samedi 24 septembre 2016

> La pin-up du week-end… par Cuvelier


Femme debout par Cuvelier
Huile sur toile ; 19??


J'ai réussi à trouver cette toute petite peinture de Paul Cuvelier et je n'en suis pas peu fier, même si son format est tout petit.
Il vaut mieux avoir même une toute petite peinture d'un grand artiste que continuer à "se faire croire" que l'on aura mieux un jour !
Dans mon cas je sais bien que je n'aurai jamais une grande toile de Cuvelier, introuvable ou pas dans mes prix…
J'ai acheté celle-ci sur une vente aux enchères en Belgique ; et  j'ai trouvé un autre dessin un peu plus tard, un crayonné sur calque, mais j'ai reçu un dessin sur un calque gondolé (trempé dans l'eau ?) : la roublardise vue par une salle de vente aux enchères qui fait parfois des trucs douteux de ce genre, en trouvant cela normal…



Valéry Ponzone

vendredi 23 septembre 2016

> Calvin et sa pelleteuse

Vu il y a quelques mois dans une des rues voisines menant à la cathédrale Pey-Berland à Bordeaux…
Il n'y a aucun produits dérivés ou de merchandising autorisés par Bill Watterson pour sa merveilleuse série Calvin & Hobbes, mais il semblerait que certains se passent de son accord !

La pelleteuse en pleine action

Calvin from Calvin et Hobbes

Du coup j'ai fait quelques recherches par l'image sur le site préféré des Gogols que nos devenons jour après jour grâce à la toile, et je suis tombé sur des annonces de vendeurs de ce genre de stickers comme on dit maintenant en bon français (parce que "autocollant" faisait trop rétro peut-être ? Comme "tract" pour flyer etc. ?)?
Sans vergogne… et pas trop cher !!!


Cavin et Hobbes merchandising non officiel

Cavin et Hobbes merchandising non officiel

Pour la peine je ne peux résister à l'envie de vous montrer un autre dessin hommage trouvé grâce au tube : tellement fin et intelligent que les larmes m'en sont venues aux yeux.
Je ne plaisante pas.
Ce dessin (cette idée !) est admirable, et tellement dans l'esprit de la série de Bill Watterson, avec cette poésie qui caractérise tant Calvin & Hobbes, une immense nostalgie et mélancolie en plus…
Quoi ? Vous ne connaitriez pas Calvin & Hobbes ?
Je ne peux pas croire cela !
C'est la meilleure bande dessinée au monde.
Tout simplement.
Rien de moins !

Peinture Calvin & Hobbes, Hello, Old Friend   © Craig Mahoney
Calvin se penche sur son passé et retrouve Hobbes… P#&@* de temps qui passe !

Il est amusant de constater que dans certaines médiathèques / bibliothèques publiques qui sont restées aux classements dépassés Enfants / Adultes, Calvin & Hobbes peut se retrouver avec les livres Jeunesse et dans d'autres dans les sections Adultes… 
La cohérence absolue !



Valéry Ponzone

mardi 20 septembre 2016

> La bande dessinée, partout, toujours…

Cela fait de très nombreuses années que je vais marcher là-haut sur la montagne… et que je tombe, ici ou là, sur ces panneaux dessinées par Félix "le régional de l'étape" Meynet,…
Je me suis décidé à en prendre un en photo, ne sachant trop s'ils vont rester visibles encore longtemps : les couleurs s'éclaircissent de plus en plus, à l'épreuve des saisons et du temps, et certains de ces panneaux ont disparu !
Bienvenue à la montagne…


Meynet, Bienvenue dans les Alpages de Haute-Savoie
Panneau sérigraphie sur plastique


Meynet, Bienvenue dans les Alpages de Haute-Savoie
Panneau sérigraphie sur plastique

On tombe aussi sur des dessins de Meynet dans certaines boulangeries locales : comme quoi, lorsque l'on est poursuivi par la bande dessinée, c'est jusqu'au bout !
Une farine de tradition française ! Oui, Monsieur, je dis bien "française" !!!

Meynet, Minoterie Metral
Panneau sérigraphie sur plastique

Quand je parle de poursuite, je pourrais aussi penser au harcèlement puisque même cette carriole revenant vers le centre du village est illustrée avec Gargamel à l'arrière.
Son propriétaire de l'Odier, a choisi le méchant de cette série alors que tout le monde choisirait les schtroumpfs…

Gargamel derrière une carriole…

La bande dessinée, mon amie, partout, toujours…




Valéry Ponzone

lundi 19 septembre 2016

> Ted Benoit vs Floc'h : Bingo Bongo dans ta tête

Il y a de cela quelques années, je feuillette machinalement (je révise ?) un exemplaire d'Un Homme dans la Foule de Floc'h, que je viens de récupérer via un distributeur charbonneux qui l'avait encore dans ses étagères…

Floc'h,  Un homme dans la foule
Couverture Edition Originale
CGEF & Albin Michel, 1985

Et je tombe sur cette page qui m'interpelle…
Forcément, car elle me fait immédiatement penser  à une autre page de bande dessinée : Bingo Bongo, par l'un des autres hommes dans la foule de la Ligne Claire® des ces années 80 : Ted Benoit…
Il faut dire que depuis l'exposition L'affaire Ted Benoit, que j'ai montée et organisée à la Maison de Verre en 1996, je connais mon Ted Benoit sur le bout des doigts !

Floc'h,  Un homme dans la foule, Vingt Ans de journalisme intensif
Illustration pour le 20e Anniversaire du Nouvel Observateur
CGEF & Albin Michel, 1985

Bingo Bongo, Mon Dieu, mais c'était une merveille de trouvailles diverses et variées, sorties d'un laboratoire de recherches graphiques adapté à la Bande Dessinée, et publiées dans la merveilleuse revue Métal Hurlant Aventure : Ted Benoit jouait un poquito à faire son Joost Swarte ou son McCay, ou son Franquin ou qui sais-je d'autre encore, avec Bingo Bongo et sa Chérie Delair, sans oublier son combo congolais, et, ce, l'air de rien justement.
Juste l'air d'être dans la très belle collection Les Yeux de la Tête chez son éditeur du moment…

Ted Benoit, Bingo Bongo
L'album photo
Les Humanoïdes Associés 1987

Ted Benoit, Bingo Bongo
Couverture Edition Originale
Les Humanoïdes Associés 1987

Il s'agit là d'une des pages les plus marquantes de Bingo Bongo
Aussi sec, à cette époque là — je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître — j'avais un téléphone rouge vif relié directement chez Môssieur Ted Benoit.


Je l'appelle donc aussi sec pour résoudre cette énigme, comment dirais-je?… énigmatique : il m'explique que c'est Floc'h qui ayant trouvé cette page tellement bien (sic de sic), lui avait demandé la permission de reprendre l'idée pour cette commande spéciale du Nouvel Observateur que l'on appelait Nouvel Obs d'ailleurs pour faire davantage connoisseur
Si Floc'h trouvait vraiment l'idée tellement bonne pour qu'il puisse l'adapter pour lui, c'est qu'elle était vraiment bonne !
Okay, c'est donc dans ce sens là…

Si Bingo Bongo version Les Humanoïdes Associés Les Yeux de la Tête a souvent été vendu soldé, il est dommage que la version rééditée en 2013 dans le gros volume Camera obscura de Champaka Brussels soit si sombre au niveau des couleurs et, surtout, amputée de tous les culs-de-lampes qui se trouvent en vis à vis de chaque page de l'humanoïde édition originale
Dans cette version Champaka, Bingo Bongo paraît bien mince avec ces quelques pages alignées ainsi les unes à la suite des autres…

Ted Benoit, Camera Obscura, Vers la ligne claire et retour
Intégrale Hopital, Bingo Bongo & Co.
Champaka Brussels 2013

Ted Benoit, Camera Obscura, Vers la ligne claire et retour
Bingo Bongo, L'album photo
Champaka Brussels 2013

Un petit coup de machine à remonter le temps : le 20e anniversaire du Nouvel Obs eut lieu en 1984…
La version de Floc'h date donc de cette année là, et Un homme dans la foule a été publié en 1985…
Mais cette planche de Bingo Bongo, L'album photo est tout d'abord publiée dans Métal Hurlant (ou Métal Aventure ?), dont Chaland avait fait quelques très belles couvertures comme celle du numéro 2 que j'ai ai eu la chance d'admirer lors de  l'Exposition Coloniale du même Chaland, chez Super Héros en 1990, celle du numéro 2 qui appartenait à un scénariste-éditeur de bande dessinée…


Yves Chaland, Exposition coloniale 1990 - Librairie Super Héros, Paris
Carton d'exposition en sérigraphie 2 passages couleurs imprimé par L'Atelier

Super Héros période Yves Boniface, 1990


Sans oublier la couverture du numéro 8 que j'aurais bien voulu m'offrir…
La libraire Album de la rue Dante (Paris Quartier Latin 5e arrondissement, ses soupes à l'oignon, ses librairies ou ses boutiques de souvenirs etc.) , la vraie libraire Album (enfin presque puisque la vraie est la première toute petite du 6 rue Dante, là je parle de celle qui avait récupéré le local de la défunte et magnifique librairie Temps Futurs de Stan Barets), période Yves Rasquain, son vrai créateur, la vendait en 1990 si je ne m'abuse…
J'ai hésité.
Mais pas longtemps : trop cher pour moi, ou trop longtemps en fait : pour économiser ou trop réfléchir ?…
Au choix.
Hé, c'était dans les 5000 FF (ça fait rêver n'est-ce pas ? J'entends déjà ceux qui, plus de 35 ans après, vont crier qu'ils en auraient acheté 10 au minimum s'ils avaient su !!!) et Yves m'avait dit que c'était Arno — le dessinateur, pas le fleuve ou le personnage de Juillard et Martin — qui la revendait…


Métal Aventure numéro 8 (1984) - Couverture de Chaland

Serge Clerc, Aventure Indochine 54
d'après Yves Chaland, 1996
Dessin Original —Encre de Chine sur papier et gouache.




Métal Aventure numéro 2 (1983) - Couverture de Chaland

Métal Aventure numéro 3 (1984) - Couverture de Chaland

Métal Aventure numéro 6 (1984) - Couverture de Chaland

Métal Aventure numéro 7 (1984) - Couverture de Chaland

Bingo Bongo L'album photo vs Vingt Ans de journalisme intensif…
Floc'h joue parfois à ce jeu.
Restons dans l'album photos… et prenons cela comme prétexte.

En 2008, revenant des Rencontres Photographiques d'Arles, qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir cette couverture de Monsieur affichée sur les kiosques à journaux parisiens : Monsieur, le magazine dont Sir Floc'h fait presque  toutes les couvertures.

Michel Bouvet, Rencontres Arles Photographie 2008

Monsieur numéro (2008) - Couverture de Floc'h

En effet, cette année là dans l'ancienne capitale des Empereurs romains, le travail du célèbre photographe américain Richard Avedon était exposé au Cloître Saint-Trophime, l'un des deux-trois plus beaux lieux d'exposition des Rencontres
Il me parait évident que le travail d'Avedon avait plus qu'inspiré Floc'h pour cette couverture…
Mais lorsque j'abordais le sujet avec le Seigneur de la Ligne Claire, il me dit ne pas connaître Avedon…
Ce qui me paraissait évident n'était qu'une erreur d'interprétation de ma part…
Étonnant non ?

Voici quelques visuels du travail de Richard Avedon : je ne vais pas faire le malin à vous faire croire que je connais sa vie par cœur, parce que j'ai vu quelques expos ou livres sur lui et en faisant un mauvais copier-coller de Wikipédia : autant y aller par vous-même : c'est par ici.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

In Memory of the late Mr. and Mrs Comfort.
A fable by Richard Avedon.
The New Yorker, le 6 novembre 1995.

Parfois, c'est Floc'h qui reprend du Floc'h, même pour deux campagnes publicitaires différentes… sur deux décennies différentes. On n'est jamais si bien servi que par soi-même !


Floc'h, Couverture pour Opération Super 9
Album publicitaire UAP
GGEF & L'Assurance Française, 1986

Floc'h,  306 Pour que l'automobile soit toujours un plaisir
Dessin intérieur Aventurier dans l'âme, adulte dans la vie…
Peugeot 306


Floc'h,  306 Pour que l'automobile soit toujours un plaisir
Couverture de la plaquette
Peugeot 306

Ils doivent être contents les clients de savoir qu'on leur refourgue des dessins déjà utilisés pour d'autres campagnes plus anciennes…




Valéry Ponzone

jeudi 29 janvier 2015

> Prophétie du 13 mai 2014 Libération

Alors ?…
Kizéki avait raison avec sa prophétie ce 13 mai 2014 ???…
C'est bibi…
Tout doucement, mais c'était là une bien belle divination !

Libération Jeudi 29 janvier 2015
"Numéro Spécial tout en BD"





Valéry Ponzone

mardi 27 janvier 2015

> La gauche de la gauche (sic) remporte les élections législatives en Grèce…

On nous enseigne depuis les bancs de l'école certains principes forts dont les principaux sont la Liberté (avec en option la liberté d'expression) et la Démocratie…
Cette Démocratie héritée de la Grèce Antique dont nos amis Américains sont les principaux commerciaux à travers la Planète…
On parle depuis ce dimanche 25 janvier 2015 énormément des résultats des élections en Grèce et de cette victoire de la Gauche Radicale, qui n'a rien de valoisienne pour le fait !
Cette alternative démocratico-électorale grecque pourrait-elle être une forme de Salut, venant une fois encore de ce pays si important dans notre Histoire ?
Juste une interrogation, mais si cette Nation nous a apportée la Démocratie, peut-être est-elle capable de nous apporter autre chose d'aussi important ?

Par Zeus, le retour de la Grèce sur le devant de la scène politique européenne et des médias est un formidable prétexte pour se replonger dans la bande dessinée à la grecque :

Commençons par un Classique, avec un bon petit Alix de derrière les sarmentis : un des titres parmi les plus romantiques de la série du jeune éphèbe gaulois, adopté par un aristocrate romain vit cette aventure en plein cœur de la Grèce…
Jacques Martin aurait préféré que son principal héros soit grec plutôt que romain : allez savoir pour quelle raison ?
Variation de couvertures entre la version courante, la version limitée sortie en grand format il y a quelques années avec 4e plat dit aux damiers (anachronique puisque ces plats appartiennent à l'histoire de la Collection du Lombard — éditée par Le Lombard dès les années 50 du siècle dernier — et que ce titre n'a JAMAIS été édité par Le Lombard !)…
Ou : les éditeurs refonde l'histoire de collections qu'ils n'ont jamais éditées (il y avait eu un précédent chez Casterman dans les années 80 avec Alix l'Intrépide en édition de luxe signée avec ce 4e plat dit Peau d'Ours… toujours marque de fabrique des éditions du Lombard).
J'ai découvert Alix tout gamin, les lisant Place du Poulinat à Verrières-le-Buisson en face de chez mes grands-parents. Un de mes copains me prêtait les BD de son père entre deux matches de foot acharnés.
Quelques uns m'ont marqué beaucoup plus que d'autres, dont celui-ci (antiquité grecque oblige) sans oublier Les légions perduesLe tombeau Étrusque, Iorix le Grand, Le spectre de Carthage
Il n'avait pas La griffe noire que je n'ai lu qu'après, et qui est pour moi l'un des meilleurs de la série : aussi bien pour le dessin que pour l'intrigue, très dense et pleine de rebondissements (mais pas pour Casterman semble-t-il puisqu'il ne fait pas partie de leur sélection Hommage / Anniversaire de la série…
Revenons à ce Dernier Spartiate : la première couverture est assez captivante, pensez-donc Alix acculé contre un mur par les Grecs…
Enfin, par les Spartiates…
La plongée avec notre regard qui rase les panaches des soldats laissant entrapercevoir Alix en très fâcheuse posture, rajoute à l'effet grandiose recherché et donnait envie d'ouvrir le livre et découvrir cette histoire…


Martin - Alix, Le dernier Spartiate- série courante
Couverture actuelle - Éditions Casterman

La couverture du tirage grand format dont je parlais procure la même sensation, tout en donnant un côté encore plus désespéré : là, Alix est mis à terre avec toutes ces lances aux mains des hoplites qui convergent vers notre héros aux cheveux de soleil…


Martin - Alix, Le dernier Spartiate
Édition spéciale grand format - Éditions Casterman, 2010

Celle qui suit est une couverture spéciale anniversaire : elle reprend une des recherches de couvertures de Martin et, disons le tout net : elle est beaucoup moins intéressante que la couverture originale !
Tout l'effet recherché dans ce que Martin avait choisi comme couverture définitive est perdu avec ce projet valorisé ainsi.
Étonnante façon de commémorer un anniversaire que de faire dessiner un nouvelle couverture par un sous-doué de Jacques Martin ?
Ce n'est pas Marylin qui chante Happy Birthday Mister President à JFK !…
Le général spartiate qui nous fait face ouvre une brèche, un sillon qui casse tout l'effet recherché dans ce qui a toujours été l'une des plus belles couvertures de cette série !

Alix, Le dernier Spartiate, édition Spécial Anniversaire
Couverture redessinée (!!!) - Éditions Casterman, 2013

Dans Le cheval de Troie on retrouve le dernier Spartiate… ça se passe en Grèce, enfin non : Troie n'est pas en Grèce, mais fait tellement partie des récits d'Homère que je localise la Cité en Grèce…
L'histoire : je ne peux pas en dire plus, je n'étais plus un enfant et je ne lisais plus Alix dans ces années là…
Mais je ne pense pas que ce puisse être plus mauvais que la superproduction hollywoodienne avec Brad "cheveux aux vents" Pitt, ou alors, il eut fallu vraiment le faire exprès (je sais bien que la BD est publiée bien avant le film en question…) !


Martin - Alix, Le cheval de Troie
Couverture actuelle - Éditions Casterman, 1988

Sparte a aussi inspiré une autre BD antique d'un auteur américain plus habituée aux super héros tragédiens qu'aux Tragédies Grecques, qui, même s'il dissimule la réalité historique, ce qui n'est pas étonnant quand on connait ses positions politiques (plutôt à l'extrême opposé du résultat des élections grecques de ce week-end), a le mérite d'exister (je voulais la placer un jour celle-ci : je n'ai jamais entendu une phrase aussi stupide !).
Le sujet, un film que j'ai vu gamin aussi (Non ! je n'aime pas les film  de gladiateurs pour répondre de suite à la question possible) : La bataille des Thermopyles (1962).
Vaguement plus esthétisant, disons servi par une mise en couleurs grandiose de Lynn Varley.
L'intérêt était de lire les deux versions : la publication en comics en version à la française (verticale pour ceux qui ne savent pas) tout en étant déjà pensée pour une publication en format à l'italienne (donc… horizontale). rarissime aux USA pour du comics, hormis évidemment pour ce qui fait partie du comics strip.
La couverture est très belle.
Le logo 300 plutôt très réussi.
Les films, eux,  sont très mauvais (parce qu'il y a eu une suite !).

Miller + Varley, 300
Éditions Rackham


Revenons aux classiques européens, avec le célèbre couple britannique Blake et Mortimer, que, curieusement, leur créateur EP Jacobs n'a jamais envoyé en Grèce.
Cette reprise de Jean Van Hamme se passe en Grèce. Certainement à la période où le pays avait une inflation maximale : car s'il y a bien une histoire qui ne nécessitait pas autant de pages et d'albums, c'est bien celle-ci : deux albums pour une histoire avec une intrigue aussi épaisse que la feuille de papier à cigarette séparant Laurent Fabius et François Mitterrand Président!
Beaucoup de lecteurs comparent cette histoire avec le troisième Indiana Jones : le film de Lucas/Spielberg a au moins le mérite d'être une bonne comédie d'aventure…
Le genre de Blake et Mortimer que l'on peut lire en diagonale en cinq minute chrono (lecture zen pour la presse sur internet) et retourner bronzer sous le soleil grec.
Par contre il faut remettre ses lunettes de soleil pour le deuxième tome : le dessin est plutôt horrible indigeste.
Mon grand-père envoyait des cartes de voeux des Chevaliers de l'Ordre de Malte (on reste dans le voisinage de la Grèce) peintes avec la bouche, les pieds ou les oreilles bien mieux réussies graphiquement…
Arriver à reprendre un classique de l'École Belge, d'un,  si ce n'est, avec Hergé, LE dessinateur parmi les plus perfectionnistes et méticuleux,  pouvoir le dessiner avec ses mains, et être publié à des centaines de milliers d'exemplaires, relève d'un tour de force que je n'ai jamais compris ? Si ce n'est qu'il frise la magie !…
Je suis dur ? Mais, la vie est dure !… Et la BD chère !!!…

Ce doit être cela la véritable malédiction des trente deniers pour le lecteur de Blake et Mortimer : ce second tome !?…


Blake et Mortimer Tome 31364947974645464
La malédiction des trente deniers - Éditions Blake et Mortimer

Blake et Mortimer Tome 31364947974645465
La malédiction des trente deniers - Éditions Blake et Mortimer

Pourtant Jean Van Hamme a déjà fait par le passé, à ses débuts, une extraordinaire histoire de bande dessinée se déroulant en Grèce : Epoxy.
Avec l'un des plus grands dessinateurs classiques de l'École Belge : Paul Cuvelier (comme je viens de me trouver une toute petite peinture de Cuvelier — un nu de femme —  dont je ne suis pas peu fier : parce que ça fait longtemps que j'en voulais une, et que là c'est entré dans mon tout petit budget !).
Epoxy c'est du corps nu et de la sensualité et sur fond d'Olympe Grec, et c'est une très belle histoire, contemporaine malgré ce que l'on peut en penser de prime abord…
C'est un véritable chef d'œuvre.
Sans faire le snob de base, il vaut mieux trouver une des premières éditons : en bichro marron voire celles en noir et blanc (chez Horus puis Marcus) qu'une des éditions plus récentes avec tentatives de mises en couleurs (chez Lefrancq pour commencer le massacre) : c'est infâme.
Réédité par Le Lombard plus récemment, avec une couverture immonde qui devait se vouloir un peu racoleuse (ou visant le lectorat de Manara sur un quiproquo ?), puis sans cette couverture, revenant à la maquette de couverture des éditions Losfeld/Horus/Marcus : mais comme je viens de voir qu'un coloriste est associé à la fiche de présentation de l'album sur le site du Lombard, ce doit être encore une version en couleurs donc toute bidon.
Je sais bien que c'est un préjugé, mais l'esprit est ainsi fait que l'on appelle aussi cela de l'instinct.


Cuvelier + Van Hamme, Epoxy
Éditions Losfeld, 1968
> Chef d'œuvre de Van Hamme et Cuvelier !!!!!!


Nous avons une autre série toujours (encore !) de Jacques Martin avec un personnage vraiment Grec cette fois ci : cette nouvelle étoile s'appelle Orion, mais eut certainement plus d'éditeur que d'exemplaire vendus ?
Quatre livres, dont voici trois couvertures : 

Jacques Martin, Orion Tome 1, Le lac sacré
"Vous ! Laissez-moi donc faire du surf sur mon rocher !…"

Jacques Martin, Orion Tome 2, Le Styx
"Oh !… Par Zeus de Zeus !!… Ils ont raté la marche !!!!…
Ils vont rejoinde Hadès, Dieu des Enfers et du Monde Chthonien",
rétorqua aussitôt le jeune éphèbe en levant les bras vers
les Cieux de l'Olympe en posant sa main gauche sur son front
après avoir jeté au sol bouclier et lance…

Jacques Martin, Orion Tome 4, Les oracles
"Aujourd'hui, temps couvert et risque d'orage"

Nous avons aussi en rayon, une série d'espionnage plus moderne, bien ficelée : 

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Tome 1
Éditions Vents d'Ouest, 1995

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Tome 2
Éditions Vents d'Ouest, 1995

Béhé + Boisset, Minuit à Rhodes Intégrale
Éditions Vents d'Ouest, 1997


Des classiques, comme Lili… (Lili, Aggie, comme Bibi Fricotin et Les Pieds Nickelés : ça aussi je lisais quand j'étais tout minot) :

Al Gerard + Blonay, Lili en Grèce
Éditions Vents d'Ouest

…Ou Pif Poche : quand on voit ce cliché absolu sur la Grèce et les grecs, pourtant par une presse communiste plutôt orientée sur l'aspect "si tous les hommes de bonnes volonté se donnaient la main" (un peu comme les … scouts, non ?), en tout cas sur le rapprochement et le respect mutuel, nous sommes tous frères etc. avec ce genre de couverture on se dit que l'on part de loin, de très loin !

Pif Poche numéro 166, En Grèce
Éditions Vaillant, 1976


Il nous reste le plus grand voyageur que la bande dessinée nous a apportée : Corto Maltese.
La maison dorée de Samarkand n'est pas vraiment en Grèce puisque c'est à… Samarkand qu'il faut se rendre,  mais comme cette fable de Corto Maltese commence à Rhodes, je ne peux que l'insérer dans ces lectures grecques.
La maison dorée de Samarkand est le dernier des bons albums de Corto Maltese.
Que chacun choisisse sa couverture préférée : en fait, pour mézigue, il n'y a que la première qui vaut la peine d'avoir dans sa bibliothèque.
Un de ces jours quand j'aurais vraiment du courage, et, plein de temps je ferai quelque chose sur les couvertures de Corto Maltese et un comparatif : les plus hideuses furent sans conteste celles éditées à l'aube du troisième millénaire (c'est un des nombreux bugs de l'An 2000 passés sous silence !)…


Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Édition originale noir&blanc - Éditions Casterman, 1986

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version couleurs - Éditions Casterman, 1992

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version noir&blanc - Éditions Casterman, 2001
(maquette de couverture immonde)

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version petit format - Éditions Casterman, 2009

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Éditions Casterman, 2009

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
 Éditions Casterman, 2010

Hugo Pratt,
Corto Maltese, La maison dorée de Samarkand
Version noir&blanc - Éditions Casterman, 2012

Et pour la fin, le classique absolu qui a dû visiter toutes les cultures d'Europe et bien au-delà des Océans et de la Méditerranée : Astérix aux jeux Olympiques, des génies Albert Uderzo et René Goscinny.
Toutes les couvertures : si Dargaud conservaient toujours la même pour les nombreusses réimpressions, depuis le passage chez Hachette, la multiplication des couvertures doit faire perdre leur latin aux lecteurs d'Astérix.
Ça frise parfois le mauvais goût : voyez l'avant-dernière couverture…
Avant de revenir à, finalement, une couverture très proche de l'originale.
Comme quoi… il n'y a que dans les vieux chaudrons et cætera.
Quoi qu'il en soit : l'un des meilleurs albums d'Astérix le Gaulois. mais ils le sont tous meilleurs à partir d'Astérix et Cléopâtre (mais on s'arrête chez nos voisins belges) !

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Dargaud, 1968

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 1997

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2005

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2007

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2008
"Mais qu'est-ce que c'est que cette couverture ?"

Uderzo + Goscinny, Astérix aux Jeux Olympiques
Éditions Hachette, 2011

Malgré toutes ces bandes dessinées se déroulant en Grèce, c'est un personnage secondaire  — archétype absolu — qui est incontestablement le plus célèbre Grec de la bande dessinée :  on revient presque toujours au(x) même(s) auteur(s) semble-t-il…
Non, il ne s'agit pas de Demis Roussos : je n'ai jamais entendu parler de sa biographie en bande dessinée, ou alors j'ai raté ce titre… de Pluie et de larme(s)


Mais bel et bien de…


Rastapopoulos
© Hergé Moulinsart ; Casterman i tutti quanti y compris la Syldavie et la Bordurie





Valéry Ponzone