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dimanche 1 mars 2026

> Moebius d'un simple poster à 500 euros à la délation : Olivier du 86…

Une expérience partagée… 
 
Ces jours-ci, je tombe sur une annonce étrange : une affiche en quadrichromie non signée de Moebius — un poster — à 500 euros sur un site de vente… qui passe rapidement à 460 euros … 
Le prix m'estomaque de façon inversement proportionnelle au descriptif  lapidaire: il est plutôt délirant pour un exemplaire non signé ???…

Descriptif qui contourne le système de paiement rassurant du site et présente l'affiche avec ses plus beaux ornements de décoration intérieure : 

"rare affiche MOEBIUS cristal starwatcher 1985
starbur graphics
60x45
envoi soigné
Préférence pour ne pas passer par le paiement lebo****** à cause de la faible indemnisation en cas de problème avec le transporteur "

 

 

L'affiche de Moebius non signée proposée à 500 puis 460 euros sur internet (photo © Olivier du 86550)

 

Pensant à une probable erreur d'appréciation, puisqu'il s'agit d'un exemplaire non signé d'un tirage qui a été commercialisé signé, je me permets d'écrire simplement au vendeur que le tirage vraiment rare est celui qui  a été signé par Moebius… pas vraiment cette version sans la signature de Moebius. En fait, je suis surtout interrogatif (avec pleeeeeein de points d'interrogation) pensant réellement à une confusion dans la rédaction peu descriptive de l'annonce : d'autant plus que l'exemplaire proposé est seulement en "bon état"… 

Mon message : 
"Bonjour L'affiche est rare si elle est signée comme elle a été publiée… 500 ou 460 euros pour un poster, version non signée d'un tirage signé ??????"
 
That's all, folks!! Rien de vraiment particulier… Rien d'intense… 
Il m'arrive parfois d'écrire à des vendeurs qui se trompent de procédé d'impression : sérigraphie pour ce qui n'en est pas, cela peut leur éviter des problèmes futurs avec des acheteurs qui pourraient mal le prendre… C'est tout. Mais j'ai vite arrêté : si certains remercie de leur permettre d'affiner leur description, la grande majorité rentre dedans remettant en cause les petites connaissances en bande dessinée de l'humble rédacteur de ce blog… Eux sont devenus les sachants qui ne savent pas se remette en question…

Mais ce vendeur, Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550), au profil public puisque offert à tout le monde sur un site de vente public, prend super mal mon message (qui, dans l'absolu, est surtout sans intérêt) !!??… 

Sa première réponse est : 
"Bonsoir Cette affiche signée est bien plus onéreuse Cdlt
Pourquoi pas, mais oui, mais non… On verra cela plus loin.  
 
Puis pensant me scotcher au plafond il bascule sur un autre sujet, qui n'a rien à voir avec le poster de Moebius dont il est question en insinuant que je ferai des impressions de Druillet ? 
Pas de chance, je n'en fais pas.
Je n'ai jamais eu la chance d'éditer Druillet, et pourtant cela m'aurait beaucoup plu… dans mon autre vie.  Si je vends des petits trucs de rien du tout de Druillet, ceux ci ont été imprimés en offset, donc par des éditeurs / imprimeurs équipés pour le faire : ce que je ne suis pas…  
Passons.
La réponse est un peu comme la façon de fixer son prix de vente : au doigt mouillé, sans trop maitriser le sujet, ou, comme certains hommes politiques, sans trop toucher Terre d'un côté (le prix) et en cherchant à passer sur un autre sujet tout simplement… hors-sujet.
Est-ce là la récurrence de celui qui regarde le doigt plutôt que la Lune ? 
Comme je tape toujours très vite sur mon clavier, sais ou aller chercher les informations,  et que je suis finalement plus respectueux que lui (aller au bout de son explication est une forme de respect), je prends quelques minutes pour lui expliquer et indiquer des prix de vente récents de cette fameuse version signée qui serait plus onéreuse (sic) d'après son expertise de professionnel de la profession® : 
 
"(…) Ce n'est pas parce que la version signée vaudrait plus chère (quoi que… ) que la version non signée vaut 500 euros (…) La version signée pourrait être plus onéreuse (sic) mais la ratio tirage signé / tirage non signé ne place pas cette version dans ces sphères : c'est un poster. Même si c'est un de mes dessins préféré de Moebius
Cela dit pas très compliqué de savoir les choses, il faut savoir chercher , ce qui m'a pris 10 secondes :
version signée de cette affiche vendue récemment :
- 10/2023 = 610€ ;
- 11/2023 = 400€ ;
- 03/2024 = 585€.
"Effectivement beaucoup plus onéreuse". (…) bonne vente à vous… "

Concluant en toute cordialité  : 

"je ne cherchais pas à vous agresser comme votre réponse l'est un peu. Je pensais que vous aviez peut-être fait une erreur. Sans arrière pensée. En tout cas pas celle de vous faire changer le prix pour mon seul et unique intérêt… je n'achète plus ce genre de chose : pour les ranger dans un énième carton à dessin n'est plus très intéressant. Cordialement "

Au lieu de simplement accuser réception des prix récents de la version signée, ce qui est plutôt très informatif et cordial de ma part (je fais son boulot!), et suis allé spécialement lui rechercher de vraies information pour augmenter le potentiel de son érudition,  ou de passer à autre chose, l'Olivier du 86550 le prend super mal.
Lui n'a pas besoin d'apprendre, et prend des informations communiquées pour une leçon…
"Imbu ? Imbu ? Vous avez imbu on cher cousin ?… Comme c'est imbu ???…" 

Réaction épidermique, très maréchaliste 2.0, assez surprenante en 2026, d'un Olivier du 86550 qui a dû perdre sa sagesse sur une de ses routes de campagne : le petit marchand de quatre saisons fait immédiatement de la délation fallacieuse sur plusieurs de mes articles en vente auprès du site de vente concerné : utilisant le bon vieux procédé traditionnel de la dénonciation calomnieuse… mensongère.

"Une tradition française Môssieur, f r a n ç a i s e !!!…

Bel état d'esprit assez symptomatique en pleine période électorale : je pense que l'on va aller loin avec ce genre de comportement. Ce vendeur n'hésite pas à saboter le temps passé à mettre des références en lignes, ce qui s'appelle simplement saboter le travail de l'autre. Sidérant de s'abaisser à des procédés aussi nauséabonds, auxquels on pourrait facilement accoler une zoulie couleur vert-de-gris,  sur le modèle d'Arthur Rimbaud et ses voyelles multicolores…
Bravo à Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550), celui qui nous montre le chemin de diverses façon : en mettant n'importe quel prix de vente au hasard, dans une logique tellement Uncle Scrooge (l'original), et qui n'hésite pas à diffamer dans une volonté parfaite de nuire à autrui.  De ME nuire.

Suis-je, ou sommes-nous déjà plongé dans un Autre Monde, voire au retour d'un (im)monde irrationnel : faut-il l'être pour agir ainsi ?

Nous savons tous depuis l'étude du Grand Philosophe du 7ème Art, ce que sont ceux qui osent tout : mais, tout de même, c'est bien émouvant que de constater à quel point cette Vérité est tenace !!!…
J'ose à peine imaginer ce que certains risqueraient à le bousculer dans la rue, ou à froisser la tôle de la voiture de cet Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) ???

Serait-ce une personnalité que l'on développe par soi-même, une forme d'autodictatisme de la dénonciation ou de la délation ? Comment arrive-t-on à "penser" à agir de la sorte comme par automatisme bien tranquillement planqué derrière pseudo et clavier ? En ressort-on fier de soi et de ses actes ? 

Ou est-ce par atavisme voire par tradition familiale ? D'ailleurs, comment peut-on avoir ce genre d'idées et s'abaisser à les mettre en pratique en… 2026 ?
 
C'est un raisonnement qui m'a toujours un peu amusé, même si être victime de tels agissements n'a rien d'amusant du tout : des gens dans ce genre il y en a eu quelques uns dans la BD. Qui ne savent pas passer à autre chose et utilisaient des forums trop accueillant pour répandre leur atrabile et leurs mensonges.
Rien d'étonnant si leurs ascendants agissaient ainsi quand la période était davantage vert-de-gris que lourd et bas (merci Charles) : ils ne font que perpétuer la sale tradition familiale.
Mais si les ascendants avaient été du bon côté et avaient choisi l'épée, c'est la honte mignalienne absolue… 
Quoi qu'il en soit, voici un partage intéressant pour se préparer au monde dans lequel nous sommes déjà plongé puisque Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) a déjà acté ses turpitudes… 
Il faut préciser qu'il avait mis son annonce en pause de lui-même, alors que rien, ni même mon message somme toute sans grand intérêt d'ailleurs, et facilement ignorable, ne le poussait à le faire… 
Mais de là à passer de l'ignorance à l'ignominie ? Lui a franchi le cap avec une délectation certaine… Tout cela pour un simple message et lui éviter d'avoir de vraies mauvaises réflexions par ailleurs ???

Que faut-il souhaiter à ce genre de citoyen ? Peut-être de bien voter ? …

Peut-être l'un de vous parcourant encore ce blog, si peu approvisionné, a-t-il la chance de connaître un homme de si grande valeur que cet Olivier de Mignaloux-Beauvoir (86550) ?
 
Cela doit être très émouvant de pouvoir se référer à un être de si grandes et belles valeurs ???!!!… Soyez fier de connaître une si belle personne… que dis-je : un si grand Humaniste… 
Des gens qui ne rechignent pas à détruire le travail et le temps passé des autres sans aucune vergogne… sans aucune raison… 
Quand bien même, qui agit ainsi, si ce n'est une belle  *Ù@#&£%?# … parce qu'il faut vraiment 'être pour n'avoir absolument aucun respect pour le temps passé et/ou le travail des autres. Se trouve-t-il dans la Vienne en 2026 ou dans son homonyme en 1938 ?
Il est vrai qu'un vendeur en chambre qui prétend rare une affiche offset non signée (comment définirait-il la version signée : le mot a-t-il été inventé ou faudra-t-il l'accompagner de superlatifs ?)  recouvre pudiquement ses méthodes de signalements, de délation d'un voile sémantique paradoxal en parlant de réactivité (sic) !!!
Hé oui, comme je le disais plus haut : ceux qui osent tout… on les reconnait. 

Quoi qu'il en soit, je vais aller réviser et me préparer au futur immédiat : cela m'a donné envie de revoir Le Corbeau d'Henri-Georges Clouzot, avec l'admirable Pierre Fresnay… et de relire La Zizanie d'Astérix… 

 

 

 

Valéry Ponzone 

 

 

 

PS La suite est instructive puisque le vendeur a retiré son poster non signée à 500 euros puis à 460 euros pour le remettre en vente à 280 euros : une politique de prix très très élastique…

dimanche 14 avril 2024

> Berthet, sa Pin-up peinturlurée…

En passant devant la vitrine d'un "galeriste" voisin qui se pense artiste,  je tombe en arrêt devant un petit cadre en vitrine : un dessin de la Pin-up de Berthet et Yann en version plagiée et extrêmement crapoteuse…

Un rendu infect et sale au possible : un pin-up créée par Berthet qui devient pâteuse et sans âme… Récupérer le trait de Berthet qui vise à une certaine élégance et tirant vers la Ligne Claire (sans même que ce plagiaire ne dessine, puisqu'il ne part que de documents trouvés sur internet, sans même les redessiner) pour scribouiller dessus pour rendre le dessin aussi sale, des parties des dessins de Berthet sont repassées ou scribouillées, d'autres non. Il faut le faire !!??… Le "travail" fait sur le cercle en arrière-plan (pas certain qu'il sache à quoi correspond ce cercle d'ailleurs), ou sur  la Pin-up dédoublée sur la gauche, sans oublier cette robe soyeuse à l'origine qui devient un mélange de serpillère et de "truc" fait pour sortir les poubelles pour faire un clin d'œil au Père Noël est un ordure peut-être ?

Le plus délirant est de voir qu'il colle son scribouillage peinturluré sur une autre œuvre de Berthet, un crayonné de planche de Pin-up et qu'il ose signer l'ensemble (dans la planche crayonnée sur la droite au dessus de la tête de l'aviateur) comme s'il en était le créateur , ou en cherchant à se faire passer pour le créateur ??… Cet "artiste" ose se réapproprier le travail de Philippe Berthet en signant cette version, tout en dévalorisant la source… Il est évident que signer dans la planche crayonnée revient à faire croire qu'on en est le créateur…

Quand nous faisions des moustaches ou des scribouillages sur la couverture d'un magazine qui trainait nous étions, nous aussi, des artistes et nous aurions dû / pu signer notre "œuvre"…

 

Pin-up de Berthet version plagiée en 2022

 

Vous constatez qu'il s'agit d'un tirage, certainement d'une "toile" qu'il a faite puisque son système repose avant tout sur des toiles sur ce principe de récupération d'images sur internet et de mauvaise mise en forme de l'ensemble, pour donner l'illusion d'être artiste peintre et créateur du résultat final, même si dans la majorité des cas ce sont des photos conservées en "l'état".

Ensuite vient le tirage, là, de 100 exemplaires tout de même : tirage proposé à un prix de vente supérieur à des tirages de Berthet lui-même, l'artiste originel de Pin-up !… 

Comme il s'agissait du numéro 5 dois-je en déduire que 4 personnes auraient acheté cette immonde bouse pour ce qui concerne le résultat final ?

Ce dérivé de Pop Art avec ses déclinaisons comme ce Custom Art est avant toute chose du Parasite Art® : qui pourrait déboucher sur quelque chose dès lors que l'on a une once de talent et la correction de ne pas se faire passer pour ce qu'on est loin d' être… Le gag ultime est qu'en plus de tout, ce pseudo artiste se permet de donner des cours dans son atelier, de Photoshop® mais aussi… d'Art ???…

C'est bien entendu mon avis, et je le partage.

Beeeeeurk



Valéry Ponzone


dimanche 7 avril 2024

> Floc'h plagié… sur une plage

C'est en faisant des recherches très différentes que je suis tombé un jour, par hasard, sur un site qui énumère ce qu'il pense être les meilleures pochettes de disque de l'année… 

Celle-ci vaut son pesant d'or pour son originalité graphique exceptionnelle isn't it ? 

 

Lewis Evans x Boris Michel de Perry – Man in a Bubble – ZRP

 

Comme le site artwork & music l'écrit en étalant sa grande culture graphique et de la langue française ("en bord d'une mer" ; "tableau baroque"???):

"Costume moutarde, chemise et chaussettes roses, un café dans une main et une pomme dans l’autre, et le corps reposé dans un siège, manifestement confortable, en bord d’une mer qui paraît relativement calme. Lewis Evans, dandy serein à la barbe épaisse, prend le temps de songer aux choses, au sein de ce tableau baroque qui pourrait tout aussi bien être la planche d’ouverture (ou de fermeture) d’une bande dessinée décalée. Robinson sur son île a acquis une certaine forme de confort bourgeois, et gravite, à l’instant où il se trouve capté par le pinceau graphique de Boris Michel de Perry (qui a signé cette pochette de disque), dans sa bulle. Man in a Bubble, dit en effet l’album de Lewis Evans, un titre, ainsi, remarquablement illustré."

Effectivement,  "remarquablement illustré" (sic)  puisque juste un plagiat de base de différents dessins de Floc'h : sans vergogne !!!… 

Un mélange entre cette estampe Springtime éditée par Champaka Brussels dans les années 90, et les classiques dessins de Floc'h de personnages en train se déguster un thé, un café, un porto ou autre joyeusetés équivalentes dans un bon fauteuil confortable… 


Floc'h Estampe Springtime - Champaka Brussels 1994

Les nuages sont identiques dans leur principes graphiques, jusqu'au ciel virant vers le rose qui, lui,  est récupéré d'une autre des estampes de Floc'h de cette série sur les Quatre saisons :


Floc'h Les 4 saisons - Champaka Brussels 1994 (Image Drouot)
   

"Ceux qui osent tout" comme notre grand philosophe nous l'a enseigné ???…

En effet, il faut oser repiquer toutes les solutions graphiques aussi évidentes et se faire passer pour un graphiste grâce à Floc'h ?…

Bravo Boris Michel de Perry, bel esprit… 

Il y aussi eu d'autres pochettes pour des singles qui mélangent ce plagiat de Floc'h et la récupération de personnages de cartoons bien connus : avec le prolongement du pop art vers des dérivés comme le custom art, certains pensent peut-être que récupérer le travail des autres les mette au même niveau de créativité / création que Warhol ou Liechtenstein ?…

Bip bip





Valéry Ponzone


lundi 1 juin 2020

> Actes Sud ferme une de ses librairies du Quartier Latin…

Un ami m'envoie un lien du Figaro (!!!) pour me signaler la fermeture de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud, sise dans la partie la plus historiquement cultivée du Quartier Latin : le sixième arrondissement parisien…
Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud, propriétaires de cette librairie, a pris cette décision bien avant le confinement, dans la mesure où les gens ne viennent plus dans ses / ces librairies…
Peut-être faut-il en 2020 essayer de trouver de nouvelles solutions pour faire venir les gens dans les librairies, et réinventer les façons de leur en donner envie ?
Davantage en ayant vécu ce premier Grand Confinement de l'Histoire de l'Humanité ?…
Toutes les fermetures de librairies sont tristes, ou regrettables, quelle que soit la librairie et, quelle que soit la/les raison(s), surtout quand on se rend compte de ce qui les remplace : il n'y a que des crétins avec un QI de deux pour jubiler !…

Cette information concernant Actes Sud me fait revenir à l'esprit une expérience récente avec Thomas G., un des éditeurs de cette prestigieuse maison d'édition, et par ailleurs également auteur et ancien libraire : j'ai pu comprendre grâce à lui que la vente de livres puisse être compliquée pour les vendeurs, surtout quand ceux-ci se font entuber !

Ce 10 janvier 2019, Thomas G. recherche dans l'urgence des livres des débuts d'Actus Tragicus pour une expo sur Rutu Modan au Festival d'Angoulême de la fin de ce même mois de janvier : "J'ai besoin surtout des volumes "Bittersweet, King of the lillies, Observable, Karmap et Vibrato" ", m'écrit-il.

Je peux l'aider : j'ai encore tous les premiers, et davantage car je suis cet éditeur depuis le tout début, avec ceux diffusés en France par le Comptoir des emmerdements Indépendants… voire peut-être un peu avant avec Vertige Graphic Diffusion ???…


Actus Tragicus, premiers actes…


Je les lui envoie rapidement, à mes frais, dans un beau paquet très protecteur et lui propose de voir cela tranquillement : il a cette expo qui se rapproche à grand pas, et surtout il attend un heureux événement pour incessamment sous peu…

Je lui propose même de ne pas me payer les livres dont il a si vite besoin,  mais de m'envoyer en échange quelques titres d'Actes Sud… Dans mon esprit, cela est plus intéressant pour lui, car il peut certainement récupérer des titres chez Actes Sud avec une remise professionnelle, ou n'importe quel autre moyen que je ne connaîtrais pas en usage dans cette maison d'édition,  et cela me permettra de lire des livres que je n'ai pas (on ne le dit jamais assez mais les livres édités par  Actes Sud sont vraiment chers !)… Les échanges par mail se passent bien, le troc l'arrange, on parle de nos enfants, de lectures pour eux : à tel point qu'il me propose même d'ajouter des livres jeunesse en plus pour ma fille,  me promettant un "beau colis" (sic)… 
Agréable… à première vue.
Mes livres d'Actus Tragicus sont expédiés rapido et sont réceptionnés tout aussi presto : largement à temps pour son exposition Rutu Modan à Angoulême 2019 !
De mon côté je n'ai jamais rien reçu : rien !
Si, un message en mars pour me dire que ça allait venir : deux mois plus tard tout de même, mais comme Sœur Anne… malgré deux messages de ma part, au cas où le paquet se serait perdu. Un silence radio assourdissant qui laisse à penser…
Aucune réponse : je dois bien me rendre à l'évidence, je me suis fait entuber de quelques livres, urgents pour son expo, par cet éditeur d'Actes Sud : derrière cette expérience, je ne peux que me demander si ce genre de pratique représente les valeurs prônées par Actes Sud, employeur de cet éditeur ?…

Même après tant d'années je me fais encore avoir aussi naïvement, et j'en reste sidéré Ce n'est pas tant la valeur des livres perdus, que la façon de procéder qui m'a le plus dérangé dans cette pitoyable expérience.
On ne se connaissait pourtant quasiment pas, je me souviens qu'il était passé une ou deux fois voir des expos en bande avec ses collègues libraires, quand on était quasi voisins dans le Quartier Latin, mais j'ai fait confiance…
Celui qui travaille dans la grosse maison d'édition avec le tout p'tit vendeur de livres…

Les erreurs arrivent, les oublis aussi, cela est évident : mais on sait, ou on sent quand c'est conjoncturel, le reflet de problèmes d'organisation voire de désorganisation ou une volonté manifeste de procéder ainsi…

J'espère juste que les clients de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud étaient plus corrects, sinon je ne suis pas trop étonné de cette fermeture ???!!…

Un autre partage d'expérience, très bientôt, du côté de Dijon…




Valéry Ponzone






lundi 30 mars 2020

> Un manque relatif d'humilité…

Ce 28 mars 2020 notre Premier Ministre semble vouloir, lui aussi, tenir droit dans ses bottes et anticipe d'ores et déjà son bilan en conférence de presse : d'autres analyseront cela comme le fait d'être (si tôt? ) déjà sur la défensive ?…

 « (…) je ne laisserai personne dire qu'il y a eu du retard sur la prise de décision s'agissant du confinement »

Je trouve très triste d'entendre ce genre de petite phrase politique en ce moment, alors que les victimes s'ajoutent aux victimes quotidiennement, et que l'on se vante par ailleurs de libre expression tout en semblant vouloir tout de suite couper court à ce principe que je pensais acquis : en ce lundi 30 mars 2020, à la fin de la deuxième semaine de confinement, à cette heure-ci, il y a à cet instant T au moins 2606 personnes qui auraient pu avoir le droit de dire le contraire, et avoir le droit de contredire le Premier Ministre ou quiconque commencerait à s'accorder des satisfecits alors que des personnes meurent en nombre !…
Mais ces 2606 personnes ne sont plus là… je crains que le bilan, le véritable bilan ne se fasse tristement sur le nombre de victimes directes et collatérales, et non pas sur ce qu'untel ou untel pense dès aujourd'hui avoir fait de si grand, si beau, si fort, alors les chiffres le contredisent si violemment…
J'ose espérer qu'un jour,  certains seront obligés d'égrener les noms des victimes en public, devant le Peuple, car s'il n'y en avait eu qu'un infime pourcentage en moins juste pour avoir mis en place les mesures de confinement ne serait-ce qu'une semaine plus tôt, cela aurait été toujours mieux…

Juste une semaine plus tôt…
Même s'il est vain et stupide de jouer au prophète du présent, le confinement imposé juste une semaine plus tôt aurait peut-être pu permettre de limiter un peu plus "la casse",  même s'il est très compliqué et certainement inédit dans notre Histoire de mettre un pays au quasi arrêt, avec tous les autres dommages directs et indirects qui vont en découler, on peut sans trop se fatiguer les neurones se douter que cela n'a pas été fait plus tôt par cette volonté uniquement politique  (par opposition à une volonté de santé publique issue de ce fameux principe de précaution dans le domaine médical dont on nous rebat les oreilles à chaque fois que cela arrange ceux qui en parle) de maintenir le premier tour des élections municipales (on apprend depuis peu que notamment des assesseurs sont aussi touchés par le COVID-19), tout en grondant et en faisant les gros yeux à celles et ceux qui en ont profité pour sortir et profiter du beau temps de ce dimanche, comme si le Peuple était une masse intégralement composée d'enfants immatures…
Le message fort, politique et de santé publique (je le répète, le principe de précaution de ceux qui sont davantage informés que nous),  et non contradictoire (sortez pour voter mais ne sortez pas…)  eut été d'annuler ce premier tour afin de montrer à quel point cette pandémie était sérieuse au-delà de tout ce que nous avons connu !…
Depuis quand la santé publique face à une pandémie est-elle plus importante qu'un premier tour d'élections municipales ?…
Une semaine avant aurait aussi, et surtout,  permis d'éviter la rentrée scolaire du lundi 9 mars 2020, des vacances d'hiver de toute la zone A  !…
Cette semaine de rentrée pour toute cette zone A ayant été finalement inutile et dangereuse (des professeurs des écoles sont désormais positifs au COVID-19 !!) !…
Ce n'aurait été qu'une petite semaine et je ne peux pas m'empêcher de penser que cela aurait joué à différents niveaux…

D'autres se préparaient bien longtemps avant le 8 mars : une amie cadre dans une graaaaande banque française nous a dit qu'on lui disait de rentrer tous les soirs avec son ordinateur portable, bien avant la période de confinement officielle, afin de pouvoir basculer en télétravail rapidement…

Un match de foot entre l'Atalanta de Bergame et Valence en Italie, un autre entre Liverpool et l'Atletico de Madrid en Angleterre  (et l'UEFA qui se permet de faire récemment la leçon aux états européens : il faut oser!) ; une station de sport d'hivers dans le Tyrol Autrichien par ailleurs, ou bien une réunion d'évangélistes en Alsace ; un bateau de croisière véritable laboratoire flottant digne d'une boîte de Petri dont on ne tire aucune analyse (…) sont des paramètres spécifiques, mais le rapport au temps, savoir être dans le tempo est une autre spécificité qui fait la différence à tous les niveaux : et j'ai la nette impression inquiétante d'avoir un État en retard, en décalage permanent, à suivre plutôt qu'anticiper… 
Certains pensaient-ils encore et toujours à la jurisprudence Tchernobyl®™ ; rien ne franchit la barrière naturelle des Alpes, d'un nuage radioactif qui vient d'Europe de l'Est à un virus ?…
Ce fameux syndrome mêlé dit, de la Ligne Maginot et de la méthode Coué ?…
Nous pouvons être fiers que l'Armée s'engage afin d'aider les personnels soignants qui sont en première ligne et ait monté un hôpital de campagne de trente lits en une semaine en Alsace : j'étais dans un régiment Pluton d'Artillerie Nucléaire en Alsace justement et j'ai une petite idée de la puissance importante et réelle de l'Armée Française… avant la Chute du Mur de Berlin, et elle ne me semblait pas envoyer au front, en première ligne des hommes sans des munitions et encore moins les équipements de base (je n'oublie pas les exercices NBC : B pour "bactériologique" ) !…
Tout en se remémorant, en parallèle, de la construction à Wuhan, en Chine, il y a seulement quelques semaines de deux hôpitaux de 1000 lits en moins de quinze jours !!!…
Sommes-nous  tombés de l'autre côté du miroir ?… 
Ne serait-ce pas une faille spatio-temporelle ou un glissement dans un monde parallèle : être et avoir été  ???…

Ou, cette vieille blague vue/entendue dans le film de Mathieu Kassowitz : "jusqu'ici tout va bien !…",  dit celui qui tombe dans le vide à mesure que les étages défilent, et qu'il se rapproche du sol ?…

Alexandre le Grand, par L.et F. Funcken
in Journal de Tintin numéro 50 du 12 décembre 1956
Logé à la même enseigne que ses soldats : ce passage m'avait marqué quand j'ai lu cette Histoire Vraie  dans le Journal Tintin : j'avais 8 ou 9 ans ! Alexandre le Grand ne porterait-il pas de masque si les siens n'en disposent pas ?…
J'ai lu plus tard une biographie plus dense parmi les livres que mon grand-père avait édité !…



Nos amis et voisins Italiens lanceraient-ils peut-être un senza vergogna de circonstance, s'ils n'étaient pas en si grande douleur ?…

Mais on va y arriver, n'est-ce pas ???!!!…

Allez, demain je reparlerai de Chaland et de sa vision de la fin du monde…



Valéry Ponzone



samedi 21 mars 2020

> Moebius et Giraud : de beaux dessins ???

Je gardais cet info pour un forum de discussion où l'on ne discute pas vraiment du fond mais dans lequel on s'auto-congratule en cherchant les félicitations des autres… dans une ambiance de secte hérétique (puisque sans l'imprimatur de la Mère Supérieure) et où j'ai ressenti  et reçu un très mauvais accueil…
Y retrouver de toute façon un administrateur pas franchement porté sur la démocratie et la liberté d'expression (non, ils ne sont pas Charlie là-bas, mais, où est Charlie ?), qui me menace pour ce que d'autres font (!!!) comme tous les petits chefs qui s'excitent un peu trop vite dès leur accession à un mini pouvoir insignifiant : alors qu'il est lui-même un exemple détestable vécu personnellement (à mon détriment : il a gagné un bon gros cinq chiffres sur mon dos!) de gros spéculateur sur au moins un original de Moebius, et, cet autre membre qui m'a escroqué lui ayant acheté une lithographie d'Avril il y a quelques années qu'il ne me l'a jamais envoyée, déménageant, changeant de téléphone (…) ou bien encore cet  autre membre "universitaire" qui jadis se planquait derrière un pseudo et son clavier pour déblatérer sur mon compte (vive les recoupements !) : en cette période où tant de choses peuvent basculer, il vaut mieux s'éloigner de ce genre d'individus qui font mal à mon Mœbius !…
Tout cela me rappelait d'ailleurs trop l'ambiance des cours de récréation ou du café du commerce, sauf que ce n'est pas verbal : lire de pauvres types qui se permettent de dire du mal d'auteurs comme Druillet en le caricaturant était un truc incroyablement déplaisant  et permis pour eux !…

Il y a pourtant quelques personnes qui survolent cette assemblée, par leurs connaissances, leur passion réelle pour Moebius et leur état d'esprit bien au-dessus de la mêlée, et je les remercie d'avoir été  si intéressants !…

Je reviens à ces "beaux dessins" dont j'hésitais à parler depuis longtemps… Je n'avais jusqu'à présent envoyé les visuels qu'à deux dessinateurs.
L'histoire de ces dessins est simple : l'an passé un libraire bouquiniste voisin, que je trouve très sympathique (et je trouve sa libraire très agréable) me dit avoir des dessins originaux de Moebius, Giraud et Tardi…
Entends-je bien ?… Pas un dessin, mais plusieurs et il me les montrera… 
Il faut savoir que des libraires, même importants, n'ont jamais eu ne serait-ce qu'un seul original de Moebius / Giraud dans toute leur carrière : il n'est même pas spécialisé Bande Dessinée, donc hors-circuit,  et il me parle de plusieurs dessins !?…
Très très intrigué…
Il me les montre, rangés dans une simple chemise de base : trois "dessins de" Moebius, un "dessin de" Giraud et un autre "dessin de" Tardi, en prime…
Forcément le choc : no comment pour les dessins… Comme je l'ai dit, j'aime beaucoup ce libraire !…

J'ai employé toutes les circonlocutions possibles pour essayer de lui faire comprendre que… comment dire… enfin, bon… était-il sûr de la provenance ou du vendeur…parce que… enfin… bon… voyons, comment dire… hum… hum…
Il ne m'a pas donné l'impression de m'entendre et le principe de précaution ne fonctionne pas toujours semble-t-il ?…
Je pense même qu'il devait penser en son for intérieur :  "mais pour qui se prend-il ce type ?!…"…

J'ai laissé couler…
Redemandant des nouvelles de ses dessins il y a quelques semaines, il m'apprend qu'il en a vendu deux, dont un (ou les deux ?) à un collectionneur qui avait fait spécialement le détour sur la route d'Angoulême !…
Waoh !… Là, ça devient vraiment sérieux…
Le "Giraud" et le "Moebius aérien",  les deux derniers des visuels présentés ici, sont donc dans la nature et trônent dans une prestigieuse collection d'un fin connaisseur
Il me semblait important de le communiquer, parce que je trouve cela ennuyeux, très, mais vraiment, très ennuyeux…

Major Fatal par qui ?

Major Fatal par qui ?

Major Fatal par qui ?

Blueberry, Indiens par qui ?




Valéry Ponzone







PS : J'avais oublié le Tardi :

Tardi par qui ?



jeudi 19 mars 2020

> Bruno le Libraire…

Encore des messages contradictoires de la part du gouvernement, c'est tout de même sidérant que ces "amateurs" (sic) n'aient pas des conseillers qui lisent, par exemple, les travaux des spécialistes de l'École de Palo Alto en Californie à ce sujet ?…
Malheureusement, en matière de doctrines, certains préfèrent trop suivre les théories économico-dogmatiques de l'École de Chicago

Notre cher ministre des finances, Bruno Le Maire se demande si les librairies pourraient ne pas rouvrir, tout en partageant une vision de la librairie déplacée, fanstasmée et issue d'un autre temps en considérant un cadre précis.  "que ce ne soit pas -et c’est tout le plaisir de la librairie- un lieu où on flâne et où on reste longtemps"…

C'est super de définir les librairies comme des commerces où l'on flâne : effectivement les librairies sont des lieux différents et il est bien entendu que les libraires n'ont toujours que cela à faire que de devoir avoir des flâneurs entre leurs murs, plus encore suivant la topographie du lieu ? Dans une libraire on cherche des livres et on se fait aider, conseiller, on échange, on discute, on trouve ou non un livre mais on n'y pas plus censé s'y promener que dans un restaurant ou tout autre lieu de commerce : pour flâner on peut aller dans dans un musée, par exemple, mais on paye l'entrée ! de toute façon les gens  n'ont plus le temps de flâner avec leurs emplois du temps de folie qui les fait courir de leur domicile à leur travail, puis aller chercher les enfants etc. etc. )…
Rouvrir — donc faire une exception — alors que tout le monde doit être confiné est un premier message de communication très contradictoire… Doublement contradictoire, puisque non défini dès le départ (pire que des "amateurs" : des improvisateurs ?) et surtout qui concéderait une exception, alors qu'ils semblent tous lutter contre tous  les régimes d'exception qui seraient trop français ???…
Pourtant, depuis que je suis enfant j'entends parler d'exception française…

Cette pharmacie sert ses clients dès le mardi 17 mars 2020, le matin,  à travers sa grille extérieure, par laquelle elle fait passer le terminal de paiement par carte bancaire !… Bien évidemment la pharmacienne a son masque sur le visage…
Une pharmacie refuse de laisser entrer ses clients (pas celle où je vais !) et on s'interrogerait sur le fait que les librairies puissent rouvrir et accueillir qui que ce soit, même au compte-goutte,  à l'intérieur de leurs locaux ?…

Pharmacie - Bordeaux (hypercentre) 17 mars 2020

Passerons-nous ensuite aux disquaires ? Parce qu'écouter de la musique peut-être tout aussi culturellement vital en ce moment, mais il est vrai que notre Président de la République nous a conseillé de lire des livres, alors que les bibliothèques publiques ont déjà été fermées et, que malheureusement, beaucoup de gens n'ont tout simplement pas/très peu de livres chez eux !!!…

"Amateurs, disait le Président de la République, improvisateurs ou quoi que ce soit d'autre ne change rien au fait que je n'ai pas personnellement l'impression d'avoir un niveau de réflexion, d'analyse et de communication à la hauteur de la situation, sauf par ceux qui sont sur le terrain, comme dans cette émission de Arrêt sur Image en accès libre.

Envisager la réouverture des librairies pour recréer une concurrence plus équitable contre Amazon qui continuerait à vendre ses livres et — encore une fois — à en profiter (et la FNAC ou les autres sites de e-commerce ?) ? Il est certain que cela doit être la priorité des priorités en période de confinement… recréer une concurrence saine magasins physiques / e-commerce pour vendre… des livres.
Avec la passion si profonde, si dévorante même que je ressens pour les livres, je trouve cela tout simplement : s-i-d-é-r-a-n-t car absolument pas prioritaire !…

Il me semble d'ailleurs que le SLF (650 librairies en France) ou le regroupement INITIAL (50 libraires en France et Belgique) demandent autre chose que leur réouverture : plutôt de mettre Amazon au pas de la décision d'État du confinement national actuel face à la pandémie du COVID-19 ?…

Logo SLF

Incapacité de faire payer leurs impôts en France à Amazon, et à d'autres monstres économiques du même style, qui semble avoir aussi ses propres règles sociales internes : il semblerait que la même incapacité se révèle à faire respecter à Amazon une décision aussi forte que le confinement (unique sur le plan de l'histoire humaine, plus encore à l'échelle de si nombreuses Nations) que celle que nous vivons actuellement ?…

Une parenthèse, puisque je parle d'Amazon, je n'oublierai certainement pas Arnaud Montebourg pas encore candidat à je-ne-sais-plus trop quelle élection présidentielle dans une sorte de publi-reportage dans son fief (drôle d'expression quand on sait l'une des raisons fortes de la Révolution Française !) de Saône-et-Loire apparaissant si heureux de l'installation prochaine — à l'époque — d'un entrepôt Amazon dans sa région (ou circonscription), avec la création à la clef d'une centaine d'emploi (on en était arrivé là dans notre beau pays de France, crier victoire pour une centaine d'emplois créés ?) : sans tenir compte du nombre d'emplois détruits par ailleurs, et dans sa propre région, des règles sociales bafouées, ce qui me paraissait un peu choquant pour un membre du Parti Socialiste !!??…

Le livre et la culture en général sont toujours considérés comme du superflu que l'on sabre des budgets (on l'a vu après la crise de 2008) et tout d'un coup, les librairies qu'on laisse si vite tomber dans des spirales infernales, fermer voire crever les unes après les autres (la bouche ouverte ! ) sans un geste de soutien ou un regard (non, je ne parlerais pas de l'imposture clientéliste parisienne de la SEMAEST avec Vital Quartier Latin !!…deviendraient de premières nécessité : je crois rêver !
Surtout en voulant que nous y allions de la façon décrite par Bruno Le Maire : en consommateur plutôt qu'en lecteur…

Ce qui m'étonne le plus est le simple fait qu'a priori personne n'en profite, principalement les éditeurs et les libraires vendeurs, pour mettre en avant l'alternative et l'intérêt des livres numériques : qui évitent tout déplacement en librairies pendant une période de confinement ?
Des médiathèques, comme des bibliothèques prestigieuses à l'étranger ont aussi des ressources numériques disponibles et gratuites, dont des livres ou la presse : on peut donc trouver d'autre moyen de lire pendant une période aussi particulière : pas besoin d'être frustré de ne plus pouvoir flâner (sic) dans une librairie…

L'introduction du communiqué du 18 mars 2020 du regroupement INITIAL est certainement d'un autre niveau que la communication récente de notre Ministre des Finances au sujet des librairies !…

« Monsieur le Ministre, nous avons hâte de ré-ouvrir nos librairies et de retrouver nos clients, mais pas à n'importe quel prix. Aujourd’hui, notre priorité c’est la responsabilité et la citoyenneté. Pas les petits profits »

Une bonne raison de passer du temps à se distraire avec un autre Brüno, un peu plus rigolo : nous savons tous que Bruno Le Maire n'a aucune envie de devenir Bruno Le Libraire® !!!…





Valéry Ponzone



mercredi 18 mars 2020

> « J'ai connu une Polonaise qu'en prenait au petit déjeuner… »

En général celui ou celle  qui vous fait la leçon est très souvent dans le transfert de sa propre petite personne : ce qui est très pratique à penser pour se marrer de la leçon donnée !…

Dans Courrier International il y a deux informations très contradictoires venant de Pologne ; tout d'abord une journaliste polonaise en poste à Paris depuis seulement deux ans, et mariée à un compatriote, qui en profite pour nous ressortir le running gag de l'arrogance française® et qui a tout compris à la France et aux français alors qu'elle n'habite qu'à Paris (pas dans toute la France chère petite Médème !…) que depuis très peu de temps !…
À sa décharge, tout le monde a du croiser ceux qui ont tout compris à un pays, sa culture, son histoire,  sa société et ses populations (…)  en y passant à peine un week-end, et, pour rester dans notre micro domaine, d'autres ont tout compris à une libraire de Bande Dessinée en y entrant que 5 à 10 minutes, voire en n'y étant jamais allé (véridique) ou en n'y ayant jamais rien acheté (ou si peu… véridique part tou) !!!…

Le 16 mars 2020, cette digne héritière des plus grands esprits du Pullitzer Price nous fait un procès d'intention (ce n'est pas arrogant ça ?) de façon indirecte, puisque pour ses lecteurs,  dans le plus important quotidien polonais la GAZETA WYBORCZA - VARSOVIE  : (enfin, juste dans son supplément féminin en fait : Wysokie Obcasy) : nous, français,  sommes irresponsables face au Covid-19 (en mettant tout le monde dans le même sac)… en oubliant que nous devons apprendre à décrypter ("Enigma!… Enigma!… Je veux une Enigma!!!…" : sous l'air de "Orgie… Orgie… Je veux des orgies !!!…"  dans Astérix et le Chaudron !) un gouvernement qui ne passe son temps (est-il si bon de se vanter d'être des amateurs - sic - paraissant si peu éclairés ? ) qu'à envoyer en permanence  des (con)signes contradictoires : le maintient des élections municipales tout en nous incitant à aller voter, donc à sortir pour ensuite reprocher à certains d'en avoir effectivement profité pour… sortir ?…
Elle regrette d'être restée en France et aurait dû retourner en Pologne…

Effectivement, car…

On y apprend avec stupéfaction que 15000 polonais sont soumis à la quarantaine et que devant l'ampleur des violations aux règles strictes de la quarantaine, la police souhaiterait la mise en place de bracelets électroniques !!!…

Voilà une correspondante qui aurait dû tourner les talons et évite de faire la leçon ou ce genre de procès d'intention : ou tout simplement lire la presse bien informée ?…


« J'ai connu une Polonaise qu'en prenait au petit déjeuner… »

Monsieur Fernand (Lino Ventura) dans « Les tontons flingueurs »




Valéry Ponzone

mercredi 23 janvier 2019

> Franquin, Gotlib et la danse des chats : Slowburn…

Je fais régulièrement ma revue de presse internet : je ne lis que très rarement ce qui se rapporte à la Bande Dessinée, au risque de me trouver crispé devant certaines critiques ou analyses rédigées avec trop d'erreurs ou d'approximation…
Je n'aurais pas dû lire le blog d'un certain Jean-Samuel Kriegk dans le Huffpost qui nous parle du Slowburn de Franquin et Gotlib !…
Le chapô veut tout dire dans les nombreuses errances qui vont suivre : "Slowburn - La collaboration oubliée de Franquin avec Gotlib " : désolé mon cher Jean-Samuel (nous ne nous connaissons pas, mais permettez que je vous appelle Jean-Samuel : je n'ai jamais eu l'occasion d'appeler qui que ce fut Jean-Samuel) mais, non, cette collaboration entre Franquin et Gotlib n'est pas oubliée.
Pas par moi.
Pas davantage, j'en suis certain, par de nombreux lecteurs, connaisseurs ou collectionneurs de Bande Dessinée : par vous peut-être, mais je trouve que si tel est le cas, ce statut auto-proclamé de "spécialiste passionné de la BD" (sic)  en prend de suite un coup !…

Il est bon et intéressant de rectifier ou préciser certains points : on va passer sur "les personnages de matous"… puisque certains parlent de nos jours de « l'humanité des animaux » (sic)… 
Il fut pourtant une époque bien plus heureuse, malgré la cicatrice du Mur de Berlin en pleine face de la Déesse Europe, où l'on pouvait rire (mais pas de tout et surtout pas avec n'importe qui, si l'on s'en souvient bien) de ce genre d'assimilation, grâce au génie de Pierre Desproges qui se moquait en 1986 dans l'une de ses Chroniques de la Haine Ordinaire, Monégascons,  de ce qui aurait été un lapsus de Stéphanie de Monaco qui aurait déclaré en s'insurgeant contre la tauromachie : « je suis contre la tauromachie. Après tout, les taureaux ne sont-ils pas des êtres humains comme les autres ? ». 
Pierre Desproges n'oubliant pas de préciser avec son esprit si caustique « qu'il ne s'agit pas de l'expression involontaire d'une tendance à la zoophilie. ».

Cela dit, il y a déjà eu plusieurs éditions de Slowburn : trois pirates et une véritablement officielle publiée en 1989 et faisant partie d'une collection éphémère mais élégante et connue de tous les affidés des librairies de Bande Dessinée : Comixland !
Du fait de la faillite de son distributeur, cet éditeur n'a pas pu se relancer et cette édition officielle a souvent été soldée par la suite, ou se retrouve de nos jours vendue sur internet comme collector…
J'ai d'ailleurs vendu le dernier exemplaires que j'avais il y a quelques années à la librairie à un des scénaristes de Lucky Luke.
Voici les éditions de Slowburn que je connais, antérieures à cette fameuse édition officielle de Fluide Glacial : la première pastiche aussi la collection Copyright de Futuropolis (encore plus largement soldée que celle de Comixland) éditée chez Futuropolis !…

Slowburn — Édition pirate, 1982

Slowburn — Édition pirate

Slowburn — Édition pirate

Slowburn — Édition officielle Comixland, 1989

Slowburn — Édition officielle Fluide Glacial, 2019

Je sens monter de la foule impressionnante de lecteurs, la question qui taraude tout le monde : THE COUÉCHIONNE :
"Qu'est-ce donc qu'un "spécialiste passionné de la BD" quasiment inconnu de tout le monde ?…"
Quelqu'un qui est capable "de reconnaître instantanément le dessin de Franquin" quand il ouvre un livre de Franquin et Gotlib…
Très, trop fort !…

Ne parlons pas du diagnostic médical sur l'état de santé de Franquin en 1977 : en tout cas Fluide Glacial "ne vient pas d'être créé cette année là" , mais existe depuis 1975 !
C'est dans le numéro 9 qu'apparaissent les dessins qui feront Slowburn, et on peut aussi voir cette collaboration comme un échange entre Franquin et Gotlib : si Gotlib essaye peut-être d'attirer Franquin chez Fluide Glacial on peut surtout dire que Franquin aura aussi attiré Gotlib dans les pages du beau Journal de Spirou : ce qui était bien moins évident a priori !
En effet, n'oublions pas les diverses collaborations de ce cher Marcel au légendaire supplément underground des Éditions Dupuis : Le trombone illustrée (dans la cave du Journal de Spirou), qui vécu du numéro 2031 du 17 mars 1977 au numéro 2062 du 20 octobre 1977…
Pour ce qui concerne les Idées Noires, elles commencèrent, et furent créées dans les pages du Trombone Illustré avant de repasser dans celles du numéro 18 de Fluide GlacialMagazine d'umour — pour s'y développer tranquillement dans des numéros postérieurs…

Mais tout le monde semble oublier le côté profondément féministe de cette histoire courte de Gotlib et Franquin, dans une période marquée par le désir affirmé d'accéder aussi au plaisir car "les hommes sont tous des égoïstes" !

Fluide Glacial numéro 9 — Février 1977

Puisque l'occasion m'est donnée de parler des éditions Comixland, je la saisis au passage !
Cette maison d'édition fut créée à la fin des années 80.
Propagandiste acharnée de Peignot, elle publia de très jolis petits livres d'illustrations de format carré avec des auteurs comme Loustal, Teulé, Slocombe, Willem, Avril, Walter Minus, Dupuy & Berberian, Juillard, Clerc et… Franquin et Gotlib…
Un petit peu chers à leur sortie (j'ai retenu un prix de 42FF ?), beaucoup de gens les ont découverts en piles soldées ici ou là, ce qui a permis à ces livres de continuer à vivre…

La collection Comixland : "Nous étions passionnés…"

Une dernière histoire de chat avec Le Chat bleu des Dupuy-Berberian, l'un des derniers titres de la collection Comixland, dont voici un des dessin originaux qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler, dans son principe, Le miroir de Joost Swarte…
Ce magnifique dessin de l'adepte de la Ligne Claire® néerlandaise qui agrémentait les 4ème de couvertures des deux éditions du célèbre 30x40 Swarte édités par Futurolis, et orna le mur de ma chambre d'adolescent pendant des années tant ce dessin me subjuguait par ses innombrables lectures visuelles !…

Dupuy-Berberian, Le chat bleu - dessin original au trait

Joost Swarte, Le miroir
4ème de couverture du 30 x 40 SWARTE Futuropolis

Joost Swarte, Affiche Le miroir
Tirage signé "ouvert" — Format 50 x 70 cm

Clap! de fin pour Comixland : l'arrêt de leur distributeur les poussa dans le célèbre cul de basse-fosse des éditeurs passionnés… qui se font avoir par leur distributeur !…

J'y vois une résonance certaine avec mon humble travail d'édition, puisque la décision conjointe de Latino Imperato, Rackham version remix, et  de L'Association de ne pas continuer, ou persévérer,  avec le Comptoir des Indépendants m'a aussi planté de quelques factures de quelques milliers d'euros : les dernières factures de mises en place de mes livres de notamment Floc'h, de Juillard sur Louise et plus encore de mon gros Daniel Clowes Lloyd Llewellyn n'ayant jamais été payées, malgré l'immense trésorerie dont disposait L'Association (dévoilée suite à l' Asso Poutch, pour paraphraser le Rackham Poutch du siècle précédent, avant le remix Latino)…

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et visent à détruire les passionnés qui se démènent dans tous les sens à leur petit niveau pour arriver à faire leur maximum, produire, éditer des livres, des portfolios, des estampes, des tirages de luxe avec tout leur cœur et leur enthousiasme, faute d'être riches comme Crésus !…

Il faut toujours conclure sur un chanson :
Slowburn, c'est la danse, danse, danse des chats… S… L… O… W… B… U… R… N…
La danse, danse, danse des chats…




Valéry Ponzone