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mardi 7 avril 2020

> Yves Chaland, Une vie en dessins… (part tri)

Deux pages différentes pour parler d'une lettre de Chaland dans cette Vie en dessins : cela fait un peu répétition et contribue à cette impression latente de manque de structure du livre.
La première citation est dans les légendes en rouge…
La seconde fait partie du texte de référence, avec un manque de précision un peu étonnant : à force de ne vouloir passer que par des témoignages d'auteurs et de se valoriser à travers eux, on tombe dans le travers de la déformation des faits…

La Ligne Claire… par Chaland
dans Une vie en dessins - Éditions Champaka, 2019

La Ligne Claire… par Chaland
dans Une vie en dessins- Éditions Champaka, 2019

Présenter Floc'h comme "dépositaire" (sic) de cette lettre est en effet légèrement trompeur : la présentation correcte eut été de dire que Floc'h possède juste une photocopie d'une lettre destinée à un (jeune) lecteur de Chaland !…

Le second point a été relevé par le lecteur destinataire réel de cette lettre que Chaland lui avait envoyé :  il est encore plus étonnant de lire ce "et, avant tout, L'art moderne du néerlandais Joost Swarte" sous les touches du clavier du rédacteur ???
Chaland ne fait qu'énumérer trois titres, et n'a jamais fait une liste de classification qualitative mais une simple énumération : "L'art moderne n'a pas été situé en haut d'un podium qui n'existe pas !…", comme me le précise fort à propos le destinataire de cette fameuse lettre !…

"la Ligne Claire c'est 3 albums : 
- L'art moderne de Swarte
- Le rendez-vous de Sevenoaks de Floc'h
- Captivant de Chaland (modestement)"

Il est étrange de ne pas voir le nom de Cornillon, tout en sachant que Captivant est autant un hommage à l'âge d'or de la Bande Dessinée franco-belge qu'au comics US (plus récent que le Golden Age US, puisque certaines histoires sont proches, par exemple, du trait de Berni Wrightson !)…

La Ligne Claire… par Chaland
dans La lettre originelle !

Comme je suis certain que seuls les initiés connaissent ces trois titres, et, comme d'habitude, la maison de ne reculant devant aucun sacrifice, je vous offre les visuels des couvertures : 

L'art moderne de Joost Swarte
Éditions Les Humanoides Associés, 1980

L'art moderne de Joost Swarte
Éditions Futuropolis, 1985

Joost Swarte's Modern Art
Real Press Foundation, 1980
2000 ex. numérotés et signés

Le rendez-vous de Sevenoaks par Floc'h et Rivière
Édtions Dargaud, 1977

Le rendez-vous de Sevenoaks par Floc'h et Rivière
Édtions Dargaud, 1977

Remarquez la photos de auteurs au 4e plat du livre : ils sont avec leurs casques coloniaux sous le bras… Cela a-t-il donné une idée à Chaland pour son Freddy Lombard sur la piste du Cimetière des éléphants ?…
Je connaissais deux magasins spécialisés dans les tenues coloniales : un dans les beaux quartiers, dans le 7e arrdst parisien, sur le boulevard Saint-Germain, proche de la rue Solférino et de l'Assemblée Nationale et un autre plus étrangement placé rue de la Roquette, dans le 11e arrdst, proche de la Bastille.
Sont-ils encore ouverts à ce jour ?… J'en doute fort ???…
[Personnellement je m'étais acheté un casque colonial,  en pensant à Freddy Lombard affrontant la moiteur de la jungle,  chez Pier Import, rue de Rivoli, au milieu des années 80 : il n'était pas de qualité coloniale mais pas cher du tout !…  D'ailleurs ceux d'entre vous qui venaient — vraiment — à la librairie et ont vu des expos underground, dans la cave (pas celles au 1er étage) doivent se rappeler l'avoir vu posé négligemment sur une vitrine en teck : jusqu'à ce que je me décide à le jeter, la toile extérieure réagissant très mal au temps qui passe !…]
Je me demande si le second magasin n'aurait pas pu donner d'autres idées à Chaland pour son Cimetière des éléphants ?… En effet, la rue de la Roquette n'est pas loin de la rue Daval où se trouvait la librairie de Jean-Marie, spécialisée en scoutisme, en bandes dessinées anciennes et littérature populaire, enfantinat : Aux livres d'Alésia… Chaland habitait pas très loin, de l'autre côté de la place de la Bastille, rue de Lyon (comme Freddy Lombard : étaient-ils voisins de palier ?) et Chaland a dessiné la carte de visite de la librairie Aux Livre d'Alésia (hé oui, Chaland achetait ou échangeait ses bandes dessinées anciennes ailleurs que chez Chic-Bull à Bruxelles : Aux livre d'Alésia, Lutèce, Roland Buret, L'oreille cassée etc. !)…
Hé oui, ami lecteur (si tu n'es pas un ami lecteur, passe ton chemin et continue à répandre ton âme noire sur tes forums préférés !), savais-tu que Chaland habitait au 59 rue de Lyon, à Paris dans le XIIe arrdst, et qu'il n'y a que dans ce blog merveilleux et gracieux que tu peux apprendre, émerveillé et stupéfait, que Freddy Lombard habitait la même adresse !…
Entre l'ombre sous la semelle empruntée à Pat'Apouf ou ce genre de chose, si ce ne sont pas de véritables révélations, que sont-ce ?
Mais, oui, que sont-ce donc !!??…

Adolphus Claar, Carte de visite personnelle de Chaland

Adolphus Claar lit un album à damiers : j'en reparle un peu plus loin dans ce billet…

Freddy Lombard, Le cimetière des éléphants par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1984 - Planche 1
Freddy rentre chez lui avec son tableau au 57 rue de Lyon, Paris XIIe

Freddy Lombard, Le cimetière des éléphants par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1984 - Planche 8
Freddy rentre chez lui au 57 rue de Lyon, Paris XIIe

57-59 Rue de Lyon Paris XIIe
©Alphabet -Street view

Voici la carte de visite de la librairie Aux livres d'Alésia en interlude graphique : elle lie les plaisirs du scoutisme (qui ne sont pas solitaires, même si depuis quelques temps, surtout aux USA on en apprend pas mal sur le scoutisme et… enfin… bon, ce n'est pas le moment de parler de ces histoires glauquissimes…) et de la lecture : on ne lit pas en mangeant ou à table, mais en marchant, on peut le faire !!!… La RN10 de la borne kilométrique chère à Chaland est sur la Nationale qui nous emmène à Bordeaux : mais qui me dira où l'on se trouve quand on est à 120 kilomètres de Paris ???…

Aux livres d'Alésia - Carte de visite par Yves Chaland

J'ai un vieille blague de Binet, dans L'institution, qui me revient en mémoire, mêlant les kilomètres, la distance, et la ville de Tours, mais avec ces histoires de scoutisme, je vais botter en touche…

Je vous raconterai bien la première fois que j'ai voulu aller dans cette librairie, je pensais qu'elle était rue d'Alésia, qui n'est pas une rue parisienne trop longue pourtant…
Cette bonne blague !…

Captivant par Chaland et Cornillon
Éditions Les Humanoïdes Associés, 1979

Captivant par Chaland et Cornillon
Éditions Les Humanoïdes Associés, 1979

La maquette de Chaland pour cette Collection Pied Jaloux est d'autant plus référentielle que sa texture, on dit patterns maintenant dans les sites de graphisme, avec ces minis losange, ou cette grille, ne peut que rappeler discrètement les célèbres 4e plats "à damiers" de l'élégante Collection du Lombard
Dans un précédent billet, je vous ai montré le mythique 4e plat "peau d'ours" de la Collection du Lombard, il est temps de passer aux damiers qui ont succédé, afin de continuer notre parcours vers la connaissance extrême de la Bande Dessinée de collection, et l'extase de la Connaissance !!??…
Vous remarquerez que l'on ne trouve pas Michel Vaillant dans ces plats arrières à damiers de la Collection du Lombard, mais d'autres personnages moins connus…

Collection du Lombard - 4e plat damiers

Collection du Lombard - 4e plat damiers


Même si Chaland donne une explication sur la suite inéluctable de la Ligne Claire®, et pour pinailler, il manque à mon sens un titre parmi ceux cités par Chaland qui, correspond d'ailleurs mieux à la définition de la Ligne Claire® que Captivant : Berceuse électrique, extraordinaires Aventures au XXe Siècle de Ray Banana par Ted Benoit !…
Voilà un livre ultime qui correspondait absolument à la Ligne Claire® telle que définie par Joost Swarte, avec une ambition d'écriture et graphique extrêmes, ne serait-ce que par longueur de ces aventures chapitrées et digne d'un roman en Bande Dessinée : un roman (A SUIVRE)…


Ray Banana, Berceuse électrique par Ted Benoit
Éditions Casterman 1982


La Ligne Claire® définie par Joost Swarte, on en parle, on en parle, ici et là depuis les années 80, mais hormis être un concept connu que de rares élites dont certains se sont emparées afin de se faire passer pour des esthètes (à leurs propre yeux ?), qu'est-ce vraiment pour l'auteur néerlandais malheureusement si peu connu ?…
Lors de ma visite au Musée Hergé dans cette riante bourgade de Louvain-la Neuve (entre Noël et le Jour de l'An, imaginez le côté riant avec de la neige tout du long du long trajet de train et un froid de canard dont on aurait piqué les plumes pour mettre dans les couettes Ikea…), j'ai eu la chance de tomber, outre sur un très beau lieu dont l'architecture intérieure est l'œuvre de Swarte justement, sur une belle exposition temporaire consacrée au magnifique Lotus Bleu d'Hergé (ou sur Hergé et Tchang, maintenant que j'y repense ?) …

Il y avait cette citation de Swarte inscrite sur l'un des murs de l'exposition : 
"La Ligne Claire désigne une manière de dessiner qui implique les principes suivants. Les surfaces sont délimitées par une ligne d'épaisseur constante avec des contours francs, elles sont mises en couleurs par aplats, sans ombrages ni hachures."
Joost Swarte

C'est effectivement clair, net et précis !… Pour celles et ceux toujours désireux de mettre un peu n'importe qui et n'importe quoi derrière ce label de Ligne Claire® au risque de déroger à la Loi et de s'attirer les foudres du Créateur !!!…

Adolphus Claar par Yves Chaland
Éditions Magic-Strip 1983

Presqu'aussi clair qu'Adolphus Claar, dont le seul nom évoque cette Ligne Claire®, Klare Lijn en néerlandais, définit par Joost Swarte : cette seule référence patronymique est complètement oubliée dans cette Vie en dessins à multiplier les références et/ou écoles, on en oublie l'évidence,  à disserter sur le style Atome qui aurait été inventé (à l'insu de leur plein gré ?) par les vieux maîtres de l'Age d'Or (pas "grands" maîtres mais bien "vieux" !) : ils n'ont rien inventé de ce genre, ce sont des "exégètes postérieurs" qui ont cherché à coller des étiquettes un peu partout par cette volonté farouche de classifier, étiqueter ou mettre dans des tiroirs, avant les vitrines ou les cimaises tels les collectionneurs de papillons (je ne peux que vous conseiller de relire Docteur Poche de Wasterlain !) !… 
Pourquoi ne pas parler du style Atome, on trouvera bien un jour le style Eiffel pour des auteurs de Bande Dessinée (Schuiten ?), mais oublier avant toute chose que Adolphus Claar ne peut faire que référence à la Klare Lijn, et à la Ligne Claire, j'en reste baba, comme on dit dans Barbe-Rouge (je ne peux que vous conseiller de relire Barbe-Rouge de Charlier et Hubinon) !!!…


Adolphus Claar par Yves Chaland
Affiche promotionnelle
Éditions Magic-Strip 1983


Adolphus Claar est un héros positif : voilà peut-être le maître mot qui définit le mieux Yves Chaland, le simple fait de positiver, malgré tous les doutes et toutes les interrogations qui devaient le tenailler autant que quiconque : mais c'est bien ce positivisme qui ressort de l'univers qu'il a su créer et nous offrir pour la postérité !…
Cet allant indéniable qui rime si bien avec Chaland !!!…



Valéry Ponzone






jeudi 19 mars 2020

> Bruno le Libraire…

Encore des messages contradictoires de la part du gouvernement, c'est tout de même sidérant que ces "amateurs" (sic) n'aient pas des conseillers qui lisent, par exemple, les travaux des spécialistes de l'École de Palo Alto en Californie à ce sujet ?…
Malheureusement, en matière de doctrines, certains préfèrent trop suivre les théories économico-dogmatiques de l'École de Chicago

Notre cher ministre des finances, Bruno Le Maire se demande si les librairies pourraient ne pas rouvrir, tout en partageant une vision de la librairie déplacée, fanstasmée et issue d'un autre temps en considérant un cadre précis.  "que ce ne soit pas -et c’est tout le plaisir de la librairie- un lieu où on flâne et où on reste longtemps"…

C'est super de définir les librairies comme des commerces où l'on flâne : effectivement les librairies sont des lieux différents et il est bien entendu que les libraires n'ont toujours que cela à faire que de devoir avoir des flâneurs entre leurs murs, plus encore suivant la topographie du lieu ? Dans une libraire on cherche des livres et on se fait aider, conseiller, on échange, on discute, on trouve ou non un livre mais on n'y pas plus censé s'y promener que dans un restaurant ou tout autre lieu de commerce : pour flâner on peut aller dans dans un musée, par exemple, mais on paye l'entrée ! de toute façon les gens  n'ont plus le temps de flâner avec leurs emplois du temps de folie qui les fait courir de leur domicile à leur travail, puis aller chercher les enfants etc. etc. )…
Rouvrir — donc faire une exception — alors que tout le monde doit être confiné est un premier message de communication très contradictoire… Doublement contradictoire, puisque non défini dès le départ (pire que des "amateurs" : des improvisateurs ?) et surtout qui concéderait une exception, alors qu'ils semblent tous lutter contre tous  les régimes d'exception qui seraient trop français ???…
Pourtant, depuis que je suis enfant j'entends parler d'exception française…

Cette pharmacie sert ses clients dès le mardi 17 mars 2020, le matin,  à travers sa grille extérieure, par laquelle elle fait passer le terminal de paiement par carte bancaire !… Bien évidemment la pharmacienne a son masque sur le visage…
Une pharmacie refuse de laisser entrer ses clients (pas celle où je vais !) et on s'interrogerait sur le fait que les librairies puissent rouvrir et accueillir qui que ce soit, même au compte-goutte,  à l'intérieur de leurs locaux ?…

Pharmacie - Bordeaux (hypercentre) 17 mars 2020

Passerons-nous ensuite aux disquaires ? Parce qu'écouter de la musique peut-être tout aussi culturellement vital en ce moment, mais il est vrai que notre Président de la République nous a conseillé de lire des livres, alors que les bibliothèques publiques ont déjà été fermées et, que malheureusement, beaucoup de gens n'ont tout simplement pas/très peu de livres chez eux !!!…

"Amateurs, disait le Président de la République, improvisateurs ou quoi que ce soit d'autre ne change rien au fait que je n'ai pas personnellement l'impression d'avoir un niveau de réflexion, d'analyse et de communication à la hauteur de la situation, sauf par ceux qui sont sur le terrain, comme dans cette émission de Arrêt sur Image en accès libre.

Envisager la réouverture des librairies pour recréer une concurrence plus équitable contre Amazon qui continuerait à vendre ses livres et — encore une fois — à en profiter (et la FNAC ou les autres sites de e-commerce ?) ? Il est certain que cela doit être la priorité des priorités en période de confinement… recréer une concurrence saine magasins physiques / e-commerce pour vendre… des livres.
Avec la passion si profonde, si dévorante même que je ressens pour les livres, je trouve cela tout simplement : s-i-d-é-r-a-n-t car absolument pas prioritaire !…

Il me semble d'ailleurs que le SLF (650 librairies en France) ou le regroupement INITIAL (50 libraires en France et Belgique) demandent autre chose que leur réouverture : plutôt de mettre Amazon au pas de la décision d'État du confinement national actuel face à la pandémie du COVID-19 ?…

Logo SLF

Incapacité de faire payer leurs impôts en France à Amazon, et à d'autres monstres économiques du même style, qui semble avoir aussi ses propres règles sociales internes : il semblerait que la même incapacité se révèle à faire respecter à Amazon une décision aussi forte que le confinement (unique sur le plan de l'histoire humaine, plus encore à l'échelle de si nombreuses Nations) que celle que nous vivons actuellement ?…

Une parenthèse, puisque je parle d'Amazon, je n'oublierai certainement pas Arnaud Montebourg pas encore candidat à je-ne-sais-plus trop quelle élection présidentielle dans une sorte de publi-reportage dans son fief (drôle d'expression quand on sait l'une des raisons fortes de la Révolution Française !) de Saône-et-Loire apparaissant si heureux de l'installation prochaine — à l'époque — d'un entrepôt Amazon dans sa région (ou circonscription), avec la création à la clef d'une centaine d'emploi (on en était arrivé là dans notre beau pays de France, crier victoire pour une centaine d'emplois créés ?) : sans tenir compte du nombre d'emplois détruits par ailleurs, et dans sa propre région, des règles sociales bafouées, ce qui me paraissait un peu choquant pour un membre du Parti Socialiste !!??…

Le livre et la culture en général sont toujours considérés comme du superflu que l'on sabre des budgets (on l'a vu après la crise de 2008) et tout d'un coup, les librairies qu'on laisse si vite tomber dans des spirales infernales, fermer voire crever les unes après les autres (la bouche ouverte ! ) sans un geste de soutien ou un regard (non, je ne parlerais pas de l'imposture clientéliste parisienne de la SEMAEST avec Vital Quartier Latin !!…deviendraient de premières nécessité : je crois rêver !
Surtout en voulant que nous y allions de la façon décrite par Bruno Le Maire : en consommateur plutôt qu'en lecteur…

Ce qui m'étonne le plus est le simple fait qu'a priori personne n'en profite, principalement les éditeurs et les libraires vendeurs, pour mettre en avant l'alternative et l'intérêt des livres numériques : qui évitent tout déplacement en librairies pendant une période de confinement ?
Des médiathèques, comme des bibliothèques prestigieuses à l'étranger ont aussi des ressources numériques disponibles et gratuites, dont des livres ou la presse : on peut donc trouver d'autre moyen de lire pendant une période aussi particulière : pas besoin d'être frustré de ne plus pouvoir flâner (sic) dans une librairie…

L'introduction du communiqué du 18 mars 2020 du regroupement INITIAL est certainement d'un autre niveau que la communication récente de notre Ministre des Finances au sujet des librairies !…

« Monsieur le Ministre, nous avons hâte de ré-ouvrir nos librairies et de retrouver nos clients, mais pas à n'importe quel prix. Aujourd’hui, notre priorité c’est la responsabilité et la citoyenneté. Pas les petits profits »

Une bonne raison de passer du temps à se distraire avec un autre Brüno, un peu plus rigolo : nous savons tous que Bruno Le Maire n'a aucune envie de devenir Bruno Le Libraire® !!!…





Valéry Ponzone



mardi 25 octobre 2016

> Librairie Coconuts à Périgueux… souvenirs

Ce n'est pas moi qui ai écrit cette fois-ci…  mais un invité.
Cela faisait longtemps que je pensais à tous ces libraires que j'ai connus ou dont j'ai entendu parler, que ce fut dans la presse spécialisée qui — jadis — relayait les productions, animations des uns et des autres, où qu'ils se trouvent dans l'espace francophone du 9ème art, ou par d'autres canaux…
Si l'un d'entre vous a aussi envie de se coller à l'exercice, ce sera avec plaisir que je le ferai partager par ce blog : nous avons connu un grand nombre de librairies marquantes avec suffisamment de personnalité, d'intérêt ou de caractère pour en parler… et partager !


Rien ne meurt en nous de ce que nous avons aimé.  Même quand l’on n’y prend pas garde, tout nous revient toujours par la bande – et, souvent, par la bande dessinée. Parce qu’elle est d’abord un lieu par où nos regards se fixèrent un jour : un grenier à la campagne, une bibliothèque, plus souvent une librairie, quelquefois surgie de nulle part, perdue dans une petite ville, comme à l’écart du (grand) monde. Ainsi Coconuts, Périgueux, aujourd’hui disparue.
Hommage en guise d’inventaire par Redstarpx.


Une librairie, c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Étrangement, c’est souvent quand elle a disparu que l’on se rend compte à quel point elle nous aura marqué, et combien elle nous manque. Comme si quelque chose s’était joué là qui nous aura révélé non pas qui nous étions, peut-être même pas ce que nous allions devenir ou gagner, mais bien ce que nous allions définitivement perdre. Gagner, perdre, l’un n’ira jamais sans l’autre : la librairie, c’est d’abord une chambre noire, un temps anté-mémoriel – celle des vies qu’on s’invente, que l’on arrache à la morosité (la province, l’adolescence, la gangue du quotidien) ; c’est aussi le manque et le désir anticipé, un peu trouble, de ce manque : la conscience malaisée que tout aura bientôt une fin, que l’on devra nécessairement rétrocéder quelque chose de ce privilège insensé qu’elle nous aura offert : l’espoir d’apercevoir l’abîme – un monde de mystère et de désir, impossible à concevoir tout à fait.

Ouvrir un livre , c’est ainsi entrer en autarcie : c’est d’abord un retranchement, mais sous la forme d’une opération double : additionner, soustraire. Ajouter une couche de vérité à une autre, évacuer le réel pour mieux se dérober : vivre l’aventure, effectuer l’inventaire de soi-même, dans le fracas des mots et des images qu’ils convoquent. Opérer ce retrait dans la bande dessinée, c’est faire l’expérience de l’impureté : accepter ce qui aura toujours été perçu comme une manière un peu déceptive, un en-deçà au carrefour des autres arts (littérature, cinéma, théâtre, architecture, pantomime, etc), dépourvu de langage articulé, à jamais prisonnier du babil propre à l’enfance. Ce fut peut-être la raison première à cette idée somme toute étrange : aller nous enfermer un jour dans ce qui nous semblait l’endroit le plus intimidant qu’il nous ait été donné de fréquenter – ce quelque part où personne jamais ne nous aurait conduit. Aller vers l’impur ; entrer dans des cases et découvrir l’ailleurs. Comme fermer les volets et laisser l’extérieur continuer de s’agiter : être enfin libre. Libre de mettre tout le reste à distance, pour relier un point à un autre, pour commencer à développer une perspective. Là se trouvait l’échappée : à nous l’infinité du monde ; aux autres la société, ce vain théâtre.

Banalité que tout cela ? Mythologie de faible amplitude ? Pour nous ce fut considérable : c‘est notre enfance qui se sera jouée là, et l’on sait bien que l’enfance est toujours plus forte que les mythes – ils sont désespérément universels, alors qu’elle est fondamentalement unique. Ce qui nous a unis, ce fut d’abord ceci : une petite boutique (était-elle si petite ? Pour nous, elle fut parfois comme un refuge, ou un jeu de piste – être là, tracer des cercles autour d’autres exilés volontaires, les renifler autant qu’on renifle les livres), un type arrivé là très jeune (la vingtaine), presque dans un désert.

Voilà : Henry S., Coconuts, « librairie de bande dessinée » installée depuis 1983 à Périgueux,  petite ville du sud-ouest de la France. 

 
Librairie Coconuts — Périgueux
Publicité in L'année de la BD 1984-1985


Le type avait dix ans de plus que nous, et c’était un gouffre qui aurait dû être insurmontable. Des collégiens ou des lycéens qui s’encanaillent en séchant les cours et viennent flairer l’endroit, dont le propriétaire est déjà un adulte, avec des responsabilités : vendre, acheter, faire sa marge puis payer ses charges, calculer. Ce qui nous fit adopter d’abord Henry et Coconuts, ça n’est peut-être même pas l’exotisme un peu bancal du nom, ni cette idée saugrenue que nous pouvions nous aussi être regardés comme des adultes. C’est sans doute la conscience claire, immédiate, qu’avec lui il n’y aurait jamais de calcul, justement. Pas besoin d’opération, même élémentaire : il flairait tout de suite le nouvel arrivant, savait instantanément à qui il avait affaire, et puis, presque toujours, il lui donnait une chance. Une chance d’aller chercher ce qui était évidemment fait pour lui, qui l’attendait là, dans les rayons, et n’attendait que lui. Une chance de lui donner cette liberté-là, bien souvent totalement inédite.

Pour moi, comme pour quelques autres, ce livre premier fut Le Cimetière des Eléphants de Chaland, Collection Eldorado, début 86. Tout est ancré dans ma mémoire : trois personnages sur la couverture, en tenue d’expédition, échappés du cadre répondant au titre, avec cette ombre noire qui guette et que seule la fille semble avoir aperçue ; la fille, ou plutôt la jeune femme – présence inédite par son réalisme, comme débarquée d’un film noir des années 1940 : arrondi parfait du visage, tâches de rousseur de l’enfance sous une frange impeccable, formes souples se détachant sur une taille de guêpe, bouche très exactement dessinée dans le prolongement du geste effectué par le bras, corsage entr’ouvert, ceinture du holster dont un cran est négligemment défait - une créature tombée de la planète Mars !

L’érotisme qui soudain débarque dans le dessin, comme nécessairement à l’écart des deux autres personnages (des siamois, ou des reflets inversés). Qui est cette fille ? Et puis : « Les aventures de Freddy Lombard », avec ce lettrage plus tard reconnaissable entre mille. Les aventures ? Quelles aventures ? Où ? Quand ? Combien ? Ouverture du livre (comme on dit à l’opéra : « Ouverture » … un opéra de papier ? Sans doute, mais ça, je n’en comprendrais la portée que bien plus tard). Une double page d’objets fétiches (ça tombait bien), comme chez Hergé, comme chez Hitchcock dans le clip promotionnel de Psychose : « regardez bien cet objet, il aura une importance capitale dans notre histoire ! ». Tout l’attirail de l’aventurier, et aussi, bien sûr, des livres : un magazine pulp, une encyclopédie. Et puis la page suivante : un fétiche de Tintin (c’est toujours comme ça que je le perçois : je n’avais jamais encore rencontré Freddy Lombard), criblé de projectiles, ou percé de clous ; plus loin, une liste, à rendre fou : j’entrais par effraction dans un monde déjà solide, avec une œuvre en train de se poursuivre ! Il n’y avait plus qu’à se jeter dans cette jungle, remonter le fleuve, quitte à s’y perdre !

Sourire du libraire, qui devait déjà se dire : « ça y est, encore un ! ». Extase du lecteur, venant de poser le pied sur un continent à ses yeux encore vierge, mais où tout le précédait. Et puis voracité à rattraper le temps perdu, et découverte que d’autres étaient déjà passés par là, ou en étaient au même point que nous : ceux-là aussi resteraient pour la vie.  

Très vite se forma donc une communauté de gamins qui ne seraient plus jamais seuls, ou comprirent la richesse d’avoir été seuls jusque-là. Puis l’on s’aperçut que les âges de ces gamins variaient grandement ; certains avaient parfois dix ans de plus que le maître des lieux – mais lui avait dix ans d’avance sur tout le monde. Nous étions au milieu d’une page à construire, lui était déjà en train de rassembler les planches pour mieux les disperser : peut-être savait-il que le temps lui était compté, peut-être avait-il décidé de n’être lui-même qu’en sursis (la librairie allait durer dix ans à peine).

C’est sans doute par là que naquirent deux phénomènes contigus : la permanence du rire (prendre les choses au tragique, certes, mais jamais au sérieux), et la toute puissance de l’instinct. Henry était un libraire incapable a priori (le simulait-il ?) de lire plus de trois pages d’un livre non dessiné : il s’ennuyait très vite, ça le mettait presque en colère, il ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre. Écrire sans dessiner, c’était faire montre d’un sérieux insupportable, c’était être réduit à l’impuissance : démontrer, expliquer, développer, là où deux cases en disaient toujours plus que tout. Il avait une méfiance quasi pathologique pour tout ce qui ressemblait vaguement à une forme d’intellectualisme. Le remède : un rire « hénaurme » à la Cravan (qu’il n’avait sans doute jamais lu), une mise en question permanente de soi, de ses propres limites, un rire de barbare, après lequel rien ne repoussait complètement : ni lui, ni les autres, ni aucune contingence de quelque ordre que ce fut. 

Henry ne perdait pas de temps à faire preuve d’humour, il avait bien mieux à faire à renverser le monde. Ainsi, cette manie étrange du surnom : par cet adoubement, ce nouveau baptème, il conférait au nouvel adopté comme un surcroit d’existence : l’heureux élu intégrait illico cette société secrète - la bande dessinée -, et devenait un personnage. Tête Plate, M. de Pojo, Moustache et Trottinette, l’Homme-Mouche, et tant d’autres encore : qui a jamais su quels étaient leurs patronymes officiels ?  Quelle importance, au fond ? Pour chacun, cette idiotie salutaire avait valeur d’ascèse : tremblant d’envie et d’effroi mélangés, il s’agissait alors d’être digne de cette sur-réalité tombée de nulle part. Un doigt sur la tête, nous dansions cette gigue effrénée, comme Georges Rémi s’effaçant devant Tintin.

Librairie Coconuts — Périgueux
Carte de visite

Comment s’en étonner : nos lectures finirent par déteindre sur nous, contaminant notre langage, le rythme de nos phrases, leur scansion, jusque dans certaines postures ou grimaces. Henry était le Jarry marionnettiste du Théâtre de l’Oeuvre, et nous les palotins de ce souriant Père Ubu ! Nous nous mîmes dès lors à parler couramment le Chaland, buvant des cocktails russes comme chez Serge Clerc, rêvant de femmes dessinées par Götting ou Avril.

La vie devenait une gigantesque bande dessinée en train de se construire : comme fabriqués en direct, nous nous roulions avec volupté dans les herbes folles de la fantaisie. Cette confusion des genres agissait comme un baume, d’abord piquant, puis chauffant même un peu trop (où fixer la limite ?) ; une forme d’émollience s’installait, et rien ne pouvait plus nous atteindre, jamais. L’ancien monde perdu dans son reflet, les mots devenus étrangers à eux-mêmes, nous commencions de tourner comme dans un kaléidoscope, à toute vitesse, les repères envolés, et la raison avec. C’est à partir de ce moment-là que l’on devient mûr pour faire les plus grosses bêtises.

La bande dessinée cessait tout à coup d’être du papier ordinaire, même de luxe : elle devenait un palimpseste sur lequel nos vies s’imprimaient. Parfois, cela tenait plutôt du papier tue-mouches : on ne savait plus vraiment distinguer le réel de la légende. Telle cette anecdote de l’inauguration de la boutique avec le ban et l’arrière-ban des édiles locaux – Henry prétendait ceci : avoir annoncé la venue d’Hergé, et tout le monde avait suivi (était-ce quelque temps avant sa disparition ? Était-il même déjà mort ? Anecdote impossible à vérifier, mais là n’est pas la question : nous étions chez John Ford - print the legend !  - et peu nous importait). Tout était envisageable : chaque jour apportait son lot d’histoires invraisemblables, que nous nous empressions de croire, forcément.

L’intuition d’Henry fut le miracle qui permit tout ceci, au moins autant qu’il fut une source permanente d’interrogation : comment ce type, résolument fermé à toute théorisation esthétique, sortait-il de son chapeau, avec une sûreté de goût confondante, des auteurs ayant de telles affinités électives ? Chaland, Clerc, Götting, Avril, donc - mais aussi Floc’h, Benoit, Loustal, Swarte ou Ever Meulen, tant d’autres encore, parfois totalement inconnus. Pourquoi sauvait-il d’instinct Léon La Terreur ou Maurice le Cowboy, au nom de ce principe par lui jamais formulé : l’absence de toute vulgarité ? Où dénichait-t-il les productions encore embryonnaires de l’Association ou Cornélius ? D’où surgissait Glen Baxter, pour qui n’avait jamais entendu parler d’Edward Lear ? Par quelle étrange clairvoyance de sa part repartions-nous avec, calés sous un bras, Martiny & Petit-Roulet, sous l’autre Willem ou Schlingo ? Par quel tour de passe-passe nous conduisait-il de Martin Veyron à Herriman, ou de Moebius à Mattoti ?

Généreux concours de circonstances, alors ? Décalage dans les générations ou l’expérience ? Soyons plutôt persuadés de ceci : un bon libraire est celui qui sait : c’est un mystère qu’il nous faut savoir apprécier. On appelle cela un métier : une inspiration doublée d’une aspiration. Un bon libraire sait en effet qu’il y a toujours deux poids, deux mesures ; qu’un kilo de plumes est parfois plus lourd qu’un kilo de plomb ; que l’on ne traite jamais deux histoires de la même façon ; et qu’un passant dans la librairie, quand bien même passerait-il tous les jours, c’est toujours un scénario différent, un instant à recommencer. C’est sans doute pourquoi l’on y revient forcément un jour, même quand l’on n’en revient toujours pas. 



Redstarpx, été 2016

vendredi 21 octobre 2016

> Librairie à Versailles… et quelques autres

Cela m'avait bien fait rire le jour où je suis passé devant cette librairie de Versailles, non pas qu'elle soit fermée — toute librairie qui ferme est d'une tristesse infinie — mais ce que le libraire avait fait poser sur la vitrine avant de partir était terriblement fort…
Genre règlement de compte à OK Corral, non ? 
J'avais profité d'un autre passage dans cette rue pour prendre une photo, avant que ça ne disparaisse.
Ou quand l'ironie est vraiment bien tournée, sachant que la plupart des moralistes qui nous cernent ne saisissent rien à tout cela à force de ne faire travailler que la partie primaire de leur cortex…

"Nous vous remercions de la chaleureuse contribution à la fermeture de votre librairie. Cassandre"

Librairie Lettres à Cassandre
29 rue du Maréchal Foch — 78000 Versailles

Librairie Lettres à Cassandre
29 rue du Maréchal Foch — 78000 Versailles

J'ai lu en 2015, quatre pages de format A4 apposées sur la vitrine d'un tapissier-décorateur au 88 de la rue Lemercier (Paris, 17e arrdst), qui y étaient encore en été 2016.
Quatre pages très explicites : l'artisan y expliquait les diverses raisons de sa fermeture…
Un témoignage incroyable et poignant : éducatif pour ceux qui aiment tant le formatage sociétal…
Des librairies qui ferment dans le Quartier Latin à  Paris il y en a eu quelques unes… que je prenais en photo à l'occasion.

Librairie Les imprévus (Ex. Librairie MR)
Rue des Écoles — 75005 Paris
Spécialisée dans l'occasion / SP rachetés aux journalistes

Librairie Lipsy
Rue des Écoles — 75005 Paris
Spécialisée dans la psychanalyse

Librairie Lipsy
Rue des Écoles — 75005 Paris
Libraire d'éditeur — Spécialisée dans la cuisine
Librairie Dédale  — Rue des Écoles — 75005 Paris
Libraire généraliste > Celle ou Delanoë et la SEMAEST sont venus  présenter
 leur plan Vital Quartier pour sauver les librairies du Quartier Latin : ironique non ?


Librairie Le Temps Retrouvé
Rue Saint-Jacques — 75005 Paris
Libraire soldeur de livres d'arts ; architectures ; design etc.

Librairie Mona Lisait
Rue Danton — 75006 Paris
Libraire soldeur de livres d'arts; architectures ; design etc.

Librairie Mona Lisait
Rue Danton — 75006 Paris
Libraire soldeur de livres d'arts; architectures ; design etc.





Valéry Ponzone

jeudi 20 octobre 2016

> Victor Levallois rencontre Tintin à Berlin en 1952 par Stanislas…

Encore du Tintin ?…
Allons-y, puisque nous restons dans la semaine de quelques hommages au célèbre personnage à la houppe : en voici un par Stanislas.
Voici un beau dessin de Stanislas qui créait une rencontre inédite entre son personnage fétiche Victor Levallois et Tintin, les Dupondt et Milou à Berlin en pleine Guerre Froide
Brrrrrrrrrr…
L'action se passe juste avant Objectif Lune : mais que donc Tintin allait-il faire à Berlin cette année là juste avant de partir pour la Lune ?…

Il faut toujours contextualiser les choses : à l'époque de ce dessin, Stanislas n'avait pas encore projeté de se lancer dans Les aventures d'Hergé avec Fromental et Bocquet sous l'impulsion éditoriale de Yves Boniface from Reporter !…

Stanislas, Victor Levallois, Berlin, Juin 1952
Dessin original
Encre de Chine sur papier — XXe siècle

Ce dessin avait été imprimé en cette fin de XXe siècle en sérigraphie, pour un tirage de qualité, même s'il est collector, plutôt moyenne…
Un aussi beau dessin de Stanislas aurait mérité d'être vraiment mieux imprimé…

Stanislas, Victor Levallois, Berlin, Juin 1952
Sérigraphie couleurs — 180 ex. numéroté & signés
Éditions Sans Intérêt — XXe siècle

Il y aura plein de Tintin par Stanislas à la suite des Aventures d'Hergé justement : le truc malin qui aura permis de s'amuser !…

Cette autre très belle estampe, imprimée en sérigraphie par L'Atelier Éric Seydoux a été éditée lors de l'exposition organisée par Reporter à la Galerie Médicis (c'était blanc bonnet et bonnet blanc ou schtroumpfs verts et verts schtroumpfs, pour faire esprit Bande Dessinée, ou juste le plaisir d'écrire "schtroumpfs" sans vérifier que je ne me trompe pas !??).
Un très beau travail d'impression !…
Il faut noter le truc malin dont je parlais, comme dans cette estampe : dessiner un représentation de cette fameuse pièce de théâtre [Tintin en Inde] Le mystère du diamant bleu, avec Hergé et ce qui me semble être plutôt EP Jacobs tout heureux de l'accueil du public à la pièce…
"Ce qui me semble" car la pièce a été écrite par/avec Jacques Van Melkebeke, dit le proscrit ou celui dont on doit taire le nom… parce qu'il aurait été collabo option vert-de-gris… et je ne pense que ce soit lui avec Hergé ?…
Comme l'Histoire officielle de la Bande Dessinée nous apprend que Hergé et Jacobs se serait rencontré lors d'une représentation de cette pièce…
Ce serait amusant de publier cette pièce de théâtre (ou peut-être est-ce interdit ?) ou d'en faire au moins quelque chose, même s'il semble d'après le peu d'éléments connus du tapuscrit, que certaines petites choses auraient pu servir d'inspiration dans des histoires postérieures de Tintin ?…

Stanislas, Les aventures d'Hergé, Le mystère du diamant bleu
Sérigraphie couleurs — 1850 ex. numéroté & signés
Éditions Reporter — 1999

Plein de collectors de tous types furent aussi produits pour la sortie de ces Aventures d'Hergé :  les principaux furent la (longue) série d'ex-libris pour promouvoir l'album édité par Reporter…
Tout commença avec les deux vraies-fausses boîtes de vraies-fausses figurines — ça va devenir aussi compliqué que d'anciennes histoires de passeport — que j'ai éditées en 1999…

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîtes pour les figurines Numéros 1 + 2
Librairie-Galerie La comète de Carthage, Paris — 1999

La Maison de Valéry ® ne reculant devant aucun sacrifice, j'offrais 2 exemplaires de ce tirage !…
Un premier numéroté et signé par Stanislas, et un second non signé : celui-ci pouvait servir à vraiment s'amuser et à vraiment monter les deux boîtes pour occuper un dimanche grisâtre d'automne avec ses enfants : ce qui à cette époque reculée, changeait de tout ce temps passé devant un écran d'ordinateur, n'est-il pas ?…
Aaaah !… Se mettre plein de colle sur les doigts pour avoir le plaisir de voir ces boites montées et posées sur l'étagère du salon ou dans le buffet de famille… 

Voici les autres… si je n'en oublie pas que je ne connaîtrais pas ?…

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 3
Librairie Super Héros, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 4
Librairie Sans Titre, Bruxelles — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 5
Librairie Sans Titre, Bruxelles — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 6
Librairie Ty Bull, Rennes — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 7
Librairie Ici Même, Rennes — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 8
Librairie Azimuts, Montpellier — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 9
Librairie Oscar Hibou, Bordeaux — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 10
Galerie Médicis, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 11
Galerie Médicis, Paris — 1999

Stanislas,  Ex-libris pour Les aventures d'Hergé
Boîte pour la figurine Numéro 10
Het Besloten, Leuven — 1999

Un petit jeu pour les vrais nostalgiques ?…
Si je ne me trompe pas, il ne resterait que quatre librairies sur toutes celles qui avaient participé plus qu'activement à la mise en avant et à la réussite des Aventures d'Hergé version Reporter ?…





Valéry Ponzone