jeudi 29 janvier 2015

mardi 27 janvier 2015

> La gauche de la gauche (sic) remporte les élections législatives en Grèce…

On nous enseigne depuis les bancs de l'école certains principes forts dont les principaux sont la Liberté (avec en option la liberté d'expression) et la Démocratie…
Cette Démocratie héritée de la Grèce Antique dont nos amis Américains sont les principaux commerciaux à travers la Planète…
On parle depuis ce dimanche 25 janvier 2015 énormément des résultats des élections en Grèce et de cette victoire de la Gauche Radicale, qui n'a rien de valoisienne pour le fait !
Cette alternative démocratico-électorale grecque pourrait-elle être une forme de Salut, venant une fois encore de ce pays si important dans notre Histoire ?
Juste une interrogation, mais si cette Nation nous a apportée la Démocratie, peut-être est-elle capable de nous apporter autre chose d'aussi important ?

Par Zeus, le retour de la Grèce sur le devant de la scène politique européenne et des médias est un formidable prétexte pour se replonger dans la bande dessinée à la grecque :

Commençons par un Classique, avec un bon petit Alix de derrière les sarmentis : un des titres parmi les plus romantiques de la série du jeune éphèbe gaulois, adopté par un aristocrate romain vit cette aventure en plein cœur de la Grèce…
Jacques Martin aurait préféré que son principal héros soit grec plutôt que romain : allez savoir pour quelle raison ?
Variation de couvertures entre la version courante, la version limitée sortie en grand format il y a quelques années avec 4e plat dit aux damiers (anachronique puisque ces plats appartiennent à l'histoire de la Collection du Lombard — éditée par Le Lombard dès les années 50 du siècle dernier — et que ce titre n'a JAMAIS été édité par Le Lombard !)…
Ou : les éditeurs refonde l'histoire de collections qu'ils n'ont jamais éditées (il y avait eu un précédent chez Casterman dans les années 80 avec Alix l'Intrépide en édition de luxe signée avec ce 4e plat dit Peau d'Ours… toujours marque de fabrique des éditions du Lombard).
J'ai découvert Alix tout gamin, les lisant Place du Poulinat à Verrières-le-Buisson en face de chez mes grands-parents. Un de mes copains me prêtait les BD de son père entre deux matches de foot acharnés.
Quelques uns m'ont marqué beaucoup plus que d'autres, dont celui-ci (antiquité grecque oblige) sans oublier Les légions perduesLe tombeau Étrusque, Iorix le Grand, Le spectre de Carthage
Il n'avait pas La griffe noire que je n'ai lu qu'après, et qui est pour moi l'un des meilleurs de la série : aussi bien pour le dessin que pour l'intrigue, très dense et pleine de rebondissements (mais pas pour Casterman semble-t-il puisqu'il ne fait pas partie de leur sélection Hommage / Anniversaire de la série…
Revenons à ce Dernier Spartiate : la première couverture est assez captivante, pensez-donc Alix acculé contre un mur par les Grecs…
Enfin, par les Spartiates…
La plongée avec notre regard qui rase les panaches des soldats laissant entrapercevoir Alix en très fâcheuse posture, rajoute à l'effet grandiose recherché et donnait envie d'ouvrir le livre et découvrir cette histoire…


Martin - Alix, Le dernier Spartiate- série courante
Couverture actuelle - Éditions Casterman

La couverture du tirage grand format dont je parlais procure la même sensation, tout en donnant un côté encore plus désespéré : là, Alix est mis à terre avec toutes ces lances aux mains des hoplites qui convergent vers notre héros aux cheveux de soleil…


Martin - Alix, Le dernier Spartiate
Édition spéciale grand format - Éditions Casterman, 2010

Celle qui suit est une couverture spéciale anniversaire : elle reprend une des recherches de couvertures de Martin et, disons le tout net : elle est beaucoup moins intéressante que la couverture originale !
Tout l'effet recherché dans ce que Martin avait choisi comme couverture définitive est perdu avec ce projet valorisé ainsi.
Étonnante façon de commémorer un anniversaire que de faire dessiner un nouvelle couverture par un sous-doué de Jacques Martin ?
Ce n'est pas Marylin qui chante Happy Birthday Mister President à JFK !…
Le général spartiate qui nous fait face ouvre une brèche, un sillon qui casse tout l'effet recherché dans ce qui a toujours été l'une des plus belles couvertures de cette série !

Alix, Le dernier Spartiate, édition Spécial Anniversaire
Couverture redessinée (!!!) - Éditions Casterman, 2013

Dans Le cheval de Troie on retrouve le dernier Spartiate… ça se passe en Grèce, enfin non : Troie n'est pas en Grèce, mais fait tellement partie des récits d'Homère que je localise la Cité en Grèce…
L'histoire : je ne peux pas en dire plus, je n'étais plus un enfant et je ne lisais plus Alix dans ces années là…
Mais je ne pense pas que ce puisse être plus mauvais que la superproduction hollywoodienne avec Brad "cheveux aux vents" Pitt, ou alors, il eut fallu vraiment le faire exprès (je sais bien que la BD est publiée bien avant le film en question…) !


Martin - Alix, Le cheval de Troie
Couverture actuelle - Éditions Casterman, 1988

Sparte a aussi inspiré une autre BD antique d'un auteur américain plus habituée aux super héros tragédiens qu'aux Tragédies Grecques, qui, même s'il dissimule la réalité historique, ce qui n'est pas étonnant quand on connait ses positions politiques (plutôt à l'extrême opposé du résultat des élections grecques de ce week-end), a le mérite d'exister (je voulais la placer un jour celle-ci : je n'ai jamais entendu une phrase aussi stupide !).
Le sujet, un film que j'ai vu gamin aussi (Non ! je n'aime pas les film  de gladiateurs pour répondre de suite à la question possible) : La bataille des Thermopyles (1962).
Vaguement plus esthétisant, disons servi par une mise en couleurs grandiose de Lynn Varley.
L'intérêt était de lire les deux versions : la publication en comics en version à la française (verticale pour ceux qui ne savent pas) tout en étant déjà pensée pour une publication en format à l'italienne (donc… horizontale). rarissime aux USA pour du comics, hormis évidemment pour ce qui fait partie du comics strip.
La couverture est très belle.
Le logo 300 plutôt très réussi.
Les films, eux,  sont très mauvais (parce qu'il y a eu une suite !).

Miller + Varley, 300
Éditions Rackham


Revenons aux classiques européens, avec le célèbre couple britannique Blake et Mortimer, que, curieusement, leur créateur EP Jacobs n'a jamais envoyé en Grèce.
Cette reprise de Jean Van Hamme se passe en Grèce. Certainement à la période où le pays avait une inflation maximale : car s'il y a bien une histoire qui ne nécessitait pas autant de pages et d'albums, c'est bien celle-ci : deux albums pour une histoire avec une intrigue aussi épaisse que la feuille de papier à cigarette séparant Laurent Fabius et François Mitterrand Président!
Beaucoup de lecteurs comparent cette histoire avec le troisième Indiana Jones : le film de Lucas/Spielberg a au moins le mérite d'être une bonne comédie d'aventure…
Le genre de Blake et Mortimer que l'on peut lire en diagonale en cinq minute chrono (lecture zen pour la presse sur internet) et retourner bronzer sous le soleil grec.
Par contre il faut remettre ses lunettes de soleil pour le deuxième tome : le dessin est plutôt horrible indigeste.
Mon grand-père envoyait des cartes de voeux des Chevaliers de l'Ordre de Malte (on reste dans le voisinage de la Grèce) peintes avec la bouche, les pieds ou les oreilles bien mieux réussies graphiquement…
Arriver à reprendre un classique de l'École Belge, d'un,  si ce n'est, avec Hergé, LE dessinateur parmi les plus perfectionnistes et méticuleux,  pouvoir le dessiner avec ses mains, et être publié à des centaines de milliers d'exemplaires, relève d'un tour de force que je n'ai jamais compris ? Si ce n'est qu'il frise la magie !…
Je suis dur ? Mais, la vie est dure !… Et la BD chère !!!…

Ce doit être cela la véritable malédiction des trente deniers pour le lecteur de Blake et Mortimer : ce second tome !?…


Blake et Mortimer Tome 31364947974645464
La malédiction des trente deniers - Éditions Blake et Mortimer

Blake et Mortimer Tome 31364947974645465
La malédiction des trente deniers - Éditions Blake et Mortimer

Pourtant Jean Van Hamme a déjà fait par le passé, à ses débuts, une extraordinaire histoire de bande dessinée se déroulant en Grèce : Epoxy.
Avec l'un des plus grands dessinateurs classiques de l'École Belge : Paul Cuvelier (comme je viens de me trouver une toute petite peinture de Cuvelier — un nu de femme —  dont je ne suis pas peu fier : parce que ça fait longtemps que j'en voulais une, et que là c'est entré dans mon tout petit budget !).
Epoxy c'est du corps nu et de la sensualité et sur fond d'Olympe Grec, et c'est une très belle histoire, contemporaine malgré ce que l'on peut en penser de prime abord…
C'est un véritable chef d'œuvre.
Sans faire le snob de base, il vaut mieux trouver une des premières éditons : en bichro marron voire celles en noir et blanc (chez Horus puis Marcus) qu'une des éditions plus récentes avec tentatives de mises en couleurs (chez Lefrancq pour commencer le massacre) : c'est infâme.
Réédité par Le Lombard plus récemment, avec une couverture immonde qui devait se vouloir un peu racoleuse (ou visant le lectorat de Manara sur un quiproquo ?), puis sans cette couverture, revenant à la maquette de couverture des éditions Losfeld/Horus/Marcus : mais comme je viens de voir qu'un coloriste est associé à la fiche de présentation de l'album sur le site du Lombard, ce doit être encore une version en couleurs donc toute bidon.
Je sais bien que c'est un préjugé, mais l'esprit est ainsi fait que l'on appelle aussi cela de l'instinct.


Cuvelier + Van Hamme, Epoxy
Éditions Losfeld, 1968
> Chef d'œuvre de Van Hamme et Cuvelier !!!!!!


Nous avons une autre série toujours (encore !) de Jacques Martin avec un personnage vraiment Grec cette fois ci : cette nouvelle étoile s'appelle Orion, mais eut certainement plus d'éditeur que d'exemplaire vendus ?
Quatre livres, dont voici trois couvertures : 

Jacques Martin, Orion Tome 1, Le lac sacré
"Vous ! Laissez-moi donc faire du surf sur mon rocher !…"

Jacques Martin, Orion Tome 2, Le Styx
"Oh !… Par Zeus de Zeus !!… Ils ont raté la marche !!!!…
Ils vont rejoinde Hadès, Dieu des Enfers et du Monde Chthonien",
rétorqua aussitôt le jeune éphèbe en levant les bras vers
les Cieux de l'Olympe en posant sa main gauche sur son front
après avoir jeté au sol bouclier et lance…

Jacques Martin, Orion Tome 4, Les oracles
"Aujourd'hui, temps couvert et risque d'orage"

Nous avons aussi en rayon, une série d'espionnage plus moderne, bien ficelée : 

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Tome 1
Éditions Vents d'Ouest, 1995

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Tome 2
Éditions Vents d'Ouest, 1995

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Intégrale
Éditions Vents d'Ouest, 1997


Des classiques, comme Lili… (Lili, Aggie, comme Bibi Fricotin et Les Pieds Nickelés : ça aussi je lisais quand j'étais tout minot) :

Al Gerard + Blonay, Lili en Grèce
Éditions Vents d'Ouest

…Ou Pif Poche : quand on voit ce cliché absolu sur la Grèce et les grecs, pourtant par une presse communiste plutôt orientée sur l'aspect "si tous les hommes de bonnes volonté se donnaient la main" (un peu comme les … scouts, non ?), en tout cas sur le rapprochement et le respect mutuel, nous sommes tous frères etc. avec ce genre de couverture on se dit que l'on part de loin, de très loin !

Pif Poche numéro 166, En Grèce
Éditions Vaillant, 1976


Il nous reste le plus grand voyageur que la bande dessinée nous a apportée : Corto Maltese.
La maison dorée de Samarkand n'est pas vraiment en Grèce puisque c'est à… Samarkand qu'il faut se rendre,  mais comme cette fable de Corto Maltese commence à Rhodes, je ne peux que l'insérer dans ces lectures grecques.
La maison dorée de Samarkand est le dernier des bons albums de Corto Maltese.
Que chacun choisisse sa couverture préférée : en fait, pour mézigue, il n'y a que la première qui vaut la peine d'avoir dans sa bibliothèque.
Un de ces jours quand j'aurais vraiment du courage, et, plein de temps je ferai quelque chose sur les couvertures de Corto Maltese et un comparatif : les plus hideuses furent sans conteste celles éditées à l'aube du troisième millénaire (c'est un des nombreux bugs de l'An 2000 passés sous silence !)…


Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Édition originale noir&blanc - Éditions Casterman, 1986

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version couleurs - Éditions Casterman, 1992

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version noir&blanc - Éditions Casterman, 2001
(maquette de couverture immonde)

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version petit format - Éditions Casterman, 2009

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Éditions Casterman, 2009

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
 Éditions Casterman, 2010

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version noir&blanc - Éditions Casterman, 2012

Et pour la fin, le classique absolu qui a dû visiter toutes les cultures d'Europe et bien au-delà des Océans et de la Méditerranée : Astérix aux jeux Olympiques, des génies Albert Uderzo et René Goscinny.
Toutes les couvertures : si Dargaud conservaient toujours la même pour les nombreusses réimpressions, depuis le passage chez Hachette, la multiplication des couvertures doit faire perdre leur latin aux lecteurs d'Astérix.
Ça frise parfois le mauvais goût : voyez l'avant-dernière couverture…
Avant de revenir à, finalement, une couverture très proche de l'originale.
Comme quoi… il n'y a que dans les vieux chaudrons et cætera.
Quoi qu'il en soit : l'un des meilleurs albums d'Astérix le Gaulois. mais ils le sont tous meilleurs à partir d'Astérix et Cléopâtre (mais on s'arrête chez nos voisins belges) !

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Dargaud, 1968

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 1997

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2005

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2007

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2008
"Mais qu'est-ce que c'est que cette couverture ?"

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2011

Malgré toutes ces bandes dessinées se déroulant en Grèce, c'est un personnage secondaire  — archétype absolu — qui est incontestablement le plus célèbre Grec de la bande dessinée :  on revient presque toujours au(x) même(s) auteur(s) semble-t-il…
Non, il ne s'agit pas de Demis Roussos : je n'ai jamais entendu parler de sa biographie en bande dessinée, ou alors j'ai raté ce titre… de Pluie et de larme(s)


Mais bel et bien de…


Rastapopoulos
© Hergé Moulinsart ; Casterman i tutti quanti y compris la Syldavie et la Bordurie



jeudi 8 janvier 2015

> Je suis Charlie… moi aussi

07/01/2015
Ils ont tiré sur la satire
C'est à la fin du siècle dernier — une autre époque que les jeunes de moins de 20 ans ne peuvent connaître —  que j'ai eu la chance de recevoir Charb et Luz à la librairie pour une séance de signature mémorable à l'occasion de la publication de leur deux premiers livres chez les éditions Bichro…
J'avais rencontré l'éditrice à la librairie, accompagnée de Charb, mais la séance de signature avait été obtenue par la suite grâce à Christian Marmonnier qui avait fait l'intermédiaire, si je me souviens bien…

Charb était venu pour Police partout :

Charb, Police partout - Editions Bichro 1998

Luz, Les Mégret gèrent la ville - Editions Bichro 1999


… et Luz pour l'édition librairie des Mégret gèrent la Ville.

Mémorable journée pour la météo exécrable qui l'accompagnait : il pleuvait à verse ce jour là, la nuit était tombée tôt.
Malgré cela, comme l'info avait été publiée dans les pages de Charlie Hebdo, des lecteurs téméraires et quelques clients fidèles avaient bravé les éléments pour rencontrer et discuter avec Charb et Luz…
Ce qui m'avait le plus marqué était la profonde gentillesse de ces deux dessinateurs qui ne faisaient que commencer leur trajectoire. Avec un sens de l'humour très aiguisé !
Je me souviens d'un échange pendant lequel ils m'apprenaient qu'à cette époque, devant se rendre au Salon du Livre de Toulon, dont la Mairie était aux mains du Front National, ils devaient — déjà — être accompagnés de gardes du corps !
La lutte de Charb, comme des Cabu, Wolinski, Tignous et les autres contre tous ceux tentés par l'amputation de nos libertés remonte à bien longtemps…
Et plus généralement, leur lutte contre la connerie et l'étroitesse d'esprit d'un certain nombre de nos contemporains qui se servent de tous les prétextes à leur disposition (religion ; politique ; famille ; morale etc.) pour essayer de nous imposer leurs mondes cloisonnés, par la force, la sauvagerie voire… les armes de guerre !
Une certaine innocence, la nôtre, celle lisible sur les bouilles souriantes de Charb et de Cabu sans oublier l'air goguenard de Wolinski, vient peut-être de disparaître en ce début du mois de janvier 2015.
Chruchill parlait du sang et des larmes qu'il n'avait qu'à offrir mais c'était en temps de guerre : j'ai l'impression qu'une autre plus sournoise tente parfois de se glisser parmi nous ?

(…)
Foi, incroyance, rumeurs colportées,
Coran, Torah, Évangile
Prescrivant leurs lois ...
À toute génération ses mensonges
Que l’on s’empresse de croire et consigner.
Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
En suivant la vérité ?


Deux sortes de gens sur la Terre
Ceux qui ont la raison sans religion
Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.
(…)

Abu-l-Ala al-Maari (973-1057)


Moi aussi je suis Charlie : d'autant plus que le siège historique de Hara Kiri, Charlie Hebdo ou Mensuel se trouvait situé Rue des Trois Porte, juste à quelques mètres de La comète de Carthage. Là où habitaient Choron et Cavanna d'ailleurs…

Un ami vient de m'envoyer le dessin que Charb lui avait fait le jour de sa venue en cette fin de 20e siècle à La comète de Carthage…



lundi 22 décembre 2014

> Un air de famille…

Je tombe sur la Sélection des meilleures BD à offrir pour Noël (mais non, la fête de Noël n'est pas devenue  commerciale / commerçante !) sur le site internet du Journal Le Monde…
je découvre la couverture de cet album que je ne connais et n'ai pas lu : je n'en jugerai donc pas le contenu.
Par contre la couverture me saute aux yeux :

Lafevre & Zidrou, La Mondaine tome 2
Editions Dargaud,  2014


The Stanglers, Feline
Epic records, 1982


vendredi 7 novembre 2014

> La pin-up du week-end… par Séra

Femme au révolver par Séra
Technique mixte : 1999

Un dessin — enfin plutôt une peinture sur papier — de Séra fait en 1999, pour un anniversaire
Un bien beau cadeau : merci Séra !

lundi 3 novembre 2014

> Vente aux enchères à Drouot

Un ami joint à son dernier message par mail l'annonce d'une prochaine vente aux enchères à Drouot.
Je vais jeter un œil par curiosité.
Je ne vais pas juger du niveau de la vente, rien de bien intéressant : la plupart des librairies ont largement plus de choses intéressantes dans leur fonds que ce qui est présenté dans cette vente : mais comme il y a au moins une poignée de choses intéressantes, autant se focaliser sur ce qui est bien que sur le reste…

Par contre deux aspects dans la présentation de cette vente ont retenu mon attention :
- cette étude n'a pas dû comprendre l'intérêt de mettre son catalogue en ligne et le coût zéro que cela représente : en effet il doit y avoir moins du tiers des lots qui sont présentés avec les visuels correspondants alors que tous les lots devraient être visibles !
Beaucoup de ces quelques visuels ne sont pas en vis à vis du bon lot en vente…
Acheter par internet ou donner un ordre parce que le pourra pas être présent sur place, sans avoir le visuel du lot est plutôt hasardeux et ne se fonder que sur des descriptifs écrits plus encore.

- surtout quand on en lit certains : en effet je suis tombé sur ceux de tirages de têtes de Chaland, que voici :



Pour emprunter au très regretté Reiser, la grande question qui m'est venue à l'esprit est de savoir si ces TT de Freddy Lombard présentés comme étant en :  "Très bel état, mini frottis... "  sont des exemplaires vaginaux ou clitoridiens ?
Et si le gynécologue qui les a expertisé est certain de son… diagnostic ?…

dimanche 2 novembre 2014

> Chaland versus Clerc

J'ai plein de reliures du beau Journal de Spirou : des reliures éditeurs comme des reliures amateurs (ce sont celles qui me touchent le plus : elles représentent la passion du lecteur - souvent abonné - qui cherche à préserver ses magazines en les faisant relier, plus ou moins bien, mais l'intention est là)…
Sans parler de je ne sais combien d'années / décennies de journaux au numéro…
Malgré tout cela, je continue à regarder ici ou là ce qui est proposé : c'est sur internet que je suis tombé sur une version étrange de la reliure numéro 56 :

"Chaland Album du Journal 56"

"Chaland Album du Journal 56" - 1er plat

"Chaland Album du Journal 56" - 4e plat

Une reliure attribuée à Chaland avec des dessins de… Serge Clerc, si je ne m'abuse comme disait ce bon Docteur !
Pas mal : une bonne petite marchande qui étale ses grandes connaissances !

Il y avait déjà un type qui vendait régulièrement des reliures remontées avec des copies de dessins de Chaland (on appelle cela une contrefaçon) avec des pseudos justificatifs de tirages…
Bien entendu sans autorisation de quiconque !…
Un bon moyen de vendre cher des reliures qui ne valent pas tant que cela sur ce site bien connu, avec des gens qui les achètent de toute façon…

J'ai racheté la bibliothèque de Chaland en 1997, dont ses reliures Spirou.
Long à estimer, car pas mal de bandes dessinées anciennes étaient parfois incomplètes ou abîmées. Pour les reliures Spirou, grosso modo les 100 premières sans les toutes premières : il fallait vérifier page par page…
C'est ainsi que l'on doit procéder avec les reliures éditeurs, afin de voir s'il manque des pages voire des numéros, ou si les mini-récits sont présents pour celles de Spirou en particulier etc.

Je me suis souvenu pendant que je les contrôlais que Chaland re-dessinait parfois certaines couvertures de ses reliures certainement trop abîmées.
Je tombe sur deux des reliures avec deux dessins originaux, dont celle avec Spirou, Fantasio et Gaston qui fait des bulles…
Une images carrée, un dessin original en couleurs directes placée sur le 1er plat, avec des traits en diagonales pour habiller le reste du plat…
Je ne me souviens pas particulièrement de la seconde reliure

J'ai rendu spontanément ces deux reliures à Isabelle Chaland qui ne se souvenait plus de leur présence parmi les autres : j'achetais des livres pas des originaux glissés parmi les livres.
Peut-être aurais-je dû payer plus cher l'ensemble, considérant ces deux bijoux ?
Et j'aurais le plaisir de les avoir encore parmi toutes celles que j'ai,  dont celles de Chaland que j'ai évidemment conservées…
Quoi qu'il en soit : j'aurais eu là dans ma collection deux véritables reliures faites par les mains habiles de Chaland  et non pas des contrefaçons faites par des petites marchandes de quatre saisons.

Et qui, comme dans ce cas présent, font passer des vessie pour des lanternes (qui n'amassent pas mousse).
Les dessins de cette étrange reliure de Chaland / Clerc ont-ils été mis en couleurs par Serge Clerc ou par Chaland ?


Couverture Album du Journal Spirou n°56 - 1956

© Dupuis

vendredi 31 octobre 2014

> The Mega Wave rue Raymond Losserand, Paris 14e

Il est très rare que je prenne la rue Raymond Losserand (dans le 14e arrondissement parisien) dans la direction nord-sud…
La plupart du temps, c'est dans l'autre sens que je l'emprunte.
Mais ce jour là, nous rendant chez des amis, c'est à pied de la Gare Montparnasse que nous roulons dans cette rue.
J'aperçois deux murs peints de part et d'autre de la rue et quasiment au même niveau.
Celui de gauche retient plus mon attention, car il s'agit de rayonnages d'une bibliothèque géante qui prend place sur cette partie de façade de l'immeuble qui l'accueille.

Je remarque immédiatement le livre situé sur la plus haute "étagère": The Mega Wave du Dr Wade, dans sa version originale publiée par les éditions James Thornley (Londres 19??)…

Il y a peu de murs peints à Paris (je ne parle pas des reliquats d'anciennes réclames que l'on peut encore voir avant effacement proche), et l'un des premiers que j'ai vu (le premier ?) était située aux Halles : mon souvenir est vague, des hommes nus aux crânes chauves, marchant sur une façade proche de la rue Montmartre et de l'Eglise Saint-Eustache, avec un effet de perspective très surprenant et déroutant… Il me semble me souvenir qu'un homme passait une porte, mais je me demande si lui n'était pas en costume…
Souvenir très ancien et fugace…
Ce mur a disparu.
Il doit encore y avoir celui de Boisrond vers la Gare du Nord, mais la dernière fois que je l'ai vu il était très âbimé…
C'est toujours étonnant d'en découvrir dans la capitale (du monde de l'univers du cosmos intersidéral) alors qu'ils pullulent à Bruxelles !

Surtout quand celui-ci contient un hommage appuyé à la bande dessinée et à La Marque Jaune de E.P. Jacobs, et à ce livre si important dans cette intrigue londonienne de Blake et Mortimer.

J'ai fait quelques recherches rapides sur la toile et grâce à un autre bloggeur j'ai pu comprendre le pourquoi du comment de ces livres : tous sont des œuvres de fiction que l'on peut trouver dans divers romans (et bande dessinée).
Malin et… culturel !

On peut remarquer que celui présent dans l'œuvre de Marcel Proust est rangé sur la même étagère que The Mega Wave : la bande dessinée au même (haut) niveau que l'un des chef-d'œuvres de la littérature mondiale !

Pressé par le temps, n'ayant pas envie d'arriver trop en retard, je n'ai pas pensé à voir si le célèbrissime Necronomicon de l'Arabe dément Abdul al-Hazred y est aussi?
Il est préférable d'aller voir sur place et se rendre compte par soi-même si l'on arrive à reconnaître les autres titres de cette immense bibliothèque murale…

Un véritable défi !


The Mega Wave est Rue Raymond Losserand, dans le 14e.

mardi 1 juillet 2014

> La pin-up du week-end… par Baudoin et en retard

Femme allongée par Edmond Baudoin
Encre de Chine et acrylique sur toile ; 1999
Un dessin — enfin plutôt une peinture sur toile — de Monsieur Edmond Baudoin fait en 1999, pour un anniversaire
Un bien beau cadeau : merci Edmond !

vendredi 27 juin 2014

> Électro-ménager…

En cette période de soldes, il est bon de mettre l'accent sur le rayon électro-ménager dans notre bonne vieille bande dessinée francophone… qui ferait là plutôt dans le style Arts Ménagers !

Nous avons donc en rayon, un sèche-cheveux…

Première apparition du vaisseau spatial du Major Grubert
in Major Fatal - Première édition 1979 - Page 47

Major Fatal par Mœbius
 Première édition ; Les Humanoïdes Associés - 1979

…et nous passons à la cafetière électrique :

Le vaisseau spatial de Lupus et Tony
in Lupus, Volume 1 - 2003

Lupus, Volume 1 par Frederik Peeters
Atrabile - 2003

Certains auteurs savent s'amuser avec les codes du medium : pas la peine de décalquer les dessins et recherches de Syd Mead ou de la N.A.S.A. pour faire de la très bonne science-fiction en bande dessinée !!!…


samedi 21 juin 2014

> La pin-up du week-end… par Martin Matje

The girl under the ligne par Martin Matje
Encres de couleurs sur papier ; 1999
Un dessin de Martin Matje / Thierry Martin (1962—2004), fait en 1999, pour un anniversaire…
Un bien beau cadeau : merci Thierry !
Comme "l'expliquait" François Avril dans la Monographie publiée par Vertige Graphic, Matje, Avril et moi-même nous retrouvions chaque semaine pour jouer au squash derrière la Butte Montmartre pendant quelques années, mais il y a de cela de nombreuses années en arrière…
De bons moments passés ensemble, entre envie de gagner et mauvaise foi bien évidente (de certains !).
D'ailleurs la première rencontre avec Thierry fut plutôt spéciale, à quelques cordages d'une des Idées Noires de Franquin…
Les parties de squash acharnées : voilà la raison de cette Girl under the ligne