux…
Quand l'explication dans l'encadré du bas de la case #2 (avec une flèche rouge devant) est pire que l'argot des siècles passés…
Le prolongement dans la case suivante est pas mal aussi, dans le style justification pleine de charité chrétienne !!!…
Je sais que c'est facile, avec tant de bandes dessinées des années 50 et 60 : mais on nous bassine encore et toujours avec Tintin au Congo, l'arbre qui cache la forêt ((la savane ?) de toute la bande dessinée franco-belge. En oubliant de dire à quel point Tintin au Congo est un mauvais album, si on le met en relief avec ce qu'est devenu Tintin après son voyage en Amérique, qui, au moins avait la mauvaise excuse d'être fait par un gamin et, bien avant-guerre… 
Nous sommes en 1950,  donc bien Après-Guerre : il ne faut pas oublier les tirages énormes que des journaux comme Spirou et Tintin pouvaient approcher et le simple fait que cela constitue du bourrage de crâne insidieux — l'air de rien — fait sous leur petites têtes blondes ("de bons Gaulois ?" pour reprendre la propagande de Mister Désinformation 2000).
C'est le reflet d'une époque ? Peut-être… Mais réponse un peu facile…
C'est plus qu'une question de vocabulaire. Le même qui me dérangeait quand je lisais certains romans de Nestor Burma par Léo Malet dans les années 80…

Hubinon+Charlier, Surcouf Roi des corsaires
in Le Journal de Spirou numéro 617 du 9 février 1950
©Dupuis et les auteurs


Rien ne vaut Les Passagers du Vent pour lire une toute autre version de ce trafic…

Il faudrait que je comprenne un jour ou l'autre comment se fait-il que Bourgeon ne soit toujours pas Grand Prix de la Ville d'Angoulême quand je vois d'autres l'être sans avoir apporté un millième de ce qu'il a apporté à la Bande Dessinée ???
S'il y a un auteur qui allie "œuvre d'auteur" et reconnaissance du grand public, voire populaire, c'est bien lui.
Dans la lignée de certains Grands Prix des années 80 plus que justifiés, comme Bilal, Tardi ou Juillard plus tard …
Incompréhensible…
De toute façon à partir du moment où certains l'ont eu avant Baudoin ou Bourgeon…

Bourgeon, Les passagers du vent tome 5
Le bois d'ébène
Edition originale — Glénat, 1984

Bourgeon, Les passagers du vent tome 5
Le bois d'ébène
Editions Delcourt, 2016




Valéry Ponzone