samedi 31 octobre 2020

> Sean Connery 25 août 1930 - 31 octobre 2020 par Floc'h

L'homme qui voulut être Roi et y finalement est arrivé…

Le Roi dessiné par un prince de la BD : Floc'h…

Sean Connery n'est plus… 

Sean Connery par Floc'h - version au trait
dans London Euphoria - Le 9ème Monde, 2010

Sean Connery par Floc'h - version couleurs
dans London Euphoria - Le 9ème Monde, 2010


Je pense que c'est l'heure de mon Martini, avec une olive…

So long Sean… et merci pour tout !…

Valéry Ponzone


vendredi 5 juin 2020

> Guy Bedos a refermé le rideau…

J'aimais beaucoup Guy Bedos… Certainement voisin, je le croisais de temps à autres, dans les rues du Quartier Latin… Je prenais mon café au Flore en l'Isle,  sur l'Ile Saint-Louis, Guy Bedos pouvait être à la table d'à côté…  Je déjeunais chez Kim Lien, place Maubert, où passais juste devant : nous nous croisions encore… et plus simplement parfois dans ma petite rue quand il passait devant la librairie…
Contrairement à d'autres célébrités, telle actrice en permanence derrière ses lunettes de soleil (dort-elle avec ?) , ou tel ancien Premier Ministre de la France (sic) voisin de la librairie qui fuyaient toujours le regard avec application, même en revenant du marché de la Place Maubert avec son petit panier bien rempli, Guy Bedos, lui, regardait les gens : il avait les yeux ouverts sur le monde qui l'entourait avec un éternel réel sourire et le regard malicieux…
Et l'on se disait bonjour naturellement…

Nous sommes allés le voir deux fois en spectacle au Théâtre du Rond-Point, tenu de main de maître par Jean-Michel Ribes, à chaque fois pour ses adieux…



La seconde fois, en 2012, ce n'était pas encore de vrais adieux, puisqu'il allait refaire un spectacle en fin d'année, mais ce fut un peu plus amusant…
Après la fin du spectacle nous sommes allés dîner au restaurant du théâtre : croisant François Hollande en bas des escaliers et saluant tout le monde à coup de poignées de main savamment distribuées : nous sommes encore au théâtre, et François Hollande est en campagne, tout fringuant, tout mince… Il est venu au spectacle à l'invitation de JM Ribes pour rencontrer Guy Bedos : ils ne se connaissent pas, Guy Bedos a bien insisté sur ce point pendant le spectacle,  mais Guy Bedos est l'artiste qui doit donner sa bénédiction à tous candidats de gauche pour une élection présidentielle : il est devenu une référence absolue à ce niveau, une sorte de parrain de la Gauche :  Don Bedos ?…

Guy Bedos Rideau ! Saison 2011 - 2012

Dans notre pays de France cela se fait souvent au cours d'un repas, en rompant le pain suivant notre fameuse tradition gastronolaïque
Les VIP se préparaient à refaire le monde de leur côté, et la piétaille des électeurs avec dents dînait tranquillement de l'autre… Nous étions parmi les derniers dans la salle (les derniers ?) , et nous avons vu défiler, remontant le grand escalier, d'abord François Hollande qui nous salua*, puis, un peu plus tard,  Guy Bedos avec, encore et toujours son réel beau sourire qui nous fit un signe amical de la main, comme si nous nous connaissions, comme s'il nous reconnaissait : merci l'artiste…
Je doute fort qu'il ait reconnu celui qu'il croisait ici ou là dans les petites rues aux alentours de la rue de Bièvre, jadis résidence officielle de François M., mais je pense qu'il aimait tout simplement les gens, son public, qui le lui rendait bien…

"La vie est une comédie italienne" : alora, ciao l'artiste, ta présence rassurante va nous manquer… comme une bonne conscience, non, simplement une conscience, de plus, qui nous quitte.

Oui, c'est certain maintenant, le rideau est vraiment tombé… pour toujours !

Merci pour tout Guy Bedos, pour tout ce que tu nous as apporté,  et amuse toi bien avec tes amis, Pierre Desproges, Coluche ou Jean-Loup Dabadie… et les autres.



Valery Ponzone






* Quoi que rétrospectivement je me demande si ce n'est pas François Hollande qui nous a donné sa bénédiction puisque ma fille est venue au monde le 6 mai 2012, jour de son élection comme Président de la République Française. Mais j'avais pu aller voter en taxi, illico presto…


lundi 1 juin 2020

> Actes Sud ferme une de ses librairies du Quartier Latin…

Un ami m'envoie un lien du Figaro (!!!) pour me signaler la fermeture de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud, sise dans la partie la plus historiquement cultivée du Quartier Latin : le sixième arrondissement parisien…
Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud, propriétaires de cette librairie, a pris cette décision bien avant le confinement, dans la mesure où les gens ne viennent plus dans ses / ces librairies…
Peut-être faut-il en 2020 essayer de trouver de nouvelles solutions pour faire venir les gens dans les librairies, et réinventer les façons de leur en donner envie ?
Davantage en ayant vécu ce premier Grand Confinement de l'Histoire de l'Humanité ?…
Toutes les fermetures de librairies sont tristes, ou regrettables, quelle que soit la librairie et, quelle que soit la/les raison(s), surtout quand on se rend compte de ce qui les remplace : il n'y a que des crétins avec un QI de deux pour jubiler !…

Cette information concernant Actes Sud me fait revenir à l'esprit une expérience récente avec Thomas G., un des éditeurs de cette prestigieuse maison d'édition, et par ailleurs également auteur et ancien libraire : j'ai pu comprendre grâce à lui que la vente de livres puisse être compliquée pour les vendeurs, surtout quand ceux-ci se font entuber !

Ce 10 janvier 2019, Thomas G. recherche dans l'urgence des livres des débuts d'Actus Tragicus pour une expo sur Rutu Modan au Festival d'Angoulême de la fin de ce même mois de janvier : "J'ai besoin surtout des volumes "Bittersweet, King of the lillies, Observable, Karmap et Vibrato" ", m'écrit-il.

Je peux l'aider : j'ai encore tous les premiers, et davantage car je suis cet éditeur depuis le tout début, avec ceux diffusés en France par le Comptoir des emmerdements Indépendants… voire peut-être un peu avant avec Vertige Graphic Diffusion ???…


Actus Tragicus, premiers actes…


Je les lui envoie rapidement, à mes frais, dans un beau paquet très protecteur et lui propose de voir cela tranquillement : il a cette expo qui se rapproche à grand pas, et surtout il attend un heureux événement pour incessamment sous peu…

Je lui propose même de ne pas me payer les livres dont il a si vite besoin,  mais de m'envoyer en échange quelques titres d'Actes Sud… Dans mon esprit, cela est plus intéressant pour lui, car il peut certainement récupérer des titres chez Actes Sud avec une remise professionnelle, ou n'importe quel autre moyen que je ne connaîtrais pas en usage dans cette maison d'édition,  et cela me permettra de lire des livres que je n'ai pas (on ne le dit jamais assez mais les livres édités par  Actes Sud sont vraiment chers !)… Les échanges par mail se passent bien, le troc l'arrange, on parle de nos enfants, de lectures pour eux : à tel point qu'il me propose même d'ajouter des livres jeunesse en plus pour ma fille,  me promettant un "beau colis" (sic)… 
Agréable… à première vue.
Mes livres d'Actus Tragicus sont expédiés rapido et sont réceptionnés tout aussi presto : largement à temps pour son exposition Rutu Modan à Angoulême 2019 !
De mon côté je n'ai jamais rien reçu : rien !
Si, un message en mars pour me dire que ça allait venir : deux mois plus tard tout de même, mais comme Sœur Anne… malgré deux messages de ma part, au cas où le paquet se serait perdu. Un silence radio assourdissant qui laisse à penser…
Aucune réponse : je dois bien me rendre à l'évidence, je me suis fait entuber de quelques livres, urgents pour son expo, par cet éditeur d'Actes Sud : derrière cette expérience, je ne peux que me demander si ce genre de pratique représente les valeurs prônées par Actes Sud, employeur de cet éditeur ?…

Même après tant d'années je me fais encore avoir aussi naïvement, et j'en reste sidéré Ce n'est pas tant la valeur des livres perdus, que la façon de procéder qui m'a le plus dérangé dans cette pitoyable expérience.
On ne se connaissait pourtant quasiment pas, je me souviens qu'il était passé une ou deux fois voir des expos en bande avec ses collègues libraires, quand on était quasi voisins dans le Quartier Latin, mais j'ai fait confiance…
Celui qui travaille dans la grosse maison d'édition avec le tout p'tit vendeur de livres…

Les erreurs arrivent, les oublis aussi, cela est évident : mais on sait, ou on sent quand c'est conjoncturel, le reflet de problèmes d'organisation voire de désorganisation ou une volonté manifeste de procéder ainsi…

J'espère juste que les clients de la Librairie Picard & Epona d'Actes Sud étaient plus corrects, sinon je ne suis pas trop étonné de cette fermeture ???!!…

Un autre partage d'expérience, très bientôt, du côté de Dijon…




Valéry Ponzone






dimanche 31 mai 2020

> Docteur Justice reste à l'O.M.S. !!!…

Lider maximo of United States of America a décidé que les U.S.A. allaient quitter l'O.M.S. : heureusement Benjamin, Docteur Benjamin Justice, restera pour toujours à l'O.M.S.* grâce aux histoires de Marcello et Ollivier publiées dans les pages de Pif Gadget dans les années 70 !…

"Pour toujours" : cela dépend un peu des histoires !… Une fois il est à l' O.M.S., et une autre fois  il fait partie de l' O.I.S.** : allez savoir quelle est son organisation préférée ???…

"Je m'appelle Justice, Dr Benjamin Justice…" : un petit air de James Bond ces introductions, ne sont-elles pas ?…

Dr Justice par Marcello et Ollivier

Dr Justice, Branle-bas aux Bahamas par Marcello et Ollivier

Dr Justice par Marcello et Ollivier


Pas d'inquiétude : le Doc Justice va nous lâcher son petit cri qui paralyse,  tout le monde va s'arrêter net et tout va rentrer dans l'ordre… ouf !!!


Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de face…

Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de profil…

Dr Justice par Marcello et Ollivier
"le Kiaï qui paralyse…",  de face encore, mais en contre-plongée…


Les USA joueraient-ils aux japonais de jadis qui quittèrent la S.D.N. dans les années 30, avec, déjà à l'époque, la Chine comme vecteur ???…

Quand le déconfinement se transforme en conflit…


Sinon, j'espère que vous vous portez toujours bien???…



Valéry Ponzone




*   Organisation Mondiale de la Santé
** Organisation Internationale de la Santé


jeudi 14 mai 2020

> Béatrice de Joris Mertens…

En plein cœur de l'hiver 1972, Béatrice est seule dans la foule dont elle ne se distingue que par son manteau rouge vif, comme un petit chaperon rouge au cœur de la forêt urbaine constituée de ceux qui se lèvent tôt, des nombreux véhicules et de la grisaille immobilière, qu'elle fend pour se rendre à son travail de vendeuse en maroquinerie aux Galeries La Brouette… 


Ce matin là, suivant le flux de la marée humaine vers le train qui doit l'amener à son travail, son regard est attiré par un sac* posé contre un pilier en acier du quai, tache rouge, comme elle…


Le soir venu, sa journée de travail aux Galeries La Brouette terminée, Béatrice rentre chez elle ; alors que son train dégorge sa masse de travailleurs désabusés, elle aperçoit à nouveau le sac rouge, toujours là, comme alanguit par cette journée passée contre le même pilier…
Béatrice rejoint son petit appartement par l'interminable spirale de son escalier qui l'aspire jusqu'au dernier étage d'un immeuble ancien, se plonge dans son lit et dans la lecture de Bonjour tristesse de Françoise Sagan…
Un nouveau matin, un nouveau trajet en train pour une nouvelle journée de travail… Quelle n'est pas sa surprise de voir le sac rouge toujours là, posé contre le même pilier  de la gare…
Une nouvelle journée harassante aux Galeries La Brouette s'achève, routine, retour à la case départ sous la pluie : arrivée à la gare, le sac rouge est encore, et toujours là…
Béatrice se décide à le prendre, et rentre chez elle sous une pluie battante, protégeant le sac, le serrant contre sa poitrine, le cœur battant, lui aussi,  sans nul doute  plus vite qu'à son habitude…
Arrivée chez elle, Béatrice ouvre le sac et en découvre le précieux contenu… et le fantastique entre en scène.



Il est certain que le besoin de créer des liens ou des filiations graphiques se fait de plus en plus ressentir depuis quelques années, aussi bien pour des raisons pratiques — arriver à distinguer ceci de cela dans le volume trop important de titres édités en Bande Dessinée — que pour des raisons commerciales évidentes… 
Nul doute que les paysages urbains de Joris Mertens feront penser immédiatement à Nicolas De Crécy, davantage encore par cette technique de traits de crayon bruts, (re)lâchés, nerveux et par les lumières et les teintes dominantes de gris-bleus…Si la technique finalisée du dessin crayonné est devenu une des facettes graphiques de la Bande Dessinée, notamment dans les œuvres de Blain, Cailleaux, Gaultier, l'univers de Joris Mertens m'a aussi fait penser (allez savoir comment se forment les associations d'idées graphiques ?) à Pourquié, avec ses Méduses plein la tête… 
Mais il faut dépasser ces liens et rester dans le plaisir immense que procure la lecture de Béatrice, tant par la maîtrise absolue de la narration graphique de Joris Mertens dans ce récit sans aucun texte, que par son immense talent de dessinateurs et de coloriste !
Certains constateront avec plaisir que cette histoire est constituée de plusieurs boucles se juxtaposant, dont l'une d'elle, et cela me touche particulièrement, est un hommage appuyé aux livres et à la lecture : cela commence dès la quatrième planche, lorsque Béatrice regarde la vitrine d'une librairie, et se poursuit discrètement tout au long de ces pages,  lorsque l'on voit , ici,  Béatrice plongée dans un roman, ou, , en train d'explorer les étagères d'une librairie, sous le regard surveillant du maitre des lieux, cela va sans dire !…
Parce qu'en ces temps là, oui Monsieur, oui Madame, les gens achetaient des livres dans… des librairies !

Béatrice - page 11 : le libraire surveille ses clients…

Béatrice est une véritable perle lumineuse dans la grisaille actuelle, un livre admirable à contempler et à lire avec délice : une très agréable surprise dans le panorama actuel de la Bande Dessinée !…
Sorti au début du mois de mars, alors que nous allions tous devoir plonger dans le nouveau monde inconnu du Grand Confinement, le livre est peut-être passé inaperçu du fait de la conjoncture. Maintenant que nous pouvons ressortir de nos tanières et retrouver une autre lumière que celles de tous nos écrans numériques, je ne peux que conseiller vivement de lire Béatrice afin de remettre un peu de vraie lumière dans nos pupilles… et du baume au cœur des lecteurs curieux !!!…
Une respiration graphique absolue dans une période où nous avant tant besoin de retrouver un nouveau souffle…
Béatrice est une invitation à un merveilleux voyage graphique lancée par Joris Mertens… 

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.


Béatrice par Joris Mertens



Béatrice par Joris Mertens
Éditions Rue de Sèvres
Parution 4 Mars 202
112 pages 
Format 24 x 32 cm 
PVP 19
9782810216253




Valéry Ponzone




* suivant votre envie et votre localisation géographico-culturelle, vous pouvez changer le mot "sac" par : pochon, poche, sachet, bourse, cornet, voire cabas…


mercredi 6 mai 2020

> Notre société sortira-t-elle indemne de la crise du COVID-19 ?…

Peut-être aurait-il fallu un bon Roger Gicquel vintage pour véritablement sensibiliser tout le monde et faire respecter les règle de base, la Loi , du confinement obligatoire à cause du COVID19 avec une bonne frayeur salvatrice ?…

Une petite mise à jour  ?…

Roger Gicquel dans Le Journal de TF1 1976 - INA

On peut parfois ressentir cela  dès que l'on met le nez (bientôt sous un masque) hors de chez soi : la France a peur !…
Les gens se dévisagent dans la rue comme si, tels un Terminator, ils pouvaient détecter, repérer à distance les éventuels porteurs du virus du COVID-19 !… Mais ce n'est plus comme le chantait la Paradis, on s'dévisage — c'est certain — mais on ne s'envisage plus vraiment : la fashion tendance dans la rue serait plutôt au changement de trottoir …
À une dame d'un des beaux quartiers du coin à qui je lance en souriant et histoire de détendre l'atmosphère qu'on "lui fait peur",  alors qu'elle traverse la rue avant de prendre le risque de nous croiser, ma fille et moi, elle me répond gentiment "prudence" : jeu de sémantique, la peur, la lâcheté, la fuite ou la prudence devant l'invisible ? … Grand débat qui me rappelle peut-être un épisode de la série originale (surannée) de Star Trek, quand Spock doit convaincre une indigène extra-terrestre que tout ce que l'on ne voit pas peut-être dangereux (ou l'inverse : je ne sais plus ?) : comme l'air que l'on respire…
C'est la même chose dans les rayons du Carrefour City du coin où les clients évitent de se croiser, attendent presque que l'on sorte d'un petit rayon pour s'y engager, que l'on ait fini de se servir dans tel ou tel réfrigérateur avec sa porte légale, l'air de rien, sans siffler pour se donner un air dégagé non plus, on ne va pas jusque là, mais nous sommes dans l'esprit… Tout en constatant que ledit Carrefour City ne respecte pas tant que cela les règles de base de la distanciation sociale du Grand Confinement à faire passer en caisse dans l'urgence les (peu nombreux) clients, qui savent attendre patiemment en respectant la distance légale et minimum de un mètre, en file indienne : qui se retrouvent là au coude à coude, à quasiment se toucher, entre ceux qui posent leurs achats et ceux qui les rangent… Clients qui faisaient pourtant le maximum pour s'éviter… jusqu'au passage en caisse complètement incohérent !…

Dois-je parler du crétin que je vois au loin cracher, là-bas à un carrefour (de rues !) : le genre d'individu qui a tout compris à la période dans laquelle il vit, ce que je n'ai pas manqué de lui faire comprendre quand on s'est croisé, tellement la bêtise humaine n'a jamais manqué de m'énerver (un ou deux on dû s'en rendre compte à devoir compenser en pleurnichant dans des forums une fois rentrés chez eux, planqués derrière leur clavier ou un pseudo ?)…

Et nous sommes dans une zone relativement préservée, qui pourrait nous permettre de relâcher certaines tensions, d'avoir moins peur  : enfin, ici, jusqu'à présent, tout va bien, ou, en tout cas pas trop mal !??…

Dans notre Bande Dessinée, Manu Larcenet nous avait déjà mis dans l'ambiance, d'une autre peur…

Nic Oumouk, La France a peur par Larcenet
Éditions Dargaud

J'ai été très marqué par la lecture du cycle de Dune de Franck Herbert (pas cet immonde film de David Lynch !) : comme Muab'Dib, il ne faudrait jamais oublier de se réciter tel un mantra bene gesserit, qu'il ne faut pas avoir peur, car la peur est la petite mort de l'esprit…

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

Dune par Frank Herbert
Éditions Robert Laffont



Allez, on fait en sorte de se porter bien ?…




Valéry Ponzone


mardi 5 mai 2020

> Moebius aime vraiment beaucoup Mallet-Stevens…

Je regarde d'anciennes ventes aux enchères  d'originaux sur la toile et tombe sur ce bel original des Jardins d'Éros de Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Stardom 2005


J'ai acheté le portfolio il y a plusieurs années, mais j'avoue l'avoir peu regardé et comme il est rangé loin, très loin de moi… je ne le vois jamais, et l'ai très peu à l'esprit !


Moebius Les jardins d'Éros
Portfolio Éditions Stardom 2005 - 400 exemplaires numérotés et signés


Mais là, ce dessin sur l'écran m'interpelle particulièrement par l'architecture de la maison, que je trouve, tellement, tellement, tellement…

Je vais regarder mes livres d'architecture et, heureusement, j'ai ici le catalogue de Mallet-Stevens, édité par le Centre Pompidou en 2005, que je cherchais !


Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète
Centre Pompidou 2005

Je le feuillette, passe la série de dessin de cette Cité Moderne qui m'a toujours fait rêver (il y avait dans les années 80 un premier retirage en lithographie rassemblées en  portfolio, vendu par le Habitat du Centre Commercial de la Tour Montparnasse qui m'avait toujours fait envie, n'ayant jamais les moyens de me payer le tirage original de 1922 !) et j'arrive sur des dessins de projets de maisons, dont cette maison ouvrière pour Saint-Cloud…

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Robert Mallet-Stevens Projet de maison ouvrière pour Saint-Cloud 1914
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

By Grubert !…
Moebius a copié le dessin de Robert Mallet-Stevens : de la maison à la végétation du jardin très typique des dessins de Mallet-Stevens, jusqu'à la perspective, très légèrement modifiée !…
Perspective modifiée, mais pour ce qui concerne les proportions, je pense que si l'homme et la femme se lèvent et entrent dans la maison, ils se cogneront la tête au toit de l'entrée ?…

Shocking !…

Seuls de petits détails ont été modifiés, l'applique du mur de droite, une sorte de petit toit rajouté au-dessus de l'entrée sur la gauche, et surtout l'étage supérieur, ajouté, mais avec un toit typiquement Mallet-Stevens, dont on peut retrouver le principe dans d'autres dessins de lui.

Robert Mallet-Stevens Aquarium 1923 - encre de Chine sur papier
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

Je collectionne Moebius depuis que je suis adolescent, j'allais parfois en séance de dédicace au début des années 80 (Temps Futurs), et mon livre de Bande Dessinée préféré est Major Fatal (Le garage hermétique de Jerry Cornélius). Dessiner d'après des photos ou prendre, s'inspirer d'une architecture que l'on incorpore dans son univers fait partie du jeu : Joost Swarte ne nous a pas habitué à autre chose notamment avec l'architecture et ses typos à la Mallet-Stevens, entre autres sources d'inspiration…
Mais, là, c'est ni plus ni moins que le dessin de Mallet-Stevens qui est repris quasiment  tel quel, avec tous ses détails et toutes ses particularités, notamment le jardin lui-même !
Très gênant…
Davantage encore sachant que Isabelle Giraud est architecte : elle doit avoir la documentation dans ses bibliothèques et son cursus ne peut que lui faire reconnaitre du Mallet-Stevens au premier coup d'œil …
Très étrange ?…

D'autant plus que ce dessin précis, cette maison a aussi servi pour la bande dessinée publiée dans la revue Senso en 2005 : la végétation a laissé place au désert, puisque Les jardins d'Éros seront rajoutés en post-prod (sic) !… 
Tu parles d'un effet spécial…
Double utilisation de la même maison, du même dessin de Mallet-Stevens, pour deux supports différents : presse et édition sous forme de portfolio signé par Moebius…

Moebius Les jardins d'Éros page 6, dans Senso en 2005


Les dessins servant de prétexte à cette bande dessinée publiée dans Senso, très Inside Moebius d'ailleurs,  nous permettent de nous rendre compte qu'un des autres dessins a été modifié entre Senso et le portfolio Les jardins d'Éros, par des ajouts / suppressions de personnages : je vous laisse chercher ?…

Moebius Les jardins d'Éros dans Senso en 2005




Finissons avec un dessin de circonstance de Mallet-Stevens tiré de son portfolio Une cité moderne de 1922 : l'hôpital…
J'ai le sentiment que la modernité en a pris un sérieux coup en 2020…

Une forme d'hommage à celles et à ceux qui sont en première ligne depuis des semaines : de tout temps l'hôpital a représenté le dernier secours, le dernier recours pour espérer rester en vie ou se rétablir, grâce au dévouement et à l'abnégation de tous les personnels soignants : ce dont nos dirigeants politiques manquent cruellement depuis trop longtemps !…

Robert Mallet-Stevens Hopital 1922  dans Une cité moderne Éditions Massin 1922
dans Robert Mallet-Stevens, L'œuvre complète - Centre Pompidou 2005

L'homme statufié par Mallet-Stevens devant l'hôpital est Pasteur : n'oublions jamais que le jeune garçon sauvé de la rage était Alsacien !

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Pasteur par Duval et Reding
dans Le Journal de Tintin numéro 280, 1954

Partir de Moebius en 2005, trouver la source avec Mallet-Stevens en 1914 et arriver à terminer sur une biographie de Pasteur par Reding en 1954 constitue une boucle temporelle des plus amusantes…




Portez-vous bien, et bien plus si affinités !…



Valéry Ponzone



Moebius
Mœbius
Moëbius
Moeb
Mœb

M.


lundi 4 mai 2020

> Yves Chaland et la tenue idéale contre le COVID-19…

En juin 1980, Chaland publie dans la presse magazine (un vieux truc en papier que les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre !) la plus branchée de la place de Paris et de la Galaxie (cf. plus haut !) la tenue idéale pour lutter contre la propagation du COVID-19 : quarante ans d'avance !!!…

Une tenue complète et vraiment, mais vraiment protectrice !…


Bob Fish par Yves Chaland
dans Métal Hurlant numéro 54 - juin 1980

Il est vrai que son client Monsieur Swartenbroeckx tient plus d'Howard Hugues que de votre voisin avec sa paranoïa des microbes et des odeurs !!!…
Tiens encore un Swarte-machin-chose : certainement un hommage appuyé à Joost Swarte, mais que signifierait la fin de son nom de famille ?…

Comme Bob Fish, protégeons-nous bien, et pas avec cet espèce de bikini reconverti en masque de protection qui aurait été vendu par un Super U de Montpellier : si cela est vrai, c'est assez terrible, non ?…


Valéry Ponzone



dimanche 26 avril 2020

> La musique après la danse : le Boléro de Ravel…

N'oublions pas que nous n'étions pas plongés dans la pénombre du Grand Confinement depuis deux semaines, que l'Orchestre National de France nous offrait cette intérprétation d'un tube  absolu par l'intermédiaire du tube internet !…





Fort, émouvant, grandiose !!!…
Merci à eux !…


La version longue de l'Orchestre philarmonique de Radio France, en 2018, est pas mal aussi, même si je suis sûr que certains lui préféreront un orchestre allemand ou d'autres nationalités !?…






Portez-vous bien, et plus encore !!!…



Valéry Ponzone


samedi 25 avril 2020

> La danse reste un moment de beauté inégalée …

On peut accuser le coup sous le flot des différentes informations — trop souvent contradictoires — que l'on suit lors de ce qui est déjà la Grand Confinement… Être sidérés par ce que l'on apprend et dépités par la bêtise humaine qui semble ressortir de ses trous à rats ici et là…
Mais, fort heureusement, il y a de nombreuses initiatives un peu partout par des musiciens, des artistes, des acteurs ou bien des danseurs qui font preuve d'ingéniosité avec les outils technologiques dont nous diposons, et nous permettent de voir des parcelles de beauté assemblées,  comme des gestes artistiques et ne peuvent que nous redonner du baume au cœur : et cela fait du bien, immensément de bien !…

Regardons, admirons, amusons-nous et émouvons-nous sans oublier de partager certains de ces beaux moments, comme celui que les danseurs du ballet de l'Opéra de Paris partagent avec nous…





Ces moments où les femmes et les hommes de bonne volonté font des choses qui vont bien au-delà de la crise que nous vivons, ces moments qu'il faudra arriver à faire passer au-dessus de l'ambiance générale actuelle dans nos souvenirs : merci à eux !




Portez-vous toujours, et plus encore, si affinités, bien ! 




Valéry Ponzone



jeudi 23 avril 2020

> Franquin, Chaland et la traction avant…

C'est la période pour relire de bon vieux Spirou et Fantasio à ma fille : elle lit énormément elle dévore des livres, des bandes dessinées, ses Petits Quotidiens et ses revues Milan ou Bayard (c'est le même groupe maintenant), mais —heureusement ! — elle aime encore qu'on lui lise des histoires…

Après Le gorille a bonne mine, Les pirates du silence, on vient de passer aux Chapeaux noirs par Jijé et Franquin : je ne lis pas les quatre histoires dans l'ordre , et la deuxième devient Mystère à la frontière de Franquin…

Spirou et Fantasio, Les chapeaux noirs par Jijé et Franquin
Éditions Dupuis

… et badaboum, dans l'arbre la voiture des trafiquants de drogue : une Traction Avant Citroën jaune citron… pour une citron ????…


Spirou et Fantasio, Les chapeaux noirs par Jijé et Franquin
Éditions Dupuis

Spirou et Fantasio, Les chapeaux noirs par Jijé et Franquin (détail)
Éditions Dupuis


Voyons, voyons : mais c'est bien sûr, il y en a une autre traction avant Citroën jaune citron !!…


La traction avant par Yves Chaland
dans le portfolio Citroën et la BD 1984
Estampe en sérigraphie - 650 ex. numérotés et signés

Celle que Chaland a réalisé pour Citroën en 1984 et magnifiquement imprimée en sérigraphie par l'Atelier Caza…
Comme chez Franquin, , la Traction Avant Citroën jaune citron rentre dans un arbre de plein fouet  : une des images de Chaland parmi celles qui racontent le plus de choses,  du petit chat noir perdu au milieu de la route que la conductrice a évité poussant la Citroën à sortir de route et  percuter cet arbre — un pommier ? —  qui, fort heureusement est recouvert d'une affiche de Loto avec la corne d'abondance, signe de chance et de bonne fortune : effectivement, le conducteur et la passagère de la Traction Avant ont été littéralement éjectés de la voiture, mais ont plein de chance !…
D'autant plus de chance, qu'ils sont au milieu de pommes quasiment d'or : symbole ancien d'immortalité…
Le chef scout avec son faux air de Clifton (totem : Héron Mélomane), accourt du camp scout tout proche, trousse de secours à la main : heureusement qu'il n'était pas allé faire un tour aux feuillées ! … 
Une construction en triangle (encore ces diagonales, non pas du fou mais qui rendent fou ?) avec le regard qui circulent dans le dessin de façon naturelle et automatique pour passer de l'impact à sa cause, et trouver la raison de tout en remontant de la voiture détruite par l'impact contre l'arbre vers le chaton noir qui miaule puis vers sa propriétaire, sorte de Mère Michel,  qui le recherche et l'appelle panier rempli d'autres chatons blancs, à la main…

Portfolio Citroën et la BD par Chaland, Clerc,
Forest, Juillard, Liberatore, Margerin, Martin,
Moebius, Darrow et Teulé.
650 ex. numérotés et signés - Citroën 1984

André Franquin et Yves Chaland : une filiation graphique naturelle, surtout en tombant sur cette séquence des Chapeaux noirs !…

Chaland réutilisera plus tard la Traction Avant Citroën jaune citron pour les aventures à l'est de Freddy Lombard, Sweep et Dina : Vacances à Budapest, qui sera édité en 1988…

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Planche 8
Éditions Les Humanoides Associés 1988

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Planche 8 - détail
Éditions Les Humanoides Associés 1988

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Planche 11 - détail
Éditions Les Humanoides Associés 1988
"Lazlo a cassé l'auto !!!…"

Je ne vais pas parler des voitures jaunes citron dans la BD, la Dauphine de Gil Jourdan et les autres Tractions Avants, celle de L'affaire Tournesol par Hergé, ou celle partie Sur l'étoile par Moebius, déjà pour Citroën, mais seulement parler de ces Citrons jaune citron de Chaland… 
La Traction Avant jaune créées pour le portfolio Citroën et la BD se retrouve aussi en couvertures des différentes éditions de cette Aventure de Freddy Lombard, Vacances à Budapest

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Couverture édition courante
Éditions Les Humanoides Associés 1988

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Couverture édition de luxe - 999 ex. numérotés et signés
Éditions Les Humanoides Associés 1988

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Couverture entière édition de luxe - 999 ex. numérotés et signés
Éditions Les Humanoides Associés 1988

C'est plutôt bien la couverture de l'édition de luxe — 1er et 4e plats — en format entier, à plat !!!… 
J'étais un peu désapointé à l'époque de la sortie de cette édition de luxe (pour ceux qui l'ont achetée en 1988) car la couverture de l'édition de luxe ne se distinguait pas vraiment de celle de l'édition courante, sauf pour la couleur du fond et le principe conservé de la couverture composée sur les plats avant et arrière du livre…
Chaland n'avait pas du tout habitué ses lecteurs à cela, puisque quasiment tous ses tirages de tête étaient agrémentés de couvertures inédites et complètement différentes de celles des éditions courantes, et, à mon humble avis, largement plus belles que les couvertures courantes (sauf pour Bob Fish ?)…
Peut-être était-il débordé ? …
Peut-être n'était-il plus lui-même tant excité que cela par ces éditions de luxe trop pléthoriques dans le monde de la Bande Dessinée à la fin des années 80 ?… Nous entrions d'ailleurs progressivement dans la baisse de la courbe de production (et de vente !) des éditions de luxes et autres portfolios. Quelques éditeurs emblématiques allaient arrêter peu à peu : Carton ; Ludovic Trihan ; Aedena  ; Phigi-Jonas etc. 
Certains avaient vraiment trop abusé du principe de bibliophilie un peu factice : entre les gros éditeurs qui en faisaient parce que le concurrent en faisait, et ne privilégiait pas vraiment la qualité, et les petits éditeurs qui étaient aussi entrés dans la danse, pour ne souvent que faire de la trésorerie en considérant les collectionneurs comme des pigeons, tant pour les prix, les tirages trop importants et la qualité intrinsèque proposée, la bulle des années 80 ne pouvait qu'exploser… avant de se regonfler dans les années 90 (mais ceci est une autre histoire !)…

Freddy Lombard, Vacances à Budapest par Chaland
Couverture Collection Humanos Pocket (grande poche !)
Éditions Les Humanoides Associés 2008

Les Humanos reprennent en 2008 la version couleurs de la couverture de l'édition de luxe de 1988 pour une édition Pocket pas chère du tout, mais mal imprimée de mémoire, et destinée à des poches de trafiquants de jambons de pays sous l'Occupation ?…

Chaland reprend ce dessin de La Traction Avant,  du portfolio Citroën et la BD, pour une estampe éditée par Anagraphis en 1990. Fidèle à son habitude il redonne vie à ce dessin, et en modifie quelques détails ici et là et surtout, ce qui donne l'impression de modifications plus importantes, la mise en couleurs.

L'accident par Yves Chaland
Estampe en sérigraphie - 200 ex. numérotés et signés
Éditions Anagraphis 1990

Les deux voitures changent de couleurs, la jeune femme éjectée de la Traction Avant a pris le temps de changer de robe, mais pas la conductrice qui a causé l'accident… La Mère Michel qui a perdu son chaton noir a aussi changé de robe, et le chef des scouts a changé de mouvement (scout) dans la période séparant les deux tirages… 
Je suis infichu de vous dire de quels mouvements il s'agissait ?… 
Les autres modifications relèvent du détail : le principal étant le redressement de la borne kilométrique et la localisation possible de l'accident, sur la Route Nationale 7, celle là même qui doit passer par Roanne (tu l'as celle-là ?) ou par Saint-Étienne (et toi, tu l'as aussi cette autre ?) d'ailleurs ?…
Le village à l'arrière-plan est assez typique, avec la forme du clocher de l'église qui me fait un peu  penser aux églises savoyardes, comme celles de Megève ou Combloux qui auraient des silhouettes plutôt proches…

J'ai déjà esquissé dans différents billets de ce blog à quel point je trouve le texte d' Une vie en dessins inintéressant (hum ! hum !…) : sa conclusion est bizarre,  avec cette impression de vouloir aller dans un sens qui échappe un peu à l'auteur, à lier ainsi l'alignement des voitures de luxe impeccablement alignées dans les soutes du  F-52 à la disparition de Chaland, soulignant qu'il n'avait pas le permis de conduire. Il eut fallu vraiment mieux connaître son œuvre,  au plus profond de soi suis-je tenté d'écrire, et avoir été lecteur d'époque, et plus encore si affinités : collectionneur,  plongé dans ses livres ou dans la collectionnite ou quel que soit le mot qui correspondra le mieux, pour réussir un parallèle, une métaphore au niveau de l'événement !

Parce que la seule véritable conclusion digne d'intérêt et très fortement symbolique réside surtout dans l'édition de cette dernière estampe : L'accident !!!…

Il faut se souvenir que c'était d'ailleurs sur cette image que le gros Chaland Illustrateur, édité chez Champaka, se clôturait avant de tourner la page pour tomber sur l'autoportrait de Chaland réalisé pour l'exposition Chaland Explorateur, et quitter la partie iconographique du livre…
Ce choix n'était certainement pas du tout anodin !?…

Comme Franquin, comme davantage encore Tillieux, Yves Chaland a dessiné de nombreuses voitures dont quelques poursuites et accidents mémorables,  mais cette dernière sérigraphie était symbolique à plus d'un titre car c'est sa dernière estampe signée éditée en 1990 : c'est un accident de voiture et on ne peut pas passer à côté de cela !…

Il y a d'abord eu chez certains de ses lecteurs, la tristesse et une sorte de vide immense en apprenant sa disparition : de par nos ages — nous étions jeunes et larges d'épaule… — c'était un peu comme la perte d'un grand frère, celui qui nous éblouissait et nous procurait un sourire de satisfaction sur nos juvéniles visages de lecteurs avides d'autre choses, de lire ses nouvelles histoires de Bande Dessinée, ou découvrir ses nouvelles trouvailles graphiques et/ou narratives dans de simples dessins, qui dépassaient si souvent la simplicité apparente de la Ligne Claire®, du Style Atome™ et de toutes les étiquettes que certains se complaisent à lui coller systématiquement en oubliant de vraiment regarder (lire ?) ce que Chaland faisait, à l'image de ces visiteurs de musées qui lisent rapidement les cartels mais glissent sur les œuvres exposées qu'ils accompagnent : encore et toujours le doigt, plutôt que la Lune peut-être ?…

Dès lors qu'il s'agissait d'un accident de voiture, beaucoup de gens qui suivaient et collectionnaient Chaland à cette époque, ont aussi eu une autre pensée à l'esprit  : ce qui est vraiment troublant n'est pas tant que Chaland ait dessiné tant de belles voitures, ou que certaines aient été bien rangées dans les soutes du F-52 sorti en 1989 — ses voitures sont encore mieux rangées dans le garage de Plein Gaz en 1984 ou dans Le Grand Palais pour Le salon de l'Auto 1953 en 1987 ! —  ou que certaines de ses planches de Bande Dessinée ou illustrations parmi les plus marquantes représentaient des accidents de voitures (Le carrefour en 1986), ou cette phrase griffonnée sur le vif en 1978 dans une des planches d' Un amour déçu, qui sera reprise dans  Captivant en 1979 — "Merde, Tillieux est mort ! Tout fout le camp ! " … dans un accident de voiture ! —  mais surtout,  que la dernière sérigraphie grand format de Chaland que l'on pouvait voir encadrée dans les librairies que nous fréquentions,  du fait de la nouveauté et de l'actualité éditoriale de cette année 1990, représentait cet accident de voiture !!!!…

Une façon de fermer graphiquement le ban que nous ne pouvions pas ignorer, ne pas avoir à l'esprit visuellement et, de fait,  très, TRÈS symbolique…

Plus que tout…



Valéry Ponzone






PS : J'aurais pu aussi montrer et parler de la statue reprenant le dessin avec cette même Citroën  jaune, du 4e plat de "Vacances à Budapest", mais c'est tellement moche que je me demande comment Isabelle Beaumenay a pu accepter cette horreur absolue ?  Mais qui peut acheter cela, plutôt qu'acheter ou essayer de découvrir de nouveaux auteurs de Bande Dessinée ?????… Hormis l'idée pompée sur Aroutcheff des personnages de BD avec des voitures, Freddy, Sweep et sa grosse tête, Dina avec son visage écrasé (…) ne ressemblent à rien et surtout pas au dessin de Chaland !…