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lundi 13 avril 2020

> Yves Chaland et La comète de Carthage… 

• Vente Sotheby's 2017
YVES CHALAND (1957-1990)
Freddy Lombard - Tome 3 La Comète de Carthage
Planche 42 Les Humanoïdes Associés - 1986
Un joyau taillé dans l’encre de Chine pour l’un des albums centraux de Freddy Lombard ! Cette page particulièrement originale dans sa construction appelle irrémédiablement le regard vers sa dernière case. On y passe d’un dessin où traits et aplats de noir tranchent sur le blanc du papier à une dernière figure dessinée en négatif à partir d’un noir prédominant. Difficile de ne pas penser au S.O.S. Météores de Jacobs auquel Chaland semble rendre hommage ici. Fidèle à la ligne claire qu’il a su réinventer dans les années 80, Yves Chaland travaille ici sur deux moitiés de planche totalement différentes. À la première, très découpée - elle compte sept cases !- la seconde répond par une succession de quatre plans verticaux homothétiques. Les trois premières cases de ce très haut strip constituent un zoom arrière dans lequel le corps de Freddy Lombard dessine une diagonale. La toute dernière case y fait écho, entièrement construite quant à elle sur une autre diagonale, plus vertigineuse.
Encre de Chine sur papier
54 x 42 cm


• Éditions Champaka Brussels
L’ouvrage « Les archives Freddy Lombard » revisite cette série, à bien des égards atypique et révélatrice de la personnalité et des aspirations d’Yves Chaland. Chaque album de « Freddy Lombard » illustre la volonté de l’auteur d’explorer un des « pays » de « sa » bande dessinée. « Le testament de Godefroid de Bouillon » flirte avec les « Johan et Pirlouit » de Peyo. « Le cimetière des éléphants » revisite avec délectation les aventures africaines de « Spirou et Fantasio » : « La corne du rhinocéros » et « Le gorille à bonne mine ». « La comète de Carthage » fait mine de regarder du côté de « S.O.S. Météores » de Jacobs, pour mieux s’en aller vers des territoires personnels. « Vacances à Budapest » et, surtout, « F.52 » seront autant de balades particulières dans un univers de première force. « Les archives Freddy Lombard », ouvrage à tendance bibliophilique, se veut un « making of » à rebours de la série. Il est constitué de photos et croquis de repérages, crayonnés de planches, d’illustrations et planches modifiées (car, entre la parution dans « Métal Hurlant » et l’album, Chaland redessinait toujours certaines cases, parfois des planches entières). Truffé d’anecdotes, le texte de José-Louis Bocquet (auteur des « Années Métal », déjà sur Chaland et chez Champaka) est d’un grand intérêt historique. Il a été nourri par des interviews réalisées par Eric Verhoest auprès des proches de Chaland: François Avril, Isabelle Beaumenay-Joannet, Serge Clerc, Luc Cornillon, Floc'h, Jean-Luc Fromental, Yann Le Pennetier et Didier Pasamonik.
http://www.champaka.be/les-livres/chaland/les-archives-freddy-lombard-yves-chaland



La première description est celle d'une planche originale de Chaland, Freddy Lombard La comète de Carthage vendue chez Sotheby's…
La seconde est celle sur le site de l'éditeur du livre Les archives Freddy Lombard (vendu 125 euros soit le double du prix à sa sortie par son propre éditeur : je ne savais pas cela était possible ?)…

Les archives Lombard d'Yves Chaland
Éditions Champaka

Envolées lyriques faites pour mieux vendre et/ou vendre au plus cher (quand un libraire parle d'un de ce qu'il a dans son fonds, avec un prix marqué donc fixé,  certains pensent qu'il essaye de le "placer",  par contre dans le cadre de ventes aux enchères, là où le but est de pousser les collectionneurs à acheter au plus cher, donc à fixer eux-mêmes un prix élevé par une rivalité exacerbée, cela est accepté ? drôle d'époque…) cette planche qui serait " un joyau taillé dans l'encre de Chine" : cela fait un peu  salamalecs, en oubliant quelques évidences… 

Voici déjà le visuel de la planche en question récupérée sur un site : avez-vous remarqué la rapidité récente avec laquelle les acheteurs de planches originales en salles de vente aux enchères les mettent sur des sites ?… Une planche vendue / achetée 15 000 euros (hors frais) tout de même, allez hop, illico presto sur internet…
Drôle d'époque…

Freddy Lombard, La comète de Carthage planche 42
par Yves Chaland

Chaland ne travaille pas sur deux moitiés de planches totalement différentes, même si les découpages sont différents, ce n'est pas un gauffrier pour les paresseux du découpage, la planche est linéaire dans la mesure où elle raconte la même séquence : aucune rupture dans cette planche, et il ne faut pas s'appesantir ainsi sur la partie haute et la partie basse : il n'y en a pas vraiment !  Elle est vraiment conçue sur trois bandes, avec les deux premières cases identiques encadrant la séquence du centre, puis la deuxième bande — qui centre la planche par leur horizontalité — avec deux cases de mêmes formats, auxquelles vont répondre les quatre cases verticales (ce ne sont pas des "plans" mais des cases, ou des rectangles) égales  dans la séquence (l'homothétie implique davantage un changement de taille agrandissement ou réduction, en conservant la proportion géométrique format A4 > format A3 par exemple)… tout en étant de mêmes largeurs que les deux cases de la première bande : celles à gauche et à droite.
À la rigueur, si on devait séparer cette planche, cela se ferait davantage entre la première bande (ce sont des strips, mais j'aime bien la bande puisque nous parlons de Bande Dessinée et pas de Comics Strip) et le reste de la page, les deux bandes suivantes…
Qui forment cet ensemble deux cases horizontales / quatre cases verticales : comme une subdivision digne de la reproduction chez les organisme unicellulaires : un devient deux, là, passage d'une case horizontale de la deuxième bande,  à deux cases verticales situées juste en dessous…
L'axe central est commun par l'espace intertextuel (??) cher aux exégètes (et aux universitaires qui vont peut-être bientôt s'approprier le discours de la méthode de la Bande Dessinée, après l'avoir tant dédaignée ?) , qui est le même pour les deuxième et troisième bande :  nous pouvons  même tous remarquer en chœur et avec gaspation (merci qui ?… merci Schlingo !) que le centre de la page — l'axe central —  est prolongée graphiquement, volontairement ou non, consciemment ou non, par/avec Freddy Lombard lui-même, alternativement de face puis de dos, et,  en pleine négociation serrée au sujet de cette fameuse patte de lapin !
La dernière bande est bien un zoom arrière, en plongée qui plus est, avec la diagonale créée avec le corps allongé de Frédéric, alias Freddy Lombard (il faut toujours chercher les diagonales dans les planches de Chaland depuis que Dupuy-Berberian ont raconté l'anecdote de leur page faite à l'origine pour un numéro de Junior pour le Crédit Lyonnais : Chaland les avait félicités pour une diagonale qu'ils avaient faite… par hasard !) d'ailleurs prolongée par le sous-marin…

Si la scène reste unitaire sur toute la planche, et dans un périmètre très restreint, entre les personnages, dans le décor de cette calanque (ou crique ? je passais mes vacances au Cap Bénat et la côte n'a pas le même relief ?), la mise en forme bouge beaucoup, avec des champs / contre-champs entre les cases 1 et 5 — les deux cases encadrant la première bande — puis la même chose pour la deuxième bande, enfin,  ce jeu de profondeur de champs dans la dernière bande assez impressionnant à la relecture pour animer, faire vivre une planche de transition, de dialogue théâtralisé avec un certain crescendo : partant d'une situation burlesque, comique presque ridicule avec cette histoire de patte de lapin dérobée par Freddy Lombard, qui revêt une importance si grande aux yeux de son propriétaire qu'il est prêt à tuer pour la récupérer (assommer Freddy et le laisser dans l'eau ne peut pas être bon que pour le teint !),  passant par la sauvetage de Freddy par Alaïa, arme au poing, finissant, enfin,  par la fuite d'Alaïa, précédée d'un monologue d'adieu très flaubertien, qui nous est offert puisque que Freddy est toujours inconscient, pour véritablement s'achever avec la case dans laquelle le sous-marin s'enfonce dans les profondeurs marines sous nos yeux, comme un rideau se ferme sur la scène qui se termine alors que nous peinons à reprendre notre soufflle : de la comédie — burlesque — à la tragédie absolue, en une seule planche, avant d'entrer dans la scène finale de La comète de Carthage, qui commence dès la page suivante, page de droite…

Mais, mais, mais ???… Personne ne semble voir que la descente du sous-marin, que l'acheteur de la planche compare sur le site  à "une descente aux Enfers" (sic), c'est osé dans la Méditerranée,  d'autant plus qu'un sous-marin devrait pouvoir remonter à la surface,  mais je m'égare… il faut revenir sur le sous-marin, qui descend, disais-je, dans la Méditerranée comme… la comète fendant la nuit azuréenne au fur à mesure qu'elle s'approche / s'éloigne de la Terre…
Pour constituer un enchaînement et une transition graphique discrète , mais très efficace, et, surtout, d'une intelligence rare : du bas de la page de gauche au haut de la page de droite !

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42 + Première case planche 43

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Première case planche 31

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 33

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Première case planche 43


Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Planche 44


Hé ouais, hé ouais, ça n'a l'air de rien, mais ce pourrait presque être un vrai métier, même si tout le monde s'en contrefiche !…

Comme je vous sais intelligents (j'ai osé mettre au pluriel mais peut-être n'y-a-t-il qu'un seul lecteur de ce billet, voire aucun ?) , vous aviez vu tout seul la belle diagonale de la planche 44…
Cette transition graphique de la planche 42 à la planche 43, est vraiment plus évidente dès lors que l'on ouvre La comète de Carthage et … qu'on le lit : les deux mises en couleurs renforcent cette transition graphique, cet enchaînement, par des teintes similaires pour les deux trainées (plus net dans le livre que sur mes scans)  : sillage sub aquatique du sous-marin / queue de la comète !



Je comprends parfois les polémiques intéressantes sur lesquelles je tombe sur le fait que les planches originales ne devraient pas être dispersées car elles forment un tout, un ensemble indissociable au même titre qu'un manuscrit littéraire dont on ne vendrait a priori  pas les pages ou chapitres séparément : cette position se défend autant son opposée… surtout si le lecteur ne pense pas ou ne voit pas sa planche dans l'ensemble de l'histoire dont elle est extraite.

Pour en finir une bonne fois avec le descriptif commercial de cette planche pour la vente Sotheby's, la dernière case n'est absolument pas un négatif : voilà la case en question en négatif.
C'est bien de se regarder écrire, mieux encore de regarder ce que l'on écrit.

Freddy Lombard, La comète de Carthage par Yves Chaland
Éditions Les Humanoïdes Associés 1986
Dernière case planche 42 en négatif

Mais ce n'est pas du tout cela qui m'intéressait vraiment dans ces deux argumentaires commerciaux : 
- Difficile de ne pas penser au S.O.S. Météores de Jacobs auquel Chaland semble rendre hommage ici.
- « La comète de Carthage » fait mine de regarder du côté de « S.O.S. Météores » de Jacobs, pour mieux s’en aller vers des territoires personnels.

Hum, hum.
La comète de Carthage inspirée par ce fabuleux Blake et Mortimer, SOS Météores ???…
Freddy, Sweep et Dina à Cassis vs Blake et Mortimer à Paris ???…
Est-ce possible de vraiment lire cela ?… Car hormis la pluie, je ne vois vraiment pas le lien entre les deux histoires, mais vraiment pas ???…
Car il n'y en a pas du tout à mon humble avis hormis une manie récente de vouloir trop lier tout ce qu'a créé Chaland à un ou à des classiques de l'École Franco-Belge, en oubliant souvent des références mineures pour certains mais peut-être majeures dans son œuvre (je citerais Fripounet et Marisette de Bonnet dont Chaland possédait plus de livres que de Jacobs ou Hergé !…), tout simplement parce qu'inconnues de trop de lecteurs.

Faut-il vraiment toujours faire de la référence référentielle comme certains aiment à faire de la politique politicienne ? 

Je rembobine, tel le zoom arrière de cette planche 42… et je m'essaye aussi à la référence… 
Été 2017, nous sommes en vacances dans les Alpes pour marcher… une envie me prend de relire un ancien Collection du Lombard ayant pour cadre la montagne, je cherche et trouve sur internet une édition originale de Jari dans la tourmente : c'est bête, je sais mais pas pour la même raison que celle à laquelle tu penses cher lecteur de mes élucubrations, "c'est bête" disais-je, car j'en ai déjà un exemplaire chez moi, très abîmé, mais je commande tout de même celui que je dégotte. Le prix est correct et l'album semble en bon état… et le vendeur peut surtout me l'envoyer.
Mais qui commande un album de Jari en éditon originale au Lombard pendant ses vacances ?…
Moi !…
Réception rapide, je déballe et inspecte le livre sur le balcon ensoleillé, protégé par la chaîne du Mont-Blanc : les points Tintin sont bien présents, les plats et le dos sont plutôt très bien, la garde avant est fendue entre le plat et le cahier : le vendeur ne le m'avait pas indiqué mais le prix étant ce qu'il est, il ne faut pas exagérer non plus!

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961

Je le feuillette : j'adore l'odeur (si le livre n'est pas moisi ou sorti d'une cave humide !) et davantage encore les couleurs et les papiers de anciennes éditions du Lombard, même de séries que je n'aime pas trop (je n'aime pas du tout Michel Vaillant, et pourtant j'en ai lu, mais les voitures et moi, bof, bof), et Jari me plaisait enfant, le tennis en toile de fond certainement (ce sont les années où j'ai tant joué au tennis avec entraînements encadrés hebdomadaires et le toutim) et en feuilletant, bam, la révélation, alors que j'ai pourtant déjà lu ce Jari plusieurs fois par le passé : 
Je vous le dis, mes biens chers frères, mes biens chères soeurs, en fait la bande dessinée la plus proche de La comète de Carthage n'est certainement pas SOS Météores mais bel et bien ce Jari dans la tourmente !…

Ce village de montagne (attention spoiler !) coupé du monde, coupé de tout à la suite d'un avalanche, cette ambiance de fin du monde, cette angoisse latente après que la Dent du Géant se soit effondrée sur le glacier du Boratt,  ait crevé une poche d'eau faisant déferler le Nantgris sur le  village de Priolans détruisant tout sur son passage !…

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
L'eau déferle sur le village

Jusqu'à la découverte de ruines romaines, station thermale oubliée au cours des siècles qui pourraient faire penser aux ruines de la Villa de Phidias dans La comète de Carthage ?…


Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
Les ruines romaines

Je n'irai pas jusqu'à rapprocher la couleur de l'avion de Jari identique à celle du sous-marin de La comète… ni même la façon de dessiner les masses de roches qui s'effondrent dans les deux livres (très Kirby aussi d'ailleurs ?) mais je pense qu'il y a davantage de liens entre Jari dans la tourmente et La comète de Carthage qu'entre La comète de Carthage et SOS Météores, hormis la pluie, comme je l'ai déjà écrit…

Je vous disais que j'avais déjà un exemplaire de ce Jari chez moi, mais dans un état misérable, même si je l'ai récupéré couvert : comme vous pouvez le constater vous-même !

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961

Mais, fort heureusement  il a bien ses 10 point Tintin (je plaisante mon père découpait les siens !) à la dernière page, et surtout, vous remarquez le tampon de… la Bibliothèque pour tous de Nérac !

Jari dans la tourmente par Reding
Collection du Lombard 1961
Le point Tintin est bien présent

Il s'agit donc de l'exemplaire ayant appartenu à Chaland, d'où la référence possible, résurgence inconsciente, entre La comète de Carthage et Jari dans la Tourmente pour des détails qui me semblent plus prégnants que ce l'on peut tirer de SOS Météores, cité, je pense, juste pour lier La comète de Carthage à ce grand classique de l'histoire de la Bande Dessinée… et mieux vendre ? 

Lorsque j'ai exposé les planches de La comète de Carthage en 1997, François Avril m'avait appris une chose très intéressante, et je suis toujours étonné que des années plus tard — sauf erreur de ma part — cela n'ait jamais été repris par ailleurs… Avril sait plein de choses intéressantes de ce genre, mais ne parle jamais de cela dans les livres, ou se perd dans des anecdotes / analyses un peu fausses et sans grand intérêt (celle des Tirages de Tête de Chaland dans Une vie en dessins est réellement… anecdotique et vire à la légende urbaine du chapô de Freddy Lombard des anciennes éditions du BDM,  style réalité modifiée et comme le rédacteur du texte ne recoupe ou ne vérifie pas, tout en semblant ne pas avoir été contemporain de ces TT ou avoir lu Chaland pendant les périodes en question…) : lors de cette exposition  je ne peux que constater étonné que les planches de La comète de Carthage sont de deux formats différents !
La première partie de l'histoire est dans un format plus petit, plus classique du format des planches originales de Chaland que j'avais pu voir ici ou là, Le cimetière des éléphants exposées chez Super Héros en 1990 ; Adolphus Claar exposées chez Super Héros en 1983 ; Bob Fish en vente chez Album d' Yves Rasquain, sauf évidemment Le Jeune Albert exposées chez La Marque Jaune en 1985 (qui n'est pas une galerie parisienne contrairement à ce qui est écrit dans le gros Chaland Illustrateur !)  ou Le testament de Godefroid de Bouillon évidemment… puis à un moment, en cours d'histoire,  les planches de La comète de Carthage changent de format et deviennent plus grandes, prennent davantage d'ampleur… 
Désolé, mais je n'ai pas une mémoire si extraordinaire qui me permettrait de me rappeler à quel planche cela commence, quoiqu'il en soit, devant mon étonnement face à ce phénomène étrange en plein milieu du même album, Avril répondit à mes interrogations quasi métaphysiques : si j'ai bien retenu la leçon, Chaland avait vu les grandes planches de Floc'h et avait trouvé que cela donnait une belle dimension graphique au dessin. Il en a donc profité pour s'essayer à un format plus grand en cours de réalisation de La comète de Carthage
Je crois qu'il est revenu à son format habituel par la suite, car encrer trop haut, du fait d'un plus grand format de feuille à dessin, devait le gêner ?…

De toute façon, chacun sait qu'il n'y a pas que la taille qui compte, sinon où irions-nous ma bonne dame, n'est-ce pas ??…

Il est vrai que Chaland avait dans son fameux carton à dessin Dalbe toilé vert, celui dont Avril parle dans Portrait de l'artiste ( je crois ?) chez Champaka, une ou deux plutôt très grandes planches de Floc'h, de ce qui aurait dû être l'Affaire Vera Lindsay… dont la première est présentée sur le même site que la planche 42 de La comète de Carthage dont il est question plus haut, mais par un autre collectionneur  que celui — devenu depuis lors gros vendeur en chambre non déclaré tout en profitant des Assedic  — à qui je l'avais cédée à l'époque…



Valéry Ponzone


dimanche 9 avril 2017

Yves Chaland > Le Jeune Albert en édition de luxe -50%…

En novembre 2012 j'annonçais dans ce blog la sortie de l'édition grand format de Luxe du Jeune Albert — spéciale si-tu-n'as-pas-un-beau-lutrin-en chêne-ou-une-très-grande-table-tu-ne-pourras-pas-le-lire — et le très bel ex-libris format 15 x 21 cm en impression pigmentaire avec encres UltraChrome K3 Epson qui j'offrais aux clients qui l'achetaient à la librairie…

Ce qui n'avait d'ailleurs pas empêché pas quelques pignoufs d'essayer de m'extirper l'ex-libris sans m'acheter le livre, sans trop comprendre pourquoi on produit ce genre de choses, ou sans trop être capable de comparer à quels prix exorbitants certains éditent / vendent des tirages en impression pigmentaire, certes, de formats géants…
Passons…

Chaland, Le Jeune Albert Edition de Luxe en tirage limité
1500 exemplaires numérotés - Format 40 x 30 cm
Les Humanoïdes Associés 2012

Chaland, Le Jeune Albert Ex-libris en impression pigmentaire

En 2012 cette édition de luxe est sortie à 80 euros en Prix de Vente Public fixé par son éditeur : Les Humanoïdes Associés.
N'oublions jamais,  pour ceux qui pensent tout savoir et ne savent pas grand chose, que le Prix de Vente Public d'un livre est, depuis la Loi sur le prix unique du livre — la Loi Lang — établi uniquement par l'éditeur.
C'est le distributeur et/ou diffuseur qui détermine la mirifique (ironie) remise commerciale dont bénéficient les librairies en fonction de données aussi objectives que le vol des p'tits zoizeaux à la sortie de la Stazione Termini de Rome, quand on sort Piazza dei Cinquecento…

Il y a de cela quelques temps alors que je faisais un réassort sur la base de commande libraires DILICOM, quelle n'est pas ma surprise de constater que l'éditeur a changé le prix de vente public du livre, et l'a passé de 80 euros à 39,99 euros. Soit un PVP divisé par deux !…

Un livre annoncé à l'origine à 49,99 euros avant sa sortie (d'ailleurs les commandes ont dû être faites sur ce prix annoncé et modifié en août 2012 ?) puis passé à 79,99 euros à sa sortie effective en octobre 2012, et enfin à 39,99 euros début 2015.

Chaland, Le Jeune Albert - PVP actuel
© Dilicom

Un prix de vente divisé par deux, deux ans après la sortie d'un livre, c'est comme un prix solde fixé par l'éditeur lui-même. 
Et surtout un grand respect pour celles et ceux qui ont acheté ce livre au prix fort !

Mais que font tous ces Inquisiteurs 2.0 de la BD, d'habitude si prompts à juger les prix de vente ou tout ce qui tourne dans la Bande Dessinée ?

Je ne sais pas si l'éditeur à respecté les usages, prévenu la profession de ce changement de prix par une publication dans Livre Hebdo, et modifié toutes informations sur le livre qui pourraient prêter à confusion, si par exemple le PVP d'origine était imprimé au 4e de couverture ?…
Mais je pense que c'était bien le cas.

Cela dit, en le voyant très régulièrement vendu sur Ebay à 80 voire 99 euros, je ne peux qu'en déduire que certains petit malins l'achètent au nouveau prix — soit 39,99 euros — et pensent soit réaliser une très bonne affaire, soit que le libraire s'est trompé dans son prix de vente (ah, ce plaisir d'entuber un libraire qui se serait trompé dans son étiquetage !) et ainsi pouvoir faire une bonne marge en revendant sur internet…
Je ne peux envisager de penser que ce serait en toute connaissance de cause qu'ils chercheraient à revendre ce livre plus cher que son prix de vente public actuel…
Non, je ne peux l'envisager…

Ce serait vraiment bien si l'éditeur décidait de rembourser la différence aux premiers acheteurs : parce que là on frise l'entourloupe (d'autant plus qu'il y avait déjà une énigme à propos de la numérotation des livres) !
Même s'il n'est pas le seul puisqu'un éditeur Belge de beaux livres est coutumier du fait : baisse énorme du PVP entre la mise en place, la sortie du livre, et les nouveaux prix considérablement baissés : cela revient à se rendre compte APRÈS que les ventes n'ont pas été bonnes et que le PVP peut en être la cause, et de décider de le baisser pour essayer de vendre tout de même ces livres.

D'un autre côté, il y a régulièrement des libraires qui revendent sur Ebay le Spirou de Chaland publié par Dupuis, et toujours disponible, plus cher que son prix de sortie, quasiment du simple au double, voire au triple !…

Chaland, Spirou - disponibilité
© Dilicom

Je me souviens avoir envoyé une capture d'écran de la base DILICOM pour dire à un vendeur de Champagne Ardennes d'arrêter de vendre son Spirou en parlant d'ultra collector très rare neuf (sic) à 40 euros alors que le livre était bien disponible…
J'avais apprécié la réponse du vendeur, toute en finesse et preuve d'une grande intelligence : insultante avant toute chose,  alors qu'il aurait pu tout simplement dire qu'il ne le savait pas…
Son état d'esprit avait été de m'envoyer promener et de le laisser faire passer sa vessie pour une lanterne, faute d'être une lumière : cela me démontrait qu'il ne savait que fort bien qu'il revendait un livre disponible à un prix bien plus élevé que son Prix de Vente Public…
S'il était un crétin grossier, au moins n'était-il pas libraire : eux peuvent se connecter sur les bases de données de commandes afin de savoir si les livres sont ou non disponibles.
C'est un peu la base du travail quand on commande des livres en ressorts…

J'aurais au moins appris aujourd'hui grâce à DILICOM que le Coeurs d'Acier de Chaland et Yann édité par Champaka n'est, lui, plus disponible.
Une belle édition intégrale chez Dupuis serait-elle prévue ?




Valéry Ponzone


mardi 31 janvier 2017

> Des cartes de vœux… Avril

J'ai pioché ici ou là dans différentes boîtes d'archives pour en ressortir d'anciennes cartes de voeux de Bande Dessinée : cela ira peut-être un peu dans toutes les directions graphiques ?…

Le but est d'en montrer une (voire plusieurs) par jour, et ce jusqu'à la fin du mois puisque que l'on peut présenter ses vœux jusqu'au 31 janvier !…
J'ai moi-même envoyé mes propres vœux si souvent au tout dernier moment, que l'intégralité du mois n'y suffisait jamais !

C'est la fin du mois de janvier et le tout dernier jour pour pouvoir présenter ses vœux : le bouquet final —Broadway pour reprendre Reiser — avec ces 31 cartes de vœux de François Avril pour s'en mettre plein les yeux avec ce mois des cartes de vœux…
Je ne vois pas ce que La Maison de Valéry peut faire de mieux pour terminer ce mois de vœux avec vous ??…
Les premières sont certaines de celles que François Avril réalisait pour présenter ses vœux personnels, et la suite est un florilège choisi de cartes de vœux faites par différentes personnes…
Buena vista !!!…

Quoi de plus beau que terminer ce mois de janvier par Avril ?…

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 1987

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 1988

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 1991

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 1992

Avril pour ses vœux personnels
Impression en lithographie (avec texte) — 1993

Avril pour ses vœux personnels
Impression en lithographie (sans texte) — 1993

Avril pour ses vœux personnels
Impression en sérigraphie — 1987

Avril pour ses vœux personnels : NON ! Pour PLG en fait !
Impression en sérigraphie — 1995

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 1999
Imprimé par mézigue : cadeau pour l'auteur

Corbasson pour ses vœux personnels
Impression en offset (ton direct) — 2000
Imprimée par mézigue : "cadeau" pour l'auteur

Avril pour ses vœux personnels
Impression en quadrichromie — 2001
Imprimé par mézigue : cadeau pour l'auteur

Avril pour ses vœux personnels
Impression en offset — 2002

Avril pour ses vœux personnels
Impression en sérigraphie — 2003

Avril pour ses vœux personnels
Impression en offset — 2007

Avril pour les Éditions Anagraphis
Impression en sérigraphie — 198?

Avril pour les Éditions PMJ (?)
Impression en lithographie — 1993

Avril pour les Éditions Médicis
Impression en sérigraphie — 1995

Avril pour les Éditions PMJ
Impression en lithographie — 1996

Avril pour les Éditions Beaulet
Impression en offset — 1996

Avril pour des particuliers
Impression en sérigraphie — 1997

Avril pour les Éditions Christian Desbois
Impression en quadrichromie — 1998

Avril pour les Brochet Hervieux
Impression en sérigraphie — 1998

Avril pour les PP
Impression en quadrichromie — 1999

Avril pour Duran
Impression en quadrichromie — 1999

Avril pour la Librairie La comète de Carthage
Impression en quadrichromie — 1999

Avril pour son dentiste
Impression en offset (ton direct) — 2000

Avril pour la revue littéraire Lire
Impression en quadrichromie — 2001

Avril pour la Librairie La comète de Carthage
Impression en quadrichromie — 2001

Avril pour des particuliers
Impression en offset — 2001

Avril pour E. M.
Impression en quadrichromie — 2001

Avril pour des particuliers
Impression en sérigraphie — 2003



Bonne Année 2017 !!!
Que cette année soit Belle, Merveilleuse et remplie de sérénité…
Santé et prospérité !
Mes meilleurs vœux de bonheur pour cette nouvelle année !!!



Valéry Ponzone