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| Femme agenouillée par René Follet Lavis, Gouache et encre de Chine sur papier (Années 90) |
> Le blog à géométrie variable de Valéry Ponzone sur la bande dessinée, voire plus si affinités…
samedi 24 mai 2014
vendredi 23 mai 2014
> Mœbius et la vraie Vie…
"Je pense que la Vie, la vraie Vie, c'est d'avoir des problèmes… C'est pas de vivre sans problème…
Et la vraie Vie, c'est de rouspéter contre les problèmes qui arrivent, et de les résoudre du mieux qu'on peut…
(Mais) La satisfaction absolue, c'est intéressant, en tant que rêve, en tant que plan…"
Et la vraie Vie, c'est de rouspéter contre les problèmes qui arrivent, et de les résoudre du mieux qu'on peut…
(Mais) La satisfaction absolue, c'est intéressant, en tant que rêve, en tant que plan…"
Jean Giraud - Mœbius
in Mœbius Redux - Une Vie en images
(Avanti Media ; Arte + ZDF + Canal D & Co. ; 2006)
samedi 17 mai 2014
> La pin-up du week-end… par Blanc-Dumont
La voici, la voilà…
Elle est belle, elle est belle ma pin-up…
Et très distinguéééééééééééée !
Un dessin de Michel Blanc-Dumont datant des années 80 : il faudrait aller vérifier l'année exacte dans L'univers de Blanc-Dumont publié par Dargaud, mais je ne l'ai plus. Il s'y trouve très réduit, perdu dans le coin d'une page…
J'ai le dessin, mais pas ce livre…
Amusant : les livres sont plus importants que les dessins originaux pourtant, même si certains semblent perdre cela de vue…
Elle est belle, elle est belle ma pin-up…
Et très distinguéééééééééééée !
Un dessin de Michel Blanc-Dumont datant des années 80 : il faudrait aller vérifier l'année exacte dans L'univers de Blanc-Dumont publié par Dargaud, mais je ne l'ai plus. Il s'y trouve très réduit, perdu dans le coin d'une page…
J'ai le dessin, mais pas ce livre…
Amusant : les livres sont plus importants que les dessins originaux pourtant, même si certains semblent perdre cela de vue…
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| Cow-girl par Michel Blanc-Dumont Gouache et encre de Chine sur carton 20/10e (Années 80) |
vendredi 16 mai 2014
> Télérama Paris N° 254 - 29 octobre 1997
Ah ! Ah ! Ah ! Ah !…
Je suis tombé sur ce document historique en triant des photos dans des sauvegardes !
Je ne sais plus qui a pu me scanner ce document et me l'envoyer à l'époque ?
Je ne sais même pas où est le n° de Télérama lui-même, et je ne l'ai jamais scanné de mon côté…
Mais, je sais que ça va faire rire certains !
Jeune et large d'épaule (on the road again)…
J'ai ouvert la librairie-galerie La comète de Carthage en septembre 1997, et j'ai eu l'immense chance d'avoir ce papier dans le successeur du Petit Journal de Télérama, fin octobre 1997…
Je n'ai jamais su pour quelle raison : promis- juré, je n'ai payé personne (ce n'est donc pas du publi-reportage), et tout est dit dans l'article, discret… pas de relationnel (en fait le mot pour résumer ce concept : timide), donc pas de réseau…
Mais le fait est que…
La photo avait été un moment intéressant : je déteste les photos pour une raison bien particulière, et être obligé de poser pour celle-ci m'avait poussé à me forcer un peu-beaucoup-passionnément !
Mais c'était dans Télérama, enfin, dans son supplément parisien, et ayant été lecteur assidu de l'hebdomadaire, je ne pouvais qu'accepter avec le plaisir !…
Tout est dit, et je me demande encore pourquoi des gens sont étonnés et semblent
attendre la brosse à reluire et l'hypocrisie qui l'accompagne plutôt que prendre les choses comme elles sont perceptibles ?…
C'était dans le journal pourtant !?
Ce ne fut pas là mon quart d'heure de célébrité, je l'ai déjà eu de très longues années avant cette date, et ce n'est jamais quelque chose qui m'a attiré, loin s'en faut !…
La tranquillité est bien plus satisfaisante : surtout pour lire des bandes dessinées…
Un petit jeu (de toute façon, je ne sais pas si beaucoup de monde lit ce blog ?) : il y a huit cadres derrière moi.
Je ne tiens pas compte de celui tout en haut à gauche dont on ne voit qu'une toute petite partie…
Celui ou celle* qui me donne les auteurs et titres des estampes encadrées se verra offrir un cadeau collector, de préférence une image pour rester dans l'esprit…
Si, si : et elle sera signée.
* enfin, hormis si c'est un celui ou celle dont le relationnel serait plus mauvais que le mien…
Je suis tombé sur ce document historique en triant des photos dans des sauvegardes !
Je ne sais plus qui a pu me scanner ce document et me l'envoyer à l'époque ?
Je ne sais même pas où est le n° de Télérama lui-même, et je ne l'ai jamais scanné de mon côté…
Mais, je sais que ça va faire rire certains !
Jeune et large d'épaule (on the road again)…
J'ai ouvert la librairie-galerie La comète de Carthage en septembre 1997, et j'ai eu l'immense chance d'avoir ce papier dans le successeur du Petit Journal de Télérama, fin octobre 1997…
Je n'ai jamais su pour quelle raison : promis- juré, je n'ai payé personne (ce n'est donc pas du publi-reportage), et tout est dit dans l'article, discret… pas de relationnel (en fait le mot pour résumer ce concept : timide), donc pas de réseau…
Mais le fait est que…
La photo avait été un moment intéressant : je déteste les photos pour une raison bien particulière, et être obligé de poser pour celle-ci m'avait poussé à me forcer un peu-beaucoup-passionnément !
Mais c'était dans Télérama, enfin, dans son supplément parisien, et ayant été lecteur assidu de l'hebdomadaire, je ne pouvais qu'accepter avec le plaisir !…
Tout est dit, et je me demande encore pourquoi des gens sont étonnés et semblent
attendre la brosse à reluire et l'hypocrisie qui l'accompagne plutôt que prendre les choses comme elles sont perceptibles ?…
C'était dans le journal pourtant !?
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| Télérama Paris N° 254 - 29 octobre 1997 Me, myself and I à La comète de Carthage |
Ce ne fut pas là mon quart d'heure de célébrité, je l'ai déjà eu de très longues années avant cette date, et ce n'est jamais quelque chose qui m'a attiré, loin s'en faut !…
La tranquillité est bien plus satisfaisante : surtout pour lire des bandes dessinées…
Un petit jeu (de toute façon, je ne sais pas si beaucoup de monde lit ce blog ?) : il y a huit cadres derrière moi.
Je ne tiens pas compte de celui tout en haut à gauche dont on ne voit qu'une toute petite partie…
Celui ou celle* qui me donne les auteurs et titres des estampes encadrées se verra offrir un cadeau collector, de préférence une image pour rester dans l'esprit…
Si, si : et elle sera signée.
* enfin, hormis si c'est un celui ou celle dont le relationnel serait plus mauvais que le mien…
mardi 13 mai 2014
> Prophétie
J'ai eu une vision.
À propos d'Angoulême.
La Ville ne retrouvera pas sa splendeur passée (???). Non.
À propos du Festival de la saucisse-frites et du cognac ET de la BD qui s'y déroule chaque année…
Je vais la jouer humble avec les visions : une année je visionnais bien Edmond Baudoin se voir attribuer — enfin — le Grand Prix de la Ville d'Angoulême, et c'est Trondheim (!!!) qui l'a eu…
Pour quoi ? Et pour quel résultat : modifier le prix Alph-Art en hommage à Hergé, et plutôt très élégant avec ce crayonné sur du verre transparent, par des Fauves qui récompenseraient mieux les prix destinés à la Jeunesse que ceux d'un bande dessinée que l'on souhaiterait considérer comme adulte, en tout cas, moins cour de récréation !…
Oser faire cela… Remplacer Hergé comme un vulgaire vizir…
Ça sent le fauve, depuis lors, effectivement !
Plus proche de nous, je me suis dit qu'avec le retour des Passagers du Vent, il y avait là un bon moyen de réconcilier un auteur (qui plus est apporte beaucoup à ses confrères et à la défense du statut d'auteur vis à vis des éditeurs) et la bande dessinée grand public avec cette série devenue un classique du genre…
Héeeeeeeeeeee… Non ! François Bourgeon ne l'a pas eu.
Remarquez, le système est fait de telle façon, que tous les auteurs qui le mériteraient ne pourront être Grand Prix de la Ville d'Angoulême.
Il n'y a pas soit un millénaire, soit une date anniversaire tous les ans pour rattraper certains coups.
Dommage…
Allez, je me lance…
Alors l'an prochain : je vois, je vois…
C'est sûr et certain car j'ai eu une vision concernant le Festival d'Angoulême : le journal Libération fera un numéro spécial entièrement illustré par des auteurs de bande dessinée !
Voilà, je me suis lancé.
Je prends de gros risques…*
* d'autant plus qu'avec ce qu'il se passe à Libération en ce moment, personne ne peut être certain de son futur immédiat…
On aura donc peut-être un numéro Spécial du Monde à la place lors du prochain Festival d'Angoulême ?
Non… Je décooooonne : c'est pire au Monde en ce moment. Il n'y a plus personne hormis les abonnés !
À propos d'Angoulême.
La Ville ne retrouvera pas sa splendeur passée (???). Non.
À propos du Festival de la saucisse-frites et du cognac ET de la BD qui s'y déroule chaque année…
Je vais la jouer humble avec les visions : une année je visionnais bien Edmond Baudoin se voir attribuer — enfin — le Grand Prix de la Ville d'Angoulême, et c'est Trondheim (!!!) qui l'a eu…
Pour quoi ? Et pour quel résultat : modifier le prix Alph-Art en hommage à Hergé, et plutôt très élégant avec ce crayonné sur du verre transparent, par des Fauves qui récompenseraient mieux les prix destinés à la Jeunesse que ceux d'un bande dessinée que l'on souhaiterait considérer comme adulte, en tout cas, moins cour de récréation !…
Oser faire cela… Remplacer Hergé comme un vulgaire vizir…
Ça sent le fauve, depuis lors, effectivement !
Plus proche de nous, je me suis dit qu'avec le retour des Passagers du Vent, il y avait là un bon moyen de réconcilier un auteur (qui plus est apporte beaucoup à ses confrères et à la défense du statut d'auteur vis à vis des éditeurs) et la bande dessinée grand public avec cette série devenue un classique du genre…
Héeeeeeeeeeee… Non ! François Bourgeon ne l'a pas eu.
Remarquez, le système est fait de telle façon, que tous les auteurs qui le mériteraient ne pourront être Grand Prix de la Ville d'Angoulême.
Il n'y a pas soit un millénaire, soit une date anniversaire tous les ans pour rattraper certains coups.
Dommage…
Allez, je me lance…
Alors l'an prochain : je vois, je vois…
C'est sûr et certain car j'ai eu une vision concernant le Festival d'Angoulême : le journal Libération fera un numéro spécial entièrement illustré par des auteurs de bande dessinée !
Voilà, je me suis lancé.
Je prends de gros risques…*
* d'autant plus qu'avec ce qu'il se passe à Libération en ce moment, personne ne peut être certain de son futur immédiat…
On aura donc peut-être un numéro Spécial du Monde à la place lors du prochain Festival d'Angoulême ?
Non… Je décooooonne : c'est pire au Monde en ce moment. Il n'y a plus personne hormis les abonnés !
Libellés :
ANGOULEME,
BOUCQ,
EVER MEULEN; BURNS,
KILLOFFER,
LES PROFESSIONNELS DE LA PROFESSION,
LIBERATION,
MANDRYKA,
MARGERIN,
MATTOTTI,
PROPHÉTIE,
WILLEM
lundi 12 mai 2014
> Alef-Thau par Arno… ma première fois.
J'ai rangé un carton et suis tombé sur la toute première planche originale que j'ai achetée*.
Une planche d'Alef-Thau, par le prodigieux Arno…
Je lui ai acheté cette page, en la choisissant parmi d'autres, une après-midi de printemps en 1987…
J'ai eu par la suite d'autres planches ou dessins originaux d'Arno, que je n'ai pas gardés.
Peut-être certains étaient-ils plus flamboyants ?
Mais le fait est que c'est toujours cette planche de lui que j'ai préféré conserver.
Hé ! C'était ma première fois !
Ma première planche…
C'est toujours un souvenir qui procure une certaine émotion !!!…
C'est le parallèle entre les deux actions qui m'avait intéressé.
Vais-je parler de temporalité pour faire le malin ? Non.
Et surtout surtout il y avait les deux filles, les deux personnages féminins.
De vraies guerrières : je me demande si cela ne s'est pas généralisé dans la bande dessinée bien avant que cela ne devienne un classique dans le cinéma de genre californien ?
Autant Diamante m'énervait en permanence, autant l'autre guerrière, qui aurait dû tuer Alef-Thau avant de tomber amoureuse de lui grâce à une fléchette, me plaisait plus !…
Mais je sais bien que c'est surtout la partie basse de cette planche qui m'a attiré et plus encore la toute dernière case, avec le mouvement et le départ de cet espèce de module, et la plongée sur la ville avec son architecture toute moebiusienne !
J'ai revu quelques fois Arno par la suite : nous nous rencontrions le plus souvent vers République, soit chez sa mère qui habitait dans le quartier, soit dans une des brasseries qui bordent la place…
Un dessinateur très jeune et plus que doué : je me souviens toujours des différentes séances de signatures de lui auxquelles j'ai assisté : les dessins qu'il faisait dans ces moments là étaient particulièrement beaux. Il ne trichait pas.
* dont je n'ai fait qu'un photo avec mon machin-chosephone sur moi. Pas eu envie de la traîner jusque vers mon scanner Epson : c'est dimanche. Jour de repos, normalement…
Valéry Ponzone
Une planche d'Alef-Thau, par le prodigieux Arno…
Je lui ai acheté cette page, en la choisissant parmi d'autres, une après-midi de printemps en 1987…
J'ai eu par la suite d'autres planches ou dessins originaux d'Arno, que je n'ai pas gardés.
Peut-être certains étaient-ils plus flamboyants ?
Mais le fait est que c'est toujours cette planche de lui que j'ai préféré conserver.
Hé ! C'était ma première fois !
Ma première planche…
C'est toujours un souvenir qui procure une certaine émotion !!!…
C'est le parallèle entre les deux actions qui m'avait intéressé.
Vais-je parler de temporalité pour faire le malin ? Non.
Et surtout surtout il y avait les deux filles, les deux personnages féminins.
De vraies guerrières : je me demande si cela ne s'est pas généralisé dans la bande dessinée bien avant que cela ne devienne un classique dans le cinéma de genre californien ?
Autant Diamante m'énervait en permanence, autant l'autre guerrière, qui aurait dû tuer Alef-Thau avant de tomber amoureuse de lui grâce à une fléchette, me plaisait plus !…
Mais je sais bien que c'est surtout la partie basse de cette planche qui m'a attiré et plus encore la toute dernière case, avec le mouvement et le départ de cet espèce de module, et la plongée sur la ville avec son architecture toute moebiusienne !
J'ai revu quelques fois Arno par la suite : nous nous rencontrions le plus souvent vers République, soit chez sa mère qui habitait dans le quartier, soit dans une des brasseries qui bordent la place…
Un dessinateur très jeune et plus que doué : je me souviens toujours des différentes séances de signatures de lui auxquelles j'ai assisté : les dessins qu'il faisait dans ces moments là étaient particulièrement beaux. Il ne trichait pas.
| Arno, Aleph-Thau tome 3 Le roi borgne Planche originale 29 du livre Encre de Chine et gouache blanche |
* dont je n'ai fait qu'un photo avec mon machin-chosephone sur moi. Pas eu envie de la traîner jusque vers mon scanner Epson : c'est dimanche. Jour de repos, normalement…
Valéry Ponzone
lundi 28 avril 2014
> Liberatore, Paperino vs Donald…
Deux cartes postales éditées en Italie et en France dans les années 80.
Deux hommages à Paperino (Italie) et Donald (France) par l'immense Liberatore.
Deux visions différentes pour un même dessin (un peu FGTH ?), deux légendes très différentes…
Pour le clin d'œil et la différence d'approche culturelle…
Deux hommages à Paperino (Italie) et Donald (France) par l'immense Liberatore.
Deux visions différentes pour un même dessin (un peu FGTH ?), deux légendes très différentes…
Pour le clin d'œil et la différence d'approche culturelle…
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| Liberatore, I love Paperino (à gauche), Editori Del Griffo (Italie, 1984) Liberatore, Donald fuck (à droite), Editions Aedena (France, 1985) |
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| Liberatore, I love Paperino (à gauche), Editori Del Griffo (Italie, 1984) Liberatore, Donald fuck (à droite), Editions Aedena (France, 1985) |
dimanche 27 avril 2014
> Vuillemin sauvait déjà la Gauche en… 1995
J'ai retrouvé mes anciens numéros de La Mouise réalisé par mon regretté voisin, Le Professeur Choron (rue des 3 portes Paris 5e, juste à côté de la librairie pour ceux qui ignorent le côté historique du Quartier).
La question se posait déjà, se pose encore et se posera toujours semble-t-il…
En tout cas Vuillemin me fera toujours autant rire !
No comment
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| Vuillemin, Qui peut sauver la Gauche ? in La Mouise, Hors-série Campagne Présidentielle, 1995 L'affiche capitale qui secoue les puces |
Valéry Ponzone
jeudi 10 avril 2014
> Propaganda… suite
Encore du baume au cœur*, toujours agréable quand cela vient d'un support totalement objectif et éloigné du petit monde de la BD : sur un site italien consacré à la Culture et aux sorties dans la capitale du Monde de la Galáxie de l'Univers, Parigi Grossomodo, un article sur les meilleures librairies parisiennes, et, c'est incroyable, je suis dedans.
Surtout, surtout, aux côtés de librairies historiques comme La Hune, Joseph Gibert, Shakespeare and Company (enfin, la deuxième, pas la première, véritablement historique surtout pour Joyce), La librairie gourmande etc.
Voici le texte, pour une petite leçon d'italien : c'est facile, plus que l'anglais en fait.
Je m'en suis rendu compte un jour à la Galerie Nationale d'Art Moderne de Rome, dans la Villa Borghese (je recommande, et qui plus est il n'y a jamais personne : vous y verrez un très beau Modigliani, un très beau Van Dongen, et aussi un très très beau Klimt : un tableau véritablement majeur, Les trois âges de la femme) : je me suis trompé de plaquette explicative, et je lisais l'italienne sans me rendre compte (oh ! le crétin !) tout de suite que ce n'était pas l'anglaise…
Le français est tellement proche de l'italien, que j'avais l'impression de lire une plaquette en français alors que cette langue est quasiment toujours absente des Musées romains...
Le migliori librerie di Parigi
Surtout, surtout, aux côtés de librairies historiques comme La Hune, Joseph Gibert, Shakespeare and Company (enfin, la deuxième, pas la première, véritablement historique surtout pour Joyce), La librairie gourmande etc.
Voici le texte, pour une petite leçon d'italien : c'est facile, plus que l'anglais en fait.
Je m'en suis rendu compte un jour à la Galerie Nationale d'Art Moderne de Rome, dans la Villa Borghese (je recommande, et qui plus est il n'y a jamais personne : vous y verrez un très beau Modigliani, un très beau Van Dongen, et aussi un très très beau Klimt : un tableau véritablement majeur, Les trois âges de la femme) : je me suis trompé de plaquette explicative, et je lisais l'italienne sans me rendre compte (oh ! le crétin !) tout de suite que ce n'était pas l'anglaise…
Le français est tellement proche de l'italien, que j'avais l'impression de lire une plaquette en français alors que cette langue est quasiment toujours absente des Musées romains...
"Per gli appassionati di BD
La cométe de Carthage
4, rue Frédéric Sauton
75005 Parigi
Nel cuore del quartiere latino, a pochi metri dal Lungosenna, questa libreria specializzata nel fumetto è il posto dove andare se, appassionati della nona arte, siete alla ricerca di qualcosa di veramente particolare o se, semplicemente, volete immergervi in questo mondo aiutati da una persona competente. In questo caso, editore delle edizioni LE 9ème MONDE, il proprietario dei luoghi è l’uomo che fa per voi: probabilmente uno dei più grandi esperti in Bande Dessinée di Parigi, saprà aiutarvi e guidarvi nelle ricerche più difficili."
Grazie a voi
Qui plus est le rédacteur de l'article qui ne s'est pas présenté, semble en savoir plus sur ma librairie, sur son emplacement et mon activité d'éditeur que bon nombre de professionnels de la profession officiant dans la BD !
C'est ce qui m'impressionne le plus !
Ce que savent certains ou l'ignorance des autres ?
À vous de deviner (un indice : j'aurais pu ajouter "crasse")…
Ciao
* Hé oui ! Cela vous étonne : je préfère que l'on comprenne ce que j'ai fait depuis mon ouverture, et que l'on apprécie tout cela que le contraire !
Pas forcément que l'on aime, ça c'est un autre plan, mais bel et bien que l'on apprécie.
* Hé oui ! Cela vous étonne : je préfère que l'on comprenne ce que j'ai fait depuis mon ouverture, et que l'on apprécie tout cela que le contraire !
Pas forcément que l'on aime, ça c'est un autre plan, mais bel et bien que l'on apprécie.
dimanche 6 avril 2014
> Yves Chaland, les Cauchemars (fétichistes) du Jeune Albert…
Ce dessin de Chaland en Hommage à Hergé, réalisé pour le G.G.E.F. de Rudler (ce groupement graphique éditait des tirages de luxes kitschos au possible avec le recul, tel celui d'un Homme dans la Foule de Floc'h avec du vrai tissu Dormeuil pour la couverture, ou encore La peau de Léopard de Ted Benoit avec un vraie-fausse peau de léopard synthétique : de très mauvais goût somme toute, mais aussi des dérivés de l'univers de Tintin : le fétiche Arumbaya en résine ou le sceptre d'Ottokar bien doré) aurait pu faire partie des Cauchemars du Jeune Albert : on sent dans ce dessin le même esprit que dans le portfolio…
Le dessin a aussi été publié dans le livre collectif Fétiches (sous un couverture de Bilal), puis au trait dans le catalogue Chaland Explorateur (Reporter, 1990) et a dû être repris en couleurs dans le gros livre édité par Champaka sur le travail de Chaland illustrateur…
J'aurais pu le présenter dans ma Petite histoire de pirogues… : avec celle qui glisse discrètement sur le fleuve tout à l'arrière-plan…
La version au trait, ainsi que celle de la plaquette de présentation du Groupe, et trois variantes de mises en couleurs au fil des ans…
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| Le Jeune Albert et le Fétiche Hommage à Hergé ; 1985 |
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| Le Jeune Albert et le Fétiche Hommage à Hergé ; 1985 in Catalogue G.G.E.F. (en photocopie) |
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| Le Jeune Albert et le Fétiche Hommage à Hergé ; 1985 |
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| Le Jeune Albert et le Fétiche Hommage à Hergé ; 198? Carte postale |
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| Le Jeune Albert et le Fétiche Le Collectionneur de bandes Dessinées n°69 ; 1992 |
Il n'avait pas été vendu pendant l'exposition et je l'avais vu derrière le bureau du Seigneur de Super Héros au fond du magasin quelques temps après l'exposition…
Un peu plus cher…
La masse noire du tronc de l'arbre au premier plan me gênait un peu. Je la trouvais trop présente et imposante. je crois que les traces blanches en réserve pour marquer le relief de l'écorce avaient été faites à la gouache blanche, ainsi que les stries de l'insecte.
Je vais être sincère, je le suis toujours de toute façon, je n'avais pas su regarder ce dessin !
Et je le regrette, car il est admirable, tant dans son idée (un hommage à Hergé pas si appuyé que cela tout en l'étant vraiment) que dans sa composition et sa réalisation.
Être collectionneur c'est aussi se frustrer bêtement, avec de fausses-bonnes raisons, et laisser parfois (souvent ?) passer de belles choses.
Je me demande encore si Yves Boniface souhaitait conserver ce dessin pour lui, ou si quelqu'un, et ce n'est pas ce qui manque, de plus malin que moi avait eu le bon goût de le lui acheter cette année là ?
jeudi 3 avril 2014
> Yves Chaland, les Cauchemars du Jeune Albert…
Je viens de récupérer un exemplaire du portfolio de Chaland, Cauchemars.
Cela me fait plaisir de pouvoir le présenter à la librairie…
Ce portfolio fait partie de mes préférés dans ce domaine de l'édition : certainement l'un des quatre, cinq parmi ceux que j'aime le plus… voire celui que j'aime le plus !
Vous voulez connaître les autres ? Non ?…
Tant pis, j'en indique quelques uns tout de même (plus que cinq d'ailleurs) !…
Dans le désordre, Defective Stories de Charles Burns ; Die Mauer de Enki Bilal ; Citroën et la BD par différents auteurs dont Chaland, Mœbius, Forest, Juillard, Gillon, Clerc… ; Chantal Thomass des Dupuy-Berberian ; La cité feu de Mœbius & Darrow ; Les yeux d'Alla de Rabaté ; Un, deux, trois de Jean-Claude Götting ; Farewell Ladies de Hugo Pratt ; Enfin de Joost Swarte ; L'Express de Schuiten et Renard ; Parapsychologie de Mœbius…
Cauchemars est le second portfolio réalisé par Chaland (je ne tiens pas compte du portfolio Les exploits du géant, collector et objet publicitaire conçu dans un autre esprit, comparativement à des portfolios pensés pour l'édition) et il est tout simplement magnifique.
Comme toujours chez Chaland, que ce fût pour ses estampes ou pour son précédent portfolio F-52, celui-ci est réalisé avec beaucoup de finesse et d'intelligence
Ce portfolio a été édité en 1986 par L'Atelier.
Atelier de sérigraphie qui imprimait aussi bien pour d'autres éditeurs (Central Union ; Reporter ; Décalage ; Alain Beaulet ; Stardom ; Le 9ème Monde…) que pour ses propres productions (L'Atelier ; l'A.P.P.A.R. ; L'Atelier Médicis ; L'Atelier Eric Seydoux…) faisant certainement parti des meilleurs Ateliers d'Arts européens…
D'un format carré 25,5 x 25,5 cm, il prend place dans la Collection… Carré créée par L'Atelier !
À la suite du portfolio Escales de Loustal (1986) et avant les portfolios Je me souviens de Floc'h (1987), et Nocturnes de Mattotti (1989) qui constituera le dernier angle de cette collection, Cauchemars est composé de six planches entièrement imprimées en sérigraphie 6 passages couleurs sur un papier Vélin d'Arches 270 grammes, ainsi que de deux planches imprimées en noir seul, sur un papier offset gris 250 grammes qui font office de planche titre et de planche de justificatif de tirage.
Ces six planches couleurs nous présentent les cauchemars du Jeune Albert, qui, malgré son âme pure et droite le jour, peut-être envahit par un subconscient plus complexe pendant son sommeil…
Grâces aux pigments des encres de sérigraphie, ces six planches éclatent et rayonnent de mille feux…Présentées dans un emboîtage entièrement toilé bleu marine, avec marquage au 1er plat, le tirage total de ce portfolio est de 850 exemplaires, dont 800 exemplaires commercialisés, signés par Yves Chaland et numérotés en chiffres arabes, et L exemplaires hors-commerces, réservés à l'auteur et à l'éditeur, signés par Yves Chaland et numérotés en chiffres romains…
Voilà pour la présentation : place aux images…
Après avoir admiré les magnifiques planches de ce portfolios, qui prend toute sa force en voyant réellement les planches imprimées en sérigraphie, il faut surtout revenir et s'attarder sur les deux planches en noir seul : les deux planches titre et de justificatif de tirage.
C'est aussi dans ces deux planches que résident la finesse et l'intelligence de Chaland : qu'elles soient en une seule couleur sur papier gris les rend plus discrètes : on a vraiment l'impression que ce ne sont que deux planches destinées à encadrer le principal, les six planches couleurs constituant la matière principale de ce portfolio.
Certes.
Mais plus que cela.
Ces deux planches plus que toutes autres présentent véritablement les Cauchemars du Jeune Albert…
Ce sont ces fameuses dernières minutes de sommeil, si courantes, précédant l'éveil, pendant lesquelles notre subconscient se précipite, s'emballe, et submerge notre esprit de rêves et d'images toutes plus complexes et surréalistes les unes que les autres.
Des séquences très courtes, que l'on pense plus longues que le temps qui s'est réellement écoulé, qui se bousculent dans notre esprit, très souvent pendant ces quelques minutes où l'on a prolongé le sommeil après la première sonnerie du réveil-matin mécanique…
Le réveil en gros plan sur la première planche indique l'heure et l'heure prévue du réveil du Jeune Albert…
La dernière planche, en-deçà du texte de justificatif de tirage et de la signature de l'artiste, qui ont leur importance évidemment (!!) mais focalisent l'attention du collectionneur, nous montre un Jeune Albert encore en pyjama dans son lit quasiment sens dessus-dessous : il est en retard, bien sûr !
Tout le monde remarque que l'on aperçoit à travers la fenêtre un autre élève, protégé de la pluie sous sa capeline, qui, lui, est déjà sur le chemin de l'école…
Bravo l'Artiste !
Les rêves sont particulièrement présents des les histoires de Chaland, que ce soit Freddy Lombard (cf le décrochage narratif qui fait glisser le récit pendent les Guerres Puniques et le siège de Carthage dans La comète de Carthage) ou Adolphus Claar (qui se réveille alors que tout se dérègle en oubliant qui il est).
Dans les pages du Jeune Albert, le rêve représente autre chose, et permet, un peu comme dans ce portfolio, à Albert d'accéder à un autre monde : un autre espace-temps.
Cela est particulièrement évident dans la dernière histoire, longue celle-ci, de la première édition du Jeune Albert : Vengeance.
Seule succession de demie-planches constituant une histoire longue de 8 demie-planches au total cette histoire est, forcément, à part dans le recueil des planches du Jeune Albert publiées par Métal Hurlant en 1985.
Albert a commencé par se prendre une sévère correction et ne pense qu'à échafauder des plans afin d'assouvir sa vengeance et éliminer cette rancœur qui le tenaille…
Ce qui est particulièrement intéressant est l'apparition de Ubu en planche 2, dès le premier rêve du Jeune Albert.
C'est Ubu qui le conseille et lui recommande de se venger de l'humiliation subie, ou le simoun se lèvera et (le Jeune Albert) pourrira desséché dans ce désert de sable …
Du rêve on passe au monde créé par Alfred Jarry : la pataphysique entre dans les pages les plus surréalistes du Jeune Albert, tout en étant les plus humaines : qu'y-a-t-il de plus ancré au tréfonds de l'âme humaine que la vengeance ?
Un Ubu, qui donne cela en version bichromie :
Des Cauchemars on passe aux rêves du Jeune Albert et au monde de Ubu.
Sans être fidèle à celui dessiné par Alfred Jarry lui-même :
L'inspiration graphique de Chaland est plutôt celle d'une peinture de Max Ernst :
Reprise pour la couverture d'un des nombreux livres de Ubu Roi, celui de la Collection Folio :
MàJ Juin 2015 : Et comme je suis partisan de l'Éducation des Masses laborieuses et exploitées par des rythmes de travail infernaux, j'ai profité d'un visite au Musée Pompidou, que je préfère appeler Beaubourg (même si ma grand-mère allait au cinéma avec Georges et Léopold) avec ma petiote, pour prendre une photo du véritable tableau de Max !
Avec son cadre c'est plus mis en valeur : et même avec mon Iphone, le rendu est meilleur que le visuel récupéré plus haut sur la toile !!??…
À la fin de cette histoire de Vengeance, le serviteur onirique du Jeune Albert se prénomme Max.
En référence certainement avec Max Ernst dont Chaland s'inspire pour son propre Ubu dessiné ?…
Une parenthèse à propos de l'avant-dernière case dans laquelle on voit le Jeune Albert et Max, son serviteur : cette image m'a toujours fait penser à la dernière page de Ma vie de Floc'h éditée dans la même collection chez Les Humanoïdes Associés : désert, dunes, colonnes antiques en ruine, le vent se lève à l'arrière-plan…
L'association d'idée par excellence. L'association visuelle plutôt.
Même collection que Le Jeune Albert chez le même éditeur.
(Chaland a fait le portrait de Floc'h pour le 4e plat de cette première édition de Ma vie, et cette dernière page.)
La boucle et la parenthèse se referment…
Ubu représenté par Chaland dans les pages du Jeune Albert…
En avril 1990, Yves Boniface, co-créateur de la librairie Super Héros à Paris organise l'Exposition Coloniale 1990 de Chaland dans les murs de sa librairie (il la quittera un peu plus tard pour se consacrer à Reporter, la Galerie Médicis, et L'Atelier Médicis).
Séance de dédicace organisée, notamment pour la publication de l'édition de luxe de Cœur d'acier par les éditions Champaka.
J'ai acheté deux dessins lors de cette exposition, pas assez d'argent pour m'offrir une planche originale et celles qui m'auraient plu ont été déjà réservées… et de toute façon pas assez d'argent.
Elles étaient pourtant proposées à 3800 FF de jadis de mémoire…
J'entends déjà le refrain classique de certains pseudos collectionneurs, prophètes à rebours : "si j'avais su, j'aurais tout acheté !…"(sic).
Oui, bien entendu.
Ils n'achètent jamais rien, mais auraient toujours tout acheté 20 ans après aux prix de 20 ans avant, ou 20 ans avant en connaissait les prix pratiqués 20 ans après pour rester dans un raisonnement en forme d'anneau de Möbius !
Comme je suis là un peu avant l'heure d'arrivée de Chaland, pouvant attendre avant mais pas pendant pour cause d'entraînement sportif à assurer, je discute au fond de la librairie, comme souvent, avec Yves Boniface.
N'en déplaise à certains, plutôt imbus d'eux-mêmes, c'est l'avantage de l'échange avec un interlocuteur, libraire en l'occurrence, qui permet d'apprendre et savoir un peu plus de choses sur la bande dessinée…
Il me présente un projet futur pour lequel il prend déjà des réservations : cela signifie la certitude du projet.
Un livre qui sera intégralement réalisé en sérigraphie, comportant de nombreuses estampes avec de nombreux passages couleurs, 8/12 de mémoire, et imprimé par L'Atelier.
Façon livre d'artiste, en édition très limitée…
Ubu Roi par Yves Chaland.
La fourchette de prix était déjà fixée et permettait à Yves Boniface de noter les réservation et tester les afficionados de Chaland, et le potentiel du projet en cours.
Je réserve avec enthousiasme, mon nom est mis sur son fameux cahier de réservation à la suite d'autres personnes : je n'étais pas du tout le premier, un ou deux nom devaient déjà être présent dans ce cahier.
Je parlais d'association d'idées, d'associations visuelles.
Le fait est que lorsque Yves Boniface me présenta ce projet d'édition, je visualisais de suite en juxtaposition ce que Chaland avait fait avec Ubu dans les pages du Jeune Albert et ce portfolio Cauchemars édité et imprimé par L'Atelier…
Enfant, je rêvais souvent de titres de bande dessinée que l'on ne trouvait pas ou plus en librairie…
Comme un trésor plus important que tout, à devoir ramener de mes rêves vers le monde réel.
Parfois, j'aimerais m'endormir et, comme le Jeune Albert, discuter avec Ubu…
Qu'au fil de l'échange Ubu me dévoile — enfin — ce livre mystérieux, ce beau projet qui aurait dû prendre vie sous le pinceau d'Yves Chaland…
Et, peut-être, pouvoir ramener avec moi quelques unes de ces images, tout comme enfant je pensais ramener dans la réalité ces bandes dessinées oniriques.
Mais Chaland s'en est allé, peut-être rejoindre Ubu et converser avec lui ?
Comme le Jeune Albert s'enfonçant dans le désert pour trouver on ne sait quelle Illumination, je ne peux qu'imaginer ce qui aurait pu être…
Ubu Roi par Yves Chaland.
Cela me fait encore et toujours rêver !
Valéry Ponzone
Cela me fait plaisir de pouvoir le présenter à la librairie…
Ce portfolio fait partie de mes préférés dans ce domaine de l'édition : certainement l'un des quatre, cinq parmi ceux que j'aime le plus… voire celui que j'aime le plus !
Vous voulez connaître les autres ? Non ?…
Tant pis, j'en indique quelques uns tout de même (plus que cinq d'ailleurs) !…
Dans le désordre, Defective Stories de Charles Burns ; Die Mauer de Enki Bilal ; Citroën et la BD par différents auteurs dont Chaland, Mœbius, Forest, Juillard, Gillon, Clerc… ; Chantal Thomass des Dupuy-Berberian ; La cité feu de Mœbius & Darrow ; Les yeux d'Alla de Rabaté ; Un, deux, trois de Jean-Claude Götting ; Farewell Ladies de Hugo Pratt ; Enfin de Joost Swarte ; L'Express de Schuiten et Renard ; Parapsychologie de Mœbius…
Cauchemars est le second portfolio réalisé par Chaland (je ne tiens pas compte du portfolio Les exploits du géant, collector et objet publicitaire conçu dans un autre esprit, comparativement à des portfolios pensés pour l'édition) et il est tout simplement magnifique.
Comme toujours chez Chaland, que ce fût pour ses estampes ou pour son précédent portfolio F-52, celui-ci est réalisé avec beaucoup de finesse et d'intelligence
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Couverture Reliure pleine toile avec marquage au fer L'Atelier (Paris) , 1986 |
Ce portfolio a été édité en 1986 par L'Atelier.
Atelier de sérigraphie qui imprimait aussi bien pour d'autres éditeurs (Central Union ; Reporter ; Décalage ; Alain Beaulet ; Stardom ; Le 9ème Monde…) que pour ses propres productions (L'Atelier ; l'A.P.P.A.R. ; L'Atelier Médicis ; L'Atelier Eric Seydoux…) faisant certainement parti des meilleurs Ateliers d'Arts européens…
D'un format carré 25,5 x 25,5 cm, il prend place dans la Collection… Carré créée par L'Atelier !
À la suite du portfolio Escales de Loustal (1986) et avant les portfolios Je me souviens de Floc'h (1987), et Nocturnes de Mattotti (1989) qui constituera le dernier angle de cette collection, Cauchemars est composé de six planches entièrement imprimées en sérigraphie 6 passages couleurs sur un papier Vélin d'Arches 270 grammes, ainsi que de deux planches imprimées en noir seul, sur un papier offset gris 250 grammes qui font office de planche titre et de planche de justificatif de tirage.
Ces six planches couleurs nous présentent les cauchemars du Jeune Albert, qui, malgré son âme pure et droite le jour, peut-être envahit par un subconscient plus complexe pendant son sommeil…
Grâces aux pigments des encres de sérigraphie, ces six planches éclatent et rayonnent de mille feux…Présentées dans un emboîtage entièrement toilé bleu marine, avec marquage au 1er plat, le tirage total de ce portfolio est de 850 exemplaires, dont 800 exemplaires commercialisés, signés par Yves Chaland et numérotés en chiffres arabes, et L exemplaires hors-commerces, réservés à l'auteur et à l'éditeur, signés par Yves Chaland et numérotés en chiffres romains…
Voilà pour la présentation : place aux images…
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Planche titre L'Atelier (Paris) , 1986 |
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Planche 3 L'Atelier (Paris) , 1986 Musique : servir d'amuse-bouche pour la surprise-party… |
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Planche 4 L'Atelier (Paris) , 1986 Sport : la dislocation de l'esprit dans l'effort musculaire… |
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Planche 5 L'Atelier (Paris) , 1986 Histoire : le curé vient-il sauver ce pauvre Albert de son court-bouillon ? |
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| Chaland, portfolio Cauchemars - Planche justificatif de tirage L'Atelier (Paris) , 1986 |
Après avoir admiré les magnifiques planches de ce portfolios, qui prend toute sa force en voyant réellement les planches imprimées en sérigraphie, il faut surtout revenir et s'attarder sur les deux planches en noir seul : les deux planches titre et de justificatif de tirage.
C'est aussi dans ces deux planches que résident la finesse et l'intelligence de Chaland : qu'elles soient en une seule couleur sur papier gris les rend plus discrètes : on a vraiment l'impression que ce ne sont que deux planches destinées à encadrer le principal, les six planches couleurs constituant la matière principale de ce portfolio.
Certes.
Mais plus que cela.
Ces deux planches plus que toutes autres présentent véritablement les Cauchemars du Jeune Albert…
Ce sont ces fameuses dernières minutes de sommeil, si courantes, précédant l'éveil, pendant lesquelles notre subconscient se précipite, s'emballe, et submerge notre esprit de rêves et d'images toutes plus complexes et surréalistes les unes que les autres.
Des séquences très courtes, que l'on pense plus longues que le temps qui s'est réellement écoulé, qui se bousculent dans notre esprit, très souvent pendant ces quelques minutes où l'on a prolongé le sommeil après la première sonnerie du réveil-matin mécanique…
Le réveil en gros plan sur la première planche indique l'heure et l'heure prévue du réveil du Jeune Albert…
La dernière planche, en-deçà du texte de justificatif de tirage et de la signature de l'artiste, qui ont leur importance évidemment (!!) mais focalisent l'attention du collectionneur, nous montre un Jeune Albert encore en pyjama dans son lit quasiment sens dessus-dessous : il est en retard, bien sûr !
Tout le monde remarque que l'on aperçoit à travers la fenêtre un autre élève, protégé de la pluie sous sa capeline, qui, lui, est déjà sur le chemin de l'école…
Bravo l'Artiste !
Les rêves sont particulièrement présents des les histoires de Chaland, que ce soit Freddy Lombard (cf le décrochage narratif qui fait glisser le récit pendent les Guerres Puniques et le siège de Carthage dans La comète de Carthage) ou Adolphus Claar (qui se réveille alors que tout se dérègle en oubliant qui il est).
Dans les pages du Jeune Albert, le rêve représente autre chose, et permet, un peu comme dans ce portfolio, à Albert d'accéder à un autre monde : un autre espace-temps.
Cela est particulièrement évident dans la dernière histoire, longue celle-ci, de la première édition du Jeune Albert : Vengeance.
Seule succession de demie-planches constituant une histoire longue de 8 demie-planches au total cette histoire est, forcément, à part dans le recueil des planches du Jeune Albert publiées par Métal Hurlant en 1985.
Albert a commencé par se prendre une sévère correction et ne pense qu'à échafauder des plans afin d'assouvir sa vengeance et éliminer cette rancœur qui le tenaille…
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 1 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 2 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 3 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 4 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 5 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 6 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 7 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 8 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
C'est Ubu qui le conseille et lui recommande de se venger de l'humiliation subie, ou le simoun se lèvera et (le Jeune Albert) pourrira desséché dans ce désert de sable …
Du rêve on passe au monde créé par Alfred Jarry : la pataphysique entre dans les pages les plus surréalistes du Jeune Albert, tout en étant les plus humaines : qu'y-a-t-il de plus ancré au tréfonds de l'âme humaine que la vengeance ?
Un Ubu, qui donne cela en version bichromie :
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| Ubu - Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 2 Le Jeune Albert + Les horreurs de la Guerre + Absences Tirage de Luxe 1000 exemplaires numérotés © Champaka, & Chaland, 1991 |
Des Cauchemars on passe aux rêves du Jeune Albert et au monde de Ubu.
Sans être fidèle à celui dessiné par Alfred Jarry lui-même :
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| Alfred Jarry, Ubu Roi |
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| Max Ernst, Ubu Roi Huile sur toile ; Format 100 x 81 cm Collection Musée Georges Pompidou |
Reprise pour la couverture d'un des nombreux livres de Ubu Roi, celui de la Collection Folio :
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| Alfred Jarry, Ubu Roi Folio Classique, Éditions Gallimard |
Avec son cadre c'est plus mis en valeur : et même avec mon Iphone, le rendu est meilleur que le visuel récupéré plus haut sur la toile !!??…
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| Max Ernst, Ubu Roi Huile sur toile ; Format 100 x 81 cm Collection Musée Georges Pompidou |
À la fin de cette histoire de Vengeance, le serviteur onirique du Jeune Albert se prénomme Max.
En référence certainement avec Max Ernst dont Chaland s'inspire pour son propre Ubu dessiné ?…
Une parenthèse à propos de l'avant-dernière case dans laquelle on voit le Jeune Albert et Max, son serviteur : cette image m'a toujours fait penser à la dernière page de Ma vie de Floc'h éditée dans la même collection chez Les Humanoïdes Associés : désert, dunes, colonnes antiques en ruine, le vent se lève à l'arrière-plan…
L'association d'idée par excellence. L'association visuelle plutôt.
Même collection que Le Jeune Albert chez le même éditeur.
(Chaland a fait le portrait de Floc'h pour le 4e plat de cette première édition de Ma vie, et cette dernière page.)
La boucle et la parenthèse se referment…
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| Floc'h, Ma vie - page 45 © Les Humanoïdes Associés, 1985 |
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| Vengeance, in Le Jeune Albert - planche 8 © Les Humanoïdes Associés, & Chaland, 1985 |
Ubu représenté par Chaland dans les pages du Jeune Albert…
En avril 1990, Yves Boniface, co-créateur de la librairie Super Héros à Paris organise l'Exposition Coloniale 1990 de Chaland dans les murs de sa librairie (il la quittera un peu plus tard pour se consacrer à Reporter, la Galerie Médicis, et L'Atelier Médicis).
Séance de dédicace organisée, notamment pour la publication de l'édition de luxe de Cœur d'acier par les éditions Champaka.
J'ai acheté deux dessins lors de cette exposition, pas assez d'argent pour m'offrir une planche originale et celles qui m'auraient plu ont été déjà réservées… et de toute façon pas assez d'argent.
Elles étaient pourtant proposées à 3800 FF de jadis de mémoire…
J'entends déjà le refrain classique de certains pseudos collectionneurs, prophètes à rebours : "si j'avais su, j'aurais tout acheté !…"(sic).
Oui, bien entendu.
Ils n'achètent jamais rien, mais auraient toujours tout acheté 20 ans après aux prix de 20 ans avant, ou 20 ans avant en connaissait les prix pratiqués 20 ans après pour rester dans un raisonnement en forme d'anneau de Möbius !
Comme je suis là un peu avant l'heure d'arrivée de Chaland, pouvant attendre avant mais pas pendant pour cause d'entraînement sportif à assurer, je discute au fond de la librairie, comme souvent, avec Yves Boniface.
N'en déplaise à certains, plutôt imbus d'eux-mêmes, c'est l'avantage de l'échange avec un interlocuteur, libraire en l'occurrence, qui permet d'apprendre et savoir un peu plus de choses sur la bande dessinée…
Il me présente un projet futur pour lequel il prend déjà des réservations : cela signifie la certitude du projet.
Un livre qui sera intégralement réalisé en sérigraphie, comportant de nombreuses estampes avec de nombreux passages couleurs, 8/12 de mémoire, et imprimé par L'Atelier.
Façon livre d'artiste, en édition très limitée…
Ubu Roi par Yves Chaland.
La fourchette de prix était déjà fixée et permettait à Yves Boniface de noter les réservation et tester les afficionados de Chaland, et le potentiel du projet en cours.
Je réserve avec enthousiasme, mon nom est mis sur son fameux cahier de réservation à la suite d'autres personnes : je n'étais pas du tout le premier, un ou deux nom devaient déjà être présent dans ce cahier.
Je parlais d'association d'idées, d'associations visuelles.
Le fait est que lorsque Yves Boniface me présenta ce projet d'édition, je visualisais de suite en juxtaposition ce que Chaland avait fait avec Ubu dans les pages du Jeune Albert et ce portfolio Cauchemars édité et imprimé par L'Atelier…
Enfant, je rêvais souvent de titres de bande dessinée que l'on ne trouvait pas ou plus en librairie…
Comme un trésor plus important que tout, à devoir ramener de mes rêves vers le monde réel.
Parfois, j'aimerais m'endormir et, comme le Jeune Albert, discuter avec Ubu…
Qu'au fil de l'échange Ubu me dévoile — enfin — ce livre mystérieux, ce beau projet qui aurait dû prendre vie sous le pinceau d'Yves Chaland…
Et, peut-être, pouvoir ramener avec moi quelques unes de ces images, tout comme enfant je pensais ramener dans la réalité ces bandes dessinées oniriques.
Mais Chaland s'en est allé, peut-être rejoindre Ubu et converser avec lui ?
Comme le Jeune Albert s'enfonçant dans le désert pour trouver on ne sait quelle Illumination, je ne peux qu'imaginer ce qui aurait pu être…
Ubu Roi par Yves Chaland.
Cela me fait encore et toujours rêver !
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| Le Jeune Albert + Les horreurs de la Guerre + Absences Tirage de Luxe 1000 exemplaires numérotés © Champaka, & Chaland, 1990 |
Chaland est né le 3 avril 1957.
Je vous le dis, il est toujours vivant.
Tant que nous nous intéresserons à son œuvre, à ses histoires, à ses livres, à ses dessins, à son univers, il sera vivant…
Tant que des regards s'émerveilleront à découvrir ce qu'il a pu créer, il restera vivant.
Tant que tout ce qu'il a fait restera vivant en nous…
Valéry Ponzone
vendredi 14 mars 2014
> Moebius, Chronique de l'Humanoïde Dissocié
Quand Métal Hurlant et Les Humanoides Associés se sont créés, Mœbius était l'un
des principaux humanoides associés de la nouvelle structure éditoriale.
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| Les Humanoïdes Associés Logo (qui m'a toujours subjugué) par Moebius |
Le tout premier livre édité sous ce label fut Le bandard fou, réédition du titre publié initialement
aux éditions du Fromage et rapidement épuisé.
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| Moebius, Le bandard fou - Edition Originale Les Humanoïdes Associés, 1974 |
Mœbius étant plus présent que Druillet dans les pages de la revue Métal Hurlant (Druillet s'en détacha plus rapidement), chaque nouvelle histoire du Seigneur de l'Anneau© dans les pages de Métal était un événement.
Tout ce que Mœbius a fait de majeur sous ce nom a été édité par Les Humanoïdes Associés : de Arzach au Major fatal (dont la phénoménale histoire Le garage hermétique de Jerry Cornélius) en passant par des histoires majeures comme The Long Tomorrow, Escale sur Pharagonescia, sans oublier Les yeux du chat, Tueur de monde et la série John Difool…
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| Moebius, Arzach - Edition Originale Les Humanoïdes Associés, 1976 |
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| Moebius, Les yeux du chat - Edition Originale Les Humanoïdes Associés, 1978 |
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| Moebius, Major fatal - Edition Originale Les Humanoïdes Associés, 1979 |
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| Moebius, Tueur de monde - Edition Originale Les Humanoïdes Associés, 1979 |
À cette époque Les Humanoïdes éditaient Mœbius : créaient les livres de Mœbius…
Il y eut à un moment une bascule assez étonnante; vers la fin des années 80 quand Les Humanoïdes Associés décidèrent de rééditer Mœbius dans la collection Pied Jaloux, en multipliant les petits pains et scindant certains livres comme Major Fatal qui se retrouva partagé en deux livres : Le garage hermétique et Les vacances du Major.
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Moebius, Le garage hermétique
Collection Pied Jaloux - Les Humanoïdes Associés, 1988
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Moebius, Les vacances du Major
Collection Pied Jaloux - Les Humanoïdes Associés, 1990
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Et, surtout, de rééditer Mœbius tel que les américains l'avaient édité aux USA.
Les histoires originellement en noir & blanc avaient été mises en couleurs pour le public américain (potentiel) et éditées sous le label Epic en 1987.
Un peu comme les films noir & blanc que le public américain serait soi-disant peu enclin à regarder parce qu'en noir & blanc et pas en couleurs (on se demande comment sont Sin City, Bone ou Calvin et Hobbes ?)…
Ce sont ces versions que Les Humanoïdes Associés choisirent de rééditer.
Cela impliquait tout simplement que les Humanoïdes rééditaient Mœbius tel que les américains l'avaient décidé (comment ? je me répète ?) !
Le plus symptomatique, est le simple fait que les deux livres d'illustration succédant aux fameux Mœbius par Mœbius - 30x30 Collection Folles Images, ou des titres présents dans la Collection Mœbius Oeuvres Complètes (la fameuse collection orangée ou saumon suivant l'angle et la position du soleil) furent des versions françaises de livres américains (il existe aussi des versions allemande, italienne…) : Chaos et Metallic Memories devinrent Chaos et Chroniques métalliques en 1991 et, ce, jusqu'aux éditions actuelles formatées dans un format classique BD dans la collection Mœbius Classique (fond blanc).
D'un livre d'images global potentiellement éditable ou originel, on passe au Chaos avec ces éditions, comme on multiplie les petits pains…
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| Moebius, Chaos - Edition Originale US EPIC, 1991 |
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| Moebius, Chaos - Edition Originale française Les Humamoïdes Associés, 1991 |
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| Moebius, Chaos Les Humamoïdes Associés, 2011 |
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| Moebius, Metallic Memories - Edition Originale US EPIC, 1991 |
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| Moebius, Chroniques métallique - Edition Originale française Les Humamoïdes Associés, 1991 |
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| Moebius, Chroniques métalliques Les Humamoïdes Associés, 2011 |
Cette nouvelle et plutôt laide collection Mœbius USA (avec "graphisme" à la bannière étoilé : je n'ai pas compté s'il y bien les 50 étoiles ?) éditée courant 2012 est assez étonnante : en doublon avec la collection Moebius Classique (fond blanc) qui présente l'édition noir & blanc du Garage hermétique, cette édition reprend encore les versions couleurs américaines.
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| Moebius, Le garage hermétique Classique Les Humanoïdes Associés, 2011 |
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| Moebius, Les vacances du Major Classique Les Humanoïdes Associés, 2011 |
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| Moebius, Le garage hermétique USA Les Humanoïdes Associés, 2012 |
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| Moebius, Les vacances du Major USA Les Humanoïdes Associés, 2012 |
Il faudrait savoir ce qui est ou non originel (sic) et montrer un peu plus de cohérence : l'œuvre originelle de Mœbius est-elle en noir et blanc ou en couleurs ?
De toute façon c'est un peu plus compliqué que cela, Major Grubert…
La plupart effectivement, mais certaines, plus rares sont parues en couleurs directes…
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Moebius, Escale sur Pharagonescia USA
4e plat - Les Humanoïdes Associés, 2012
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Ne parlons pas de l'impact d'une histoire aussi forte que Cauchemar blanc : parue à l'origine en noir &blanc, et l'une des rarissime histoire de bande dessinée française politiquement très engagée à une époque où la société française était bien moins centriste que maintenant.
La retrouver dans cette version en couleurs est vraiment… nul.
La couleur casse complètement l'intérêt et la force de ce court récit et c'est bien dommage…
Et me pousse plutôt à plonger la tête dans le sac (ah ! ah ! humour !) qu'à la relire sous cette forme avariée…
Et me pousse plutôt à plonger la tête dans le sac (ah ! ah ! humour !) qu'à la relire sous cette forme avariée…
J'allais oublier de rappeler que le court-métrage de cinéma de Mathieu Kassowitz adapté de cette histoire de Mœbius est lui aussi en noir & blanc et certainement pas en couleurs !
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Moebius, Cauchemar blanc - Edition Originale
Les Humanoïdes Associés, 1977
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Moebius, Cauchemar blanc - Page 1
Les Humanoïdes Associés, 1977
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Pour prendre un exemple précis, j'ai toujours été surpris de constater que Les Humanoïdes Associés préfèrent éditer une version mise en couleurs pour le marché américain d'une histoire comme Escale sur Pharagonescia, alors que celle-ci avait été publiée en couleurs (directes) dans les pages de Métal Hurlant : une mise en couleurs réalisées par Mandryka (à ce sujet : une édition allemande reprend en livre cette seule histoire avec cette mise en couleurs originelle made in Métal Hurlant !) qui plus est, un auteur réellement important dans l'histoire de l'émancipation de la bande dessinée française à partir des années 70…
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| Métal Hurlant n° 47 - janvier 1980 - couverture |
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| Escale sur Pharagonescia, pl. 11 in Metal Hurlant n° 47 Couleurs de Mandryka |
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Moebius, Escale sur Pharagonescia USA
Pl. 11 - Les Humanoïdes Associés, 2012
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| Escale sur Pharagonescia, pl. 11 in Metal Hurlant n° 47 Couleurs de Mandryka |
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Moebius, Escale sur Pharagonescia USA
Pl. 18 - Les Humanoïdes Associés, 2012
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| Von Mœbius, Zwischenlandung auf Pharagonescia Couverture édition allemande Volksverlag, 1981 |
Personnellement je préfère nettement les couleurs originelles de Mandryka à la mise en couleurs made in USA que nous inflige avec mauvais goût ou paresse éditoriale Les Humanoïdes Associés à chaque fois qu'ils trouvent un prétexte pour recaser cette/ces version(s) couleur(s)…
Je crois me souvenir que cette histoire a aussi été publiée en noir & blanc originellement dans La déviation (Les Humanoïdes Associés, 1980) ?
Je n'ai pas mes livres sous les yeux : pas la possibilité de vérifier au moment de rédiger ces misérables lignes…
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Moebius, La déviation - Edition Originale
Les Humanoïdes Associés, 1980
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J'ai l'impression, à tort ou à raison, que Les Humanoïdes Associés sont passés à cette époque peu à peu à la remorque des éditions/versions américaines…
Oubliant même d'aller puiser dans leur propre vivier : en particulier la revue Métal Hurlant…
Même pour éditer leur propre livres d'illustrations de Mœbius, voire LE livre d'illustration sur Mœbius que l'on attend toujours et encore. Pourtant, Les Humanoïdes Associés pourraient farfouiller dans ces pages et y dénicher quelques petites merveilles de l'espace, des dessins encore oubliés au fin fond des pages de Métal Hurlant !
Aussi étonnant en 2010, avec ce volumineux ouvrages de plusieurs centaines de pages : Mœbius Oeuvres - Les Années Métal Hurlant (à noter que le titre est très proche de celui d'un livre de Chaland édité par Champaka en 1997 : même principe de compilation d'histoires courtes de Chaland dans sa période Métal Hurlant) avec ce livre présenté comme : "L'intégrale des bandes dessinées de Mœbius parues pendant sa période Métal Hurlant."
Mensonge volontaire, marketing ou simple ignorance ?
Certaines histoires venaient d'autres supports, comme La déviation parue dans Pilote en janvier 1973 (période antérieure à la création de Métal Hurlant) ou Barbe-Rouge et le cerveau pirate et, surtout, certaines petites choses ont été oubliées…
C'est toujours la même chose : c'est encore la presque intégrale qui nous fût proposée…
J'en suis toujours à me demander pourquoi Tueur de monde n'est toujours pas réédité : il s'agit pourtant là d'une des plus belles et plus poétiques des histoires de Mœbius !?…
Sous des faux airs, à sa sortie de livre collector rapide à lire, il s'agit là l'une des histoires majeures de Mœbius, quoi qu'on en pense !
Et ce récit aurait bien pris sa place dans cette fameuse (fausse) intégrale…
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| Moebius Œuvres, Les années métal Hurlant Les Humanoïdes Associés, 2010 |
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| Chaland, Les années Métal Champaka, 1997 |
Pour revenir vers cette très laide collection Mœbius USA éditée courant 2012, le gag est de lire l'accroche marketing du 4e plat, de ce qui fut le premier livre édité par Les Humanoïdes Associés : Le bandard fou.
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| Moebius, Le bandard fou USA Les Humanoïdes Associés, 2012 |
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Moebius, Le bandard fou USA
4e plat - Les Humanoïdes Associés, 2012
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En effet, il est présenté comme "greffé" dans cette collection, avec mise en couleurs spéciale parce que seul titre non édité par les américains à l'époque…
Sous entendu, les américains seraient trop puritains (c'est un scoop ?) pour lire cette histoire délirante ou si cul avec ce type en érection roccosifredienne pendant quasiment tout le livre, "cette histoire jugée trop licencieuse pour le marché américain très surveillé" (sic) : Code Hays encore actif ? Pas encore la NSA ? Mais, alors, qui ???…
Sauf, que oui, ben non…
Epic, label de Marvel n'a peut-être pas édité cette histoire trop osée pour eux, et ne l'a pas donc pas colorisée comme on dit, mais oui, mais bon il est absolument faux de dire qu'il n'y a pas eu d'édition américaine du Bandard fou : Dark Horse Comics l'avait bien édité en 1990 sous le titre The Horny Goof…
Ce titre portant le numéro 0, certainement pour entrer dans la numérotation des autres livres de Mœbius parus chez Epic, la maquette étant proche de celle d'Epic
Du 1er livre édité par Les Humanoïdes Associés en 1974 au volume 0 publié par les américains en 1990 : cela est très binaire finalement !…
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| Moebius, The Horny Goof Dark Horse Comics, 1990 |
Autant arrêter là, avant de passer dans la terrible dimension bitmap du monde de l'esprit de Grubert : originellement en noir & blanc faut-il encore le préciser…
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