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dimanche 7 avril 2024

> Floc'h plagié… sur une plage

C'est en faisant des recherches très différentes que je suis tombé un jour, par hasard, sur un site qui énumère ce qu'il pense être les meilleures pochettes de disque de l'année… 

Celle-ci vaut son pesant d'or pour son originalité graphique exceptionnelle isn't it ? 

 

Lewis Evans x Boris Michel de Perry – Man in a Bubble – ZRP

 

Comme le site artwork & music l'écrit en étalant sa grande culture graphique et de la langue française ("en bord d'une mer" ; "tableau baroque"???):

"Costume moutarde, chemise et chaussettes roses, un café dans une main et une pomme dans l’autre, et le corps reposé dans un siège, manifestement confortable, en bord d’une mer qui paraît relativement calme. Lewis Evans, dandy serein à la barbe épaisse, prend le temps de songer aux choses, au sein de ce tableau baroque qui pourrait tout aussi bien être la planche d’ouverture (ou de fermeture) d’une bande dessinée décalée. Robinson sur son île a acquis une certaine forme de confort bourgeois, et gravite, à l’instant où il se trouve capté par le pinceau graphique de Boris Michel de Perry (qui a signé cette pochette de disque), dans sa bulle. Man in a Bubble, dit en effet l’album de Lewis Evans, un titre, ainsi, remarquablement illustré."

Effectivement,  "remarquablement illustré" (sic)  puisque juste un plagiat de base de différents dessins de Floc'h : sans vergogne !!!… 

Un mélange entre cette estampe Springtime éditée par Champaka Brussels dans les années 90, et les classiques dessins de Floc'h de personnages en train se déguster un thé, un café, un porto ou autre joyeusetés équivalentes dans un bon fauteuil confortable… 


Floc'h Estampe Springtime - Champaka Brussels 1994

Les nuages sont identiques dans leur principes graphiques, jusqu'au ciel virant vers le rose qui, lui,  est récupéré d'une autre des estampes de Floc'h de cette série sur les Quatre saisons :


Floc'h Les 4 saisons - Champaka Brussels 1994 (Image Drouot)
   

"Ceux qui osent tout" comme notre grand philosophe nous l'a enseigné ???…

En effet, il faut oser repiquer toutes les solutions graphiques aussi évidentes et se faire passer pour un graphiste grâce à Floc'h ?…

Bravo Boris Michel de Perry, bel esprit… 

Il y aussi eu d'autres pochettes pour des singles qui mélangent ce plagiat de Floc'h et la récupération de personnages de cartoons bien connus : avec le prolongement du pop art vers des dérivés comme le custom art, certains pensent peut-être que récupérer le travail des autres les mette au même niveau de créativité / création que Warhol ou Liechtenstein ?…

Bip bip





Valéry Ponzone


lundi 13 avril 2020

> Yves Chaland et La comète de Carthage… 

• Vente Sotheby's 2017
YVES CHALAND (1957-1990)
Freddy Lombard - Tome 3 La Comète de Carthage
Planche 42 Les Humanoïdes Associés - 1986
Un joyau taillé dans l’encre de Chine pour l’un des albums centraux de Freddy Lombard ! Cette page particulièrement originale dans sa construction appelle irrémédiablement le regard vers sa dernière case. On y passe d’un dessin où traits et aplats de noir tranchent sur le blanc du papier à une dernière figure dessinée en négatif à partir d’un noir prédominant. Difficile de ne pas penser au S.O.S. Météores de Jacobs auquel Chaland semble rendre hommage ici. Fidèle à la ligne claire qu’il a su réinventer dans les années 80, Yves Chaland travaille ici sur deux moitiés de planche totalement différentes. À la première, très découpée - elle compte sept cases !- la seconde répond par une succession de quatre plans verticaux homothétiques. Les trois premières cases de ce très haut strip constituent un zoom arrière dans lequel le corps de Freddy Lombard dessine une diagonale. La toute dernière case y fait écho, entièrement construite quant à elle sur une autre diagonale, plus vertigineuse.
Encre de Chine sur papier
54 x 42 cm


• Éditions Champaka Brussels
L’ouvrage « Les archives Freddy Lombard » revisite cette série, à bien des égards atypique et révélatrice de la personnalité et des aspirations d’Yves Chaland. Chaque album de « Freddy Lombard » illustre la volonté de l’auteur d’explorer un des « pays » de « sa » bande dessinée. « Le testament de Godefroid de Bouillon » flirte avec les « Johan et Pirlouit » de Peyo. « Le cimetière des éléphants » revisite avec délectation les aventures africaines de « Spirou et Fantasio » : « La corne du rhinocéros » et « Le gorille à bonne mine ». « La comète de Carthage » fait mine de regarder du côté de « S.O.S. Météores » de Jacobs, pour mieux s’en aller vers des territoires personnels. « Vacances à Budapest » et, surtout, « F.52 » seront autant de balades particulières dans un univers de première force. « Les archives Freddy Lombard », ouvrage à tendance bibliophilique, se veut un « making of » à rebours de la série. Il est constitué de photos et croquis de repérages, crayonnés de planches, d’illustrations et planches modifiées (car, entre la parution dans « Métal Hurlant » et l’album, Chaland redessinait toujours certaines cases, parfois des planches entières). Truffé d’anecdotes, le texte de José-Louis Bocquet (auteur des « Années Métal », déjà sur Chaland et chez Champaka) est d’un grand intérêt historique. Il a été nourri par des interviews réalisées par Eric Verhoest auprès des proches de Chaland: François Avril, Isabelle Beaumenay-Joannet, Serge Clerc, Luc Cornillon, Floc'h, Jean-Luc Fromental, Yann Le Pennetier et Didier Pasamonik.
http://www.champaka.be/les-livres/chaland/les-archives-freddy-lombard-yves-chaland



La première description est celle d'une planche originale de Chaland, Freddy Lombard La comète de Carthage vendue chez Sotheby's…
La seconde est celle sur le site de l'éditeur du livre Les archives Freddy Lombard (vendu 125 euros soit le double du prix à sa sortie par son propre éditeur : je ne savais pas cela était possible ?)…

Les archives Lombard d'Yves Chaland
Éditions Champaka

Envolées lyriques faites pour mieux vendre et/ou vendre au plus cher (quand un libraire parle d'un de ce qu'il a dans son fonds, avec un prix marqué donc fixé,  certains pensent qu'il essaye de le "placer",  par contre dans le cadre de ventes aux enchères, là où le but est de pousser les collectionneurs à acheter au plus cher, donc à fixer eux-mêmes un prix élevé par une rivalité exacerbée, cela est accepté ? drôle d'époque…) cette planche qui serait " un joyau taillé dans l'encre de Chine" : cela fait un peu  salamalecs, en oubliant quelques évidences… 

Voici déjà le visuel de la planche en question récupérée sur un site : avez-vous remarqué la rapidité récente avec laquelle les acheteurs de planches originales en salles de vente aux enchères les mettent sur des sites ?… Une planche vendue / achetée 15 000 euros (hors frais) tout de même, allez hop, illico presto sur internet…
Drôle d'époque…

Freddy Lombard, La comète de Carthage planche 42
par Yves Chaland

Chaland ne travaille pas sur deux moitiés de planches totalement différentes, même si les découpages sont différents, ce n'est pas un gauffrier pour les paresseux du découpage, la planche est linéaire dans la mesure où elle raconte la même séquence : aucune rupture dans cette planche, et il ne faut pas s'appesantir ainsi sur la partie haute et la partie basse : il n'y en a pas vraiment !  Elle est vraiment conçue sur trois bandes, avec les deux premières cases identiques encadrant la séquence du centre, puis la deuxième bande — qui centre la planche par leur horizontalité — avec deux cases de mêmes formats, auxquelles vont répondre les quatre cases verticales (ce ne sont pas des "plans" mais des cases, ou des rectangles) égales  dans la séquence (l'homothétie implique davantage un changement de taille agrandissement ou réduction, en conservant la proportion géométrique format A4 > format A3 par exemple)… tout en étant de mêmes largeurs que les deux cases de la première bande : celles à gauche et à droite.
À la rigueur, si on devait séparer cette planche, cela se ferait davantage entre la première bande (ce sont des strips, mais j'aime bien la bande puisque nous parlons de Bande Dessinée et pas de Comics Strip) et le reste de la page, les deux bandes suivantes…
Qui forment cet ensemble deux cases horizontales / quatre cases verticales : comme une subdivision digne de la reproduction chez les organisme unicellulaires : un devient deux, là, passage d'une case horizontale de la deuxième bande,  à deux cases verticales situées juste en dessous…
L'axe central est commun par l'espace intertextuel (??) cher aux exégètes (et aux universitaires qui vont peut-être bientôt s'approprier le discours de la méthode de la Bande Dessinée, après l'avoir tant dédaignée ?) , qui est le même pour les deuxième et troisième bande :  nous pouvons  même tous remarquer en chœur et avec gaspation (merci qui ?… merci Schlingo !) que le centre de la page — l'axe central —  est prolongée graphiquement, volontairement ou non, consciemment ou non, par/avec Freddy Lombard lui-même, alternativement de face puis de dos, et,  en pleine négociation serrée au sujet de cette fameuse patte de lapin !
La dernière bande est bien un zoom arrière, en plongée qui plus est, avec la diagonale créée avec le corps allongé de Frédéric, alias Freddy Lombard (il faut toujours chercher les diagonales dans les planches de Chaland depuis que Dupuy-Berberian ont raconté l'anecdote de leur page faite à l'origine pour un numéro de Junior pour le Crédit Lyonnais : Chaland les avait félicités pour une diagonale qu'ils avaient faite… par hasard !) d'ailleurs prolongée par le sous-marin…

Si la scène reste unitaire sur toute la planche, et dans un périmètre très restreint, entre les personnages, dans le décor de cette calanque (ou crique ? je passais mes vacances au Cap Bénat et la côte n'a pas le même relief ?), la mise en forme bouge beaucoup, avec des champs / contre-champs entre les cases 1 et 5 — les deux cases encadrant la première bande — puis la même chose pour la deuxième bande, enfin,  ce jeu de profondeur de champs dans la dernière bande assez impressionnant à la relecture pour animer, faire vivre une planche de transition, de dialogue théâtralisé avec un certain crescendo : partant d'une situation burlesque, comique presque ridicule avec cette histoire de patte de lapin dérobée par Freddy Lombard, qui revêt une importance si grande aux yeux de son propriétaire qu'il est prêt à tuer pour la récupérer (assommer Freddy et le laisser dans l'eau ne peut pas être bon que pour le teint !),  passant par la sauvetage de Freddy par Alaïa, arme au poing, finissant, enfin,  par la fuite d'Alaïa, précédée d'un monologue d'adieu très flaubertien, qui nous est offert puisque que Freddy est toujours inconscient, pour véritablement s'achever avec la case dans laquelle le sous-marin s'enfonce dans les profondeurs marines sous nos yeux, comme un rideau se ferme sur la scène qui se termine alors que nous peinons à reprendre notre soufflle : de la comédie — burlesque — à la tragédie absolue, en une seule planche, avant d'entrer dans la scène finale de La comète de Carthage, qui commence dès la page suivante, page de droite…

Mais, mais, mais ???… Personne ne semble voir que la descente du sous-marin, que l'acheteur de la planche compare sur le site  à "une descente aux Enfers" (sic), c'est osé dans la Méditerranée,  d'autant plus qu'un sous-marin devrait pouvoir remonter à la surface,  mais je m'égare… il faut revenir sur le sous-marin, qui descend, disais-je, dans la Méditerranée comme… la comète fendant la nuit azuréenne au fur à mesure qu'elle s'approche / s'éloigne de la Terre…
Pour constituer un enchaînement et une transition graphique discrète , mais très efficace, et, surtout, d'une intelligence rare : du bas de la page de gauche au haut de la page de droite !

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42 + Première case planche 43

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Première case planche 31

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 33

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Première case planche 43


Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Planche 44


Hé ouais, hé ouais, ça n'a l'air de rien, mais ce pourrait presque être un vrai métier, même si tout le monde s'en contrefiche !…

Comme je vous sais intelligents (j'ai osé mettre au pluriel mais peut-être n'y-a-t-il qu'un seul lecteur de ce billet, voire aucun ?) , vous aviez vu tout seul la belle diagonale de la planche 44…
Cette transition graphique de la planche 42 à la planche 43, est vraiment plus évidente dès lors que l'on ouvre La comète de Carthage et … qu'on le lit : les deux mises en couleurs renforcent cette transition graphique, cet enchaînement, par des teintes similaires pour les deux trainées (plus net dans le livre que sur mes scans)  : sillage sub aquatique du sous-marin / queue de la comète !



Je comprends parfois les polémiques intéressantes sur lesquelles je tombe sur le fait que les planches originales ne devraient pas être dispersées car elles forment un tout, un ensemble indissociable au même titre qu'un manuscrit littéraire dont on ne vendrait a priori  pas les pages ou chapitres séparément : cette position se défend autant son opposée… surtout si le lecteur ne pense pas ou ne voit pas sa planche dans l'ensemble de l'histoire dont elle est extraite.

Pour en finir une bonne fois avec le descriptif commercial de cette planche pour la vente Sotheby's, la dernière case n'est absolument pas un négatif : voilà la case en question en négatif.
C'est bien de se regarder écrire, mieux encore de regarder ce que l'on écrit.

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42 en négatif

Mais ce n'est pas du tout cela qui m'intéressait vraiment dans ces deux argumentaires commerciaux : 
- Difficile de ne pas penser au S.O.S. Météores de Jacobs auquel Chaland semble rendre hommage ici.
- « La comète de Carthage » fait mine de regarder du côté de « S.O.S. Météores » de Jacobs, pour mieux s’en aller vers des territoires personnels.

Hum, hum.
La comète de Carthage inspirée par ce fabuleux Blake et Mortimer, SOS Météores ???…
Freddy, Sweep et Dina à Cassis vs Blake et Mortimer à Paris ???…
Est-ce possible de vraiment lire cela ?… Car hormis la pluie, je ne vois vraiment pas le lien entre les deux histoires, mais vraiment pas ???…
Car il n'y en a pas du tout à mon humble avis hormis une manie récente de vouloir trop lier tout ce qu'a créé Chaland à un ou à des classiques de l'École Franco-Belge, en oubliant souvent des références mineures pour certains mais peut-être majeures dans son œuvre (je citerais Fripounet et Marisette de Bonnet dont Chaland possédait plus de livres que de Jacobs ou Hergé !…), tout simplement parce qu'inconnues de trop de lecteurs.

Faut-il vraiment toujours faire de la référence référentielle comme certains aiment à faire de la politique politicienne ? 

Je rembobine, tel le zoom arrière de cette planche 42… et je m'essaye aussi à la référence… 
Été 2017, nous sommes en vacances dans les Alpes pour marcher… une envie me prend de relire un ancien Collection du Lombard ayant pour cadre la montagne, je cherche et trouve sur internet une édition originale de Jari dans la tourmente : c'est bête, je sais mais pas pour la même raison que celle à laquelle tu penses cher lecteur de mes élucubrations, "c'est bête" disais-je, car j'en ai déjà un exemplaire chez moi, très abîmé, mais je commande tout de même celui que je dégotte. Le prix est correct et l'album semble en bon état… et le vendeur peut surtout me l'envoyer.
Mais qui commande un album de Jari en éditon originale au Lombard pendant ses vacances ?…
Moi !…
Réception rapide, je déballe et inspecte le livre sur le balcon ensoleillé, protégé par la chaîne du Mont-Blanc : les points Tintin sont bien présents, les plats et le dos sont plutôt très bien, la garde avant est fendue entre le plat et le cahier : le vendeur ne le m'avait pas indiqué mais le prix étant ce qu'il est, il ne faut pas exagérer non plus!

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961

Je le feuillette : j'adore l'odeur (si le livre n'est pas moisi ou sorti d'une cave humide !) et davantage encore les couleurs et les papiers de anciennes éditions du Lombard, même de séries que je n'aime pas trop (je n'aime pas du tout Michel Vaillant, et pourtant j'en ai lu, mais les voitures et moi, bof, bof), et Jari me plaisait enfant, le tennis en toile de fond certainement (ce sont les années où j'ai tant joué au tennis avec entraînements encadrés hebdomadaires et le toutim) et en feuilletant, bam, la révélation, alors que j'ai pourtant déjà lu ce Jari plusieurs fois par le passé : 
Je vous le dis, mes biens chers frères, mes biens chères soeurs, en fait la bande dessinée la plus proche de La comète de Carthage n'est certainement pas SOS Météores mais bel et bien ce Jari dans la tourmente !…

Ce village de montagne (attention spoiler !) coupé du monde, coupé de tout à la suite d'un avalanche, cette ambiance de fin du monde, cette angoisse latente après que la Dent du Géant se soit effondrée sur le glacier du Boratt,  ait crevé une poche d'eau faisant déferler le Nantgris sur le  village de Priolans détruisant tout sur son passage !…

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
L'eau déferle sur le village

Jusqu'à la découverte de ruines romaines, station thermale oubliée au cours des siècles qui pourraient faire penser aux ruines de la Villa de Phidias dans La comète de Carthage ?…


Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
Les ruines romaines

Je n'irai pas jusqu'à rapprocher la couleur de l'avion de Jari identique à celle du sous-marin de La comète… ni même la façon de dessiner les masses de roches qui s'effondrent dans les deux livres (très Kirby aussi d'ailleurs ?) mais je pense qu'il y a davantage de liens entre Jari dans la tourmente et La comète de Carthage qu'entre La comète de Carthage et SOS Météores, hormis la pluie, comme je l'ai déjà écrit…

Je vous disais que j'avais déjà un exemplaire de ce Jari chez moi, mais dans un état misérable, même si je l'ai récupéré couvert : comme vous pouvez le constater vous-même !

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961

Mais, fort heureusement  il a bien ses 10 point Tintin (je plaisante mon père découpait les siens !) à la dernière page, et surtout, vous remarquez le tampon de… la Bibliothèque pour tous de Nérac !

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
Le point Tintin est bien présent

Il s'agit donc de l'exemplaire ayant appartenu à Chaland, d'où la référence possible, résurgence inconsciente, entre La comète de Carthage et Jari dans la Tourmente pour des détails qui me semblent plus prégnants que ce l'on peut tirer de SOS Météores, cité, je pense, juste pour lier La comète de Carthage à ce grand classique de l'histoire de la Bande Dessinée… et mieux vendre ? 

Lorsque j'ai exposé les planches de La comète de Carthage en 1997, François Avril m'avait appris une chose très intéressante, et je suis toujours étonné que des années plus tard — sauf erreur de ma part — cela n'ait jamais été repris par ailleurs… Avril sait plein de choses intéressantes de ce genre, mais ne parle jamais de cela dans les livres, ou se perd dans des anecdotes / analyses un peu fausses et sans grand intérêt (celle des Tirages de Tête de Chaland dans Une vie en dessins est réellement… anecdotique et vire à la légende urbaine du chapô de Freddy Lombard des anciennes éditions du BDM,  style réalité modifiée et comme le rédacteur du texte ne recoupe ou ne vérifie pas, tout en semblant ne pas avoir été contemporain de ces TT ou avoir lu Chaland pendant les périodes en question…) : lors de cette exposition  je ne peux que constater étonné que les planches de La comète de Carthage sont de deux formats différents !
La première partie de l'histoire est dans un format plus petit, plus classique du format des planches originales de Chaland que j'avais pu voir ici ou là, Le cimetière des éléphants exposées chez Super Héros en 1990 ; Adolphus Claar exposées chez Super Héros en 1983 ; Bob Fish en vente chez Album d' Yves Rasquain, sauf évidemment Le Jeune Albert exposées chez La Marque Jaune en 1985 (qui n'est pas une galerie parisienne contrairement à ce qui est écrit dans le gros Chaland Illustrateur !)  ou Le testament de Godefroid de Bouillon évidemment… puis à un moment, en cours d'histoire,  les planches de La comète de Carthage changent de format et deviennent plus grandes, prennent davantage d'ampleur… 
Désolé, mais je n'ai pas une mémoire si extraordinaire qui me permettrait de me rappeler à quel planche cela commence, quoiqu'il en soit, devant mon étonnement face à ce phénomène étrange en plein milieu du même album, Avril répondit à mes interrogations quasi métaphysiques : si j'ai bien retenu la leçon, Chaland avait vu les grandes planches de Floc'h et avait trouvé que cela donnait une belle dimension graphique au dessin. Il en a donc profité pour s'essayer à un format plus grand en cours de réalisation de La comète de Carthage
Je crois qu'il est revenu à son format habituel par la suite, car encrer trop haut, du fait d'un plus grand format de feuille à dessin, devait le gêner ?…

De toute façon, chacun sait qu'il n'y a pas que la taille qui compte, sinon où irions-nous ma bonne dame, n'est-ce pas ??…

Il est vrai que Chaland avait dans son fameux carton à dessin Dalbe toilé vert, celui dont Avril parle dans Portrait de l'artiste ( je crois ?) chez Champaka, une ou deux plutôt très grandes planches de Floc'h, de ce qui aurait dû être l'Affaire Vera Lindsay… dont la première est présentée sur le même site que la planche 42 de La comète de Carthage dont il est question plus haut, mais par un autre collectionneur  que celui — devenu depuis lors gros vendeur en chambre non déclaré tout en profitant des Assedic  — à qui je l'avais cédée à l'époque…



Valéry Ponzone


samedi 11 avril 2020

> Yves Chaland, Une vie en dessins… (part faure)*

« (...) Chaland fût toujours pour moi une énigme, je ne savais jamais quand il plaisantait ou quand il disait vrai. Quand il vint me voir chez Albin Michel, où j'ai fait un court séjour, me disant qu'il voulait faire une vie des Saints en bande dessinée, je lui ai demandé si ce serait rigolo. Il m'a regardé comme on regarde un imbécile et m'a répondu « bien sûr que non, ce sera respectueux et respectable ». Ce sphynx tranquille et secret devint une espèce de gourou pour toute une bande de dessinateurs qui, au travers de ses leçons, discours et actions, évoluèrent vers la fameuse ligne claire  ».

Jean-Pierre Dionnet dans « Le Journal » Serge Clerc 2008




« À L'Écho des Savanes, l'éditeur Hervé Desinge, à qui il présente son projet, se méprend, imaginant déjà quelque chose de drôle, au second dégré, « Je suis très sérieux », coupe Chaland qui préfère en rester là. »

Entretien de Jean-Pierre Dionnet avec Ogier pour "Une vie en dessins".



Je n'ai pas retrouvé la première citation dans le livre "Le journal" de Serge Clerc qui me fait vraiment trop mal aux yeux quand je le rouvre, davantage qu'à la première lecture (je me demande si Hergé n'avait pas ajouté une chose importante à la définition de la Ligne Claire® : la lisibilité du récit, narration et mise en forme graphique ?), et, comme les opticiens sont aussi fermés en ce moment, je fais attention à ne pas exploser mes lunettes : la citation vient du site internet officiel des Amis de Chaland… Les deux versions sont un peu différentes mais J.-P. Dionnet en reste le lien central, et on saura peut-être un jour ou l'autre quelle est la véritable version, mais cela n'a réellement que très peu d'importance… voire aucune, sauf pour qui veut savoir la Vraie Vérité ?… Pour ceux qui sont sur le chemin de Damas

Site Les Amis de Chaland

J'en profite pour signaler encore une erreur dans la dernière des notes de bas de page  de cette "Vie en dessins" :  la note de bas de page 63 est à moitié fausse puisque "Pierre, le chef des Apôtres" a été publié dans Le grain de soleil numéro 15 du 1er février  1990 et absolument pas dans le numéro 10 du 1er septembre 1989 : Chaland n'en avait fait que la couverture…
Ce n'est pas sérieux…

Citer la vénérable et très chrétienne maison d'édition Bayard pour ces histoires de Saints, en liant cela à l'humus culturel sur lequel Chaland a poussé dans la mesure où la presse catholique était cela qu'on lisait dans sa maison familiale (sic)  est plutôt tiré par les cheveux ou pousserait à croire dans une sorte de fatalisme mâtiné de prédestination inéluctable !…
Ted Benoit lisait Vaillant du fait d'un cadre familial communiste post 2e Guerre Mondiale, ce n'est pas pour cela que ses créations de Bande Dessinée ont été marquées par les Pays Frères : bien au contraire, toutes ses influences sont très estampillées Made in USA… jusqu'à y avoir situé l'action de son second Blake et Mortimer !

Chaland a toujours travaillé pour Bayard (éditeur de… Pat-Apouf pour mémoire) dès 1979 pour Okapi, mais surtout Astrapi, Je Bouquine, tous les logos largement déclinés et repris pour La grande fête de la Forme (…) que du Groupe Bayard, sans oublier Télérama pour un dérivé !…

La grande fête de la forme par Yves Chaland
Notre Temps 1984

Insister sur l'éducation chrétienne de Chaland est un raccourci étonnant, avec ces rares vies de Saints dans Grain de Soleil de 1990, alors que Chaland a aussi créé des robots, des histoires de science fiction, ou des westerns pour Bayard et, ce, dès 1979, plus de 10 ans avant, dès son arrivée à Paris certainement…
Énormément de dessinateurs ont travaillé pour Bayard, et je doute même que certains ne soient seulement baptisés ou pratiquants !!… Bayard est un éditeur jeunesse qui a toujours été prisé par les dessinateurs, qui ont dû quasi tous passer dans les pages de leurs différentes revues, pour diverses raisons, la principale étant la très grande qualité des revues en question et une autre assez fondamentale : la réputation de bien payer les auteurs !…
L'humus familial (sic) donne-t-elle la même logique quant à avoir y fait du western ou des histoires de robots, ou avoir simplement répondu aux commandes / propositions d'usages dans la presse, comme ces nombreuses illustrations de pages de jeux ?…

Je me demande parfois à quoi servent ce genre de livres (que j'achète ou que l'on m'offre… avec plaisir ) : le collectionneur de Chaland, davantage encore ceux qui le suivent depuis ses débuts, n'y apprennent rien de (véritablement) nouveau : ils ont déjà lu bon nombre d'entretiens ou de livres sur Chaland (celle de PLG numéro 28 ayant d'ailleurs été réalisée à partir de plusieurs autres interviews pour différents supports et / ou fanzines), et même quand ce pourrait être le cas (Ubu's Project), il y a des erreurs (!!!)…
Le lecteur plus récent de Chaland, à moins d'être super collectionneur à vouloir découvrir pour un prix modique des reproductions en pagaille d'originaux de Chaland, tombe sur un livre et un texte d'accompagnement trop référencé et trop hermétique :  à ne parler que de gens, d'auteurs, de livres de Bande Dessinée, de supports de publication (…) qu'il ne connait peut-être pas tous, et que même des collectionneurs de Chaland n'ont peut-être pas lus ou tout simplement vus !…
Ils ne sont pas si nombreux ceux qui le collectionnent depuis longtemps et un peu tout, dans tous les sens, par cette relation magique qui nous lie à tel ou tel dessinateur !…

Qui connait, et plus encore, qui possède les Grains de Soleil dont il est question dans cette dernière partie et dans cette dernière note de bas de page, qui n'aide finalement pas tant que cela à les trouver pour ceux qui voudraient aller plus loin, puisqu'elle est… erronée ? 

Tout cela devient pour moi un bon prétexte pour justement montrer ces histoires religieuses que Chaland a créé pour Bayard… pour continuer dans la voie impénétrable de la découverte de la vie des Saints par Chaland !…

Commençons par la source de tout en montrant son fameux Don Bosco de Jijé, ceux-là même qui l'auraient tant inspiré…

Don Bosco Ami des jeunes par Jijé
Éditions Dupuis 1943
Collection Yves Chaland - dos refait (par Chaland ?)

Don Bosco Ami des jeunes par Jijé
Éditions Dupuis 1975
Collection Yves Chaland

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Pierre, Le chef des Apôtres par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 15 - 1er février 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

Blandine et les premiers Chrétiens par Yves Chaland
dans Grain de Soleil numéro 21 - 1er septembre 1990

N'oublions pas que Blandine est le prénom d'une des sœurs de Chaland !…
Et Pierre ???…
Un fin connaisseur en voiture sera-t-il capable de dire quel est le modèle à l'arrière-plan ?…
Je n'y connais rien en voiture…

Le Mariage de Blandine et Jean-Michel par Yves Chaland
Sérigraphie faire part de mariage - 3 passages couleurs

Grain de Soleil numéro 10 - 1er septembre 1989
Couverture de Yves Chaland
> il existe une première version de la couverture
où l'on voit les jambes du moine joyeux…

Puisque l'on est dans les prémices du monde Chrétien, qui se juxtapose avec la fin, et la Chute,  de l'Empire Romain, on peut ajouter ces deux livres de la légendaire Collection de la Bibliothèque Verte illustrés par Yves Chaland : le premier lie péplum ("vous aimez les films de gladiateur ?") et Chrétiens persécutés par l'Empereur Néron, et le second nous fait vivre … les derniers jours de Pompéi.


Quo Vadis de H. Sienkievicz
Couverture et images par Yves Chaland
Éditions Hachette

Les derniers jours de Pompi par E. Bulwer-Lytton
Couverture et images par Yves Chaland
Éditions Hachette


Ce seront de saines et édifiantes lectures pour ce week-end de Pâques 2020, fête la plus importante du christianisme, et des gourmands de chocolat (des hérétiques en fait !), tous confinés ainsi chez nous… pourvu que les cloches de Rome ne soient pas elles aussi confinées et n'oublient pas de distribuer les œufs en chocolat à nos pitchounets !!??…

Personnellement ce qui me revient le plus en mémoire en cette veille de Pâque relève de la symbolique quasi christique : Chaland 1957-1990.

Trente trois ans…





Valéry Ponzone




* tu l'as celle-là ?…


mardi 7 avril 2020

> Yves Chaland, Une vie en dessins… (part tri)

Deux pages différentes pour parler d'une lettre de Chaland dans cette Vie en dessins : cela fait un peu répétition et contribue à cette impression latente de manque de structure du livre.
La première citation est dans les légendes en rouge…
La seconde fait partie du texte de référence, avec un manque de précision un peu étonnant : à force de ne vouloir passer que par des témoignages d'auteurs et de se valoriser à travers eux, on tombe dans le travers de la déformation des faits…

La Ligne Claire… par Chaland
dans Une vie en dessins - Éditions Champaka, 2019

La Ligne Claire… par Chaland
dans Une vie en dessins- Éditions Champaka, 2019

Présenter Floc'h comme "dépositaire" (sic) de cette lettre est en effet légèrement trompeur : la présentation correcte eut été de dire que Floc'h possède juste une photocopie d'une lettre destinée à un (jeune) lecteur de Chaland !…

Le second point a été relevé par le lecteur destinataire réel de cette lettre que Chaland lui avait envoyé :  il est encore plus étonnant de lire ce "et, avant tout, L'art moderne du néerlandais Joost Swarte" sous les touches du clavier du rédacteur ???
Chaland ne fait qu'énumérer trois titres, et n'a jamais fait une liste de classification qualitative mais une simple énumération : "L'art moderne n'a pas été situé en haut d'un podium qui n'existe pas !…", comme me le précise fort à propos le destinataire de cette fameuse lettre !…

"la Ligne Claire c'est 3 albums : 
- L'art moderne de Swarte
- Le rendez-vous de Sevenoaks de Floc'h
- Captivant de Chaland (modestement)"

Il est étrange de ne pas voir le nom de Cornillon, tout en sachant que Captivant est autant un hommage à l'âge d'or de la Bande Dessinée franco-belge qu'au comics US (plus récent que le Golden Age US, puisque certaines histoires sont proches, par exemple, du trait de Berni Wrightson !)…

La Ligne Claire… par Chaland
dans La lettre originelle !

Comme je suis certain que seuls les initiés connaissent ces trois titres, et, comme d'habitude, la maison de ne reculant devant aucun sacrifice, je vous offre les visuels des couvertures : 

L'art moderne de Joost Swarte
Éditions Les Humanoides Associés, 1980

L'art moderne de Joost Swarte
Éditions Futuropolis, 1985

Joost Swarte's Modern Art
Real Press Foundation, 1980
2000 ex. numérotés et signés

Le rendez-vous de Sevenoaks par Floc'h et Rivière
Édtions Dargaud, 1977

Le rendez-vous de Sevenoaks par Floc'h et Rivière
Édtions Dargaud, 1977

Remarquez la photos de auteurs au 4e plat du livre : ils sont avec leurs casques coloniaux sous le bras… Cela a-t-il donné une idée à Chaland pour son Freddy Lombard sur la piste du Cimetière des éléphants ?…
Je connaissais deux magasins spécialisés dans les tenues coloniales : un dans les beaux quartiers, dans le 7e arrdst parisien, sur le boulevard Saint-Germain, proche de la rue Solférino et de l'Assemblée Nationale et un autre plus étrangement placé rue de la Roquette, dans le 11e arrdst, proche de la Bastille.
Sont-ils encore ouverts à ce jour ?… J'en doute fort ???…
[Personnellement je m'étais acheté un casque colonial,  en pensant à Freddy Lombard affrontant la moiteur de la jungle,  chez Pier Import, rue de Rivoli, au milieu des années 80 : il n'était pas de qualité coloniale mais pas cher du tout !…  D'ailleurs ceux d'entre vous qui venaient — vraiment — à la librairie et ont vu des expos underground, dans la cave (pas celles au 1er étage) doivent se rappeler l'avoir vu posé négligemment sur une vitrine en teck : jusqu'à ce que je me décide à le jeter, la toile extérieure réagissant très mal au temps qui passe !…]
Je me demande si le second magasin n'aurait pas pu donner d'autres idées à Chaland pour son Cimetière des éléphants ?… En effet, la rue de la Roquette n'est pas loin de la rue Daval où se trouvait la librairie de Jean-Marie, spécialisée en scoutisme, en bandes dessinées anciennes et littérature populaire, enfantinat : Aux livres d'Alésia… Chaland habitait pas très loin, de l'autre côté de la place de la Bastille, rue de Lyon (comme Freddy Lombard : étaient-ils voisins de palier ?) et Chaland a dessiné la carte de visite de la librairie Aux Livre d'Alésia (hé oui, Chaland achetait ou échangeait ses bandes dessinées anciennes ailleurs que chez Chic-Bull à Bruxelles : Aux livre d'Alésia, Lutèce, Roland Buret, L'oreille cassée etc. !)…
Hé oui, ami lecteur (si tu n'es pas un ami lecteur, passe ton chemin et continue à répandre ton âme noire sur tes forums préférés !), savais-tu que Chaland habitait au 59 rue de Lyon, à Paris dans le XIIe arrdst, et qu'il n'y a que dans ce blog merveilleux et gracieux que tu peux apprendre, émerveillé et stupéfait, que Freddy Lombard habitait la même adresse !…
Entre l'ombre sous la semelle empruntée à Pat'Apouf ou ce genre de chose, si ce ne sont pas de véritables révélations, que sont-ce ?
Mais, oui, que sont-ce donc !!??…

Adolphus Claar, Carte de visite personnelle de Chaland

Adolphus Claar lit un album à damiers : j'en reparle un peu plus loin dans ce billet…

Freddy Lombard, Le cimetière des éléphants par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1984 - Planche 1
Freddy rentre chez lui avec son tableau au 57 rue de Lyon, Paris XIIe

Freddy Lombard, Le cimetière des éléphants par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1984 - Planche 8
Freddy rentre chez lui au 57 rue de Lyon, Paris XIIe

57-59 Rue de Lyon Paris XIIe
©Alphabet -Street view

Voici la carte de visite de la librairie Aux livres d'Alésia en interlude graphique : elle lie les plaisirs du scoutisme (qui ne sont pas solitaires, même si depuis quelques temps, surtout aux USA on en apprend pas mal sur le scoutisme et… enfin… bon, ce n'est pas le moment de parler de ces histoires glauquissimes…) et de la lecture : on ne lit pas en mangeant ou à table, mais en marchant, on peut le faire !!!… La RN10 de la borne kilométrique chère à Chaland est sur la Nationale qui nous emmène à Bordeaux : mais qui me dira où l'on se trouve quand on est à 120 kilomètres de Paris ???…

Aux livres d'Alésia - Carte de visite par Yves Chaland

J'ai un vieille blague de Binet, dans L'institution, qui me revient en mémoire, mêlant les kilomètres, la distance, et la ville de Tours, mais avec ces histoires de scoutisme, je vais botter en touche…

Je vous raconterai bien la première fois que j'ai voulu aller dans cette librairie, je pensais qu'elle était rue d'Alésia, qui n'est pas une rue parisienne trop longue pourtant…
Cette bonne blague !…

Captivant par Chaland et Cornillon
Éditions Les Humanoïdes Associés, 1979

Captivant par Chaland et Cornillon
Éditions Les Humanoïdes Associés, 1979

La maquette de Chaland pour cette Collection Pied Jaloux est d'autant plus référentielle que sa texture, on dit patterns maintenant dans les sites de graphisme, avec ces minis losange, ou cette grille, ne peut que rappeler discrètement les célèbres 4e plats "à damiers" de l'élégante Collection du Lombard
Dans un précédent billet, je vous ai montré le mythique 4e plat "peau d'ours" de la Collection du Lombard, il est temps de passer aux damiers qui ont succédé, afin de continuer notre parcours vers la connaissance extrême de la Bande Dessinée de collection, et l'extase de la Connaissance !!??…
Vous remarquerez que l'on ne trouve pas Michel Vaillant dans ces plats arrières à damiers de la Collection du Lombard, mais d'autres personnages moins connus…

Collection du Lombard - 4e plat damiers

Collection du Lombard - 4e plat damiers


Même si Chaland donne une explication sur la suite inéluctable de la Ligne Claire®, et pour pinailler, il manque à mon sens un titre parmi ceux cités par Chaland qui, correspond d'ailleurs mieux à la définition de la Ligne Claire® que Captivant : Berceuse électrique, extraordinaires Aventures au XXe Siècle de Ray Banana par Ted Benoit !…
Voilà un livre ultime qui correspondait absolument à la Ligne Claire® telle que définie par Joost Swarte, avec une ambition d'écriture et graphique extrêmes, ne serait-ce que par longueur de ces aventures chapitrées et digne d'un roman en Bande Dessinée : un roman (A SUIVRE)…


Ray Banana, Berceuse électrique par Ted Benoit
Éditions Casterman 1982


La Ligne Claire® définie par Joost Swarte, on en parle, on en parle, ici et là depuis les années 80, mais hormis être un concept connu que de rares élites dont certains se sont emparées afin de se faire passer pour des esthètes (à leurs propre yeux ?), qu'est-ce vraiment pour l'auteur néerlandais malheureusement si peu connu ?…
Lors de ma visite au Musée Hergé dans cette riante bourgade de Louvain-la Neuve (entre Noël et le Jour de l'An, imaginez le côté riant avec de la neige tout du long du long trajet de train et un froid de canard dont on aurait piqué les plumes pour mettre dans les couettes Ikea…), j'ai eu la chance de tomber, outre sur un très beau lieu dont l'architecture intérieure est l'œuvre de Swarte justement, sur une belle exposition temporaire consacrée au magnifique Lotus Bleu d'Hergé (ou sur Hergé et Tchang, maintenant que j'y repense ?) …

Il y avait cette citation de Swarte inscrite sur l'un des murs de l'exposition : 
"La Ligne Claire désigne une manière de dessiner qui implique les principes suivants. Les surfaces sont délimitées par une ligne d'épaisseur constante avec des contours francs, elles sont mises en couleurs par aplats, sans ombrages ni hachures."
Joost Swarte

C'est effectivement clair, net et précis !… Pour celles et ceux toujours désireux de mettre un peu n'importe qui et n'importe quoi derrière ce label de Ligne Claire® au risque de déroger à la Loi et de s'attirer les foudres du Créateur !!!…

Adolphus Claar par Yves Chaland
Éditions Magic-Strip 1983

Presqu'aussi clair qu'Adolphus Claar, dont le seul nom évoque cette Ligne Claire®, Klare Lijn en néerlandais, définit par Joost Swarte : cette seule référence patronymique est complètement oubliée dans cette Vie en dessins à multiplier les références et/ou écoles, on en oublie l'évidence,  à disserter sur le style Atome qui aurait été inventé (à l'insu de leur plein gré ?) par les vieux maîtres de l'Age d'Or (pas "grands" maîtres mais bien "vieux" !) : ils n'ont rien inventé de ce genre, ce sont des "exégètes postérieurs" qui ont cherché à coller des étiquettes un peu partout par cette volonté farouche de classifier, étiqueter ou mettre dans des tiroirs, avant les vitrines ou les cimaises tels les collectionneurs de papillons (je ne peux que vous conseiller de relire Docteur Poche de Wasterlain !) !… 
Pourquoi ne pas parler du style Atome, on trouvera bien un jour le style Eiffel pour des auteurs de Bande Dessinée (Schuiten ?), mais oublier avant toute chose que Adolphus Claar ne peut faire que référence à la Klare Lijn, et à la Ligne Claire, j'en reste baba, comme on dit dans Barbe-Rouge (je ne peux que vous conseiller de relire Barbe-Rouge de Charlier et Hubinon) !!!…


Adolphus Claar par Yves Chaland
Affiche promotionnelle
Éditions Magic-Strip 1983


Adolphus Claar est un héros positif : voilà peut-être le maître mot qui définit le mieux Yves Chaland, le simple fait de positiver, malgré tous les doutes et toutes les interrogations qui devaient le tenailler autant que quiconque : mais c'est bien ce positivisme qui ressort de l'univers qu'il a su créer et nous offrir pour la postérité !…
Cet allant indéniable qui rime si bien avec Chaland !!!…



Valéry Ponzone