jeudi 18 mars 2021

> Lewis Trondheim, le Saigneur de la BD…

Un ami m'a envoyé ce lien dans l'après midi : Lewis Trondheim est le véritable Saigneur de la Bande Dessiné®™: le seul et l'Unique !!!!…

Mildiou !… Oyez, oyez braves lecteurs de Bandes Dessinées : qu'on se le dise !…

Respect absolu pour l'ensemble de son ouvre après ce qu'il fait là, devant nos yeux équarquillés… ou révulsés d'effroi par son geste extrême s'il en est : au choix…



Lewis Trondheim dans Le jour du Saigneur : ce n'est pas un Mystère de l'Ouest, et nous ne sommes pas dimanche pourtant ????…

Allez Lewis, panse tes blessures…ne te saigne plus aux quatre veines…

Cela dit, comme il nous explique bien le problème et les responsables, j'avoue ne pas saisir les choix stratégiques des auteurs qui ont besoin d'être reconnus professionnellement ?

Si les éditeurs, leurs éditeurs, sont les principaux responsables de l'absence de reconnaissance de leur statut : 

- pourquoi annoncer vouloir boycotter le Festival International d'Angoulême (dont je me fiche totalement d'ailleurs) et ne pas agir directement contre ceux que Lewis identifient comme les principaux responsables ?

- si certaines catégories socio-professionnelles qu'il cite en exemple peuvent agir en faisant grève, pourquoi les auteurs ne pourraient-ils pas faire grève de création / publication ? Tout en se préparant : sur le modèle des syndicats britanniques sous Thatcher (je crois que ça s'est passé comme cela), en constituant une cagnotte commune solidaire pour aider les auteurs que cela pénaliseraient trop sur le plan pécuniaire ?…

Pour schématiser, la chaine du livre fonctionne énormément sur le flux de nouveautés, qui doivent compenser les retours, avec quelques exemplaires vendus entre les aller-retours de cartons : dès lors qu'un décalage s'opère, pour des raisons diverses et variée,  nul doute qu'il se posera des problèmes de gestion si le flux de nouveautés est rompu…

Il ne faudra surtout pas oublier de bien communiquer et bien expliquer (la pédagogie) pour surtout avoir les librairies et les lecteurs du côté des auteurs : j'ai vaguement parlé de cela à un scénariste qui racontait un peu n'importe quoi sur le site de France Info, mais il n'a pas relevé plus que cela…

Les scénaristes américains ont fait grève, il n'y pas si longtemps que cela, et les USA ne sont pas réputés pour savoir le faire autant que nous !



Valéry Ponzone



mardi 22 décembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ? ben oui !

Peu après avoir rédigé mon précédent billet, un ami me transfère ce qui doit être la niouzeletter de Moulinsart. Ce que je pensais est effectivement d'ores et déjà en place : Moebius Production se trouve aussi sur la boutique en ligne de Moulinsart, dans la boutique Tintin !

Mais le plus sidérant, en allant sur cette fameuse boutique en ligne est d'y retrouver, non pas seulement Moebius Production, mais aussi d'autres invités (sic) Corto Maltese, Folon ou Graton !!!…

Ils sont tellement rompus à la vente de dérivés du monde de la Bande Dessinée que pour les affiches de Graton, reprenant les anciennes couvertures du Michel Vaillant pour la Journal de Tintin, qui sont tout de même super chères a priori pour de simple poster sur du papier 90 grammes (70 euros !!!) on ne sait ni la qualité du papier, ni le plus le plus important, le format !!!!…

Je plaisantais avec cette internationale des ayants-droit qui pourrait se mettre en place mais il sembleait que ce soit déjà le cas ! Dès lors que Franquin, Jacobs, Chaland ou d'autres accrocheront leurs wagons de produits dérivés à la locomotive de  Moulinsart, on saura que l'on a basculé dans une autre logique commerciale et commerçante de la Bande Dessinée… qui est déjà en place dans le domaine des tirages de luxe d'affiches et de livres, mais j'aborderai le sujet plus tard.

J'avoue tout de même que cela m'a un peu soufflé !!!…

Certains devraient se retourner dans leur six feet under ?…



Valéry Ponzone




samedi 7 novembre 2020

> Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…

Tout devant se répéter inlassablement pour certains, comme chaque fin année, voici venu le temps des "nouveautés" chez Moebius Production…  Je reçois les infos  par mail ce vendredi 6 novembre… et il me faut absolument partager cela, tant un grand rire m'a spontanément échappé (je n'étais pas masqué à l'extérieur, sinon masque à changer illico!) , à la lecture de ce message : cela fait tout de même du bien en cette période si pesante et compliquée !

Voilà une structure pour qui le principe de nouveautés ne rime, année après année, envers et contre tout, et même en pleine pandémie, qu'avec "fêtes de fin d'année" ou période (commerciale absolue) de Noël !…
Une tradition commerciale bien ancrée chez Moebius Production, trop bien ancrée d'ailleurs, trop traditionnelle, trop prévisible en un sens, et avec une incapacité étrangement absolue à pouvoir faire de l'édition,  ou de la production  puisque cela semble être leur crédo, à une autre période de l'année que celle-ci ?…

Vous lisez tous ? 

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" !


Moebius Production niouzeléteur du 06/11/2020


Certains clients avec lesquels je discutais s'en souviennent peut-être : je faisais parfois le lien entre la politique de Moebius Production et celle de Moulinsart vers laquelle la première citée semblait tendre, usant d'un certain mimétisme proche d'une tolérance zéro, pour l'exploitation de leurs œuvres respectives, agrémentée d'une envie assez prégnante d'en retirer le maximum sur le plan matériel : œuvres sans aucune comparaison possible*, quant au fond (voire "fonds" !), la forme et la portée, pour ne pas parler de notoriété, de popularité et d'impact médiatique… et financier.

* certainss exégètes du 9ème Art ont essayé de les lier par le passé, comme ce fut le cas avec Major Fatal de  Moebius & Les cigares du pharaon d' Hergé (avec notamment l'onaniste Les carnets volés du Major par Smolderen aux Éditions Schlirf Book en 1983)…


Les carnets volés du Major - Éditions Schlirf Book, 1983


Par le passé, quand certains de mes interlocuteurs me racontaient des histoires d'interdictions, de blocages, de procédures et de procès jugés parfois juste à côté de la librairie (le Palais de Justice se trouvait dans l'Île de la Cité)  — certainement justifiés, mais là n'est pas la question — je trouvais certaines des structures en question très procédurières, extrêmement sévères ne semblant plus chercher à distinguer le collectionneur passionné et de bonne foi du véritable parasite…
J'ai l'impression que certains ayants droit, surtout ceux qui n'ont rien créé, sont plus durs  que les artistes créateurs originels et originaux des œuvres à protéger et à exploiter ne l'étaient…

Je discernais par ce lien un état d'esprit très particulier, qui représente à mes yeux le chaînon manquant entre la doxa ultra-libérale et le côté idéologique de surveillance totale d'une dictature digne de la Bordurie… Une variation propre à la bande dessinée virant vers Big Brother, du fond des palais inquiétant du pouvoir absolu de Szohôd… Avec ce qui apparaîtrait comme une certaine propension, mâtinée de menaces, d'intimidations diverses (…) à ne rien vouloir laisser passer, ou si peu, même ce que l'on pourrait penser légitimement issu de la liberté d'expression historique des hommages et/ou des pamphlets. Un esprit critique pourrait penser trouver là un but inavoué mais discernable d'empêcher a priori quiconque de s'aventurer sur ces sentiers pourtant centenaires en usages dans les pays où la liberté d'expression n'est pourtant pas une simple vision fantasmée de l'esprit, mais une réalité s'appuyant sur une Histoire réelle… Le but recherché pouvant aussi être de générer en amont des quasi  réflexes générant  des formes  d'auto censure de fait, option craintes diverses, chez celles et ceux qui prendraient (encore) le risque de s'immiscer sur ces chemins qui peuvent trop vite devenir périlleux…
Quand, de l'autre côté de l'Atlantique, des mastodontes absolus du business culturel paraissent (en apparence ?) beaucoup plus tolérants, plus souples : The Walt Disney Company  pour ne pas la citer, qui sait fort bien lâcher du lest et laisser des choses exister (de simples icônes) et se créer dans la marge, ne sachant que fort bien que cela sert aussi à entretenir la légende et les mythes — donc les servir — et qu'il ne faut peut-être pas chercher à tout interdire, ou, à tout transformer en monnaie sonnante et trébuchante ?…
Une logique inversée pourrait presque prendre forme : The Walt Disney Company respecterait le droit d'auteur, de citation et surtout les hommages et pamphlet au pays du ©opyright  alors que certaines structures de notre espace culturel européen voudraient plus le ©opyright que du CPI ?…
Il n'y a pourtant aucune comparaison possible entre les sociétés citées : quand je parle de "mastodonte" à propos de Walt Disney n'oublions jamais, outre son poids économique incomparable,  sa capacité à influer sur la modification d'une loi aussi importante que celle de la durée étendue des droits d'auteur.  Walt Disney peut aussi produire ses films, créer sa chaine de streaming,  racheter Lucas Films et accueillir la bulle NBA à Orlando pour les playoffs 2020, en pleine pandémie !…

"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Arrive-t-on (enfin ?) à cette fameuse convergence ?… Ou serait-ce une synergie ?…
Voire la formation implicite d'une sorte de club select des ayants droit, comme d'autres voudraient créer une Ligue fermée européenne pour les clubs de foot les plus riches prestigieux ?…

Je m'interroge très fortement sur le fait que la réalité (sic) dans laquelle on essaye de plonger l'univers de Mœbius en exploitant son Désert B avec ce genre de produits / production(s) / gadgets vides de sens et d'intérêt puisse lui permettre de dépasser la fiction dont il est issu ?…

Quant à l'intérêt majeur de sortir des tee-shirts  aux looks et coupes modernes (sic de sic : je crois rêver qui emploie encore le mot  look comme argu de vente en 2020 ? Ne serait-ce pas  aussi vieillot que de parler de coup de cœur du libraire pour la sortie d'un livre… ooooooh, wait…) au milieu d'un confinement automnal dû à la pandémie d'envergure de la COVID-19, avec des choix graphiques hideux contestables, et à 30 euros tout de même (!!!), laissant de côté l'humour mœbiusien puisque sans même un seul modèle de saison et de circonstance avec, par hasard, Le bandard fou et son gland turgescent sourire iridescent !!!!…
Cela ne fait que succéder aux coques de smartphone sorties il y a quelques années, et ne sera que dans le prolongement des pin's ou des sweat de jadis, mais la seule chose que je ressens est une certaine volonté de marcher dans les traces de Moulinsart, et de son business modèle : de passer d'un prétexte éditorial à la production de dérivés gadgets…
Encore plus détonnant / étonnant  quand il s'agit de l'univers si décalé, riche et personnel (et auquel je suis si profondément attaché !) que celui de Mœbius, n'est-il pas ?…

Il y a tant de choses à faire, à éditer et à produire concernant Moebius, tant de choses qui sont en attente, certaines dans un coin de ma tête de collectionneur rêveur, d'autres dans des recoins de mes disques durs, que je ne peux être que dépité et déçu de ces gadgets sans grand intérêt proposés (des pochettes plastiques pour ranger des documents A4 pour Noël ???????… La rentrée des classes est en septembre !) : comme si les idées et concepts éditoriaux manquaient avec ce diamant brut que reste Moebius, qu'il faut continuer de tailler afin qu'il acquiert toute sa beauté et resplendisse comme il le mérite… encore et toujours.
Ce ne sont pas ces pathétiques nouveautés 2020 qui vont aller dans ce sens et personnellement me contenter en tant que lecteur, collectionneur et admirateur de l'œuvre de Mœbius : j'attendais et espérais vraiment autre chose ou qu'une fenêtre plus onirique et "plus imprimée" serait ouverte grâce à Mœbius, davantage encore avec l'année terrible que nous subissons tous !!!…
Je sens que je vais devoir m'y coller, me concevoir et me faire un petit truc perso pour me satisfaire un petit peu (quand je parlais d'onanisme ?) , parce que là, sincèrement, Mœbius Production n'assure absolument pas à autant nous décevoir avec du vide , semblant éloigné de la réalité et de tout dans sa citadelle aveugle   je doute fort que leurs nouveautés 2020 puissent maintenir leur CA annuel ?…

Moebius Hommage à Hergé - Exposition à La Marque Jaune

J'avais lu je ne sais où, à la suite de cette histoire glauque de planches originales de Blake et Mortimer de E.P. Jacobs volées et revendues ici et là (par des revendeurs devenus amnésiques à propos de ce que n'importe quel professionnel et collectionneur sait depuis les années 80 !!!)  que la Fondation Jacobs  — était-ce un dernier acte de Philippe Biermé, avant de tirer le rideau et sa révérence ? — avait transféré une partie de son exploitation, peut-être les expositions et l'événementiel, à Moulinsart qui semblait avoir envie de se diversifier dans le paysage de la Bande Dessinée… Transfert partiel, fait au grand dam des détenteurs des Tables Jacobsiennes ou Hergéennes, mais aussi de son principal partenaire  éditorial, via les éditions Blake et Mortimer

En cette fin d'année 2020, année terrible s'il en est, nous découvrons avec stupéfaction que Moulinsart arrive à accrocher aussi Moebius à sa fusée à damier (même s'il fut interdit au CBBD de Bruxelles et à  Emmanuel Lepage de la représenter sur une simple affiche d'annonce, n'oublions pas que ces damiers furent avant quiconque utilisés — inventés — par les savants… nazis pendant la Guerre pour leurs fusées / missiles !).


Mœbius Hommage à Hergé - Sérigraphie 120 ex. n°/s


"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Qui avait prévu cette association ??????????…

Moebius Production et Moulinsart : même combat ?…




"MOEBIUS PRODUCTION X MOULINSART" 

Étonnant non ?… , dirait Monsieur Cyclopède.




Valéry Ponzone




PS : Cela dit je n'ai toujours pas saisis le séparant / liant les deux entités commerciales ? Peut-être un simple signe graphique, mais comme il peut représenter le symbole mathématique de la croix de multiplication, un + aurait peut-être été plus graphique et cohérent dans ce cadre particulier, ou un vrai symbole… graphique ???…



lundi 2 novembre 2020

> Confinement Saison 01- Episode 02 : Les enfants masqués

Après l'épisode pilote, que nous avons tous découverts les yeux écarquillés et les bouche bien closes (faute de pouvoir être masqués) au printemps de cette année 2020, la série semble définitivement lancée avec ce nouvel épisode de "Confinement", la grande série à renommée mondiale lancée sur toutes ses plateformes possibles, existantes et imaginables, voire inimaginables par Elitflix®™…

Voici venu le temps, non pas des rires et des chants, puisque nous ne sommes plus "le printemps", et que c'est surtout très pesant à vivre, mais celui du Grand Retour : celui du nouveau confinement néo-franco-français décidé par nos élites…

Je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités de la trame narrative : j'ai toujours respecté les consignes de distance de sécurité (c'est  plutôt sur la route?…) et ce néo concept du néo Vivre ensemble, la distanciation sociale®, qui de toute façon a toujours existé en France malgré notre belle devise d' Égalité gravée sur nos fronts frontons…

La distanciation sociale ? Aucun souci c'est naturel, cela sert parfois aussi à se préserver des mauvaises ondes de certains…

Se laver les mains régulièrement ? Rien de plus facile et de plus naturel. De toute façon je le fait toujours depuis tellement longtemps dans une journée : dès lors que l'on a à manipuler autant de livres, d'estampes ou de choses fragiles, on est obligé de se les laver en permanence pour éviter tous soucis… et, il vaut mieux le faire après avoir serré certaines mains !…

Porter un masque ? Dès que l'on a pu en avoir, j'ai pu devenir une fashion victime masquée, un peu comme tout le monde, hors les débrouillards qui en avaient dès les débuts de nos escapades dans les supérettes urbaines, dès le début du Confinement Saison 01 - Épisode 01… Cette débrouillardise fleurait bon l'hérédité (ou est-ce l'atavisme ? ) issue d'une période ancienne, que je situerais entre 1940 et 1945… Enfin… Tellement de gens semblent avoir hérité de "principes" de cette période, surtout sur certains forums… même de Bande Dessinée.

Ce que j'ai un peu de mal à saisir ?  Je pensais avoir compris — bêtement semble-t-il — que le premier confinement outre le fait de ne pas risquer de surcharger les hôpitaux et ses soignants hyper sollicités, que nos diverses élites (Elitix®) ont pris soins de vider de leur substantifique moelle au fil des dernières décennies, mais aussi de nous protéger de la COVID-19, tout en nous protégeant de nous-mêmes, des autres, des nôtres, de nos voisins (on reste un peu dans l'esprit des années citées précédemment non ?), je pensais surtout que l'on devait rester au coin chez nous  parce que quasiment personne n'avait de masque protecteur au printemps (enfin, presque personne…) ???…

Nous ne savons que fort bien qui sont les différents responsable de cette situation calamiteuse, qui est un scandale d'État bien plus grave que des pots de vins pour essayer de fourguer quelques frégates puisque cela se rapporte à notre santé… Je pensais que le fait que nous n'avions pas de masque débouchait sur une  équation indéniable :  pas de masque de protection pour le Peuple = le Peuple s'embastille s'enferme chez lui ???…

Mais, mais, mais :  je me trompe-je donc ?…

Nous respectons les gestes barrières (je suis persuadé qu'il n'y aura pas beaucoup de gastro cet hiver : même la RATP a été obligé de nettoyer un peu ses bus au moins une fois de temps en temps mais sans les éclairer, c'est mieux pour bien voir les zones sales ! ), la distanciation sociale et avons tous des masques à disposition… Des masque de toutes sortes, de toutes les couleurs (un peu de bien pour les zoreilles : choqués ?), d'autres qui ne protègent rien, mal mis sur le visage, tripotés en permanence, pour protéger les coudes (!!!), peu changés ou qui traînent même sur les trottoirs, tellement nous en avons (sinon nous les ramasserions pour les laver et les mettre !) MAIS, malgré tout cela nous devons encore nous transformer en confit dès cette fin du mois d'octobre afin de réfléchir enfin sur nous-mêmes et nous permettre de comprendre ce que nous avons mal fait ou pas fait, avec cette volonté affichée par certains de nous culpabiliser… Non, je plaisante, ne sont-ce pas plutôt nos décideurs, que dis-je nos managers qui devraient aller s'enfermer, se cacher et réfléchir vraiment sur ce qu'ils n'ont pas fait correctement ?…

On prend les mêmes, mesures, ou presque, et on recommence : on ne change pas un confinement qui ne gagne pas : depuis 2002 et la Corée du Sud, tout le monde du ballon rond sait bien que l'on ne change pas une équipe qui gagne !!!!…

Des mesures qui permettent de dépasser allègrement le seuil des 30 000 morts ne peuvent que nous rassurer : pas d'inquiétude ("ne vous inquiétez pas !!" : cette sentence toute en nuance stupide balancée à tout bout de champ  depuis quelques années par tous les vendeurs à peine post pubères) dans les magasins… Évidemment, ne nous inquiétons pas, d'ailleurs soyons désinvoltes et  n'ayons l'air de rien tant qu'à faire (pas de vidéo : censuré !) : j'ai respecté avec le plus grand soin ces précédentes consignes, plus encore le doigt sur la couture du pantalon que je ne l'ai jamais été même quand l'État m'a offert une année spéciale fashion-year en kaki dans un super régiment d'artillerie nucléaire à affronter non pas le froid nucléaire, mais Alsacien.

Sans arriver à l'extrémité du petit Milou® Rouge qui aparaitrait dans un coin de mon cerveau, il y aurait peut-être un autre, un concurrent, le  Jeune Albert Rouge qui me pousse à me demander pourquoi (WHY ?), alors que nous respectons les principaux Commandements de la Table de la Loi anti COVID-19, dès lors que cela a été possible avec — enfin — l'arrivée sur le marché de ces fameux masques pour tous, plus attendus qu'un but du Messi, dont ces masques qui devaient en être la pierre angulaire (enfin, cela aussi a été à géométrie variable : pas nécessaire quand il n'y en avait pas et indispensable et obligatoire quand il y en a), nous devons encore nous confiner comme avant l'été, équipés que nous sommes maintenant ?…

Je saisis bien le concept, intellectuellement : il est simple, il faut obéir, mais les principes acquis de mêmes causes / mêmes effets ou de même faute / même punition me viennent un peu à l'esprit, alors que, non, quelque chose ne colle pas : nous avons la sainte Trinité, les outils masques / gel / distanciation et les utilisons…mais, mais, mais… il faut encore se confiner ???…


M. Blanquer, Ministre, via la SNUIPP

Ce jour de rentrée post-vacances de la Toussaint, symbole fort s'il en est, en ayant à l'esprit le nombre sidérant de disparus avant l'été, un nouveau cap est franchi, en totale contradiction avec tout ce que l'on nous dit depuis des mois, et sans aucune explication quant aux raisons et bien-fondé de cette décision surprise imposée du jour au lendemain : dorénavant, depuis ce lundi 2 novembre 2020, même nos enfants doivent porter dès l'école primaire, dès 6 ans des masques !!!!…

Les porter toute la journée, faut-il le préciser, option garderie supplémentaire : ils étaient les seuls, du nouveau-né aux élèves de CM2 à ne pas devoir en porter (si l'on fait exception des pseudos rebelles à deux balles) au grand soulagement de certains spécialistes, et, là, d'un coup, à la suite de ce nouveau confinement nous apprenons brutalement le vendredi 30 octobre 2020 que ces petits enfants (à 6 ans certains sortent à peine de la maternelle) vont aussi devoir porter des masques à longueur de journée, sans que personne ne trouve cela déroutant ? 

Ces masques, qu'il a fallu trouver en si peu de temps, le confinement commencé et les déplacements limités (ce sont des minots : pas la même taille de visage) et que nos enfants vont porter bien plus longtemps que n'importe quel adulte / parent dans une journée, sans bénéficier de tous ces subterfuges puérils dont certains usent et abusent comme ces pauses / promenades cigarettes, repas, boisson (…) : les porter de l'entrée dans l'établissement scolaire à la sortie, et même dans la cour de récréation, depuis toujours le seul espace de liberté et de défoulement de l'élève dans une journée très chargée et statique !…

Cela ne choque personne ?…

Cela n'interpelle personne que l'on impose cela  si rapidement et, surtout, sans même nous en donner les raisons, nous y avoir préparé, puisque jusqu'à présent ils n'en avaient pas besoin ???… Qu'y a-il de changé pour que cela soit imposé, de cette façon autoritaire, sans aucune pédagogie, sans aucune explication, sans aucune concertation et sans aucune trace d'humanité ou de sentiment : ne pas expliquer les raisons d'une telle décision relève d'un état d'esprit bien peu démocratique !… Serions-nous redevenus des serfs ?… La grande différence entre une démocratie et un régime féodale est, hors des comptes à rendre aux peuples / aux électeurs qui se justifient aussi par les urnes, malgré nos mémoires courtes ou nos trop grandes capacités de résilience, n'est-elle pas aussi et surtout d'échanger entre nous, de se parler, de s'expliquer ?… Là, rien pour ce qui touche à nos enfants : j'ai vu des parents demander plus d'explication ou de comptes pour de simples couverts en plastique utilisés en cantine scolaire !!!!…

Ce peut être un coup au moral très important pour la rentrée de nos enfants, même s'ils s'adaptent bien plus facilement que ces psycho-rigides d'adultes, sans laisser le temps aux parents de se préparer, et surtout de les préparer et leur expliquer quoi que ce soit

Je trouve très perturbant ces masques imposés ainsi à nos enfants pendant presque 8 heures par jour, moins le déjeuner qui ne doit pas durer plus de 30 minutes, mais plus le temps de garderie pour certains, qui auront donc ces masques pendant 10 heures dans une seule journée pour certains : aucun adulte n'a à supporter ça pour lui-même et ne  tolérerait cela. AUCUN ! Et, sauf erreur,  personne ne semble aborder le sujet ?

Du fait de la COVID-19, le gouvernement impose là un châtiment bien plus terrible à nos enfant que tout ce que je pouvais imaginer, sans aucune contrepartie, même pas la minimale au niveau logistique, qui aurait été de fournir ces masques spéciaux, et, je le répète sans aucune explication, avec une forme très Ancien Régime : quel représentant républicain du Peuple soulèvera la question à l'Assemblée ?…

Le moindre déploiement de troupes sur un théâtre d'opération extérieure, ou ergotage quasi sémantique sur l'emploi de tel ou tel mot peut valoir des interventions télévisées, et des explications didactiques, mais dans ce cas très particulier, a priori, pas un mot ????…

J'ose espérer, faute de savoir pourquoi (ou pour qui ? ) un tel revirement que cela servira vraiment à quelque chose, même si je préférais comprendre quel est le niveau de protection on cherche à nous faire atteindre : les enfants se protègent-ils les uns des autres ou des adultes en milieu scolaire ?… Les adultes se protègent-ils des enfants ? … Il ne me semble pas y avoir d'autre variante ?… La dernière chose étant de nous dire si maintenant, contrairement à ce qui nous a été maintes fois répétés depuis le mois de mars, les enfants sont susceptibles de tomber malades et qu'ilis pussent y avoir transmission enfants / adultes : ce qui serait une terrible nouvelle contrairement à l'une des rares certitudes que l'on avait pour nos enfants : ils ne risquent pas le virus de la COVID-19, pas autant que nous, voire pas du tout?…

Pour commencer, par en parler, pendant, ou après, puisqu'il n'y aura pas eu de débat avant…

La question est pourtant simple : "Savez-vous pourquoi les enfants dès 6 ans doivent subitement porter des masques toute la journée à l'école, à partir de ce lundi 2 novembre 2020 à 8h30 ?"…



Valéry Ponzone





samedi 31 octobre 2020

> Sean Connery 25 août 1930 - 31 octobre 2020 par Floc'h

L'homme qui voulut être Roi et y finalement est arrivé…

Le Roi dessiné par un prince de la BD : Floc'h…

Sean Connery n'est plus… 

Sean Connery par Floc'h - version au trait
dans London Euphoria - Le 9ème Monde, 2010

Sean Connery par Floc'h - version couleurs
dans London Euphoria - Le 9ème Monde, 2010


Je pense que c'est l'heure de mon Martini, avec une olive…

So long Sean… et merci pour tout !…

Valéry Ponzone


vendredi 5 juin 2020

> Guy Bedos a refermé le rideau…

J'aimais beaucoup Guy Bedos… Certainement voisin, je le croisais de temps à autres, dans les rues du Quartier Latin… Je prenais mon café au Flore en l'Isle,  sur l'Ile Saint-Louis, Guy Bedos pouvait être à la table d'à côté…  Je déjeunais chez Kim Lien, place Maubert, où passais juste devant : nous nous croisions encore… et plus simplement parfois dans ma petite rue quand il passait devant la librairie…
Contrairement à d'autres célébrités, telle actrice en permanence derrière ses lunettes de soleil (dort-elle avec ?) , ou tel ancien Premier Ministre de la France (sic) voisin de la librairie qui fuyaient toujours le regard avec application, même en revenant du marché de la Place Maubert avec son petit panier bien rempli, Guy Bedos, lui, regardait les gens : il avait les yeux ouverts sur le monde qui l'entourait avec un éternel réel sourire et le regard malicieux…
Et l'on se disait bonjour naturellement…

Nous sommes allés le voir deux fois en spectacle au Théâtre du Rond-Point, tenu de main de maître par Jean-Michel Ribes, à chaque fois pour ses adieux…



La seconde fois, en 2012, ce n'était pas encore de vrais adieux, puisqu'il allait refaire un spectacle en fin d'année, mais ce fut un peu plus amusant…
Après la fin du spectacle nous sommes allés dîner au restaurant du théâtre : croisant François Hollande en bas des escaliers et saluant tout le monde à coup de poignées de main savamment distribuées : nous sommes encore au théâtre, et François Hollande est en campagne, tout fringuant, tout mince… Il est venu au spectacle à l'invitation de JM Ribes pour rencontrer Guy Bedos : ils ne se connaissent pas, Guy Bedos a bien insisté sur ce point pendant le spectacle,  mais Guy Bedos est l'artiste qui doit donner sa bénédiction à tous candidats de gauche pour une élection présidentielle : il est devenu une référence absolue à ce niveau, une sorte de parrain de la Gauche :  Don Bedos ?…

Guy Bedos Rideau ! Saison 2011 - 2012

Dans notre pays de France cela se fait souvent au cours d'un repas, en rompant le pain suivant notre fameuse tradition gastronolaïque
Les VIP se préparaient à refaire le monde de leur côté, et la piétaille des électeurs avec dents dînait tranquillement de l'autre… Nous étions parmi les derniers dans la salle (les derniers ?) , et nous avons vu défiler, remontant le grand escalier, d'abord François Hollande qui nous salua*, puis, un peu plus tard,  Guy Bedos avec, encore et toujours son réel beau sourire qui nous fit un signe amical de la main, comme si nous nous connaissions, comme s'il nous reconnaissait : merci l'artiste…
Je doute fort qu'il ait reconnu celui qu'il croisait ici ou là dans les petites rues aux alentours de la rue de Bièvre, jadis résidence officielle de François M., mais je pense qu'il aimait tout simplement les gens, son public, qui le lui rendait bien…

"La vie est une comédie italienne" : alora, ciao l'artiste, ta présence rassurante va nous manquer… comme une bonne conscience, non, simplement une conscience, de plus, qui nous quitte.

Oui, c'est certain maintenant, le rideau est vraiment tombé… pour toujours !

Merci pour tout Guy Bedos, pour tout ce que tu nous as apporté,  et amuse toi bien avec tes amis, Pierre Desproges, Coluche ou Jean-Loup Dabadie… et les autres.



Valery Ponzone






* Quoi que rétrospectivement je me demande si ce n'est pas François Hollande qui nous a donné sa bénédiction puisque ma fille est venue au monde le 6 mai 2012, jour de son élection comme Président de la République Française. Mais j'avais pu aller voter en taxi, illico presto…


lundi 1 juin 2020

> Actes Sud ferme une de ses librairies du Quartier Latin…

Un ami m'envoie un lien du Figaro (!!!) pour me signaler la fermeture de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud, sise dans la partie la plus historiquement cultivée du Quartier Latin : le sixième arrondissement parisien…
Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud, propriétaires de cette librairie, a pris cette décision bien avant le confinement, dans la mesure où les gens ne viennent plus dans ses / ces librairies…
Peut-être faut-il en 2020 essayer de trouver de nouvelles solutions pour faire venir les gens dans les librairies, et réinventer les façons de leur en donner envie ?
Davantage en ayant vécu ce premier Grand Confinement de l'Histoire de l'Humanité ?…
Toutes les fermetures de librairies sont tristes, ou regrettables, quelle que soit la librairie et, quelle que soit la/les raison(s), surtout quand on se rend compte de ce qui les remplace : il n'y a que des crétins avec un QI de deux pour jubiler !…

Cette information concernant Actes Sud me fait revenir à l'esprit une expérience récente avec Thomas G., un des éditeurs de cette prestigieuse maison d'édition, et par ailleurs également auteur et ancien libraire : j'ai pu comprendre grâce à lui que la vente de livres puisse être compliquée pour les vendeurs, surtout quand ceux-ci se font entuber !

Ce 10 janvier 2019, Thomas G. recherche dans l'urgence des livres des débuts d'Actus Tragicus pour une expo sur Rutu Modan au Festival d'Angoulême de la fin de ce même mois de janvier : "J'ai besoin surtout des volumes "Bittersweet, King of the lillies, Observable, Karmap et Vibrato" ", m'écrit-il.

Je peux l'aider : j'ai encore tous les premiers, et davantage car je suis cet éditeur depuis le tout début, avec ceux diffusés en France par le Comptoir des emmerdements Indépendants… voire peut-être un peu avant avec Vertige Graphic Diffusion ???…


Actus Tragicus, premiers actes…


Je les lui envoie rapidement, à mes frais, dans un beau paquet très protecteur et lui propose de voir cela tranquillement : il a cette expo qui se rapproche à grand pas, et surtout il attend un heureux événement pour incessamment sous peu…

Je lui propose même de ne pas me payer les livres dont il a si vite besoin,  mais de m'envoyer en échange quelques titres d'Actes Sud… Dans mon esprit, cela est plus intéressant pour lui, car il peut certainement récupérer des titres chez Actes Sud avec une remise professionnelle, ou n'importe quel autre moyen que je ne connaîtrais pas en usage dans cette maison d'édition,  et cela me permettra de lire des livres que je n'ai pas (on ne le dit jamais assez mais les livres édités par  Actes Sud sont vraiment chers !)… Les échanges par mail se passent bien, le troc l'arrange, on parle de nos enfants, de lectures pour eux : à tel point qu'il me propose même d'ajouter des livres jeunesse en plus pour ma fille,  me promettant un "beau colis" (sic)… 
Agréable… à première vue.
Mes livres d'Actus Tragicus sont expédiés rapido et sont réceptionnés tout aussi presto : largement à temps pour son exposition Rutu Modan à Angoulême 2019 !
De mon côté je n'ai jamais rien reçu : rien !
Si, un message en mars pour me dire que ça allait venir : deux mois plus tard tout de même, mais comme Sœur Anne… malgré deux messages de ma part, au cas où le paquet se serait perdu. Un silence radio assourdissant qui laisse à penser…
Aucune réponse : je dois bien me rendre à l'évidence, je me suis fait entuber de quelques livres, urgents pour son expo, par cet éditeur d'Actes Sud : derrière cette expérience, je ne peux que me demander si ce genre de pratique représente les valeurs prônées par Actes Sud, employeur de cet éditeur ?…

Même après tant d'années je me fais encore avoir aussi naïvement, et j'en reste sidéré Ce n'est pas tant la valeur des livres perdus, que la façon de procéder qui m'a le plus dérangé dans cette pitoyable expérience.
On ne se connaissait pourtant quasiment pas, je me souviens qu'il était passé une ou deux fois voir des expos en bande avec ses collègues libraires, quand on était quasi voisins dans le Quartier Latin, mais j'ai fait confiance…
Celui qui travaille dans la grosse maison d'édition avec le tout p'tit vendeur de livres…

Les erreurs arrivent, les oublis aussi, cela est évident : mais on sait, ou on sent quand c'est conjoncturel, le reflet de problèmes d'organisation voire de désorganisation ou une volonté manifeste de procéder ainsi…

J'espère juste que les clients de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud étaient plus corrects, sinon je ne suis pas trop étonné de cette fermeture ???!!…

Un autre partage d'expérience, très bientôt, du côté de Dijon…




Valéry Ponzone






dimanche 31 mai 2020

> Docteur Justice reste à l'O.M.S. !!!…

Lider maximo of United States of America a décidé que les U.S.A. allaient quitter l'O.M.S. : heureusement Benjamin, Docteur Benjamin Justice, restera pour toujours à l'O.M.S.* grâce aux histoires de Marcello et Ollivier publiées dans les pages de Pif Gadget dans les années 70 !…

"Pour toujours" : cela dépend un peu des histoires !… Une fois il est à l' O.M.S., et une autre fois  il fait partie de l' O.I.S.** : allez savoir quelle est son organisation préférée ???…

"Je m'appelle Justice, Dr Benjamin Justice…" : un petit air de James Bond ces introductions, ne sont-elles pas ?…

Dr Justice par Marcello et Ollivier

Dr Justice, Branle-bas aux Bahamas par Marcello et Ollivier

Dr Justice par Marcello et Ollivier


Pas d'inquiétude : le Doc Justice va nous lâcher son petit cri qui paralyse,  tout le monde va s'arrêter net et tout va rentrer dans l'ordre… ouf !!!


Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de face…

Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de profil…

Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de face encore, mais en contre-plongée…


Les USA joueraient-ils aux japonais de jadis qui quittèrent la S.D.N. dans les années 30, avec, déjà à l'époque, la Chine comme vecteur ???…

Quand le déconfinement se transforme en conflit…


Sinon, j'espère que vous vous portez toujours bien???…



Valéry Ponzone




*   Organisation Mondiale de la Santé
** Organisation Internationale de la Santé


jeudi 14 mai 2020

> Béatrice de Joris Mertens…

En plein cœur de l'hiver 1972, Béatrice est seule dans la foule dont elle ne se distingue que par son manteau rouge vif, comme un petit chaperon rouge au cœur de la forêt urbaine constituée de ceux qui se lèvent tôt, des nombreux véhicules et de la grisaille immobilière, qu'elle fend pour se rendre à son travail de vendeuse en maroquinerie aux Galeries La Brouette… 


Ce matin là, suivant le flux de la marée humaine vers le train qui doit l'amener à son travail, son regard est attiré par un sac* posé contre un pilier en acier du quai, tache rouge, comme elle…


Le soir venu, sa journée de travail aux Galeries La Brouette terminée, Béatrice rentre chez elle ; alors que son train dégorge sa masse de travailleurs désabusés, elle aperçoit à nouveau le sac rouge, toujours là, comme alanguit par cette journée passée contre le même pilier…
Béatrice rejoint son petit appartement par l'interminable spirale de son escalier qui l'aspire jusqu'au dernier étage d'un immeuble ancien, se plonge dans son lit et dans la lecture de Bonjour tristesse de Françoise Sagan…
Un nouveau matin, un nouveau trajet en train pour une nouvelle journée de travail… Quelle n'est pas sa surprise de voir le sac rouge toujours là, posé contre le même pilier  de la gare…
Une nouvelle journée harassante aux Galeries La Brouette s'achève, routine, retour à la case départ sous la pluie : arrivée à la gare, le sac rouge est encore, et toujours là…
Béatrice se décide à le prendre, et rentre chez elle sous une pluie battante, protégeant le sac, le serrant contre sa poitrine, le cœur battant, lui aussi,  sans nul doute  plus vite qu'à son habitude…
Arrivée chez elle, Béatrice ouvre le sac et en découvre le précieux contenu… et le fantastique entre en scène.



Il est certain que le besoin de créer des liens ou des filiations graphiques se fait de plus en plus ressentir depuis quelques années, aussi bien pour des raisons pratiques — arriver à distinguer ceci de cela dans le volume trop important de titres édités en Bande Dessinée — que pour des raisons commerciales évidentes… 
Nul doute que les paysages urbains de Joris Mertens feront penser immédiatement à Nicolas De Crécy, davantage encore par cette technique de traits de crayon bruts, (re)lâchés, nerveux et par les lumières et les teintes dominantes de gris-bleus…Si la technique finalisée du dessin crayonné est devenu une des facettes graphiques de la Bande Dessinée, notamment dans les œuvres de Blain, Cailleaux, Gaultier, l'univers de Joris Mertens m'a aussi fait penser (allez savoir comment se forment les associations d'idées graphiques ?) à Pourquié, avec ses Méduses plein la tête… 
Mais il faut dépasser ces liens et rester dans le plaisir immense que procure la lecture de Béatrice, tant par la maîtrise absolue de la narration graphique de Joris Mertens dans ce récit sans aucun texte, que par son immense talent de dessinateurs et de coloriste !
Certains constateront avec plaisir que cette histoire est constituée de plusieurs boucles se juxtaposant, dont l'une d'elle, et cela me touche particulièrement, est un hommage appuyé aux livres et à la lecture : cela commence dès la quatrième planche, lorsque Béatrice regarde la vitrine d'une librairie, et se poursuit discrètement tout au long de ces pages,  lorsque l'on voit , ici,  Béatrice plongée dans un roman, ou, , en train d'explorer les étagères d'une librairie, sous le regard surveillant du maitre des lieux, cela va sans dire !…
Parce qu'en ces temps là, oui Monsieur, oui Madame, les gens achetaient des livres dans… des librairies !

Béatrice - page 11 : le libraire surveille ses clients…

Béatrice est une véritable perle lumineuse dans la grisaille actuelle, un livre admirable à contempler et à lire avec délice : une très agréable surprise dans le panorama actuel de la Bande Dessinée !…
Sorti au début du mois de mars, alors que nous allions tous devoir plonger dans le nouveau monde inconnu du Grand Confinement, le livre est peut-être passé inaperçu du fait de la conjoncture. Maintenant que nous pouvons ressortir de nos tanières et retrouver une autre lumière que celles de tous nos écrans numériques, je ne peux que conseiller vivement de lire Béatrice afin de remettre un peu de vraie lumière dans nos pupilles… et du baume au cœur des lecteurs curieux !!!…
Une respiration graphique absolue dans une période où nous avant tant besoin de retrouver un nouveau souffle…
Béatrice est une invitation à un merveilleux voyage graphique lancée par Joris Mertens… 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.


Béatrice par Joris Mertens



Béatrice par Joris Mertens
Éditions Rue de Sèvres
Parution 4 Mars 202
112 pages 
Format 24 x 32 cm 
PVP 19
9782810216253




Valéry Ponzone




* suivant votre envie et votre localisation géographico-culturelle, vous pouvez changer le mot "sac" par : pochon, poche, sachet, bourse, cornet, voire cabas…


mercredi 6 mai 2020

> Notre société sortira-t-elle indemne de la crise du COVID-19 ?…

Peut-être aurait-il fallu un bon Roger Gicquel vintage pour véritablement sensibiliser tout le monde et faire respecter les règle de base, la Loi , du confinement obligatoire à cause du COVID19 avec une bonne frayeur salvatrice ?…

Une petite mise à jour  ?…

Roger Gicquel dans Le Journal de TF1 1976 - INA

On peut parfois ressentir cela  dès que l'on met le nez (bientôt sous un masque) hors de chez soi : la France a peur !…
Les gens se dévisagent dans la rue comme si, tels un Terminator, ils pouvaient détecter, repérer à distance les éventuels porteurs du virus du COVID-19 !… Mais ce n'est plus comme le chantait la Paradis, on s'dévisage — c'est certain — mais on ne s'envisage plus vraiment : la fashion tendance dans la rue serait plutôt au changement de trottoir …
À une dame d'un des beaux quartiers du coin à qui je lance en souriant et histoire de détendre l'atmosphère qu'on "lui fait peur",  alors qu'elle traverse la rue avant de prendre le risque de nous croiser, ma fille et moi, elle me répond gentiment "prudence" : jeu de sémantique, la peur, la lâcheté, la fuite ou la prudence devant l'invisible ? … Grand débat qui me rappelle peut-être un épisode de la série originale (surannée) de Star Trek, quand Spock doit convaincre une indigène extra-terrestre que tout ce que l'on ne voit pas peut-être dangereux (ou l'inverse : je ne sais plus ?) : comme l'air que l'on respire…
C'est la même chose dans les rayons du Carrefour City du coin où les clients évitent de se croiser, attendent presque que l'on sorte d'un petit rayon pour s'y engager, que l'on ait fini de se servir dans tel ou tel réfrigérateur avec sa porte légale, l'air de rien, sans siffler pour se donner un air dégagé non plus, on ne va pas jusque là, mais nous sommes dans l'esprit… Tout en constatant que ledit Carrefour City ne respecte pas tant que cela les règles de base de la distanciation sociale du Grand Confinement à faire passer en caisse dans l'urgence les (peu nombreux) clients, qui savent attendre patiemment en respectant la distance légale et minimum de un mètre, en file indienne : qui se retrouvent là au coude à coude, à quasiment se toucher, entre ceux qui posent leurs achats et ceux qui les rangent… Clients qui faisaient pourtant le maximum pour s'éviter… jusqu'au passage en caisse complètement incohérent !…

Dois-je parler du crétin que je vois au loin cracher, là-bas à un carrefour (de rues !) : le genre d'individu qui a tout compris à la période dans laquelle il vit, ce que je n'ai pas manqué de lui faire comprendre quand on s'est croisé, tellement la bêtise humaine n'a jamais manqué de m'énerver (un ou deux on dû s'en rendre compte à devoir compenser en pleurnichant dans des forums une fois rentrés chez eux, planqués derrière leur clavier ou un pseudo ?)…

Et nous sommes dans une zone relativement préservée, qui pourrait nous permettre de relâcher certaines tensions, d'avoir moins peur  : enfin, ici, jusqu'à présent, tout va bien, ou, en tout cas pas trop mal !??…

Dans notre Bande Dessinée, Manu Larcenet nous avait déjà mis dans l'ambiance, d'une autre peur…

Nic Oumouk, La France a peur par Larcenet
Éditions Dargaud

J'ai été très marqué par la lecture du cycle de Dune de Franck Herbert (pas cet immonde film de David Lynch !) : comme Muab'Dib, il ne faudrait jamais oublier de se réciter tel un mantra bene gesserit, qu'il ne faut pas avoir peur, car la peur est la petite mort de l'esprit…

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

Dune par Frank Herbert
Éditions Robert Laffont



Allez, on fait en sorte de se porter bien ?…




Valéry Ponzone


mardi 5 mai 2020

> Moebius aime vraiment beaucoup Mallet-Stevens…

Je regarde d'anciennes ventes aux enchères  d'originaux sur la toile et tombe sur ce bel original des Jardins d'Éros de Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Stardom 2005


J'ai acheté le portfolio il y a plusieurs années, mais j'avoue l'avoir peu regardé et comme il est rangé loin, très loin de moi… je ne le vois jamais, et l'ai très peu à l'esprit !


Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Éditions Stardom 2005 - 400 exemplaires numérotés et signés


Mais là, ce dessin sur l'écran m'interpelle particulièrement par l'architecture de la maison, que je trouve, tellement, tellement, tellement…

Je vais regarder mes livres d'architecture et, heureusement, j'ai ici le catalogue de Mallet-Stevens, édité par le Centre Pompidou en 2005, que je cherchais !


Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète
Centre Pompidou 2005

Je le feuillette, passe la série de dessin de cette Cité Moderne qui m'a toujours fait rêver (il y avait dans les années 80 un premier retirage en lithographie rassemblées en  portfolio, vendu par le Habitat du Centre Commercial de la Tour Montparnasse qui m'avait toujours fait envie, n'ayant jamais les moyens de me payer le tirage original de 1922 !) et j'arrive sur des dessins de projets de maisons, dont cette maison ouvrière pour Saint-Cloud…

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

By Grubert !…
Moebius a copié le dessin de Robert Mallet-Stevens : de la maison à la végétation du jardin très typique des dessins de Mallet-Stevens, jusqu'à la perspective, très légèrement modifiée !…
Perspective modifiée, mais pour ce qui concerne les proportions, je pense que si l'homme et la femme se lèvent et entrent dans la maison, ils se cogneront la tête au toit de l'entrée ?…

Shocking !…

Seuls de petits détails ont été modifiés, l'applique du mur de droite, une sorte de petit toit rajouté au-dessus de l'entrée sur la gauche, et surtout l'étage supérieur, ajouté, mais avec un toit typiquement Mallet-Stevens, dont on peut retrouver le principe dans d'autres dessins de lui.

Robert Mallet-Stevens Aquarium 1923 - encre de Chine sur papier
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Je collectionne Moebius depuis que je suis adolescent, j'allais parfois en séance de dédicace au début des années 80 (Temps Futurs), et mon livre de Bande Dessinée préféré est Major Fatal (Le garage hermétique de Jerry Cornélius). Dessiner d'après des photos ou prendre, s'inspirer d'une architecture que l'on incorpore dans son univers fait partie du jeu : Joost Swarte ne nous a pas habitué à autre chose notamment avec l'architecture et ses typos à la Mallet-Stevens, entre autres sources d'inspiration…
Mais, là, c'est ni plus ni moins que le dessin de Mallet-Stevens qui est repris quasiment  tel quel, avec tous ses détails et toutes ses particularités, notamment le jardin lui-même !
Très gênant…
Davantage encore sachant que Isabelle Giraud est architecte : elle doit avoir la documentation dans ses bibliothèques et son cursus ne peut que lui faire reconnaitre du Mallet-Stevens au premier coup d'œil …
Très étrange ?…

D'autant plus que ce dessin précis, cette maison a aussi servi pour la bande dessinée publiée dans la revue Senso en 2005 : la végétation a laissé place au désert, puisque Les jardins d'Éros seront rajoutés en post-prod (sic) !… 
Tu parles d'un effet spécial…
Double utilisation de la même maison, du même dessin de Mallet-Stevens, pour deux supports différents : presse et édition sous forme de portfolio signé par Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros page 6, dans Senso en 2005


Les dessins servant de prétexte à cette bande dessinée publiée dans Senso, très Inside Moebius d'ailleurs,  nous permettent de nous rendre compte qu'un des autres dessins a été modifié entre Senso et le portfolio Les jardins d'Éros, par des ajouts / suppressions de personnages : je vous laisse chercher ?…

Moebius Les jardins d'Éros dans Senso en 2005




Finissons avec un dessin de circonstance de Mallet-Stevens tiré de son portfolio Une cité moderne de 1922 : l'hôpital…
J'ai le sentiment que la modernité en a pris un sérieux coup en 2020…

Une forme d'hommage à celles et à ceux qui sont en première ligne depuis des semaines : de tout temps l'hôpital a représenté le dernier secours, le dernier recours pour espérer rester en vie ou se rétablir, grâce au dévouement et à l'abnégation de tous les personnels soignants : ce dont nos dirigeants politiques manquent cruellement depuis trop longtemps !…

Robert Mallet-Stevens Hopital 1922  dans Une cité moderne Éditions Massin 1922
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

L'homme statufié par Mallet-Stevens devant l'hôpital est Pasteur : n'oublions jamais que le jeune garçon sauvé de la rage était Alsacien !

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Partir de Moebius en 2005, trouver la source avec Mallet-Stevens en 1914 et arriver à terminer sur une biographie de Pasteur par Reding en 1954 constitue une boucle temporelle des plus amusantes…




Portez-vous bien, et bien plus si affinités !…



Valéry Ponzone



Moebius
Mœbius
Moëbius
Moeb
Mœb

M.