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jeudi 30 janvier 2020

> Moebius tableaux de bord de vaisseaux spatiaux

Mœbius ou Moebius ou Möbius ou Moeb ou Mœb ou… Giraud.
J'ai toujours trouvé un air commun entre ces deux mise en forme de pupitres de vaisseaux spatiaux. D'ailleurs, le personnage le plus à droite de la couverture de la revue Futurs de septembre 1978 n'a-t-il pas une tronche du John Difool du début du cycle ?…
Le dernier dessin est une magnifique composition de Mœbius pour Les aventures de John Difool !…

Mœbius Couverture Futurs n°3, 1978

Mœbius Dessin pour couverture Futurs n°3, 1977 

Mœbius Les mystères de l'Incal
Les Humanoïdes Associés, 2016 

Mœbius John Difool & Co.
Allégorie

Je ne savais pas qu'un éditeur peut nettoyer le fond / l'arrière-plan d'une œuvre dessinée de son propre choix ?…







Valéry Ponzone

dimanche 22 janvier 2017

> Le tribut par Rochette et Legrand

BLOG-NOTE DE LECTURE :
Le tribut par Rochette et Legrand — Éditions Cornélius, 2016


Je viens de refermer Le tribut publié — enfin — en intégralité par les Éditions Cornélius, plus de 20 ans après sa création…
Sans aucun détour cette histoire fait partie des incontournables, voire des chef-d'œuvres du genre pour qui reste attaché à la lecture d'histoires de Science-Fiction !
J'avais lu à sa sortie le premier volume édité par Casterman publié dans l'excellente Collection Studio - (A Suivre),  pourtant intégré dans une série, "L'or & l'esprit, tome 1, Le tribut" et avais déjà été subjugué par ce véritable récit de véritable de Science-Fiction…

Rochette + Legrand —  Le Tribut L'or et l'esprit
Editions Casterman 1995

Cornélius pallie parfois les errances éditoriales de Casterman de la fin du XXème siècle — on peut se remémorer ses débuts avec le grandiose Péplum de Blutch —  et sort ce gros beau livre, qui reprend le tome 1 et sa suite, qui n'avait jamais été publiée que dans les pages du mensuel (a suivre), augmenté d'un épilogue qui conclut— enfin — l'histoire…

Rochette + Legrand —  Le Tribut Intégrale
Editions Cornélius 2016

Le livre est très beau dans la forme, et si ce dos toilé bleu roi m'a un peu surpris de prime abord (peut-être parce que de la même couleur qu'une réédition de La patrouille des Castors ?), il prend sens dès la première page, avec la nouvelle gamme couleurs mise en forme pour cette nouvelle édition : "Il faisait bleu …".

Rochette + Legrand —  Le Tribut Intégrale
Page 1 — Editions Cornélius 2016

Les couleurs ont été entièrement refaites, remastérisées dirait-on si l'on était dans le domaine de la Musique, et sont plus en aplat que le travail réalisé pour la première édition…

Rochette + Legrand —  Le Tribut Intégrale
Page 7 — Editions Cornélius 2016

Rochette + Legrand —  Le Tribut 
Page 7 — Editions Casterman 1995
Camaïeu de gris qui rappelle Le Transperceneige

La Terre, et sa toute nouvelle démocratie fédérale née d'une très récente guerre civile et reflet de son expansion coloniale à travers la galaxie, est en guerre avec les Autres, et semble perdre pied un peu partout à travers son Empire démocratico-galactique, défaite après défaite, face à un adversaire indiscernable, voire innommable…
L'espoir des scientifiques chargés de trouver des moyens de vaincre les Autres, et préserver les colonies terriennes, se trouverait sur cette étrange planète inhospitalière, dans laquelle les soldats envoyés en mission à la recherche d'une nouvelle source d'énergie, s'enlisent et perdent la vie les uns après les autres face aux nombreuses et mystérieuses menaces qui les entourent et dépassent leur entendement …
Tout se précipitera et basculera dès lors que l'un de ces soldats rencontrera pour la première fois la forme de vie télépathe qui vit en symbiose avec cette planète…

Rochette + Legrand —  Le Tribut Intégrale
Page 13 — Editions Cornélius 2016

Beaucoup d'autres points pourront être dissertés à loisir pour déterminer ce que les auteurs ont peut-être recherché  dans ce récit de science-fiction absolument sans égal dans la Bande Dessinée…
Je ne m'arrêterai qu'à cet aspect, si ancré en nous, résidant dans cette volonté farouche de l'espèce humaine de coloniser et détruire d'autres cultures pour ses propres intérêts immédiats…
Le parallèle avec notre propre Histoire est très présent, comme peut-être sous-jacente la critique de toutes les colonisations faites par l'Homme au fil des siècles…

Le tribut est un véritable récit de Science-Fiction, tel que les lecteurs de romans du genre peuvent avoir eu le plaisir d'en lire, et, est très éloigné de la Science-Fiction actuelle dominante dans le paysage de la Bande Dessinée francophone.
Le dessin est noir, sombre, nerveux : le pinceau de Rochette semble s'être imbibé du contenu de sa bouteille d'encre de Chine, et permet de ressentir davantage encore le côté sombre et dangereux de cette planète, mais aussi l'humidité et les sols spongieux sur lesquels les soldats sont obligés d'avancer péniblement  dans les zones qui leur sont désignées. 
Les couleurs des pages du Tribut sont en aplat, avec des dominantes qui permettent de ressentir  l'atmosphère du monde qui les entoure : cela est bien éloigné de toutes ces séries de (sous) science-fiction ici ou là, qui se prennent tellement au sérieux et "valorisées" par des mises en couleurs dissimulant les vides intersidéraux du dessin et des scénarios à rallonges, par des effets Photoshop® redondants et bling bling : "Regardez mes effets de baguette magique… et là, ceux en dégradés avec quelques rendus finaux en 3D Sketchup !!!"…
S'il est regrettable que la Bande Dessinée francophone de Science-Fiction — à quelques rarissimes exceptions qui confirment toujours la règle — soit devenue un genre formaté au possible, post cinéma hollywoodien, n'utilisant que des formules éculées du space opera, matinées de cyber machin quelque chose, il arrive, parfois, grâce à des récits comme Le tribut qu'une alternative impressionnante soit offerte aux lecteurs…

À ma première lecture du volume édité par Casterman, j'avais très vaguement pensé au roman d'Orson Scott Card, La Stratégie Ender (le roman, pas le film récent qui est une immonde daube hors sujet) par la toile de fond du récit : cette guerre interstellaire que la Terre semble perdre face à un ennemi avec lequel il est impossible de communiquer…
Mais toute comparaison s'arrêtait là, dans la mesure où Legrand et Rochette ont créé bien autre chose, et ce qui doit être l'un des rares romans graphiques de Science-Fiction en Bande Dessinée !

Je me suis souvent demandé si le lectorat de  Bande Dessinée aime vraiment la science fiction (parfois, je me demande aussi si certains aiment vraiment la Bande Dessinée, hormis comme prétexte leur permettant de déblatérer en permanence ?) davantage encore dans ce qu'elle peut amener de différents et alternatifs en tant que genre à part entière…
Valérian a été l'ambassadeur des Ombres, mais n'est plus que l'ombre de lui-même depuis Brooklyn station - Terminus cosmos, et les autres grands classiques ne sont plus que des… classiques, des récits issus des premières années de Métal Hurlant, de Major Fatal aux œuvres de Druillet, en passant par Les naufragés du temps, John Difool, Nikopol
Le succès récent des diverses séries créées par Leo, ou l'incursion de Bourgeon avec Lacroix (d'ailleurs déjà présent dans les pages de Métal Hurlant) dans le genre avec Le cycle de Cyann sont plutôt intéressants, même si le trait est plus lisse et propret que l'univers obscur du Tribut de Rochette et Legrand.
Il n'y a guère que Frédérik Peeters — avec Lupus ou Aâma, voire Koma — qui reste le plus convaincant dans son approche très intéressante de la Science Fiction…
On peut tout de même trouver des points communs entre ces Univers, dans la difficulté absolue qui réside à pouvoir / savoir créer et dessiner — et faire vivre — une vision graphique cohérente de ces nouveaux mondes de Science-Fiction : il est extrêmement complexe et hasardeux de représenter visuellement l'indicible, peut-être davantage que se limiter à la seule description littéraire de ce terme, même avec le plus grand talent du monde, consistant de permettre au lecteur d'en faire remonter sa propre visualisation du plus profond de son imaginaire…
Faune, flore — et tout ce qui constitue un monde nouveau,  un univers qui vit — font indéniablement partie de ce qu'il y a de plus complexe à rendre crédible graphiquement : bien davantage que tel ou tel modèle de voiture, ou que dessiner toutes les pierres et fissures de tel ou tel château !

Rochette + Legrand —  Le Tribut Intégrale
Page 11 — Editions Cornélius 2016

Parce que la science fiction ne se limite pas à des vaisseaux spatiaux pompés sur les recherches graphiques de Syd Mead ou de la NASA, à des rayons lasers et des voyages  / poursuites dans l'hyperespace, si vous êtes vraiment lecteur de Science-Fiction et, si ce genre vous intéresse dans son immense diversité littéraire, nul doute que vous trouverez dans Le tribut de quoi satisfaire vos envies de lectures de ce genre qui ne demande depuis toujours qu'à développer la même richesse en Bande Dessinée que dans sa forme littéraire
Il appartient dorénavant aux lecteurs curieux et passionnés de chercher, et trouver, des lectures de ce type, dans un genre déjà bien éprouvé, voire, parfois, bien éprouvant  !?…

Et, si cela n'est pas encore fait, je ne peux que conseiller de se plonger irrémédiablement dans les pages de ce Tribut de Rochette et Legrand édité par Cornélius, et découvrir un autre Univers novateur, qui suspendra au fil des pages le Temps qui nous entoure : ce qui demeure le propre des vrais Créateurs de Mondes de la Bande Dessinée !


Valéry Ponzone





vendredi 11 novembre 2016

> Serge Clerc et la Science-Fiction en intégrale…

Non, ce ne sera pas une histoire de mathématiques… Rassurez-vous.
Mais the big book est enfin sorti : je l'attendais comme on attend toujours Serge Clerc d'ailleurs…
Un gros livre, une somme désespérée et tant espérée… ou tout au moins attendue.
La question qui me taraude est de savoir pourquoi cette attente qu'un ami a réussi a réactiver au niveau de mon tiroir "envie" dans ma petite caboche ?
Peut-être — et très certainement — parce que ce livre me fait retourner au moins 35 ans en arrière !
Ce qui n'est pas rien et encore moins offert à tout le monde…
Voilà, en fait, le véritable élixir de jouvence, ou bien alors le voyage spatio-temporel qui nous permet de filer sur les lignes infinies du temps pour nous régénérer et rajeunir (on appelle cela la relativité en faisant simple) ?…
La question a son importance, mais la réponse… 

Voilà la bête…
Je ne parle pas de la magnifique et resplendissante pin-up qui accroche tant le regard grâce à sa poitrine généreuse ses yeux dans lesquels on souhaiterait se noyer…
Le livre est beau, presque autant que la pin-up de couverture d'ailleurs… ce qui n'est pas une mince affaire, surtout quand on voit l'épaisseur de cette intégrale de près de 400 pages !
Tirée à 2500 exemplaires, tous signés par Serge Clerc via un tirage couleurs inséré et relié au début du livre : ce n'est pas tant que cela, tout en étant un gros tirage pour ce type d'ouvrage, flirtant entre l'intégrale thématique compilation des histoires de SF en Bande Dessinée de Serge Clerc, et le Art Book / recueil d'illustrations sur le même thème, avec tous les dessins, couvertures, recherches voire dédicaces (!?) qui les accompagnent dans un ordre chronologique…
On y trouve les récits courts tels Les merveilles de l'univers, ou la  Route de la gloire,  histoire de 15 pages faite avec Rodolphe qui commençait à être scénariste ( c'est aussi le titre d'un roman de Heinlein, dont il existe une édition en CLA Opta illustrée par… Moebius !)
Et, bien évidemment la reprise de tous les livres épuisés : principalement Captain Futur (la couverture est très mal reproduite dans mon exemplaire ? alors que les noirs sont plutôt pas mal) ou Sam Bronx et les robots… qui n'est pas le Sam Bronx de Phil Perfect, mais ça va devenir compliqué.
Un bon prétexte pour nous recaser Mélanie White, sur scénario de Manchette (qui n'était pas l'exclusivité de Tardi) : si je l'ai lu quand je l'ai acheté à l'époque (hé oui !), je me souviens toujours de la tête des collectionneurs de Serge Clerc quand je leur sortais ce livre, entre autres collectors, estampes ou choses plus rock'n roll du Dessinateur Espion® !…
Cette fois-ci, ils ne vont pas pouvoir y échapper…

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture encore emballée avec son totocollant marketing…
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture encore emballée : pour voir l'épaisseur (c'est la tranche !)
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture : déballé sans son totocollant = devoir garder l'emballage !
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> Clerc en pin-up boy et l'image signée : numérotation sidérale…
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture sous la jaquette… la surprise du 1er plat
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture sous la jaquette… la surprise du 4e plat
Éditions Dupuis — 2016

Serge Clerc — Science-Fiction Intégrale
> La couverture sous la jaquette… (presque) ouverte
Éditions Dupuis — 2016

Pour ce qui est du livre dans sa forme, Dupuis est passé du classique dos carré de la collection Patrimoine au dos rond / arrondi… ce qui va trancher avec les deux précédentes intégrales de Serge Clerc (qui sont en fait les deux suivantes : volonté de faire aussi compliqué que Star Wars ?) déjà présentes dans la bibliothèque : mais peut-être cela est-il un choix afin de vraiment différencier cette période de celles de Phil Perfect et de la musique ?
Il me semble que c'est le seul livre de la collection Patrimoine à passer au dos rond, à la mode depuis Futuropolis, Casterman et autres éditeurs… même moi avais fait ce choix pour l'intégrale de Lloyd Llewellyn de Daniel Clowes que j'ai éditée !…
Au déballage, la jaquette est plutôt du genre fragile que sensible. Le papier est trop léger, heureusement qu'il a été pelliculé pour lui donner un tant soit peu de main, mais il va falloir manipuler le livre avec d'infinies précautions : qui tient son livre avec la jaquette encore dessus — que l'on enlève souvent pour lire le livre lui-même — la marquera certainement. 
Il aurait été préférable d'augmenter légèrement le grammage voire de faire une jaquette américaine…
Un effort camarade : la jaquette protège et met aussi le livre en valeur… C'est le lecteur qui va devoir protéger sa jaquette… rapidement.
Celle-ci risque vraiment de s'abimer vite puisque ce livre ne se lira pas d'une traite (à moins de chercher à faire une cure de sommeil en maison spécialisée ?)…
Malgré toutes les précautions prises par les collectionneurs : mains propres et stérilisées, ongles manucurés et coupés, gants blancs en coton spécialement adapté à la manipulation de documents précieux et éviter de répandre l'acidité des mains sur le papier (attention de ne pas avoir les mains abimées telles que Dionnet et Pirus nous l'ont décrit dans Rose profond !), puis lecture en elle-même : verre de cognac prêt sur la table basse près de son fauteuil préféré, femme(s) et enfant(s) sortis pour faire les courses de Noël et musique douce en toile de fond sonore : je conseille The Clash ou The Cramps (hé, on ne va pas lire un Jonathan et, sincèrement, Mike Oldfield me fait vomir les tympans !)…
Et Vangelis ne marche que si l'on regarde Blade Runner

Je l'ai donc feuilleté. Plusieurs fois d'ailleurs. J'ai picoré et pioché ici ou là…
Ça me rappelle comme j'ai lu Le journal du même Serge Clerc : en prenant des passages au gré de ce qui accrochait mon regard et absolument pas de façon stricte de la première à la dernière page…
J'hésite pour ce gros livre entre foisonnement, richesse, somme exhaustive (la totale ?)  et compilation.
Tellement il y en a dans tous les sens.
On passe d'histoires de Bande Dessinée, à des illustrations, à des recherches, à des couvertures de livres : je verrai à la lecture si cela passe et se digère avec légèreté. 
Mais quoiqu'il en soit, l'envie est là, grande. Elle se développe tel un alien qui veut sortir retrouver maman Sigourney…
Le choix de la chronologie, a priori plus simple pour la mise en page et apparemment plus cohérente peut être un piège pour le lecteur: on peut aussi choisir de chapitrer ce type de livre, les histoires en Bande Dessinée d'un côté, et la face cachée de la planète illustration d'un autre…
Le papier me parait un chouïa léger, on perçoit une légère transparence parce que Serge Clerc dessinait vraiment pour le noir & blanc, parfois rehaussés de trames manuelles : les lèvres sont souvent bien noires…
On peut considérer qu'un grammage supérieur aurait eut un impact (on dit impacté dans le monde du marketing actuel : beurk !) probable sur le prix de vente public (PVP fixée par le seul éditeur) de cette édition intégrale et l'éditeur a certainement préféré ne pas écorner notre budget pré Noël…
Un aparté…
Intégrale qu'il faut bien évidemment et absolument aller acheter dans une librairie spécialisée en Bande Dessinée.
C'est déjà très difficile pour elles, encouragez les spécialisés dans votre domaine de prédilection plutôt que tout autres types de librairies : sinon les bandes dessinées ne se vendront plus que chez les gros du net ou dans des ZAC…
Un libraire spécialisé quel qu'il soit doit être défendu… Toujours. Ami, partout etc.
Même quand vous ne vous en rendez pas compte…

Il est dommage de ne pas m'avoir demandé le scan de cette première planche de L'étoile de Vega qui devait être la suite d' Exterminateur 17 de Bilal et Dionnet : je l'aurais fourni avec plaisir…
Je vous l'offre, à vous mes lecteurs fous (de me lire !)  : la page sans le logo titre, pour voir le dessin de Clerc et ce magnifique étoilé de l'espace intersidérale dans son intégralité…
Le logo est juste dessous : vous pouvez maintenant jouer à reconstituer tout seul — comme un grand — la page en kit à la suédoise

Serge Clerc + Dionnet — L'étoile de Vega
> Planche originale page 1
Sans le logo titre

Serge Clerc + Dionnet — L'étoile de Vega
> Logo titre original
Compose toi même la maquette de cette planche…

Un vrai regret : que l'image signée soit reliée dans le livre. Celui-ci étant filmé dès sa sortie de l'imprimerie, elle eut pu être (c'est français ?) juste insérée afin que celui qui l'aime puisse la mettre sous cadre sur un mur et décorer ainsi son intérieur d'un beau dessin de Serge Clerc.
Ce n'est 'qu'une' quadrichromie, mais tout de même, la relier ainsi, sur le modèle des éditions signées de la collection Aire Libre : bof, bof, bof
Le pire est cette numérotation mécanique : aaaaaaargh !
L'horreur… Le mauvais goût sous ce beau dessin !
J'offre toutes les idées du monde à qui en a besoin (rhooo, le prétentieux : non mais vous entendez ça !)…
Au minimum, faire imprimer le tirage/nombre "2500" d'après une numérotation écrite par l'artiste pour faire illusion (et Serge Clerc a une super belle écriture et/ou signature !) et prendre une petite main (un stagiaire ou apprenti en métier du livre/ édition dans le milieu) pour écrire la numérotation à la main et au crayon…
Ce type de numérotation mécanique peut être conservée pour numéroter le livre sous son colophon ou dans une page de justificatif de tirage : il s'agit là d'une illustration pleine page d'introduction à l'ouvrage…
Il eut mieux valu numéroter le livre lui-même de cette façon et laisser le tirage de ce dessin juste signé par Serge Clerc…
Dupuis a peut-être retrouvé les numéroteurs qui servaient pour leurs tirages de têtes des années 80, ceux à douze millions d'exemplaires ?
Je sais bien que c'est fait en machine (comme les tickets de tombola par exemple), mais tout de même…
Et, toujours le même souci pour un livre de cette pagination et donc volume/temps de lecture : l'absence de signet pour marquer sa page…
Cela est une quasi constante dans l'édition de Bande Dessinée : les livres sont devenus de plus en plus gros (et lourds) et la mode des intégrales s'est ajoutée à ces éditions : il n'y a quasiment jamais de signet, alors que le moindre Pléïade en contient au moins deux…
Il faut toujours trouver un marque-ta-page ou un machin, un ticket, un papier qui traîne pour savoir où reprendre son (gros) livre de Bande Dessinée… et, parfois beaucoup plus tard puisqu'on le lit tranquillement, à son rythme.
Je me demande si les éditeurs lisent les gros livres qu'ils éditent, eux ou leurs confrères, et surtout s'ils marquent les coins des pages de ceux qu'ils liraient ?
J'imagine le collectionneur de Bande Dessinée qui cornerait l'angle d'une page de sa bande dessinée : certains feraient une attaque en essayant juste d'imaginer la scène !…

Il ne reste que la taille des textes de légendes des différents documents ou récits, avec certains en cyan : un bon moyen de me faire remarquer que ma vue a baissé, même si je m'obstine à ne pas porter de lunettes et à faire des exercices avec GlassesOff. J'aurais parfois apprécié une typo un tout petit peu plus grosse et un bleu plus soutenu que ce cyan qui vibre (les commentaires de Serge Clerc himself) devant mes pupilles, peut-être trop dilatées à la découverte de tous ces magnifiques dessins du Dessinateur Espion®…

J'ai été très déçu de ne pas être dans les remerciements (mais non ce n'est pas vrai du tout : je plaisaaaaante !) : pourtant, en feuilletant cette intégrale, je me suis au moins souvenu  avoir vendu, pour la plus grande joie de l'auteur, la grande majorité des pages originales de Captain Futur & Co

Nul doute que je vais prendre plaisir à retrouver cette inoubliable ambiance des années 70 et cette Science-fiction que j'ai toujours tant appréciée… et dont Serge Clerc fut un incroyable acteur !
Ce qui est le plus important reste le contenu de cette Intégrale et de retrouver toute cette période incroyable dans l'œuvre de Serge Clerc, mêlant vaisseaux spatiaux, tueurs et aventuriers de l'espace sans états d'âme et ces pulpeuses pin-ups aguichantes et aguicheuses à sauver, telles des Hélène de Troie du futur : sans oublier ce style ciselé tel un orfèvre de l'humour décalé qui caractérisait tant de Serge Clerc…

Comme je le disais à mes clients : "bonne lecture !"




Valéry Ponzone

 

mercredi 9 novembre 2016

> Les merveilles de l'univers de Clerc et Moebius…

La date de sortie de l'intégrale tome 0 Science Fiction de Serge Clerc, fixée pour ce 10 novembre 2016 est enfin (presque) arrivée…
Cette intégrale éditée par Dupuis dans l'excellente Collection Patrimoine (je ne reçois malheureusement pas d'exemplaire gratuit : ce n'est donc ni de la publicité déguisée, ni un publi-reportage !) marquera certainement une grande avancée quant à l'édition exhaustive et quasi définitive des nombreux dossiers des œuvres de Bande Dessinée du Dessinateur Espion®…
Dossiers compilés, rassemblés, classés, reprographiés, ordonnés et archivés par Serge Clerc lui-même, depuis des années — voire depuis le XXe siècle —  dans cette seule optique : offrir au monde émerveillé une sorte de bibliothèque idéale de ses seules œuvres et histoires…
Nul doute que ces pages des Merveilles de l'Univers feront partie du voyage intergalactique et sidéral que nous promet cette édition.

Certains ont peut-être oublié que la Science Fiction était le véritable crédo initial de Métal Hurlant, dès son débarquement en kiosques, et que Serge Clerc y déboula — chancelant du fait du décalage spatio-temporel ou de l'émotion —  de son astronef intergalactique dès le numéro 4 (incroyable quand on y repense !)…
Celui qui allait y devenir le Dessinateur Espion® à la vitesse subluminique, pratiquait ce genre marginal avec aisance et talent, arrivant à trouver sa voie entre Moebius ou Vaugh Bode, avant de devenir l'égérie du mouvement Rock & BD et de revues telles que le NME !…

Souvenirs des temps futurs venus du passé…
Quelles merveilles !!!…


Serge Clerc — Les Merveilles de l'Univers — Planche 1
Par Al Tiomkins et avec la collaboration du dessinateur espion
in Métal Hurlant numéro 18 — 1977

Serge Clerc — Les Merveilles de l'Univers — Planche 2
Par Al Tiomkins et avec la collaboration du dessinateur espion
in Métal Hurlant numéro 18 — 1977

Serge Clerc — Les Merveilles de l'Univers — Planche 3
Par Al Tiomkins et avec la collaboration du dessinateur espion
in Métal Hurlant numéro 18 — 1977

Métal Hurlant numéro 18 — 1977
Couverture par Druillet

Mais les Merveilles de l'Univers furent aussi explorées par le futur Major Fatal Grubert — qui n'était pas encore seul Maître à bord du Ciguri (avec Dame Malvina), et seulement Commandant, embarqué avec un reporter dessinateur dénommé Gir, dans l'expédition "Galatée" — comme on le constate dans  ce poster collector est édité par Les Humanoïdes Associés…

Moebius / Gir — Les Merveilles de l'Univers
Par le commandant Grubert Chef de l'expédition "Galatée"
Poster promotionnel réservés aux premiers acheteurs de Major Fatal

Et cette autre Merveille de l'Univers reprise en carte postale dans les années 80 :

Jean Gir — Une Merveille de l'Univers
Carte postale — Éditions Aedena 1985

Pour ce qui concerne le livre de Bande Dessinée de Serge Clerc une seule chose à dire :  Vivement demain !
Mince de mince : ça nous ramène en 1985, un quasi paradoxe temporel ou une faille dans l'anneau de Möbius ???





Valéry Ponzone